La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 22 mai 2012




 à Linda Lourenço

La vie hors cadre...


On se demande parfois  où les gens vont chercher leurs questions. Il est vrai que le land art a toujours fait parler, qu'il soit pratiqué par de grands artistes internationaux  ou par d'autres, ce que l'on  y voit ne devrait pas se voir. L'une des plus belles questions  à m'avoir été posée dernièrement, est la suivante : 
ça sert  à quoi ? suivi d'une autre:   faire tout ça pour aller où ?  En effet,  pauvre dame, l'art ne sert  à rien,  à si peu. . Se disant écrivain, j'aurai dû à  mon tout, l' interroger. Je n'ai  pas eu le culot de lui demander  pourquoi elle écrivait des livres alors qu'il y en en a tant déjà. Si  l'on rentre dans ce jeu,  on ne fait plus rien, si,  on fait comme tout le monde,on s'aligne et  l'on reste muet.
 J'ai décidé de vivre autrement. Parce que, le peu m'intéresse,  comme il intéressait Pierre Sansot, écrivant Les gens de peu, avec tant d'humanité
Mais cette brave dame  me revient  à l'esprit  en ce moment après avoir choisi  pour vous des installations qui ne servirent  à rien et qui me donnèrent beaucoup de plaisir à les réaliser. Jamais, je ne me suis posé la question de savoir si j'avais le droit de réaliser des gisants entourés de feu pour évoquer le grand passage. 
Jamais je ne suis allé chercher le gardien du jardin des plantes pour lui demander l'autorisation de ranger ses feuilles mortes en forme de spirale. Je l'aurai empêché de dormir. Je n'ai jamais demandé l'autorisation d'élever des cairns, parfois très grands, sur l'estran, entre deux marées au propriétaire des plages du littoral. Et  lorsque j'ai réalisé cette sphère, fabriquée en partie de cornouiller car ce bois évoquait mon grand-père, sourcier, je ne sais pas  où je suis allé chercher cette idée de la faire voyager dans le temps sur une année, et dans des espaces différents : mer,  marais,pâtures, ruisseaux, rivières, fleuve. Je l'ai fait ainsi car cela devait être fait. Personne ne m'a dit de la brûler en cette fin de périple et de jeter ces cendres dans le fleuve. Je la voyais finir comme ça, c'est tout.
J'ai procédé de la même façon, que ce soit en Égypte, au Maroc et en Tunisie, à  la rencontre d'autres cultures, d'autres peuples qui là-bas ne m'ont jamais posé de ces sortes de questions.
Ici,  on aime bien l’alignement, le conventionnel,  le cadre. Je m'étais rendu compte rapidement que je 
n'allais pas dans ce sens , mais cela me plaisait, alors j'ai réalisé cette  installation montrée sur la dernière photo de la série. Je l'ai appelée, La Vie Hors Cadre parce que le cadre photographique écartait tout ce qui ne rentrait pas dans son cadre, ce hors champ  où la vie existait, malgré tout,  où il se passait des chose et des événements que nous ne verrions plus  à cause de ce choix de photographe et qui valaient la peine.
Une fois de plus, la vie me pousse dans les marges,  pour raison de santé et cela me force à inventer,  à regarder autrement le spectacle du  monde.C'est le seul avantage de cette situation mais je ne vais pas m'en priver.

Roger Dautais



Je vous conseille la lecture de très beau poème de Henri Droguet. Un  poète que ne demande l'autorisation d'écrire  à personne et comme il fait bien  !


TOUT VENANT

Il a déplu
brocante et troc l'or fluide
et fourchu des foudres
s'efface au ciel  ouvert et sec
comme la langue d'un  pendu

ainsi autour d'ailleurs au temps
du capiteux loisir l'amour uni
que ardent fou s'en va-t-à la
prairie saugarure bigrenue
duveuteuse et bruissante
aux acharnés zonzons des melliflus essaims
 et bombinants paquets de mouches
 à conchiure 

et c'est l'hiver
-onglées! chemins  pourris !
l’œil vitrifié de flaques!
jonchaies brisées à la grisure!-
le décontent  marche demarche
contremarche enfin défoui
de ventre  à sa moman
loin des années vertes noires
-pères & fils semblablement tordus
rogneux et muets
                        il  mesure la mer
au-delà de la mer
s'encréche entonne aux mages
face  à l'âne et le boeuf
le chat la belette et le catoblepas
son hymne et ses antiennes

Cap à nulle
part au blanc rien
cap au ni vu
ni connu noir
taille ton  pain
taille ta route
sauve le vent!
Avance ! Avance
              à la fin...

Henri Droguet
11 décembre 2011

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.