La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 30 octobre 2012

Transcendance
Poème N°I . La Mémoire Amnésique
Le grand passage
Rêve d'enfance
Vibrations sur pierre noire
A Raymond ,  en souvenir
à la tombée de la nuit dans le marais
La mare aux chasseurs
à Marie-Claude
Le signal
Colonnes
Travailler  pour des nèfles

Les escargots du plateau


à Denise Scaramai*
 amicalement.


Il  fait froid. Le vent d'est couche les oyats. J'entends la mer, sans doute déchainée, derrière  les dunes  à deux cent  mètres de moi. La mémoire d'Ana Mendieta  me hante. Comment disparaître de la terre aussi tragiquement. Régulièrement, je lui  dédie mes travaux. A cette période de ma vie, frappée  par des deuils familiaux à répétition, j'ai besoin d'exorciser ces morts. La conjonction de ces deux pensées me fait travailler sur les rites de passage. Je sais bien que ces installations n'ont pas de succès dans mes expositions,  mais-suis-je ici, en ce jour  pour penser  au succès.
J'ai, avec  moi,  une bêche et je vais m'en servir  pour continuer  une série de gisants, commencés en baie de Sallenelles,cet été 2003. Je trace  une forme de fosse dans la quelle je vais sculpter un gisant. Elle mesure deux mètres de  long sur 0,80 de large,  orientée Nord-Sud. Très important,  l'orientation. Je creuse le pourtours sur  30 cm de profondeur et entasse  le sable au milieu. Je tasse  grossièrement  le tas et la forme d'un corps allongé se dessine. Le reste se fera  à  mains  nues. Le sable est gelé. Mes doigts, aussi. Il ne s'agit pas de sculpter  à la perfection, mais d'évoquer un corps. La tête, les épaules,  le tronc, les jambes , puis les pieds. Je sens  une présence et, sans avoir des illuminations, je sais qu' un transfert se réalise entre mes pensées et le corps imaginé. Je lui parle. Je leur  parle  à  mes morts comme  on le fait en Bretagne, sans les craindre. Cette proximité m'est nécessaire dans  une partie de mon travail d'artiste,  pour faire mon deuil, aussi. Parfois, je nomme ces gisants : répétition  générale, voulant par  là, rire de ma propre disparition. Je me lève et  prends le vent d'est en pleine figure.Mes yeux  pleurent. Il  me reste encore  à faire. Je vais marcher dans les dunes et ramasser une grande quantité de  brindilles. Cela va me prendre  une heure. Je reviens avec mes chargements et les dispose autour du corps, sur 30 cm de profondeur. Une fois la fosse  pleine, je vais procéder à  l'allumage. Je me penche sur la fosse et la protège du  vent de  mon corps courbé en deux, avant de craquer trois allumettes sous les brindilles, et ce, de chaque côté de la fosse. Une petite flamme hésitante finit par se propager tout autour du gisant,  puis s'élève et se couche sous le  vent glacé, venant de l'est. La crémation est parfaitement évoquée.
Mon idée était de réaliser  trois crémations , je suis revenu, le lendemain,  puis le surlendemain,  pour sculpter les deux autres gisants,  pratiquement, côte  à côte.. Dans la fose du premier,  j'ai  prélevé des petits bois calcinés que j'ai disposé, dans la fosse du second,  puis j'ai réalisé le  même rituel,  pour le troisième,  liant les trois gisants dans le même espace-temps.
C'est  la première fois que je  montre une telle scène sur  mon blog sans savoir ce que vous allez en penser, et c'est  pour cette raison que j'ai donné  beaucoup d’explications. 
Je me suis  un  peu éloigné de cette pratique, n'éprouvant  plus,  pour le moment,  le besoin de la réaliser. 

Roger Dautais 


Toutes les installations  ont un point commun, avoir été réalisées en Automne et en Hiver  entre 1999 et 2012, les deux dernières étant de ces jours-ci

* Denise Scaramai
http://denisescaramai.carbonmade.com/




La dernière urgence

Quand ce sera la dernière fois de nous
Le dernier coeur  à corps
La dernière urgence
Et que nous ne saurons pas  plus qu'avant
pas  plus qu'après
quand ce sera déjà après


Et que nous lèverons un peu la  tête comme avant
Mais sans plus de foi
Mais sans  moins de foi
Sans  plus de courage qu'avant
Mais avec ce souffle vain
Une dernière fois


Nous rentrerons dans l'ombre
Aurement que par cet amour
Dont nous n'étions jamais sortis


Guy Allix

SURVIVRE ET MOURIR
 Rougerie .  année 2011

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.