La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 14 novembre 2011













































































Spirales et Mandala...


Une légère brume plane sur la ville. Depuis plusieurs jours, j'ai remarqué de beaux tapis de feuilles mortes dans un petit bois du centre ville et j'ai décidé d'y réaliser quelques installations.
Le samedi matin, il y a moins de mouvement et je serai plus tranquille. J'arrive sur les lieux et commence par admirer cette couverture jaune orangé, de feuilles d'érables. Ce ne sont pas les plus faciles à travailler car elles sont assez larges. L'humidité relative de la nuit, les a un peu tassées et rend ma tâche plus facile. Je commence à tracer ma première spirale au pied d'un érable, à l'aide d'un râteau à feuilles. J'établis un rythme et je m'y tiens pour assurer la régularité de la figure géométrique. Fuschhh...Fuschhh, les feuilles chantent, foisonnent lorsque je dégage un chemin d'herbe, avant de les ranger sur le côté dans le sillon. Schlaaa...Schlaaa... je les tasse sur l’épaisseur avec les dents de mon râteau.
Il faut emporter le mouvement assez vivement pour garder une certaine rapidité d'exécution. Cette première spirale me prendra 45 minutes.
Je passe tout de suite à la réalisation de cercles concentriques autour d'arbres plus petits.
Quelques personnes passent non loin de mon chantier, mais ne sont pas décidées à parler. Il est vrai qu'il ne fait pas très chaud.
Qu'en pensent-elles? Je ne le saurai jamais.
Je m'avance vers un espace plus dégagé et je vois de grands taches de couleurs sous les hêtres à deux cent mètres de là. Je vais m'y rendre pour continuer la série. Je passe auprès d'une souche d'arbre, coupée au raz du sol. Elle est entourée de graines d'érables dont je vais me servir pour réaliser un mandala. C'est une expérience de la patience, de l'attention dans les gestes, de l'intention secrète et personnelle qui me permet de rejoindre celle que j'aime, par la pensée.
à cet instant, le soleil fait une belle apparition pendant une petite demi-heure et me permet de prendre quelques photos.
Une fois terminé cette installation, je me rends sous les hêtres dont les feuilles mortes ont tapissé l'herbe de la grande prairie. Elles sont plus petites et plus facile à travailler. Je vais réaliser coup sur coup, deux autres spirales qui seront terminées, pour la deuxième au moins, à la tombée de la nuit. Je ne pense pas en réaliser d'autres dans cette ville, d'ici la fin de l'année,car c'est toujours moins agréable à faire qu'en pleine nature et parfois difficiles à tracer en présence des usagers de ces lieux.
J'ai rêvé de ces spirales et bien avant, rêvé de transformer ces espaces sans aucun espoir de voir perdurer autre chose qu'une trace dans ma mémoire qui viendra nourrir le désir de recommencer, encore et encore à pratiquer le land art, pour embellir ma vie.
Prochainement, je rejoindrai les plages où je me sens plus en liberté.

Roger Dautais







Ne me parle surtout plus de l'inimaginable


Ni la brise ni l'esprit ne se conjuguent à rien
La tête sans guide saisit la peur que tout s'arrête
Des yeux déjà se brouillent

Le cœur est invisible
Avez-vous déjà marché sur de l'angoisse ?
Bien que midi écrive par mots sombres
Bien qu'août mauvais pèse sur la tête du monde
Qui donc fera les premiers pas ?
Il y faudra choisir ce que l'on quitte !

Ah ! l'ordinaire, l'ordinaire ! Ne me parle surtout pas de l'inimaginable !
Brusque aventure de la récolte en gris d'un rire de brume dont ma semence en tapinois veuille
nous venir en partage.


Gabrielle Althen

Retrouvez cet auteur sur l'Anthologie subjective :
guyallix.art.officelive.com/gabriellealthen.aspx

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.