La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

dimanche 31 mars 2019

 " Synapses " au Docteur Annick Aubourg-Vandermerch



Demain, j'embarque vers l'invisible consolation.

Toujours seul et au loin, je deviens une île au milieu de nulle part.
Dans le murmure du monde, j'entends battre ton cœur, égal au mien. Toujours seule et au loin, tu deviens une île sous les tourbillons d'aile des sternes. Nous avons laissé de l'immuable dans l'éphémère valse des marées de l'Ile de Stuhan. L'instant me les fait revivre mais je ne m'arrête pas dessus. Le prix de la liberté passe par le détachement.
Restera l'amour, entre les roches et le cri des oiseaux de mer perdus dans notre quête d'immensité.
J"ai quitté le château d'Histoire d'Ô, pour toujours.
Demain, j'embarque vers l'invisible consolation.
Roger Dautais.
Dernière ligne droite. Notes de land art.

Photo : création land art de Roger Dautais
"Synapses " pour le Docteur Annick Aubour -Vandermerch

Commande réalisée en résidence d'artiste, pour les besoins d'un film documentaire, au château de Courseulles sur Mer..
Ce château, fût un des lieux d'écriture du fameux roman érotique, Histoire d'Ô, de Dominique Aury ( Pauline Réage ).
Ma création avait un tout autre sujet à évoquer " La maladie d'Azheimer.

Plusieurs occasions se sont présentées à moi, sous forme de commandes de décor de cinéma, où j'avais le loisir d'y introduire le land art. Il m'est arrivé à l'époque de travailler avec le plasticien et ami, Driss sans Arcidet, lui-même, décorateur de cinéma et de théâtre. Son aide et son génie décalé me furent précieux.
Roger Dautais
Notes de nuit.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo : création land art de Roger Dautais
«  Synapses «  pour le Docteur Annick Aubourg-Vandermerche
Château de Courseulles sur Mer – Normandie.

samedi 30 mars 2019

La déclaration d'amour   :  à Marie-Claude, femme aimée





« J’ai fait un rêve dans lequel les femmes, toutes les femmes gardent la tête haute, dans lequel les femmes travaillent, des femmes dans le regard desquelles on ne trouve plus ni la peur, ni la défaite, ni l’humiliation »
May Ziadé


à Barbara Young
Si l'heureux hasard fait de toi, l’être aimée et que cet amour, te bouleverses, t'ébranle jusqu'au tréfonds, jusqu'à l'essence de ton être, ne te plains pas. Contente toi d'aimer passionnément en retour. Lorsque ce feu sera éteint, va, reprends ton chemin de vie et parle de l' Amour autour de toi.
Roger Dautais


L'amour ne donne rien que lui-même et il ne prend rien que de lui-même.
L'amour ne possède ni ne peut être possédé, car l' amour suffit à l'amour.
Khalil Gibran



à May Ziadé

.../ - et après ça ? quelle drôle de question, Madame. J'ai si souvent l'impression, le sentiment qu'après ça, comme vous le dites si bien, que cette pierre sera la dernière posée en équilibre, qu'il n'y aura plus rien à suivre. Pas d'envie de me projeter dans le futur, simplement celle de partager l'instant. Vous saisissez ce que je veux dire ?
Elle m'écoutait en fixant l'océan.
- J'en serai arrivé ainsi à la conclusion avec la simple envie d'aller contempler la nature, avant de disparaître.

Elle s'éloigna de quelques pas, ramassa un galet qu'elle jeta à la mer. Le clapot des vagues éteignit l'onde naissante.
Les prémisses de l’hiver s'installaient doucement dans mon esprit. Nous allions vers un changement de saison. Les lumières de ma Bretagne se mettaient au diapason. Perchés sur les rochers, nous partagions un silence de plus, face à l'immensité de l'océan.
A chacun sa solitude, la belle, la respectueuse, celle qui ne pèse pas et procure d'avantages de plaisir, n'étant volé à personne.

- J'aimerais me mettre pieds nus et aller dans cette mare, me dit-elle..
Je la laissais faire et vis sur son jeune visage, le saisissement du froid jusque dans ses traits . Elle ne broncha pas.

Il fallait être en connexion à chaque instant, avec la côte des frères de gravage, et le grand large des hauturiers pour ressentir ce magnétisme bleu-vert des vagues sèches qui claquaient le rocher comme le simoun en plein désert.
Chaque vibration ressentie par mon être, chaque paquet d'embruns me transformait en océan.
Elle s'était éloignée et repris, dans le vent, sa promenade sur le chemin des douaniers. Je ne sus jamais si j'avais vraiment répondu à sa question. J'avais simplement gardé en mémoire, la couleur de ses yeux clairs.
. Roger Dautais
Dernière ligne droite . Au cœur de ma nuit d'insomnies.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo  : création land art de Roger Dautais
" La déclaration d'amour " à Marie-Claude, femme aimée.
Côte sauvage - Morbihan - Bretagne - 2014

*

à quelques jours d'une opération du cœur, très risquée, je préfère régler quelques détails me concernant, n'obligeant personne à le faire. Cela évitera beaucoup d'erreurs.
Les doigts d'une seule main sont suffisant pour compter mes vrais amis, en ce moment. C'est très bien ainsi.

Autodidacte, je n'ai jamais demandé à qui que ce soit, la permission d'écrire ou de pratiquer l'art comme mode de vie.. Les reproches sont venus de là.
Je me félicite de n'avoir jamais été de cette coterie . J'ai gardé ma liberté.
Loin d'eux, de leurs conseils, j'ai connu de grandes joies dans la création et fait de très belles rencontres humaines.
Sans eux, je suis devenu art -thérapeute,, reçu beaucoup de personnes malades et souffrantes dans mes ateliers, appris beaucoup de ce monde marginal, prisonnier ou non..
Je ne crois plus à la fratrie auto-proclamée. Je ne cherche ni un Dieu, ni un Maître.
Roger Dautais
31 mars 2019, en Bretagne

vendredi 29 mars 2019

Exil :  pour Inga Wegner


 à Marie-Josée-Christien
en toute amitié.

Déjà
Je suis passé
de l'autre côté
Et je continue
De vivre en noir et blanc.
Roger Dautais

Hôpital de Vannes 2019


La vie devant soi, pas seulement...

Lorsque la vie se résume à un long exil, avec devant soi, une route interminable, faut-il se mettre dans la meute des loups et se mettre à traquer tout ce qui est" étranger ", ou bien, faut-il essayer de comprendre, ouvrir son cœur, aider. Je n'ai jamais hésité. Jamais fait parti des meutes assoiffées de sang.
Le land art m'a permis d'évoluer dans ce sens. L'humanité m' appris, jour après jour, ce que j'essaie de traduire par mon art. J'ai beaucoup milité pour que cesse le scandale de Lampedusa, et mes hommes de pierres,se sont levés dans bien des pays, pour ce faire.
Sans amour, cela n'aurait eu aucun sens, d’aller à la rencontre des longues peines en Centrale, d'aider les sans papiers, les sans domicile fixe Je ne serais jamais devenu art-thérapeute, ni aidé ces oiseaux perdus dans le brouillard,si perchés, si poétiques et que l'on nomme , bien trop facilement " des Alzheimer ".
Il convenait , avant tout de les aimer, de les protéger de la vindicte populaire, qui criait " trop cher " Inutiles bouches à nourrir ".
Le monde est violent, comme la nature, et si, on ne les aime pas, ces deux là, on devient violent à son tour.
La non-violence me va.
Mais alors, comment constituer un monde différent de celui qui nous est présenté comme exemplaire?
Tout jeune, tout beau, cupide, prompt à l'entassement compulsif des richesse et des plaisirs immédiats, jusqu'à l'avoir politique, au-delà de la raison?
Seule, l'expérience du vivant, de l’engagement personnel, jusqu'à l'usure, m'a permis de m'opposer singulièrement à cet "impossible " à vivre, proposé par une société qui vit au galop, où la masse a a toujours raison

La beauté du geste, le don de la forme face à l’immensité océane, la sublimation de l’amour dans un cairn érigé, l'adieu au mourant, exprimé dans une spirale, voilà ce qui résume à peu près, ma longue et chancelante vie d'homme engagé et de land-artiste.

Et je vais devoir m'en priver, abandonnant mon cœur malade aux mains expertes d'une chirurgienne, le temps d'une longue apnée de l'esprit, pendant que mon corps en travaux, flottera, sur les eaux tumultueuses de l'Achéron.
La fin de mon histoire restera à écrire.

Roger Dautais

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Photo : création land art de Roger Dautais
" Exil " pour Inga Wegner
Bretagne Sud


*


pour Erin

Soir de lassitude
La nuit entre
Dans la maison
Aucun volet
Aucune raison
Elle entre.

Roger Dautais
Hôpital de Vannes 2019

jeudi 28 mars 2019

Cairn perché  :  pour Ana Minguez Corella  - Madrid




à Marie-Claude ...




Aller, jusqu'au bout de mon chemin de vie...


Je joue avec des riens, dans le vent du nord. Des riens que j’assemble comme des idées gratifiées. De longs poème de pierres qui n'auront pas besoin de quémander je ne sais quel prix de poésie, recherchés par les collectionneurs d'honneurs. Cupidité inutile de l''ego qui demande sa part.
Ces riens de sel, de vent et de pierres , sont des preuves d'amour offertes à la mer. Je parle de riens, car ma vie est souvent considérée comme inutile, faite des ces petits gestes.
Mais la vie n'est jamais, rien. Il y a toujours ce miracle de respirer, de se servir de tous ses sens, de comprendre la nature, de faire partie du monde vivant.
Beaucoup n'en ont plus conscience, d'où ce mépris affiché par beaucoup, pour le land art.
Nous sommes tous mortels et même ces personne hyper branchées,aveuglées par les technologies nouvelle au point de développer ce sentiment de super puissance, d’immortalité, sont sur la liste des futurs disparus.
Je préfère mes cairns. Je préfère aller jusqu’au bout de mon chemin de vie , sans abandonner, sans savoir combien de temps il me reste pour terminer le voyage. Aujourd'hui,je devine plus que je ne vois, les oiseaux de mer, posées sur le sable, à l'abri de l île de Stuhan, à l'abri du ciel gris et poisseux qui colle à la Mor Braz

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Photo : création land art de Roger Dautais
" Cairn perché " pour Ana Minguez Corella - Madrid

Si tu abandonnes tout comme ton jade...Si tu ne crois plus en moi, plus en rien, alors, tu peux brûler ton chêne du jardin de souvenirs, . Il ne croit plus en

mercredi 27 mars 2019

Écrits dans le  sable  : Pour Angela, mon amie Grecque  




A Marie-Claude ,seulement
ma femme aimée .


La traversée du désert a repris. Je suis tellement loin de tout, sur cette piste de sable, Il me reste peu de pas à faire pour me perdre , tomber la bouche sèche, les yeux aux étoiles et connaître l'ivresse du dénuement.
Être soi, demande un long voyage avant d'y arriver et le gîte n'est pas assuré jusqu'à la fin.
En mémoire, les quatre saisons, mes sorties de route, , mes apaisements, mes amitiés mes amours, mes blessures, les échos graves des hauts murs. J'ai appris de mes erreurs, à dominer mon ego, à ne pas rechercher les coteries courtisanes, à côtoyer l'humain, humblement, à rester debout devant l'injustice, la maladie, la force brutale.
Tout cela est raconté, inclus dans ma pratique du land art. Ça changerait quoi, aujourd'hui, si proche d'une conclusion possible de ma vie, une cueillette de plus, une installation ajoutée aux autres depuis 1997.
Je ne sais pas mais je suis au contact de cette nature, tous les jours avec les forces qui me restent, sur la route.
Mentalement, je recherche, l'épure du geste, la compréhension de l'instant précis de ce travail manuel préparatoire. Je guette en moi,la vibration commune de l'âme et la fragrance de la lumière, l'émotion partagée avec le paysage.
Si peu soit le temps donné pour aller au bout de notre vie, de la mienne, consacrons le, à aimer, jusqu'au bout, ce monde parfois cruel, qui nous aura, malgré tout permis de vivre ou de survivre.

Roger Dautais
Ultimes notes de land art pour la dernière ligne droite
Golfe du Morbihan - Bretagne - 29 Mars 2019

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Photo : création land art de Roger Dautais
" écrits dans le sable " pour mon amie Grecque , Angela
Normandie - fin des années 90

Extrait d''une série d’écritures éphémères pratiquées dans la fin des années 90 . Filmées ou photographiées,ces phrases avaient pour but, de prendre la mer, comme l'aurait fait, une bouteille à la mer.
Elles furent écrites dans différentes langues étrangères, et toujours à proximité de la marée montante, dans le sable mouillé :Grec, Japonais, Chinois, Arabe, Hébreu. J'ai très peu montré ce travail.

" Traces  "   pour K.Marty




à Guy Allix, mon frère en poésie.


Le silence est sans doute la plus belle des expressions
quand il est sincère et respectueux.
Roger Dautas


Car nul ne sait, ni le jour ni l'heure...

Crucugno, terre sacrée de mes ancêtres. Il fait très chaud au cœur de cet été celte. Les fougères sont au plein sous les pins maritimes. L'eau a baissé dans les mares. Certes, suffisamment remplies pour tenir leur rôle d'interface entre le monde des vivants et celui des morts.
Le courage n'est plus simplement dans les mots et que sont-ils si nous les écrivons en pesant le contraire. Aucun dogme,aucune croyance ésotérique, aucune promesse n'a de valeur si tu triches avec toi-même, mon amie. Tu ne peux plus donner le change au bord du gouffre, mais tu peux encore te faire peur avec tes paradis perdus et et pseudo visions.
La mort s'affronte et se respecte. c'est une réalité. Nous sommes faits de ceux qui nous ont précédé et non de pensées éthérées et futile que ce monde égotique nous transfuse.
Résister, en dehors du mot, a un sens. Résister à soi-même est un exercice que je pratique.
Les bois de Crucugno et alentours, ont gardé en leur sein, des quantités incroyables de mégalithes, d'une beauté absolue sous la frondaison.
Lieu sacré de sépulture, lieu de prière agnostique, d'introspection, nous marchons ici, avec respect sur nos morts. C'est, en ce jour d'été un lieu solennel où je vais pratiquer le land art comme un religieux dirait une messe.
La marche d'approche m'a déplacé, géographiquement, mais aussi,décalé dans mon corps. Je ressens pleinement, l'été, intérieurement. La sueur sale mes joues et abreuve mes lèvres. Tous mes en alerte, j'observe chaque mouvement, chaque transformation à ma portée. Je suis, vivant dans le vivant. Saisi par l’émotion, j'entre dans ce champ de menhirs. Je m’arrête, les touche, les caresse, leur parle. Geste chamanique ? Sans doute. La réponse vient vite. Mon émotion va pouvoir s'incarne in situ, très spontanément et vivre un effet feedback immédiat. C'est très fort.
Ce lieu est un champ magnétique qui me porte, ailleurs, les pieds ancrés dans le sol.
Je photographie mon travail, pour la trace. Envie de la montrer, cette humble trace, de la partager, avec mon alter ego, qu'il s''exprime ou non. Le silence est sans doute la plus belle des expressions quand il est sincère et respectueux.
Mon esprit s’envole à nouveau, rejoint un vol de sternes. Je revois l'île de Stuhan, le tombolo, des pas humains, une histoire gravée dans la mémoire des sable d'or. beaucoup de marées,de vent et d'eau,sur cette histoire, et puis ces mémoires enfouies que nul n'effacera;
J’aime cette île. Je deviens une île. Je suis cette île aux portes de Mor Braz quand la mort me cerne.
Je n'ai jamais eu autant envie de vivre depuis que je suis dans la dernière ligne droite qui m'amène vers une opération du cœur, à haut risque.
Un poignée de jours, à vivre intensément, dans l'amour.

Roger Dautais
En terre Celte, le 27 mars 2019, en fin de  nuit.

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" Traces " pour k .Marty.

Crucugno
Morbihan - Bretagne

mardi 26 mars 2019

Passion  land art


Bourlingue de vie

Le ciel est parti ailleurs. Comme il est difficile de vivre sans lui, posé au-dessus de nos têtes. On le voudrait toujours présent, plein de promesses, vivant, puisant, à nos ordres et ce n'est pas possible. Il a le droit de s'absenter. Nul roi ne commande le soleil.
lors, je tente de le remplacer par des souvenirs de marche, entre les menhirs de Kermario, Kerleskan, ou du Ménec. Fuyant les nationales, je préfère parcourir les brandes de mon pays, riches de leurs bruyère, genets et ajoncs. Je trace ma route aujourd'hui, de dolmen en menhir, avant d'être rattrapé par mon destin. J'y retrouve ma lucidité, mon instinct animal, flairant les Vents d'Ouest qui me guident vers la côte où je retrouverai mes pierres.
L'île de Stuhan m'accueille, minuscule terre sauvage, à l'entrée de la Mor Braz. Silencieuse et déserte, je la rejoins dans son existence, faite de vents du large et de ma rées océane. Sur le tombolo, une poignée de traces de pas,signe de vie éphémère avant la marée, dit encore aux oiseaux du ciel, qu'ici, eurent lieu les épousailles impossibles.
Lorsque les pleurs salent mes joues, face au large et que ma bouche prend un goût amer, , le temps de la peine est advenu.
Roger Dautais
Les amants du Men Du

Photo : création land art de Roger Dautais
"Passion "
pour les passantes aux pieds nus.

Le land art est une passion pour moi.
Ne cherchez pas à comprendre une passion. Vous perdez votre temps. Contentez-vous de la vivre.
Roger Dautais 26 mars 2019

*

Quand les divers fleuves se déversent dans le grand océan, ils perdent leur individualité et leur nom et deviennent seulement océan. Quand la goutte de pluie tombe vers l’océan, elle peut ressentir de la peur, mais lorsqu’elle touche sa surface, peut-elle raconter l’histoire de cette rencontre ?
Mooji

lundi 25 mars 2019

Le gisant de Saint-Jean :  pour Alona, seulement

à Geneviève Le Gay
en toute amitié fraternelle.


Les promesses n'engagent que ceux qui le croient...


Tu m'avais dit, un hiver " je t'emmènerai voir la maison où rêvent les arbres "
Puis, quelque chose avait cédé en toi qui écartait le ombres mouvantes de ton âme : une contestation profonde émergeait comme une île.. Un anonymat trompeur te transportait ailleurs, loin de nos visites, hors de villes Tu fumais de plus en plus d'herbe.
Une succession de violences déchira ton propre ciel ciel, en strates bien nettes. Mais le bleu n'arrangea rien.
Les vieilles maisons du port s'écroulaient peu à peu, l'une après l'autre comme nos certitudes, chassant les junkies vers d'autres ports.
Dans la terre retournée de nos ancêtres, nos pas avaient laissé la trace d'une histoire bien singulière.
A flanc de vie, l’essoufflement du cœur parlait de fin du monde. J' étouffais dans ce monde égotique. Ma bouche cherchait de l'oxygène, comme un poisson qui se noie sous les draps.
La sentence était tombée. Ils nous avaient dit qu'il ne fallait plus aimer, simplement travailler, gagner de l'agent, amasser. Alona avait cessé de respirer leur air pollué à cet instant, abandonnant l'idée d'aller voir un jour, cette maison où rêvent les arbres, en ma compagnie.
Alona reposait au cimetière des Quatre Nations de Caen, parmi les siens .
A chaque visite, je lui déposais un pierre, pour qu' elle commence à bâtir la maison où rêvent les arbres, en m'attendant.
With love, my love.
Moïse Clément

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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" Le gisant de Saint Jean " pour Alona, seulement.
Bretagne - 2014


Pour moi, l'avenir est aussi flou que le passé. Seul le présent semble m'intéresser, et encor. La mort m'a rendu plutôt Zen, au fond.
Isaac Marion

dimanche 24 mars 2019

Le fleuve, la  pierre et  l'arbre :  pour Albertine Sarazin



à Marie-Claude, femme aimée...

Nous n'avions que les hauts murs comme point commun. L'amour passait par là.Tu m'avais attendue, au-delà du raisonnable quand les bourgeois de la famille, te demandaient de me laisser tomber pour sauvegarder la morale.
Ils ont divorcé, pas nous.
Souviens-toi, amour nous regardions la même étoile au même moment, de chaque côté du mur.
Dieu s'était absenté, occupé.
Maintenant, lorsque tout demeure incertain, et que le soir prend le dessus, abandonnant notre besoin de lumière, nous laissant la bouche douce-amère, seule la force du poème choisi et adressé par Amour, nous donne envie de vivre, après le vide que nous propose cette société nauséabonde et pudibonde.
Le ciel est toujours vide, pas notre cœur .
Roger Dautais

à mes frères de misère, les vrais...

Qui n'a jamais perdu la liberté, ne serait-ce qu'une seconde, n'en connait pas le goût
Roger Dautais - 1973

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Photo : création land art
'Le fleuve, la pierre et l'arbre " pour Albertine Sarazin
Quelque part en Normandie, il y a longtemps


*

"Je ne sais pas, ne comprends pas où tout va.
Je veux tout fuir,
mais tout s'enfuit de moi.
Je m'enfuis de moi-même,
j'évide mon toit.
Je ne touche plus rien du bout des doigts.

"Ma vie ne tient plus qu'à un verdict.
Et à la conduite qu'on me dicte..."
Jessica Davis

(Extrait du poème "En attendant septembre"

Jessica a passé 8 ans de sa vie en prison. Pour aller au-delà des barreaux et des murs, elle a écrit. Des poèmes attachants. Pour elle, les fleurs poussent aussi à l'ombre....
Monde  oublié



Saisir les forces actives
du présent
pour devenir
plus libre
plus léger.
Roland Barthes



Me retrouver dans la complicité des gens perdus
et continuer sur le chemin de la sagesse.
R.D.

Vision pour un futur proche
On peut tout dire, tout raconter sur moi, car, si je ne pratiquais pas le land art avec l'engagement et la foi qu'il demande pour un agnostique, j'aurais tout simplement arrêté de vivre. Artiste ou pas, land artiste doué ou pas, ce n'est plus l’heure de prouver quoique ce soit, ni d'être le bas courtisan cupide, à l'affût de la bonne affaire. J'invente ma vie, je la rêve, puis la réalise, sans avoir besoin des honneurs que je laisse aux présidents de pacotille. Pour eux, le hochet écarlate, pour moi, les terres noires, les ajoncs, les landes, les chênaies, les pinèdes, les bocages, les mares aux dormantes, les chemins d'oyats qui mènent à la mer, et l'an dro que je danse au fest noz avec mes morts.
Passez, passantes, vous êtes mon dernier horizon et dites bien aux sternes que j’arrive bientôt.

Roger Dautais
Notes de land art pour la route 77

" Monde oublié " pour Maria-Dolorès Cano

Un jour en Normandie, il y a très longtemps.

samedi 23 mars 2019

Mémoires blanches  : à la  marcheuse du Sal

Ma bien-aimé,
laisse derrière toi toutes ces pensées infructueuses
et viens ici reposer dans le silence de l’Être.
Mooji


.Ce n'est pas en roulant trop vite que tu rattraperas le temps perdu, mon amie. Tu peux prier tous les Saints du monde, ils ne feront rien pour toi. Une journée nouvelle , n'est pas faite pour remplacer la précédente, ni un satsang d'hier, mal compris, te feras avancer sur le chemin de la sérénité. Laisse la nuit préparer la prochaine journée, sans te soucier de savoir comment elle se déroulera. Je sais, ce n'est pas facile mais pourquoi me l'avoir appris si tu ne pratiques pas toi-même tes enseignements, depuis que je suis parti.
La prochaine journée sera la continuité de ta vie, de ton temps de vie, de celui qui te reste.
Pour le land art, c'est comparable. Une installation n'est pas là pour pousser l'autre, pour la remplacer pour que tu l'oublies.
Non, l'installation n'est jamais le but. Elle est le vase dans lequel s'épanouira ton esprit, sans idée de possession. Tu n'es pas là pour plaire, mon amie et si tu veux te mettre à mon école, abandonne toute idée de séduction. Deviens le chemin et cesse de me suivre, deviens l’expression et cesse d'attendre le compliment.
Le temps de la séparation et de la distance, s'est incarné dans le silence de notre relation.
Nous cherchions l'unité d'Amour et voilà qu'elle s'incarne aujourd'hui.
J'ai ramassé mes nuits entre mes mains, je les ai transportées au pied du grand réfrigérant, où s'expriment nos disparus. Je les ai offert à la salamandre dorée, qui vit parmi les roseaux.
 Heith, régnant, en ce jour béni, et moi-même, enfant de la Terre, je t'ai dit ici quelle était la véritable motivation, sur mon chemin de vie.

Roger Dautais

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Photo : création land art de Roger Dautais
" Mémoires blanches " à la Marcheuse du Sal.
Région de Caen - Normandie

vendredi 22 mars 2019

Passer en maille   :  pour Anne Le Maître

 a Marie-Claude

In extêmis, se souvenir d'un visage,
le tien, et puis sombrer.


L''espérance de vie d'un homme européen est de 78 ans,ce qui est considérable. à 76 ans passés, il est vain pour moi, de faire des calculs de longévité. Il est urgent de vivre chaque seconde, de cœur à cœur.
La marche en côtoyant le vide est un exercice équilibriste consistant à ne pas se faire griser par le fond.
J'aime entendre le bruit d'une feuille qui pousse et l'écho de son chant chargé d'éternité.
Roland Barthes m' a appris à saisir les forces actives du présent, pour devenir plus libre, plus léger.
Je viens de détruire une grande quantité d'écrits qui n'attendait que ça et je pense à l'ami qui trépigne pour une de mes lettres égarée, avec sept de me textes. Une futilité.
Cloué à mon fauteuil, j'invente ma vie d'insomniaque, je construis mes rêves comme un ouvrage de brodeur bigouden.
L'orage est en moi, éclairant les plaines à blé, comme le chant du ruisseau charme le rossignol. Je suis accompagné de mon étoile, de mes morts en mémoire. Mes mains habiles tressent les joncs comme en enfance. Les coquelicots m' appellent et Morgane se perd en eux.
Tu me connaissais, marcheur sur les Rives de Sal, ouvrant ta voie Je suis le même et j’aime toujours ce cimetière à bateaux du Bono, que nous regardions ensemble, sur  l'autre rive.
Tous nos animaux morts ont été incinérés. Je veux les rejoindre de cette façon, dispersé dans l'immense nature.
Il me reste encore à aimer, beaucoup aimer, avant.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.comPhoto : création Land art

" Passer en maille " pour Anne Le maître
Port de Cabourg.
-Normandie
années 2000


jeudi 21 mars 2019

Répétez-le et laissez-moi en paix :
"ici se consuma une passion, partie au fil de l'eau et de la vie ".



Aime la vie même si elle doit finir demain
S.L.

l'humilité se vit pieds nus, la tête dans les étoiles.
Moïse Cl.



L'étrange beauté du réel se trouve où vous êtes.

Élèves des Beaux arts, au début des années 60,  pour certains comme moi, rebelles et jeune sauvageons perdus dans les paradis artificiels, enfants de la beat  generation,  nous apprenions la discipline. Elle se nommait dessin, anatomie, peinture, gravure, sculpture, histoire de l'art, décoration, philosophie, lecture, et personne n'en souffrait plus que cela.

Après vint le temps de l'oubli, de la jachère, du doute, du vide, indispensables à toute autonomie dans la création.

C'est la discipline bête et disciplinée, ahané par des chefs abâtardir par les règlements, les normes et autres  originalités sociales, que je m’appliquais pendant toute ma vie, à combattre, à fuir comme la peste.
L' assujettissement à qui que ce soit me parut être moins utile que la pire des mauvaises herbes sur un trottoir de ville. Au moins, elle, poussait un cri de révolte contre le béton, la lourdeur, une  faisait  naitre en moi,  lueur d'espoir. Une vie libre dans le caniveau, valait  dix fois mieux que tout concepteur de dogme ou règlement inutile.Je vis mes frères s'éloigner  à jamais et devenir un étranger à leurs  yeux d'hommes d'affaire.

On peut parler d’amour avec une poignée de coquelicots et quatre bois flottés, posés au bord d 'une rivière , pour peu que ce land art soit traversé, par un élan du cœur et par la divine lumière descendant de la canopée.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo :création land art de Roger Dautais
"ici se consuma une passion, partie au fil de l'eau et de la vie ".

mercredi 20 mars 2019

à Morgane, fille de la mer.
À la marcheuse céleste
aux pieds nus et divins.


Aime la vie , même si...




Son absence physique me pesait. Ces derniers jours, elle prenait de la distance, ce que je pouvais encore comprendre, en tenant compte de son besoin de vivre seule.. Mais entre distance et effacement,, la mort s’était installée sournoise, collante, dévoratrice. Elle annonçait le brasier, les cendres, la dispersion dans le jusant.
Le jour de sa disparition finale, je me suis laissé pousser la barbe , en signe de deuil.
Des années de vie commune à pratiquer le land art, de courses folles dans les champs déserts, des siestes au soleil, des baignades dans les torrents, des jeux dans les vagues de l’océan, sans arrêt, de peur de se perdre, de se désunir dans l’inaction.
Je n’avais pas su comprendre, pas su entendre les intersignes des oiseaux annonceurs. Pas compris l’arrivée du dernier train en gare, celui qui se chargeait des morts comme du temps de Pitchipoï. J’étais aveuglé par le bonheur de partager sa vie.
Elle était tendre,fidèle, douce, soyeuse, chaude et lisse de peau de son ventre rose tacheté de noir.
Elle aimait m’observer en silence, me regarder pendant de longs moments. Elle aimait se taire, aussi et m’imposer ses silences ;. Je lui avait appris à aimer la musique de Sati, les rues serrées de Honfleur sous la pluie, son port à peintres du Dimanche où elle faisait des rencontres. Elle adorait la rue froide de Caen où je la lâchais pour qu’elle aille humer les portes cochères, à son rythme.
Elle recherchait le quartier de la gare,ses squats immenses dans les friches industrielles. Elle aimait se faire caresse par mes amis Junkies, chez qui je me dépannais , les soirs de galère, pour terminer la nuit en beauté.
Elle aimait mes nuits d’ivresse,autour du port, celles qui duraient jusqu’à la fermeture des bars à poivrots.Elle aimait aussi le quartier du Vaugueux où je retrouvais Suzanna, ma petite juive, toujours à sa table de labeur, avançant ses illustrations à rendre «  des demain ». Elle aimait son appartement exigu, la gamelle d’eau fraîche sous la table et son Jack Russell, ébouriffé comme sa maîtresse, qui la courtisait tout le temps.
La mienne, c’était une trois couleurs Bats. Elle avait des oreilles et une queue de renarde et le caractère rebelle et tendre qui allait avec. Mais, elle ne se laissait pas prendre comme ça. Elle avait le coup de croc, facile.Ces deux là pourtant, étaient inséparables comme Suzanna et moi.
Onze années de vie commune, menées à fond, avec moi comme exemple, de la graine d’ortie. Puis, une mort subite. Un infarctus,probablement... dans mes bras.
Ce que je l’ai pleurée !

Plutôt que de reprendre les petits rituels de deuil, sans enthousiasme , j’avais voulu inventer un truc, dans un endroit qu’elle avait bien aimé.
C’est ainsi que je me suis retrouvé dans une carrière abandonnée de Fontaine-Henry, à lui élever un premier autel, afin que son âme puisse rejoindre la Grand Prairie.
Tout passait par l’intention et le geste, la cueillette végétale, la mousse, la plume, la pierre, le bois sec pour le bûcher, le feu, le vide..
j’ai allumé le bois sec en chantant et j’ai vu son âme bleue, s’élever en fumer, rejoindre le ciel
parmi les petits rapaces.
Tout parlait de Morgane, chienne heureuse, ici, jusqu’à ma prière adressée aux faucons crécerelle, pour qu’ils l’accueillent dans la grande famille des oiseaux libres.
Elle devenait, oiseau.
Je suis resté sur terre pour raconter son histoire, avant de partir moi-même en fumée
Roger Dautais
" Parce que je suis rien qu'une  poignée de cendres grises"...
Mémoires d’un Hobo céleste.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" à Morgane, fille de la mer".
Grande plage de Ouisterham - Normandie

mardi 19 mars 2019

Cairn de la cabane du silence : pour Maria, seulement



Pour Erin, seulement,
car elle comprendra cette histoire écrite pour elle.




Il fait toujours trop beau après les catastrophes

Depuis la dernière tempête, ils avaient fermé la seule voie ferrée capable de desservir, les coins les plus reculés du pays, où je trouvais matière à land art. A pied, en longeant la voie ferré, c'était quand même, dix kilomètres et sur la ballast, ça devenait vite un enfer. En empruntant quelques chemins de traverse, ça se faisait.
J'avais toujours aimé Woodie Guthrie sa voix nasillarde, ses histoires de trains,de hobos et des marées prises en rade, qu'il trimballait sans son sac à dos.
Voilà pourquoi, je suivais les rails.Je m'appuyais donc cette distance, rencontrant sur le parcours, des morceaux de ciel bleu, tombés dans des flaques d'eau.
Il fait toujours trop beau après les catastrophes, mais on arrive par ne plus y croire. C'est la même chose avec les histoires d'amour.
J'avais réussi à rejoindre la Cabane des Silences, non loin de la tombe de l'ange.
J'avais retrouvé la cafetière posée sur la cuisinière à bois et le tablier jaune de mon amie, pendu à une patère.
Elle s'appelait Maria.
Maria aimait bien, cette cabane abandonné, eu peu en ruines, il faut le dire. Elle lui ressemblait, trainant quelques addictions qui lui rongeaient le cerveau.
Elle aimait aussi battre le bitume avec son chien errant qu'elle appelait " mon bâtard d'amour ".
Marie "faisait "la tournée des bars de nuit, jusqu'à plus soif et c'est là que je l'avais trouvée, en fin de courses, avant de finir dans son lit.
Nous avions fini par nous entendre, même si je laissais les portes de placard ouvertes, dans sa cuisine et mes chaussures trainer dans sa maison.
Un jour, je l'avais emmené au bord de l'eau et appris qu'un cairn n'était pas qu'un tas de cailloux, comme disaient les ploucs du coin.
Non pas, un objet quelconque, de forme bizarre et de destruction du paysage, mais bien un trait d'union entre elle et moi, entre nous et le ciel. Ça lui plaisait bien à Marie. Elle disait que c'était comme mon sexe, un trait-d'union entre elle et moi.
ça me plaisait aussi d'élever des sexes en Ria.
Des filles comme Maria, ça ne sait pas vivre longtemps. Trop à fond dans le carburant. Son cœur avait cédé.
J'étais le seul au crématorium. Tu sais les hommes, c'est souvent comme ça, ils profitent de la bonne occase, remettent leur froc et s'en vont.
J'ai récupéré son urne et je suis allé répandre ces cendres,au jusant, du côté du Bono, où les eaux du Sal, rejoignent la mer.
A chaque marée, je la vois passer, Marie, en compagnie des Bernaches et je chante pour elle.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Cairn de la cabane du silence : pour Maria, seulement

Bretagne sud -2014

lundi 18 mars 2019

Rupture  :  pour Sarah



Pour Sarah
Si comme moi, tu ne connais pas l'éternité,
rien ne t'empêche d'en inventer une autre.
Roger Dautais


Aux femmes-étoiles qui nagent entre deux eaux...

Nuit blanche...
Cette nuit, je suis passé de l'autre côté du miroir. Je savais t'y trouver, mon amie. Tu dors de trop. Ta pensée se sclérose et se retrouve dans cette pensée universelle morte en ce moment. Tu te veux normale, normalement normale, désaccouplée, libre. Ce sont des mots. Il faudrait les redéfinir, les élargir, les enrichir. Redeviens vague dans ta fumée d'herbes et satisfais-toi de cette véritable existence excessive. La mer s'était retirée quand tu avais regagné le bord, les cheveux  mouillés. Je connaissais ta façon de les balancer sur le côté de la tête,  pour le essuyer vigoureusement, avec ta serviette épouse, en regardant la mer, avant de la nouer "en fakir", ce qui  grandissait aussitôt ta petite taille.
Elle est encore froide-   m'avais-tu dit, couverte de frissons. 
La plage des commensaux était sujette aux vents du nord. . Parfaite pour des cairns, pas pour se baigner.
 Je te regardais, en perpétuelle oscillation par rapport à la norme et son désir d'ordre. Je supportais mal ce flou dans lequel pourtant, je trouvais de quoi t'aimer. Probablement,  m'échappais-tu, en permanence, sans le savoir. 
Ton bateau-couple avait coulé dans la violence, malgré tes enfants, et personne ne montrait à bord, maintenant. Quelque marin ou capitaine, pour lofer au bon moment, mais rien, rien d'autre que le vent n'embarquerait avec toi, trop rebelle, trop abîmée par la vie.

Sarah le savait. Elle en jouait. Je l'avais accepté trop longtemps. Je devais partir, aussi.

-Ton cœur te lâche, fais toi soigner -,  avait-elle  lâché, en me regardant dans les yeux, ses deux mains   mouillées,  posées sur me bras.
Tout était dit. Je suis parti le jour même. J'ai quitté sa maison, sac au dos.
 
J'ai traversé les dunes d'oyats, qui remontait vers le nord. J'ai emprunté le pont de pierre qui franchissait le fossé des premiers gabions. Son étoile se reflétait dans l'eau bleu, pendule sacré sur fond de ciel bleu , tombé sous l'arche. Je pensais à Sarah que je ne reverrai plus jamais, absorbée par sa folie naissante.
J'ai pleuré longtemps cet après-midi là et je me suis perdu dans la nature.
Roger Dautais
Notes de Land art pour la route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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" Rupture " pour Sarah
Cote de Nacre - 1998
 
Cairn du souvenir  :  pour Tio + *



à Christian Cottard
frère d'écriture.


Durant ces dernières semaines, une longue indifférence m'avait entourée sournoisement, depuis que mon opération du cœur s'était annoncée. Rien de violent. Non, les mots changeaient de trottoir, les regards fuyaient. Même les chiens détalaient en courant devant moi.
Je suivais Tio et Zac sur le même trottoir. De vieux amis que je n'aurai dérangé pour rien à cet instant. Je me suis dit au même moment : : tiens, je suis vieux, je commence à sentir.
Beaucoup craignent cette maladie sociale. Et pourtant, à moins de se faire écraser, ou de mourir brusquement terrassé par un infarctus, vers 30 ans, leur vie future les amènerait un jour à la vieillesse. Et justement, ce pays là, habité par des séniles leur faisait peur.
Alors, je suis parti pour de bon. J'ai quitté la maison. Comme j'étais voyageur, je me suis retrouvé loin de chez moi, tout à fait à l'aise.
Tio venait de fêter ses quarante six ans et elle m'avait confié quelques poème de son cru, recopiés sur des petits papiers blancs, roulés sur eux-même. Sa main de femme exquise, , les avait entourés d'un ruban rouge, pour souligner le côté cadeau fait à la nature.
J'ai pris la route qui menait à la voie ferrée. J'aimais les voies ferrées, les chemins creux, les plaines sans fin, les carrières dangereuses, les chênes et les oiseaux, surtout les sternes.La mer était mon paysage préféré. Pas de quoi rester longtemps seul,avec ces amis.
Après quelques heures de marche, j'entendis le chant de l'Océan. Il avait le pouvoir de me calmer aussitôt.
Le vent s'était levé lorsque j'étais arrivé à Ty Bihan. Je me suis mis aussitôt à l'ouvrage, élevant une série de cairns face à la mer.. J'ai réparti tous les poèmes dans ces pierres levées, puis j'ai allumé un feu de solitude.
J'étais heureux, loin de cette hypocrisie déambulant , mielleuse qui me souhaitait une bonne santé et pensait le contraire.
Les poèmes prirent la mer à chaque écroulement de cairn. Je pensais à Tio que j'aimais tant et qui, elle aussi n'en avait plus pour longtemps à vivre. Roger Dautais
Notes de Land art pour La Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Cairn du souvenir " pour mon amie Tio + *
Bretagne Sud - 2014

* Tio est morte en 2014 dans  l'indifférence d'un monde cupide.

dimanche 17 mars 2019

Flottaison  :  pour  Edith et Maud

Aux passantes du lac...



Entre le ciel et l'eau.

Ce jour,là, à l'occasion de l'arrivée du Printemps, j'étais descendu au lac des trois moulins,avec une boîte d'allumettes. J'y avais fabrique une table à feu, dont le principe était de rehausser le foyer, afin d'y allumer un feu, dominant les eaux du lac. Dans ma vie de land artiste, le premier remontait à deux ans, en compagnie de Lee, une amie Coréenne et photographe.
Intéressée par ce spectacle, elle m'encouragea. Aujourd’hui, j'en étais arrivé à la vingtième.
Je montais un bucher en forme de tipi indien. Au bout d'une heure, le feu s'éteignait en cendres grises que je chargeais sur de petits radeaux de roseaux. Une fois poussés sur l'eau, leur fumée blanche purifiait ainsi mon espace consacré aux flottaisons. Je ne pouvais oublie tous ces feux de solitude allumés dans ma vie, auxquels j'avais confié tant de confidences.
Le premier datait de l'hiver 50.Javais déjà besoin d’échapper à ce monde violent qui régnait à la maison, par la magie du feu. Il me paraissait, immortel.
Edith et Maud, mes deux amies d'enfance, furent mes premières spectatrices.
Et jusqu'aux plus récentes femmes connues, toutes avaient été initiées, par moi, à ce jeu du feu entre le ciel et l'eau.
Toutes sauf une qui, ne voulant pas y assister sans explication, en avait été privée.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais

"Flottaison " pour Edith et Maud, mes étoile d'enfance.
Lac des trois moulins.
Normandie - 2006
Contraste :  pour Maria-Dolorès Cano







à  ma femme aimée, MarieClaude...

Je décide de remonter  vers le ciel. Je n'ai plus d'eau et la température est intenable au fond  de la carrière. Considérant que le simple est un  long  processus de simplification, ma  journée sera essentiellement de  marche, d'observation, d'écoute des petits rapaces en chasse. Je  n’élèverai qu'un cairn,  une fois la surface de la terre atteinte. 

Détrompez-vous, je ne vis pas dans le passé. C'est le passé qui vit en  moi. Nuance.

Mes silences se comptent par années. Mes réflexions, je les confie  à la mer, aux  pierres, aux animaux sauvages, avant tout.

Ce  long manteau que je  porte est  brodé de  blessures, mais je reste atentif  au chant de la mer qui guérit tout.Il  y a plus de  poésie dans  le flux et le reflux de la mer, que dans le  plus beau de  mes cairns. Voilà  pourquoi je  l'écoute longuement.

J'ai connu le désert absolu de la  longue traversée, lorsque frappe  la maladie grave. Je m’y apprête à nouveau. Le voyage sera long. Vous ne connaissez pas mes hurlements de  loup  blessé. Ils ne se  partagent pas. Dans ces cas extrêmes, nul dieu vers qui me tourner, nul besoin de fausse condescendance. Il me restera encore,  une seule solution  : survivre. Je suis résistant. J'ai survécu aux coups de mon père.
J'ai souvenance de pas tracés dans le sable du tombolo de  l'Île de Stuhan:  éphémères, rapprochés, allant vers la mer, si fragiles. Cette fragilité de  l'instant fait vibrer  mon cœur malade, toujours capable d'aimer.
Ce jour  là, deux sternes volaient  à  l'envers, devisant, les yeux  dans les yeux. Nous avions écouté leur chant sacré,  à deux pas des  menhirs de Carnac. 
Leur va et vient annonçaient le  printemps.
 Fallait-il autre chose pour  être  heureux ?

Roger Dautais  
 Notes  de  land art pour  la Route 77
LE CHEMIN DES  GRANDS JARDINS
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Cairn  : " contraste "   pour Maria Dolorès Cano, en fraternité.

samedi 16 mars 2019

Sœur de septembre  :  pour Emily de Wavrechin


Marcheuse céleste...

Les contours flous de ta mémoire amnésique, s'avalaient en une vague océane. Reste aujourd'hui ton corps noyé, un bout d'étoffe turquoise et le souvenir d'apnées sporadiques, d'après l'amour. Temps vide ancré dans ton ventre labile, où j'aimais me perdre, âme rebelle, où je frottais mes âpretés au cuir de la bête que tu étais, plus belle pourtant, mais si sauvage. Mes larmes effilochées, c'est le vent qui les volait, au passage. Tu photographiais nos pas dans le sable du tombolo. Nous allions sur l'île de Stuhan, sachant déjà que notre amour allait mourir, avant la prochaine lune.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Soeur de septembre " à Emily de Wavrechin
Villers sur Mer - Calvados -Normandie - 1997


*


Remords et la vive parure de l'écorce
Un désir mémorable se souvient d'une douleur
Imprime le flux à l'épreuve de la mort

Au bout des doigts la déchirure cruelle
L'ombre de oiseaux se souvient
d'un instant éparpillé.

Guy Allix
Couronner le Sal  :  pour la marcheuse céleste



L'art est la  matérialisation de  notre besoin de sacré.
Marie-Josée


Capturer  la magie d'une rivière, explorer ses rives, de la source à la rencontre avec le grand fleuve,  m'a pris  une  grande partie de ma vie. A chaque fois,  pourtant, accompagné  ou non, je dois  mettre mon savoir de côté, tant chaque rivière est avant tout  une personne  à découvrir avec humilité.
 Roger Dautais
Notes de land art  pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo  : création land art de Roger Dautais
" Couronnement du Sal "
pour la  marcheuse céleste.

Le Bono   - Morbihan  -  Bretagne

vendredi 15 mars 2019

Des terres sombres aux terres reculées du vieux monde...  pour Maïté-Alienor 




Pour Erin,
parce que, tu sais, j'ai failli te quitter pour toujours...


Désolation australes...

Des aubes stériles de tes paupières nues, jusqu'aux aurores de pleine lune, à chaque pas, Norska, enjamba pour nous, alors que nous la suivions les yeux fermés,un corps affaissé. Des terres sombres aux terres reculées du vieux monde, chaque tombe, chaque recoin de terre ayant reçu la visite de ton âme angélique, fut retournée.
Les Îles de la Tortue atteintes en canoë à peau, qui étaient apparues dans les lacs, jaillissant du permafrost, entourées de terres sacrées, avaient adopté comme dieu, une pierre longue et pointée vers le ciel, comme un lingam.
Toutes furent pénétrées, fouillées, retournées, traversées au rythme du tambour du monde.
D'est en ouest, du nord au sud et du nadir au zénith, pas le moindre espace ne résista à la transe chamanique. Le monde devient une onde unique et répétée, un mantra éternel. Pas un arpent d'aube stérile, pas un lambeau de ta peau d’albâtre, pas un chêne dolent, pas une tour épique de pierres sèches, n’échappa à notre vaillante troupe.
Tu te faisais appeler la marcheuse céleste, fille de Kérouac, mais sortie de toi-même , essence déchirée, sanguinolente, ton âme n'était qu’hémorragique.
Tu croyais tenir le monde au creux de ta main, le jade prisonnier sous les pins, te rappelait, mordant les aiguilles rousses cruellement qu'un ami, même de pierre, ne s'abandonne pas pour des raisons futiles.
Ton errance commença.
Roger Dautais.
" Le livre des jours sombres" .
pour
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Des terres sombres aux terres reculées du vieux monde".
Pour Maïté /Aliénor


*



J'ai écrit ce texte, au cœur de la nuit du 13 avril 2019, dans une chambre du service de cardiologie. Pôle vasculaire B. chambre 45.
Merci au Samu qui m'a sauvé la vie. Merci à toute l’équipe soignante, pour leur humanité.
Je suis maintenant inscrit sur une liste d'attente, afin de recevoir un triple pontage coronarien, au CHU de Pontchaillou, à Rennes. Ma vie ne tenant qu'à un fil, je vis en sursitaire.
En conséquences, mon projet LES VOYAGEURS DU PONANT est reporté d'un an. Si tout se passe bien, je devrai reprendre le land art, à la fin de l'été.
Toute ma vie n'a été qu'une histoire d'amour et de cœur.

vendredi 8 mars 2019

Exil  : aux marcheurs de  l'impossible étoile



Marchons, nos traces finiront bien par retrouver la poussière du monde, lorsque nous ne serons plus..
Roger Dautais







Mon amie,

Tu mes dis qu’en land art, je façonne le paysage et que cela t’étonne.
Le contraire est vrai aussi. Je cultive cette plasticité,cette porosité au monde de mon cerveau , qui le fait me façonner autant que je le façonne.J'aimerais arriver à cette totale disparition de sentiment de possession d'un art, aboutit en tant qu'objet. Je pratique le land art depuis 1997. Cette longue route, m'a permis des milliers de créations. Cela fait naître parfois et met en place des frontières dans l'esprit, ainsi qu'une vision kaléidoscopique du parcours que je ne souhaite pas.

. L’expression ne doit pas être bridée ni dérangée par ces pensées là. Libératrice, lorsqu'elle est bien vécue, elle aide au recul du handicap, ou tout du moins à sa stabilisation. Je l'ai mille fois constaté dans mes ateliers d'art-thérapie, en institution( EHPAD; Prisons, CHRS)

Pour mon cas personnel, puisque je te réponds alors que nous marchons ensemble, vers le même but, comprendre ce que nous sommes individuellement ou associés, , au moment de la création, qu'elle soit fugace ou qu'elle dure plus longtemps, une modification de conscience suffisamment puissante, me permet de voir en avant, d'être matière fusionnelle avec le paysage. La pensée de Carlos Castaneda ou de Mooji,continuent à m’éclairer.
Je sens physiquement, profondément cette aspiration dans le paysage, jusqu'à le devenir moi-même. L'amour de cet état là, crée le désir, engage l'action, alimente mon énergie essentielle. Je pense aussi avoir trouvé le même état d’esprit chez Peter Irnick, chaman Inuit, lors notre rencontre
en Normandie.

La méditation aide aussi à se rapprocher de cet état. Elle ne fait pas tout, car, si la pensée tourne en rond, s’arrête à elle-même, s'il n'y a pas objectivation de cette pensée, je passe à côté, perdant automatiquement le sens du sacré.. Trop répété, trop vécu, cet état est frustrant, et l’abstraction pressentie qui me porte, ne me suffit pas. Développer une bonne résistance à cette frustration, en parallèle à la volonté de continuer, est aussi un des moteurs de mon action de land artiste. Des ces voyages intérieurs et mystérieux dans l’inconscient, naît le désir.
Sans ce désir, la vie est bien fade.
Seule, l'incarnation de cette pensée, en œuvre land art me libère de cette tension. C’est aussi un chemin spirituel et de recherche constante.C'est un beau voyage, mille fois repris et difficile à partager.










Avant route chose, créateur de rêves, je revendique cette qualité là, je les vis. Je ne prétends appartenir à aucune élite artistique, ni faire de prosélytisme en cette matière, simplement à t’expliquer, mon amie, depuis quelques mois, ce que je vivais de fort, de puissant dans le land art et qui m’aide à avancer. Je ne pratique pas la dichotomie. Si je me comparais à un animal, je serais un cheval fougueux et sauvage allant vers la fin de sa vie. Ça te va ?



J'aime les plaines désertes autant que les torrents impétueux, le coquelicot autant que l'orchidée sauvage, la pluie de l’ île aux Moines comme celle de Cabo San Vincent, au Portugal. J’aime l'herbe de mon jardin, comme celle des pâturages dans les Alpes Mancelle J'aime méditer sur un rocher de Ty Bihan, face à l'océan, comme au pied de la Pyramide Keops. J’aime le chaouabti anonyme autant que celui du Père divin Hekarechou. J'aime la chaleur torride de Tafraout, dans le sud Marocain, les courses dans le désert de pierres, et la fraternité partagée avec mon guideJ’aime la grandeur du temple de Carnak, étouffante et été, et l’humilité du guide. J’aime leet le recueillement de nos âmes en vadrouille, devant les tombes de Caceres J’aime le yeux de ma femme, y lire son bonheur, lorsque nos naviguons sur le Nil, car ils deviennent le plus beau des paysages.
J'aime la fluidité du sable du désert de Douz, en Tunisie, sur les pas de Laurence d’Arabie et le grain de celui d'Etel, quand j'y trace une spirale éphémère. J’aime , la gelée blanche de Kerfontaine, les chemins creux de Kerplouz, les ruisseaux de Kergrist. J’aime les Monts d’Arrée  chant de pierres surgi des entrailles Celtes, surplombant le jade de la mer d’Iroise.
Avant toute chose, j’aime que le monde me surprenne pour m’apprendre encore à vivre .


l

Tu me demandes, amie, si le land art m'a modifié ?

Certainement et en profondeur, mais le travail n'est pas terminé. Beaucoup trop de défauts m'alourdissent encore, et le reste de ma vie, servira à préparer le grand passage que j’aimerai accomplir, léger et serein.
Traumatisé par cette opération de la colonne vertébrale réalisée le 29 septembre 2017, dont je souffre encore, handicapé dans ma vie, même si cela s'arrange, et ne se voit pas, j'ai mis ce très long temps consacré au soin, à la disposition d'une réflexion plus générale sur mon œuvre de land artiste.
Elle est belle mais ne représenterait pas grand chose, sans ce lien permanent à 'humain,qu'elle contient, sans mes combats, mes obsessions,mes engagements, mon amour de la vie.
C’est ce qui la porte, la rend humaine, accessible ou plus symbolique selon le degré de lecture. C’est ce qui doit être ma ligne de conduite. L'humain avant l’œuvre.
Plus porté à donner à celui qui a peu reçu de la vie, qu'à celui, qui comblé, se gave de bonnes choses et le revendique scandaleusement.
Mon land art porte ces valeurs.






Le monde courre à sa perte et je suis un de ces coureurs de fond, en qualité d'être vivant. Au moins aurais-je profité de ma lucidité pour ne pas être qu'un mouton suiveur, mais aussi, un passeur de mots, d'idées d'actes , dans ma vie d'homme. Si ce tumulte intérieur en a fait souffrir plus d'un, peut-être toi, mon amie, je le regrette, cela faisait partie du package, dès ma naissance et cela existe toujours aujourd’hui. .
Je continue ma route.
A partir du 20 Avril, elle sera maritime et sur les îles du Ponant, en France, là où les oiseaux de mer, volent à l'envers quand le vent le leur permet. Nous serons sept artistes dans cette association que j'ai imaginé et crée:

LES VOYAGEURS DU PONANT.
Sept artistes ,15 îles, près de 15000 îliens à rencontrer, sur une petite année, probablement mon dernier grand projet. ...Carpe diem
Roger Dautais

Notes de land art pour la Route 77
LE CHEMINDES GRANDS JARDINS
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mercredi 6 mars 2019

Le cri du Jade abandonné  :  pour Pastelle  ( Sophie)

La dérive des âmes sœurs, rouges.  to Erin



Liste de courses pour après-demain…

Sur le bord de tes rêves, un bonzaï s’étiole. Le réel trop prenant, une sirène qui le ronge et le met en danger, le feu est au jardin des mémoires. L’invitation est faite. Entrer dans le monde parallèle qui l’entoure, le stresse. Qui l’oblige à changer de posture, à pousser ses bras ébourgeonnés dans l’espace, ligaturés au laiton ?
Satsang de tes nuits bohème, de tes rêves perdus, rien ne t’es donné qui ne soit venu d’en haut. L’esprit se fait serpent, la langue bifide quand ‘l’aigreur paraît au jardin.

Liste des courses pour demain :
Une seule rave party underground, un jardin de mousses, une chapelle unique à la Vierge, un seul ange en ria, un seul chêne fendu sur la route, une seule cabane des silences, un seul jade enfoui, un seul bouton de rose, fané. Les parages du vide de Houellebecq.
Le « trop tard « s’est installé dans la brume, qui nous rend le réel invivable.
Je fais quoi, maintenant, de cette absence, femme muette ?

Ô salto
Au Bono, le pont suspendu grince sous les pas des fantômes et le cadenas rouille , seul,au-dessus
du Sal embrumé. La souche en déserrance quittera la ria  pour  un échouage définitif au cimetière des  bateaux, bois contre bois,  unis dans la mort.

 Je reprends la route ce  matin.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création Roger DAUTAIS
" Le cri du jade abandonné " Pour Sophie ( Pastelle )
" Ämes soeurs , rouges, en dérive " To Erin

Jardin public de Caen - Normandie

***



Rien n'est jamais acquis à l'homme.
Ni sa force Ni sa faiblesse ni son cœur.
 Et quand il croit Ouvrir ses bras
 son ombre est celle d'une croix
 Et quand il croit serrer son bonheur
il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
 Il n'y a pas d'amour heureux .
Georges Brassens

 ***

Plaisir solitaire
entre mes doigts -
pinceau et encre
Choupie Moysan

Revue par Serge Tomé, 2018
" La louve et la brebis " pour les bergères.aux pieds nus.




J'aime le calme de la renarde allaitant ses petits...


Je ne suis pas fait pour la guerre...

Autre chose, j'ai vécu de toi, le départ de l' île d'où tu chassais sur mes terres, pour aller, je ne sais où, continuer vers un là-bas. Terre d 'exil, mise à nu, par tes bras de labeur, j'ai cherché sur les terre noires, traces de ta vie, ce rayon de soleil noir; enterré. J'ai creusé de mes mains, l' humus, jusqu'au ciel de jade, abandonné aux chiennes de passage.
Mais enfin, fallait-il une mise à l'eau radicale et se b noyer dans la tourmente pour en arriver là d’incompréhension à faire tourner le lait dans la maison?
J'aime le calme de la renarde allaitant ses petits, mais pas ses crocs dans ma chair.
L'ex
Les exilés défilent sur les terres noires. Je les rejoindrai à la nuit tombée, mes frères. Autour des feux de solitude, je leur raconterai l'histoire de cette brebis devenue louve, avant de quitter l'île, où je vivais de toi.
Roger DAUTAIS

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo :création land art de RogerDautais

" La louve et la brebis " aux bergères.
Plages de la Côte de Nacre - Nord de Caen - Normandie


***


Sant 'Engracia

Très calle de Sant'Engracia,
Retour dans les parages du vide
Je donnerai mon corps avide
A celle que l'amour gracia.

Au temps des premiers acacias
Un soleil froid, presque livide
Éclairait faiblement Madrid
Lorsque ma vie se dissocia.

Michel Houellebecq
Les parages du vide

mardi 5 mars 2019

 
 
 
à Maria-Dolorès Cano


Pour le moment, je demeure en moi-même à l’écoute de ma propre nature. Là, brille mon étoile.
La route sera reprise, à l'insu du jour, entre deux heures-temoin, au cœur de la nuit prochaine, sans la présence de qui que ce soit.
Le chemin de Kerléano me parait interminable. les fougères poussent trop vite cette année. Elles donneront du bois,cette année. Mais avant,aux crosses en l'air, je déserterai. ferai le mur de la cour de la caserne .A Ménimur, il manque ds pages au livres. les choufes ont sifflé trois fois. Rien à voir là-dedans.
On se résigne toujours au moment de plier les gaules. Pareil pour les pierres. Trop grosses, elle dictent leur loi. J'abandonne la grosse pierre, pas la partie. Trop lourde.
Et pour la mort,c'est pareil. Au peloton d'exécution, à la limite, un cri, un chant des partisans. Après, c'est plus ton truc.
Tu connais, la dernière ligne droite, le dernier baiser, le dernier nuage, le dernier pas, la dernière bouffée d'air, avant de quitter le merdier.

Mais alors, pourquoi le land art ? C'est le meilleur moyen de m'effacer du monde. J'y vais de ce pas.

Roger Dautais

LE CHEMINDES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com:

Photo : création land art de Roger Dautais

Pour Edith et Maud, petites étoiles au firmament de  ma mémoire.
 
 L'histoire les avait déposées  parmi nous, sauvées de je sais où. Nous étions frère et sœurs dans la même cour. Qui  peut bien me dire, encore  ici, que  nous n'avons pas de cœur. Vous n'étiez  même pas  le soupçon d'une  intention  de  naissance,dans le cerveau de vos parents. Enfants de la guerre, nous garderions en nous cette peur d'être dés-aimés. Peur de  mourir de faim, quand  nous mangions le pain sec dans la cage de lapins. Mais c'est de trop  peut-être, pour vous, gens de  haute volée  intellectuelle, qui adorez le  gourou et pratiquez  l'inverse de  son enseignement.
J'ai vu tes  pieds  nus, marcher sur le granit de la chapelle, devant la Vierge.J'ai vu tes mains allumer des ciierges Etait- ce pour denvenir ce que tu es ?
Le mépris est  un poison. L'Amour n'est pas  à trouver dans cette direction. J'ai mal pour toi, égarée, aujourd'hui.
Roger



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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.