La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 26 juin 2012








 

Reprise en pente douce.



Un  jour le temps me parût si loin que le suspendre était la seule solution pour y trouver de la placeà la poésie de l'éphémère. Je suis parti, avec cette idée  là dans les années 98 avec la ferme intention d'enchanter le monde,  à ma façon. Oui, je sais, j'ai déjà entendu ce que vous allez  me dire, mais je ne le répèterai pas ici,  une fois de plus. La meilleure façon de ne rien faire, c'est d'écouter tout le monde. Je suis donc parti, sac au dos sur la route, essayer de comprendre ce que pouvait dire larguer les amarres, perdre ses repères et revenir à ce que je connaissais enfant, une vie en plein air,  libre, à  l'écoute de la nature.
 Le land art, j'en avais entendu  parler aux Beaux Arts, dans les années soixante. On nous présentait ces artistes comme des originaux, marginaux, utopiques, à ne pas suivre. J'ai pris mon temps pour les rejoindre, ces artistes irréalistes , vivant hors des conventions de l'art et construisant  un mode de vie autour de leur pratique. Je me suis inspiré d'eux, au début,  puis ma route a bifurqué et je me suis retrouvé seul , racontant ma propre histoire au travers de milliers d'installations qui se suivirent ainsi jusqu'à ce jour.
J'entendais autour de moi, des gens se  plaindre et  me dire, je n'ai pas le temps, je ne pourrai jamais consacré  ma vie  à un art. Mais personne ne  m'ayant jamais demandé de le faire, je me sentais plus a l'aise pour parler de ce qui nous échappe, c'est  à dire le temps, pour le capter, le transformer en réalisant des installations, et le délivrer par la suite,  pour qu'il continue  à  passer.
Je ne suis jamais véritablement arrivé au bout de la route. J'ai toujours attendu qu'elle me parle et comme j'avais de très bons souvenirs de l'école buissonnière, j'ai trouvé des chemins de traverse. La Nature m'a  parlé  à sa façon et j'ai interprèté ses silences, comme ses bruits,  pour construire  un échange, une communication entre elle et  moi. La suite, je l'ai racontée dans mon travail d'artiste, au jour le jour.
Mais tout ne se déroule  pas comme on veut dans la vie. Un jour, je me suis arrêté brusquement de rêver. J'étais un  homme mort où presque. Ca calme.
Il faut quand même un minimum de santé pour reprendre après un tel coup du sort. Il  me restait de très beaux souvenirs. J'imaginais qu'ils pouvaient ouvrir  une nouvelle route,  un retour  possible au land art, et je m'en suis servi pour retrouver le moral.
Comment oublier ces rencontres avec les bèrbères de Matmata, dans le sud Tunisien, ces cairns élevés  à côté de leurs tombes en  pleine  montagne. Je revoyais, aussi ces superbes créature Nubiennes  à la peau d'ébène, leur petit dernier dans les bras, me regarder  élever  un cairn non  loin du lac d'Assouan dans le sud Egyptien. Je revivais le tracer de spirales sur la plage d'Agadir, devant ce médecin Algérien et son fils, au lever du soleil et notre conversation qui s'en suivit,  longuement, autour du land art qu'il découvrait  là, sous les pas de l'étranger que j'étais. Mes souvenirs  m'emportaient dans ce raid en 4X4 à Tafraout, dans le moyen Atlas Marocain, traversant le désert de pierre, en compagnie de Marie-Claude et de notre guide touareg, et  montant des cairns pour baliser notre route.
 J'ai revécu  tous mes voyages sur les iles de France, dans quelques montagnes,  à la recherche du paysage qui m'aurait accueilli et inspiré.Je voulais retrouver  une santé au travers de ce désir de créer, endormi et qu'il  me fallait réveiller.
Actuellement, je suis  à nouveau un chercheur de rêves et comme  un enfant, je réapprend la nature, pas par pas, sans savoir encore  où je pourrai aller physiquement. Le plus important, c'est d'avoir remis la machine  à rêves en marche et continuer  à vous les faire partager.

Roger Dautais


Rien
«
  OEuvres poétiques, Actes-Sud, 1999.
Rien,
c’est un mot qui fuit
d’une vertèbre à l’autre
Rien,
C’est une brindille
Qui casse sous la joue
Rien,
c’est dans un rocher
Un peu de mer qui brûle
Rien, c’est la liberté
qui blesse vos pieds nus »
Jean Sénac (1926-1973),

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.