La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 15 août 2012

A Marie-Claude
Au  pied des confessionnaux de la côte de Nacre
Le commencement
Sweet home
Spirale positive

Trait d'union
Balancement vert
Fracture sociale
Pell Well
Amicalement vôtre



Alliance

Pierre de remarque


Pour Tillia,
Yanis, Marty, Leeloo, Tsuki, Brigitte et les autres...
sur le chemin des grands jardins

La grille est ouverte aux quatre vents. Je les pressens sous les arbres. J'entre par là avec de vagues souvenirs d'y être déjà venu.Le ciel est bas, trop bas  pour le mois d'août. Je suis voûté par l'âge. Je courbe le dos, encore plus en ces lieux. A gauche se trouve l'allée périphérique aux gravillons roses. Je passe par  là, longeant les " propriétés privées", surtout privées de visites.Tout c'est écroulé, rouillé, avec des dalles couvertes de mousses, parfois éventrées. On dirait qu'ils n'ont jamais existé, ces habitants du sous-sol. Sur ma droite,  un  petit bois dont les arbres ont traversé les ans et les pierres tombales avec une liberté que je leur envie.Plus une colonne de granit,  ou presque n'est debout.. Je suis passé par là  pour mieux ressentir cet oubli, l'absence de mémoire envers ces disparus et constater qu'aucune trace ne raconte de visite récente.. Dans certaines traditions,  on apprend à déposer de la nourriture sur les tombes pour honorer la mémoire des disparus..J'ai quelques oranges dans mon sac  à dos. Je les dépose sur une tombe anonyme et continue mon chemin.Elle serviront pour tous les autres.Devant moi, je découvre une autre allée aux gravillons rouges. Je l'emprunte et passe par là  pour découvrir l'autre partie de cet étrange enclos des oubliés. De hauts murs le séparent du cœur de la ville. Quelque bancs rappellent que ce lieu accueillent aussi des vivants parmi les morts et que ce sont souvent des vieux qui recherchent ici, un  peu de fraîcheur et  de repos, avant qu'il ne devienne éternel.
Devant moi, la grille d'entrée, seul échappatoire vers la vie. Je pense aux miens qui se sont rassemblés  à Lorient  pour les grandes fêtes Celtiques et qui dansent plein de vie dans les rues de la ville. J'abandonne  l'ombre mélancolique pour des rêves de rencontre avec les vivants.
Le chemin des grands jardins reste  à parcourir,  pour  moi, jusqu'au bout malgré tout, jusqu'aux adieux.

Roger Dautais

                              
J'ai découvert la poésie de Marilyse Leroux grâce  à  mon ami Guy Alix qui la présente dans son anthologie subjective et  c'est avec plaisir que je vous présente l'un de ces textes.


   A Martine Caijo
 
Il fait bon vivre
à l’ombre des jardins
dans le parler des feuilles

et la douceur retrouvée

On pense
à des soleils très purs
capables de nous emporter
au-delà de la haie
parmi les fleurs sauvages
qui n’ont pas de nom

Mais on reste là

à l’abri de son arbre
comme un coquillage
enfoui dans sa terre

Et soudain
une envolée plus claire
nous ouvre le paysage
qu’on attendait.

Marilyse Leroux

 Le fil des jours – Marilyse Leroux – Editions Donner à voir - collection “voix singulières”

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Qui êtes-vous ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.