La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 6 avril 2019

Spirale du temps qui passe  :  à Laurent Marville, à ses équipes de tournage TV




Un  grand merci aux trois cadreurs de Caen, Rouen et Paris



 Ouistreham, 
petit port de mes rêves de land artiste


 à Marie- Claude, femme aimée...


Nous aurons une belle lumière aujourd’hui, sur le port de Ouistreham, au niveau du terminal ferry. C’est là que j’ai donné rendez-vous à Laurent Marville et son équipe de tournage, pour suivre, à sa demande, la naissance d’une spirale éphémère sur le sable.
Je travaille avec des équipes TV de la région, mais aussi nationales et étrangères depuis quelques temps, mais cette fois-ci,je suis un peu inquiet. Le lieu sera difficile d’accès, avec l’escalade d’un mur d’empierrement glissant qui protège le canal d’arrivée et départ des grands ferries.
Nous avons tout préparé dans le bureau de Laurent, à France 3 Normandie, la semaine dernière. J‘ai apporté des photos et une carte d’état-major. L’ambiance est sympa dans la salle rédaction où les journalistes me connaissement bien. Je suis passé plusieurs fois dans cette maison, pour répondre à des ITW ou présenter mes créations. Laurent note tout, précisément sur un cahier.
Jour de tournage à Ouistreham.
J’attends depuis un quart ‘heure sur le parking nord du port, proche de l’embarquement des voyageurs. Pas de ferry à quai. A l’heure dite,trois voitures arrivent ensemble et se garent près de moi.
Laurent Marville sort de la première, suivi de 8 autres personnes.
- Bonjour Roger, ça va. Nous sommes un peu plus que prévu,en fait trois équipes venant de Parie,Rouen et Caen. L’homme est sympa, souriant,direct.
C’est quand même impressionnant car je m’attendais à l’équipe habituelle, journaliste, cadreur, ingénieur du son.
Tout le matériel est sorti des coffres de voitures puis posé sur le sol. Nous ne ferons qu’un voyage. Chacun est sollicité pour le portage.
Nous prenons la route du canal d’entrée des ferries. Un étroit sentier qui longe le camp retranché qu’est venu le port de Ouistreham, depuis l’arrivée des migrants, voulant passer vers l’Angleterre. Véritable drame humain qui se termine parfois par la mort de ces hommes.

J’ai retrouvé dans l’équipe, un preneur de son avec qui j’ai travaillé plusieurs fois. Nous parlons land art. Je lui explique le thème du jour : « Le temps qui passe » et sa figure géométrique qui se trace au pied dans le sable. Elle mesure habituellement 100mètre sur 50mètres. Compte tenu de l’exiguïté de la plage,elle sera un peu moins grande. Notre colonne progresse bien jusqu’au pied des enrochements géants. Là, nous nous repartissons sur les grosses pierres glissantes pour faire passer, les trois caméra de prise de vue, leurs pieds, les commodo, tous les câbles, le matériel du photographe, et tout le reste. Tout le monde arrive, sans glisser , ni tomber sur cette plage.
Au Nord, le large, la Manche, l’Angleterre, à l’Est, Deauville, à l’ouest, le mur, au sud, l’emplacement du ferry à quai, derrière, le porte de Ouistreham.
Dernier briefing de l’équipe. Laurent donne des indications, et précise l’endroit des trois caméras dont l’une me suivra,sur le sable.
Nous sommes minutés, car je dois inclure dans la performance, le dessin la spirale, tenir compte de la marée qui recouvrira mon travail, et arrivée dans le port d’un Ferry, passant à quelques mètres de nous dans le canal d’accès. Il faut ajouter, une ITW. France 3 veut des belles images,ils les auront.
Je ne dois pas me rater, et seul, ma pratique régulière de la spirale, peut permettre une telle création, quand même encombrée de techniciens de toute sorte. C’est un jeu. Il faut le jouer, naturellement.
Lorsque je plante le talon dans le sable de la petite plage, pour démarrer le tracer du «  Temps qui passe « les trois cadreurs commencent leur travail de prise de vue. Une heure et demi plus tard, c’est fait.
Reste l’arrivée du ferry. Sera-t-il là ? Je me pose la question. Nous scrutons l’horizon. Il apparaît, minuscule point blanc qui grossit à vue d’œil. A deux d cent mètres de nous, Sa masse est impressionnante et les cadreurs se régalent. Au passage, le commandant, que je connais, nous salue d’un coup de sirène. la vague d’étrave déborde un peu sur la plage et mord la spirale. C’est une belle émotion pour moi.
Reste l’ITW, mené de main de maître par Laurent Marville, un pro en la matière. Il sera présenté à Caen au journal, mais aussi en région dans le magazine de la mer Littoral.
Nous remballons tout le matériel et rentrons aux voiture. Je suis invité à prendre un pot avec les trois équipes de reportage,dans un bar de Ouistreham. Belle coopération amicale et professionnelle.
De toutes les émissions tournées, les ITW données autour de mon travail de land artiste,celle réalisée au pied du terminal ferries de Ouistreham, fut la plus impressionnante et donna de magnifiques images aux téléspectateurs de France3 .
Roger Dautais
Dernière ligne droite
J-1
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Tournage «  in situ «  Ouistreham
«  Le temps qui passe «  à Laurent Marville et ses équipes de France 3
Élévation  : pour Marie-Josée Christien




Celui qui n’a pas d’ombre, n’a pas non plus de passé.
Erri de Luca


à Marie-Claude…
C’est drôle comme la vie défile devant soi quand elle est mise en danger. Cette nuit, je me voyais, enfant, dans les ruines de Saint-Nazaire bombardé, jouant sur des tas de pierres.
C’était dans le courant de l’année 1947.
Je me suis demandé quel rapport pouvait-il exister, entre l’enfant battu et maltraité que j’avais été, et le vieil homme que je suis devenu ?
Probablement d’avoir développé, un esprit de résistance,d’insoumission devant l’abus de pouvoir, et de liberté à défendre,quoiqu’il arrive. Cela pourrait résumer ma vie et expliquer mes engagements.
Le retrait de la vie me paraît difficile à éviter, si on ne veut pas faire double emploi.

Mais avant, le land art me fait vivre. Ces petits gestes répétés, comme une respiration, pour m’inscrire dans la journée , confronter corps et esprit à la réalité ;
L’utopie d’un monde meilleur, me porte. Sous le feuillage des chênes, une accumulation de signes,qu’il faut bien accepter.

Je dois fixer, ici, dans le temps bref, quelques idées fugitives, pour faire trace., pour qu’un autre, passant par là, les observe un jour, avec distance.
Je vis dans une histoire d’amour avec la nature. La variation permanente de la lumière, rythme mes sentiments. Je m’en tiens à dialoguer avec ce qui existe, du monde connu au monde disparu. Les intersignes me guident sans peur , lorsqu’ils sont lus,dans les dormantes de chez nous.

J’emprunte au temps ce qu’il me rend après. Loin des cupidités du monde affairé, incapable d’aimer
gratuitement. Nageur de fond, je prends la mer et rejoins mon Île de Stuhan. Reprenant mon souffle , j’admire le glissement des sternes dans les ascendance s me beaux souvenirs, passé ici.

La nuit sera courte sur le Menez Hom, j’y rejoins un sabbat et vend mon âme au diable pour une histoire d’Amour.
Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo : création Land art de Roger Dautais
«  Élévation «  Cairn du Menez Hom photo : Marie-Claude Dautais
à Marie-Josée Christien
Dernier papier, paru dans Ouest-France, ce jour , signé Paul Boulben, que je remercie.

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Qui êtes-vous ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.