La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 21 octobre 2009



à K.B et D.J.

Plus connus sous le nom de Katia B et Daniel J. de Reviers
parce qu'ils sont en vie, parce qu'ils vivent libres,
et me donnent envie de continuer à vivre libre...


RAK RET EO
DA BEP HINI
SEVEL
BARZHONEG
E VUHEZ.

Youenn Gwernig




à Sylvie,
capable de me comprendre
...

Je connais bien des chiens mouillés. Transit de froid, j'ai traîne dans les rues en leur compagnie, attrapé des puces à la porte des églises. On me cassait des manches à balai sur le dos. Les porches gothiques appartiennent encore aux croyants. Je dormais d'un oeil, comptant les heures creuses comme mon estomac. Alors, j'ai quitté ma peau d'homme et je suis devenu chien enragé. Normal qu'ils balisent au bout du bout de la rue du bout. Les puces, va encore, mais la rage, putain. Déjà qu'il va falloir ne pas mourir avec la h1H1, s'il faut en plus, dévaliser les bourses à Pasteur.
Je les comprends. Je les comprends, vous comprenez ?
Les livres, maintenant que je suis devenu chien, je les mange. Je fais gaffe aux gens bien habillés avec des souliers pointus. Ce sont tous des anciens du football, ils tires des penalty dans les chiens de ma race. Vous connaissez ma race ? Rat ? non pourquoi rat , à cause de la BD américaine ?


à Daniel J...

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Confucius



à Chaunu *
dessinateur de rêves et briseur de barreaux de prison...


Je me suis permis de citer ce célèbre poème de Confucius qui enveloppait l'os à moelle, trouvé hier devant chez le boucher de la rue froide. Enfin, je crois que c'est de lui, vu que je ne lis pas l'allemand,à cause des bergers éponymes
Je reprends ma vie de chien.
Non, je suis Espagnol-Breton, par mon père et Breton-Espagnol, par feu ma mère. Je dis feu, ça me réchauffe la carcasse, en attendant d'aller la rejoindre dans son sous sol de Bretagne, un deux mètres par un, avec un petit jardin de terre sur le ventre.
Ils ont raison, ces braves, je suis extrêmement riche, extrêmement con, mais chaque jour j'en trouve des pires que moi. Ça console. On se croit le seul de son espèce dans sa race seigneuriale et artistique et puis, pan, tu vois pire, même, multispires.
J'aime la culture, la vraie, la seule qui remplit le ventre et calme la douleur de la faim, la culinaire.
L'autre, je la laisse pour ceux qui digèrent.
Vous ne savez pas, j'ai fait des petits et ils ont fait, pareil. C'est pas beau, ça ?
Non, c'est pas beau ?
Il faudrait leur couper le matos aux pauvres chiens, ils se montent dessus, sans arrêt. Voilà ce que j'ai entendu l'autre nuit à la porte du bordel de la rue Froide. J'ai approché(oui, je sais, je me suis approché) donc, j'ai approché et ils m'ont foutu une bassine d'eau bouillante en criant, ça va te décoller, sale chien. J'ai pas compris.
Depuis, je vais plus au bordel, mais c'est le monde qui vire au bordel. Vous avez vu, ils ne veulent plus de lévriers Afghans en France. Y parait qu'ils les renvoient en Afghanie, vers la Turki, la Gorgy la Serby,L'Iraki aussi, je crois, j'ai entendu ça dans le bistrot des intellos de la Rue froide. Oh, putain qu'elle est froide cette rue quand je fais la manche à côté de la gargouille, oui c'est comme ça que je l'a pelle, mon pote de misère, qui mendie...Il a toujours faim, ce con...un peu comme moi et on le vire aussi de l'église. On le fout à la porte de dehors. Y sont forts, les hommes de charité, hein.
Bon on va pas se fâcher avec tout le monde, autrement, plus d'os et direction vers un pays en y ou bien en i ou encore hi, hi,hi, comme me l'écrit Sylvie, une amie des chiens de rue.
C'est pas le tout, faut que je remonte vers Reviers, et avec la pluie, y vont dire que je suis un pouilleux, un chien mouillé, un douteux, un bâtard.
Ah, c'est des sacrés, ces deux là, il n'y en a pas deux comme eux deux.
C'est un peu comme moi, avec ma femelle, une corso-bretonne. C'est pas facile tous les jours. Vous comprenez, le sang du sud, c'est chaud, et dans un pays du nord comme ici, y z'aiment pas. Y nous disent des mots, des gros mots, ils nous traitent de horsains. Sais pas ce que cela veut dire, mais rien de bon, vue qu'ils nous ferment la porte au nez.
Après Reviers ou ils me nourrissent les deux asticots, je file vers Ouisterham, 15 bornes à travers champs, pour rejoindre un mec qui fait des ronds avec du sable. Non pas de l'argent, ça c'est les banquiers qui le font. Je vous l'ai expliqué, ceux qui ont des chaussures pointues qui sentent l'eau de toilette, qui sont chauves et bedonnants. Non, c'est un petit vieux qui fait des spirales de sable pour les voyageurs des ferries. Drôlement chouette.
Déjà vu, tout ça, qui disent les savant de Marseille, mais c'est chouette aussi le déjà vu. Tiens, vous avez déjà vu le soleil se lever ? Hein? Non...Ben c'est à voir et revoir. T'en a, tiens, Han San Su ki, en Birmanie, elle aimerait bien voir le soleil se lever en se promenant, les pieds nus dans le sable, sur une plage. Pourquoi, elle le fait pas ?
C'est la bande à Bono ,avec leurs casquettes de généraux qui ne veut pas la laisser sortir de sa maison. Parait qu'elle a eu un prix Nobel de la Paix et y veulent pas que ça se sache.
J'irai jamais en vacances en Birmanie. Ils doivent pas aimer les chiens de mon espèce.


Moïse Clément
Histoire d'en parler, de la liberté



* Chaunu est un dessinateur de presse,( entre autre dans Ouest France, mais bien ailleurs, aussi) un carricaturiste, plus que cela, un humaniste.
Nous nous sommes connus dans un Centre de Détention, non en qualité de détenus pour peine, mais parce que, administrateur d'un espace culturel, intra-muros, je l'avais invité à une émission de TV réalisée par les détenus,eux-mêmes. Ce fut un très grand moment.
Ardent défenseur de la Paix et des Droits de l'Homme, il poursuit une oeuvre et puise dans le désespoir du monde, de quoi alimenter sa dérision son humour décapant, sa philosophie humaniste, que l'on retrouve dans ses carricatures dont le trait et la maitrise ne ressemblent qu' à son auteur, à l'homme qu'il est, beaucoup moins fantasque et fantaisiste que ne le disent ses détracteurs. Je l'écris parce que j'ai eu la chance de parler assez longuement avec lui, et parce que je le pense.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Comment l'absence...
quelle absence,
celle des étoiles communes
qui brillent jour
et nuit,
pour nous pauvres
aveuglés...
J'ai levé le voile
noir
du deuil
j'ai vu le monde en pleurs
et la guerre revenue
j'ai vu
douze Sébastes
quitter le nid
et l'horizon basculer
aussi
J'ai vu le
cercle rouge
de tes incertitudes
menstrues sacrées,
torrent carminé
et tes lèvres,
pareil,
j'ai pansé
tes poignets rubis,
je t'ai cherchée
sur le carreau du temple
exangue, livide...
Ton beau visage,
ta peau brune,
tes cheveux collés
par le sang
et la vie qui s'écoulait de tes yeux

Qui parle de mort,
d'absence,
d'abandon
si ce n'est l'infidèle
l'incroyant
Qui parle d'amour
de vie cachée
d'étoile du berger
de petite communion
aux lèvres suturées
qui soulève
le voile
de tes insomnies.
Fille,
petite,
si femme déjà
dans la souillure
dans le regard lubrique
de l'homme bourreau,
Tu débattais avec la mort
contortions de vermicelle
insoumission et révolte,
du haut
des tes cinq années.
Il faut hisser les voiles
embarquer
maintenant
et franchir l'Acheron
dans la barque des morts
...vivre
Attache-moi à la vie,
je sens le vide
sous mes pieds
Le jour se lève
tu n'est pas là,
mais nos étoiles
de jaune se parent
nos mains d'enfants
de la guerre,
retrouvent la fuite,
l'ombre du sauveur
la peur aussi.
Dieu que la vie doit être belle
sans ces cauchemards.
Visions nocturnes
D'un pays, l'autre...
En Méditerrannée
les Sébastes rejoignent la terre.
la grande migration
est éternelle,
comme
certain silences.
Si je pouvais dire,
je ne dirai rien
de plus
Si je pouvais aimer,
je n'aimerai pas
plus
qu'au bord du précipice
Le rien
ne remplace pas le rien
l'amour,
ne remplace pas l'amour,
la vie,
ne remplace pas la vie.
La vie
exulte et ne s'explique pas
sur tes pas de sable brûlant
j'ai posé mes pas,
sur ton étoile jaune,
j'ai posé mon étoile jaune,
sur ta bouche livide
j'ai posé ma bouche livide
et le ciel a rompu le silence.
Il pleut sur la mort,
comme il pleut en Bretagne.
Douze Sébastes
continuent de voler
vers toi
qui repose
au-delà de mon regard, cette nuit
Moïse Clémentger.d210a
21Octobre 2009utais
2009-10-21

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.