La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 2 mai 2016

La question :  Pour Guy Allix
La disparition du second  :  pour Christian Cottard
Le cadeau rouge sang  : Pour Marie-Josée Christien
Rupture :  pour  Patrick Lucas
Faire la belle  : pour Ana Minguez Corella
Vider  l'espace : pour Marie
Apparence  imminente :  pour Maria D. Cano
L'alerte : pour  Mokhtar el Amraoui
Mouvement  immobile :  pour Erin
Le semeur de doute  : pour Art Traveller
Lieu d'utopie septique : pour Sasa Saastamoinen.
Ambitieuse chute annoncée :  pour Danièle Duteil

Lieu d'utopie :  pour  Maïté /Alienor
Transformation d'idées :  pour Alain Jégou
La déchirure :  pour France
L'effaceur d'instant : pour Emma
Cairn à marée  montante, en ria  :  pour Rick Forrestal
Les  fantômes de Lampedusa :  pour Pastelle


à Marie-Claude ...


Route 73

L'atmosphère plombée de ces derniers jours donne une couleur uniforme à toute la côté qui baigne dans le gris, du matin au soir. Il faut beaucoup de jours de gris où tu as le sentiment d'user ta vie dessus, pour sentir naître l'envie d'une belle lumière capable de tout réparer. Et c'est là, face à l'océan, après une longue marche que tu peux te trouver devant un brusque changement de temps.
Tout est beau, la mer les rochers, le sable. Tout est en place, harmonieux. Il n'y a rien à faire, rien à dire. Tu sais que cette lumière, ne va pas durer longtemps, que la mer va bouger, les nuages, s'accumuler et qu'en plus, personne ne te croira dans les terres brumeuses.
Le temps est suspendu.
Même l'idée de prendre une photo est superflue. L'instant vaut mieux que ça. Il doit s'inscrire dans ta mémoire. Tu te dois de l'emporter ailleurs et puis, il disparaîtra comme une chanson entendue à la radio. Il te reste le sentiment que le monde est beau, sous le gris apparent. Tu dois te débrouiller avec ça pour reprendre la route, en sachant que tu ne feras jamais aussi beau. Ne pas se tromper, le land art n'égalera jamais ce que sais faire la nature..

Travailler sur un cairn, en voie de disparition, c'est un peu faire mon auto-portrait

En équilibre dans les falaises de Ty Bihan, je m'absente du monde gris.. Le rêve permet cette absence, qui, elle-même, permet une vision de la nature, différente. Cette vision disparaît dès que le rêve s'interrompt.
C'est bien durant cette période qu'il s'agit de trouver l'étincelle de la création.

Entre temps, avoir affaire avec le temps normal, parce qu'il existe, qu'il est présent sans me demander aucun effort, me permet d'accepter que la vie existe, libre.

Je suis toujours en partance, sans idée préconçue. C'est cela l'esprit de découverte

Ikaria Lo

La ria s’emplit d'eau de mer jusque dans les plus petites veines du Sal. Elle vient de plus loin que le vent, du ventre de l'Atlantique. Elle a passé les forts courants de la Jument, écorné les parcs à huître, car rien ne l'arrête. La marée impose sa loi, son avancée, jusqu'à parfois charrier le corps d'un noyé inattendu et le déposer sur une rive.
Quelques bancs de mulets troublent la surface de l'eau. Je progresse à l'ombre , sur la rive droite. J'ai quitté les derniers marcheurs qui ont abandonné en route. Je veux atteindre, le point le plus au sud, celui qui frotte l'eau et interdit le passage, pour y élever un cairn. Les pierres libres sont rares, ici, qui me compliquent la tâche. J' y mets le temps. Les premières pierres s'élèvent. La lumière est sublime, mais en contre-jour. Personne d'autre que moi, ne vivra plus
l' instant de partage absolu avec cette arrivée de le marée.
Mon esprit s'envole. Je remonte la ria, passe l'Île de la Jument, quitte le golfe, contourne la pointe de Kerpenhir. C'est le large. L'Ikaria LO686070 * d'Alain Jégou , passe devant l'Île de Méaban. Pourrait-il m'embarquer ? Je lui fais signe. Il se déroute. Je monte à bord, Nous faisons route vers Lorient. Il me dit que la pêche devrait être bonne.

Le troupeau a quitté les pâtures. De fortes pluies ont chassé les bêtes vers de hautes terres, plus sèches.. Le temps a rempli les ornières colonisées par les herbes en rhizomes. Chaque mare se transforme en océan, comme durant l'enfance. Me voici embarqué dans mes rêves. La vie au loin de tout, la vie au lieu du rien qui nous est proposé, et que tente de nous entraîner vers le néant des tentations inutiles. Je compose quelques installations flottantes. Carrés, triangles, hexagones, réalisés à partir de joncs, donnent un cadre à mon travail.

Les fantômes de Lampedusa

Il faudrait arrêter de  les compter, noyés en trop grand  nombre,  morts sur la route de  l'exil, de  mille façon, parce que cela gène,  me dit-on. Mais ce qui  gène d'abord c'est que  l'on puisse encore venir au monde, dans  un pays  où l'on ne pourra jamais vivre sans  mourir de faim, avec comme seul avenir, de  prendre  un  jour, la route de  l'exil.

 Roger Dautais



* www.editions-apogee.com/passe-ouest-suivi-de-ikaria-lo-686070.html
 Deux récits de mer qui « constituent le plus formidable livre sur la mer écrit par un poète d'aujourd'hui. Alain Jégou.




Les  routes se dérobent
nous laissent à nous-mêmes
voyageurs inutiles
la destination perdue
dans la  poussière du futur 

Combien de départs
pour trouver la route étroite
où  l'on ne parvient pas

Marie-Josée Christien*

Temps  morts
Editions sauvages
Collection Askell

*    mariejoseechristien.monsite-orange.fr/


*****


La  première blessure
Et ton nom même sur la peau
Comme  une vraie fragilité
Et la force d'aimer
Ici en nul lieu

Atteindre simplement
Cette terre franche qui travaille
Dans  l'étreinte des  mots
Sous le givre des mains

... Cette terre prête à l'arbre

Guy Allix *

Solitudes
Rougerie

*    guyallixpoesie.canalblog.com/

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.