La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 5 avril 2019

Le voile de mariée  :  à Stéphanie Lenouvel




Si jamais mon chemin s’arrêtait là,
pardonnez-moi d’avoir aimé
à en mourir un jour...
Roger Dautais



En mon vaste jardin..

à Raymond Anisten
...et si l’amour absolu reste inconcevable pour beaucoup, considéré comme un excès, je le préfère à la haine. Mon cœur usé en témoigne, d’avoir dansé sur le tambour du monde. Que ma mère soit remerciée de m’avoir fait ainsi.
Je suis né bien avant les GAFA . En 1942 exactement, au cœur de la barbarie qui s’exprimait par des rafles et des camps d’extermination. Est-ce trop de dire que je suis horrifié par la recrudescence de cette haine là, jusque sur nos tombes, nos murs des villes.
J’aime trop la vie pour ne pas en parler régulièrement sur ce petit blog, et depuis dix ans, puisqu’il a presque cet âge à quelques jours près. Je veux dire par là que je n’ai pas attendu internet pour choisir mon camp et m’engager dans des actions publiques et politiques. C’est connu.
Je n’ai pas que des amis. J’avais sans doute besoin de réparer une enfance piétinée, besoin d’être aimé mieux. C’est pour cette raison que j’ai choisi le chemin de l’art.

À Maria-Dolorès Cano
Des femmes sont venues en nombre, pour m’accompagner de leur amitié, m’encourager, m’aimer et j’avais besoin de leur regard pour exister comme artiste. Mais on est jamais à la hauteur d’un pareil amour, alors, j’ai tout donné ce que j’avais à donner en amour. L’histoire n’est pas terminée.

Oui, j’ai étudié le dessin, la gravure, la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo. J’ai beaucoup pratiqué avant d’être appelé par le land art, en 1997. Répondant au journaliste venu m’interviewer à la maison, il y a deux jours, à propos de mon CV. Je lui ai dit : je n’en ai pas. J’ai abandonné ces longues listes que peu de gens lisent, pour entrer dans le vif du sujet :
le land art. Regarder-t-on 25OOOphotos sur un PC ? Non bien sûr. Pour moi-même cette collection est devenue un vaste jardin. Une centaine a suffit pour qu’il se fasse une idée.
Incarner un discours de land artiste passe par la photo. Je l’ai fait, une fois de plus et ce papier sortira dans Ouest-France, au moment où je serai hospitalisé à Rennes.

À Marie-Claude, femme aimée
Cette nuit, encore blanche comme gel sur l’herbe je me disais : je suis, ni dans le monde, ni hors du monde. J’avance dans cette insécurité partagée avec ma femme aimée, espérant du mieux, comme je souhaite une meilleure vie au cairn qui s’écroule. Nos enfants et petits enfants, s’en chargeront. Mais hier, je pensais sincèrement, qu’il y a des jours où le vent semble inépuisable. Avec la pluie pour compagne, bien accroché entre le ciel et les terres noirs de mon pays, il n’y avait rien d’autre à faire que de marcher, avec mon cœur malade et les forces qu’il me reste. Je marchais, dos courbé, parce que je suis vieux et qu’un vieil homme adopte cette allure dans le mauvais temps, content d’être là, vivant, heureux de l’être, encore.

À ma fille
La spirale représentée, ici, au moment où la mer la recouvre d’un voile de mariée, je l’ai faite en hommage à ma fille, qui se mariait en début de ce vingt et unième siècle, avec Tony, son amour de toute jeunesse.
Spirale emblématique de mon œuvre de land artiste, mais aussi,symbole du temps qui passe. Tout ce que j’ai créé est né d’une émotion, n’en déplaise à ceux qui pensent qu’elle doit être extraite de la création. C’est mon mode d’expression,c’est un geste d’amour, envers la nature,avant tout, puis envers la personne à qui je pense. Vous avez pourquoi, l’Étoile de David est présente dans mon œuvre, au même titre qu’un gisant de sable,cent fois expliqué.
Le land art est aussi pour moi,expression poétique, prolongé par une littérature personnelle, écrite, jour après jour .
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Quinze jours ont passé depuis mon premier malaise cardiaque sur l’île aux Moines, préparant un projet land art Les Voyageurs du Ponant qui devait commencer en compagnie de 6 artiste, le 20 avril 2019. Évacuation par le Samu d’Auray, hospitalisation en cardiologie à Vannes, Consultation avec la chirurgienne de Rennes et date d’opération prévue le 9 Avril.

Je n’ai rien changé de mes habitudes de vie, si ce n’est d’avoir encore plus parlé et échangé avec Marie -Claude. Nous avions besoin de cette proximité. Nous sommes prés.

Lorsque vous ouvrirez mon thorax, mardi, entourée de cette équipe du bloc opératoire, tout ce que j’ai dit et fait dans ma vie,sera entre vos mains. Réparez-Madame, si c’est possible et redonnez-moi ma vie qui s’échappe. Je saurai quoi en faire et Marie-Claude m’attend.
Quoiqu’il arrive, soyez en remerciée.
Roger Dautais
Le land art ? une nécessité,  une urgence.



A Marie-Claude, Femme aimée…


Nous avons trop vécu, des brisures de vie, pour tomber dans le panneau . Plus dans le troupeau bêlant, plus dans les foules adoratrices, plus dans le brouillard des beaux parleurs. Plus dans les ors des palais. Plus dans les honneurs. Il est temps de sauver ma peau et cela se jouera, mano a mano. Parle moi des îles qui dérivent dans tes rêves. Parle-moi de ton chêne centenaire qui veille sur les morts. Parle moi de l’Ange endormi sous la cendre, en ria. Parle-moi de la cabane des silences où je ne peux plus me rendre. Parle moi de la foule des morts, par centaines, en cendres, au pied des arbres et qui regardent passer le jusant depuis leur jardin.
J’ai repris la route, sac au dos, celle qui brise le cœur mais qui va droit au but par les chemins de
traverse. Toi qui cherche l’Amour, toi qui vis l’Amour et partage mon lit, ne pleure pas mon départ. Il était inscrit dans le grand livre. Est-ce la dernière fois, ou bien reviendrais-je balafré sur le ventre, ouvert en deux. Tes baisers seront les meilleurs remèdes.
Regarde autour de nous, ce vide laissé par ceux qui nous promettaient aide et compassion. La place est prise, mon aimée. Nous avons tous les oiseaux du ciel dans notre petit jardin. N’est-ce pas mieux que mille pic-assiettes ?
Ne pleure pas en voyant mes talons, quand je disparaîtrai d’ici, je serai simplement à écrire de mon sang, la suite de notre histoire. Je n’ai vraiment aimé que toi, malgré mes dérives et toi seule, reste mon port d’attache. Les oiseaux de mauvais augure affrontent leurs mensonges.
Promis, juré, je reviendrai de cet hôpital et je t’emmènerai voir le dolmen de Crucunio qui fait le dos rond., le Grand Menhir du Ménech qui défie le temps et le dolmen secret de Meriadec, celui des nos amours..  Nous serons des marcheurs aux pieds nus comme nos frères gitans, et Roms. La route ne sera que pour nous, étoile de ma vie.
Je t’aime.

Roger Dautais



La vie est une  île dans  un  océan de solitude, une  île dont les  rochers sont nos espoirs, les arbres, nos rêves, les fleurs notre solitude et les ruisseaux notre  inspiration
Khalil Gibran
De la vie.
La voix de  l'éternelle sagesse.

Photo  : création land art de Roger DAUTAIS
 " Un  jour en Décembre " pour Marie-Claude, seulement.
Normandie  - Région de Caen - années 2000

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Qui êtes-vous ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.