La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 2 mai 2019


Regard perdu :  pour Elichéva, Hanna, Sera'h, mes étoiles.



 Il  n'est pas rare quand  on a tout perdu, de se perdre soi-même.
Primo Levi
Si c'est  un homme.



Grand Garage Blanc



Raptus

Ne tire aucune fierté, petite  à égarer  le vieillard aveugle. La pleine  lumière n'enseigne pas cette  ineptie. Pas de quoi te vanter.
Puisque tu es croyante, ne triche pas sous le regard de ton Dieu. Ne tire aucun fierté  à l'égarer en te réjouissant. Borgne et reine, tu te déchausses  pour rien sur le granit de  l'hiver. Lâche ma main. Cela ne sert  plus  à rien et ta jeunesse se  fane.
 Je préfère m'égarer seul,dans mes brumes de  morphine
Les murs gris se rapprochent, les cavales blanches sont en nombre. Je  crie  douleur, écartelé, thorax scié, sanglant.
Je décroche.
Larges  plaines  blanches, gelées. Mes chevilles  me font  mal. J'ai vu la  lune tomber dans l'eau. Au septième ciel, je me suis accroché  à ton cerf-volant. Rien compris. J'ai mal.
Le cisaillement  invisible de tes  lames ...  lames de fond, toxiques, brise mon esprit et accouche de vagues  mordeuses , destructrices de côtes. Le bruit est  infernal. Serait-ce ma tombe ?
Allongés, parallèles, des souvenirs ensablés d'amours adolescentes, de baisers salés. Je voudrais être  mort, ici.
Décoiffés par les forts vents d'Ouest, on capitule. On abandonne dunes et  oyats. Courir vers le bonheur,est si bon.
Les  autres dunes chauves sont délaissées comme vieilles femmes  : trop froides, trop vieilles, trop vides.
Il me reste l'espoir de rencontrer la mer, pacifiée, froide, qui  m’accueillerait,  pour  une dernière nage, vers le large,sans me retourner.
Pour que cessent les soupçons, et le vacarme gratuit de ma vie.
 Roger Dautais



Arrêtez de  pousser, derrière...

Accepter la  mort, bon, facile
pour qui  n'est pas concerné.
Mais 'y rendre sans espoir de
ne jamais ne faire demi-tour
sur cette route fatale,c'est
moins évident. Le raptus,  un
accidnt fatal qui  peut  à tout 
moment accélérer la prise de
de décision fatale, jusqu'au
trou noir.
RD.
A Maria-Dolores Cano

  Rencontre 2


 "Au fond de chaque mot j'assiste à ma naissance." 
Alain Bosquet

 Merci, Maria-Dolorès.

Mosaïque d’argile
cratère
œil ouvert
chair de glaise
souffle   craquelure
cycle de la terre
roue de la vie
l’œil voit   scrute
le centre


ailleurs
la mer s’en est allée
son corps une fissure
sa peau une gerçure
une fêlure
dessous
un autre monde
cantique des ancêtres
de poussière et de cendre
sécheresse
brûlure
à l’âme
dessous
la vie
dans un pli
dans une strie
ici
une rencontre
sans bruit



                                                                Maria-Dolorès  Cano * Avril 2019




* http://reveusedemots.blogspot.com/






Ma dernière cendre sera plus chaude que leurs vies.
Marina Tsveraïeva
 Confessions 
Vivre dans le feu :


 ***


Grand Garage blanc

  à la femme aimée.
Morphine

L'hiver  à saint-Aubin, les  murs suintent  l'ennui. Sous la  pluie glacée,  l'ombre de Monsieur Beck sur ta maison. Au cœur de ma nuit d'ivresse, nul  ne sait le chemin de mes  grande douleurs. Shoot. Le prix d'une vie.
 La mer démontée comme décor.
Je ne suis entouré que de cupides. Ils comptent leurs sous, jamais ce qu'ils leurs reste  à vivre.
Je nage vers le large. Mon corps se crispe, se refroidit. J'atteins,  l'île, épuisé. Elle est, telle que je  l'imaginais, déserte, grise, pleine de vents et de douleurs. Les murs de ma maison se rapprochent. Ma tête va éclater.
L'âme en  peine, je dérive sur mon  île.
Dans  mon bad trip, la cour des compagnons. Tailleville. Pluie fine, amas de vaisselles ébréchées, P.38,  souvenirs de  guerre. Terrible,  mon enfance délitée.
Il  pleut sur Ouistreham.Tes  yeux bleus sous le parapluie, au  pied du phare, près de  l’écluse. Malgré tout,malgré eux, je t'aime  à en  mourir.
 Silence  on tourne.
Roger Dautais




 Ce fût ma réponse au  poème de  mon amie , Maria :

Le poèmes est juste, toujours juste, lorsqu'il s'élève de la mêlée, encore charge de glaise et cherche le souffle de vent qui l'emportera,. J'ai ce besoin de voyage dernier qui me fera cendre ou glaise, lorsque dans ma bouche, la vie devient amère. Nul ne connait le jour ni l'heure, simplement, le temps du rapprochement ultime se fait possible , maintenant. Alors, le poème devient un île où j'aime a reposer mon corps usé, fatigué par la dernière nage. Il me semble qu'il n'y a rien d'autre a sauver que l'amour sur terre.
 Tu sais le faire et je m'accroche à ce dernier espoir.
On ne peut sans arrêt, prolonger l'infini, écarter le bras armé. Cela fait partie de l'histoire.
Je ne connais pas la solution. Pour le moment, je ne connais que le poème mais j'en suis rendu là.
Je t'embrasse fort.
Roger Dautais
Mémoire amnésique  :  pour Marjolaine Cassiaux

  



 Ici un lapin passait naguère
Sa vie errante souple et flottante
Sur  un candélabre de l'inaction
 Aux sept branches de supplices
Aux homélies anciennes.
Sauves-moi cria-t-il du haut de sa passion.
 Joyce Mansour
 Le désir du désir sans fin.  1963




 à Marie-Claude, femme aimée.

 Lundi
Mes doigts agiles  ont caressé  l'espoir d'un toison d'or  chaude, puis la froidure des sables de décembre.
Défenestré,  l'Ange perd ses  plumes. Il  neige sur mon âme. Le pré carré rassemble les meilleurs souvenirs. Pierre est sable .Rouge et noir.
 Nuits ardentes et  jours  interminables.

Mardi
Mort  inexorable, passe ton chemin. Les  jours sombres, espérer  voir  s'ouvrir la fenêtre de tes  yeux et parler aux étoiles.

Mercredi
Ondes de silence dans le bruit du  monde et  puis l'envie de retrouver le calme, ici Le land art  pour s'exprimer dans le calme après la tempête. La clé des songes, aussi.

Jeudi
Rien
.
Vendredi
 Écrire n 'arrange rien, mais comment  faire autrement ?

Samedi

Place à l'imaginaire, mon Momo,  ou  à la folie, si tu veux.La vie s'égoutte entre les  platanes rouges. Je prends de la morphine dans  l'écorce de ma vie. Gélatineuses raison de ma dérive. Voilà  où tu  m'amènes. Naviguer dans les pans effilochés de ma mémoire. Dérive comprise, je rejoins les étoiles dans  un dernier shoot.

Dimanche
Rompre le cercle des certitudes, des habitudes.
Je descends, je descends. Je ne voudrais me  prendre le  plancher dans la gueule.

Roger Dautais

Tu devrais arrêter d'écrire, me dit-elle.



***


Il  y en a  peu qui aiment,
très peu qui se donnent.
 Michel Houellebecq


***

Pour toi,chère Maria-Dolorès, parce que tu sais aimer,
ce superbe   poème de Michel Chalandon. 
Tu l'avais  invité chez toi *, ( Résonance )le voici mon  invité


Il tremble sur le sol,  il cherche et rien ne trouve, ils sont éclaboussés et  pleins, la boue à leurs chevilles, les enfants de  l'été tournent aux fontaines, terrassent et brisent les bêtes,  ils se trainent et arrachent les  yeux.
Défais, arrache, coupe, meurs, et reprends la  litanie ds fleurs au cœur brisé, des lettrse  infinies posées sous les décombres.Il te ronge,  il te demande encore : où vivres,  où penser, comment défendre la  stupeur, comment entendre.
Michel Chalandon*  : de peine
* http://lechristauxcoquelicots.blogspot.com/search?updated-max=2013-03-05T11:05:00%2B01:00&max-results=1&start=6&by-date=false

http://www.le-capital-des-mots.fr/article-28261546.html
 
Le chant des cupules  :    à la visiteuse  du soir.*

 Grand garage blanc


Le chant des cupules

 Adieu, corps scarifié, je voyage les yeux fermés. Le cœur des hommes saigne en silence, dans les hopitaux. Les femmes aux cheveux défaits, marchent  pieds nus sur le sable et s'abreuvent aux rivières  pourpres.
Emporte-moi,  loin  d'ici, de ce garage blanc, vers  l'immense forêt  où tu chantes, sous les chênes sacrés.
Montre-moi les sources à salamandres dorées et la  lumière Divine qui perce  mon coeur blessé, sous la canopée.
Prend ma main, allons ramasser des cupules dans l’humus et  inventer  le cœur nouveau. Contemplons le temps sacré qui se dépose  partout, comme poussière d'étoiles. Les feuilles  d'or des aulnes recouvriront  les dormantes, en hommage aux disparus.
Serait-ce déjà  l'adieu ?
Ma forteresse a rendu  l'âme. Trop de souffrance. Plus d'amour.
Étend les branches de ton arbre  à  lumière, prend  moi, serre  moi fort. Oublions nos rancœurs comme le brouillard efface le fleuve  en ria.
Le temps est si proche de  l'adieu. Tu sais, la mort ne m'a pas fermé sa  porte. Ne rete pas sur le quai de gare.  Voyageons ensemble, les yeux fermés, cœur  à cœur.
La boîte à punaises réveille ma mélancolie, je n'en  peux  plus.
Je suis ton étranger. Je vois tes yeux de voyageuse,  pleurer.
 Viens.
Mon cœur saigne et les rivières  pourpres coulent sur tes  lèvres roses, comme  un dernier baiser  mortel.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Le chant des cupules  " à la visiteuse du soir*
 Forêt de Camors - Bretagne

* La mort.


Grand garage blanc

à la visiteuse du soir. *

 La morphine entre dans le  jeu. L'instant sédimente. Je suis stone, regard au plafond. Médiké, techniké,  intubé, dérivé, branché de  partout, écartelé. Je voudrais aimer, une dernière fois à en perdre le souffle. Mes yeux dérivent,suspendus aux murs gris. La tangente rejoint la diagonale des fous, géométrie sanglante des derniers  instants. Sourire aux anges. Je sombre.
Tous les feux sont au vert dans la fumée de ta ganja.
Jours tendus, au-dessus ddu vide, lorsque le saut devient évidence, qu'il faut écouter.
Ecartez-vous. Il  n'y a rien à comprendre. Ici, c'est  l'enfer.
Quand la vie se dérobe, aucune blouse  blanche ne trouvera les bons  mots. Je touche le fond.
La tendrese  n'est plus qu'un vague souvenir qui s'efficloche. Le désir a reflué au confluent du coeur blessé.
Le plaisir d'^tre avec, pâlit comme lueurs de  l'aube, en Ria
Cœur obstrué; comment échapper  à la bascule, au hoquet  libérateur ?
Reprendre l'errance dans les draps  humides et la douleur, la lancinente attente d'un nouveau shoot,  ponctué de bons conseils. Elle me voudrait, heureux.
 Je sombre.

 Roger Dautais

 :  à la visiteuse du soir  : la mort.

Cette  opération  à cœur  ouvert, m'aura fait rentrer dans la grande confrérie des  mortels revenus de  l’autre côte. Tous les textes présentés sous le titre de Grand garage blanc,  ont été écrits pendant les deuw séjours au CHU de Rennes er CH de Vannes, qui  ont précédé et suivi mon  opération. Je voulais aussi expérimenter l'écriture sous morphine. C'est fait.
Je n'ai jamais
autant entendu parler de  mort, de danger de  mort, que dans ces  lieux ces  chirurgie cardiaque, , par les chirurgiens  ou cardiologues qui m'ont ,malgré tout sauvé. Je leur en suis reconnaissant.


****


Je remercie tous ceux qui m'ont soutenu. Je ne voulais pas de visites pendant cette épreuve de 3 semaines, afin de vivre entièrement cette expérience,sans entendre les discours de chacun.
Je n'ai pas aimé du tout, la posture de mes soit-disant amis qui se sont l'éloignés, et  pour longtemps, après m'avoir expliqué que cette  opération était banale.
Les gens qui ne vous aiment pas se donnent beaucoup de mal  pour vous tenir la tête sous  l’eau  lorsque vous êtes affaiblis par la maladie. Qu'ils retournent  à leur veau d'or, Gafa , i phone,  et autre facebook, puisqu'ils  y trouvent source  de vie et  m'épargnent leurs commentaires sur mon état de santé.

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.