La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 2 janvier 2010




Aux silences...
ces âmes d'autistes qui se balancent dans le vent comme des branches de chataignier



Ce matin, bien avant le lever du jour, une voix de femme me parvenait au travers de mon poste radio.Elle me posait une drôle de question : que devient le blanc de la neige quand elle fond?
Je ne sais pas si vous avez essayé de discuter avec une voix de femme sortant d'un poste de radio...Impossible. Pourtant cette satanée question me trotta dans la tête jusqu'au moment où j'attrapais une feuille de papier pour écrire ceci et lui répondre à ma façon.
Je pense que le blanc de la neige, quand il fond se transforme essentiellement en silences. Ces silences sont ensuite répartis selon un pur hasard, en grands, longs, petits et courts silences.C'est à ce moment qu'ils prennent vie, âmes d'autistes se balançant dans le vent comme des branches de châtaignier. D'autres s'accrochent aux partitions des musiciens et permettent à la musique d'exister, aux rossignols de chanter.
Certains silences sont si petits, si minuscules que l'on ne les distingue pas plus qu'un homme sans fortune, c'est vous dire, si à notre époque, ils passent inaperçus.
Il y a des silences d'amour, qui se disent avec les mains, du bout des doigts, ceux que l'on pose sur une page blanche et qui resteront muets toute leur vie.
Entre nos pas, pendant les heures d'errance et de marche, ils sont là, les silences. Lorsque s'inscrivent en nous les rythmes, lorsque naissent les images et que les mots arrivent comme marée montante, ils sont toujours là, les silences, faits du blanc de la neige fondue. Ailleurs, dans les terres noires, sous le craquement du sol gelé qui tord les chevilles, sous le harcèlement du vent qui mord, et l'amicale présence de ma chienne fidèle, nous les avons oubliés, nous ne les entendons pas plus que le temps qui passe et se fait silence à son tour.
Un jour, il nous semble que tout blanchit, même nos cheveux, même les paroles les plus ténues, les plus clairsemées, les plus rares. Alors, on se dit qu'il est peut-être venu, le temps d'entrer dans le silence des autres...Ceux qui nous ont précédé, sur la terre.
Je regardais mon poste de radio, silencieux, comme une carapace de tortue, posée sur mon buffet et je n'entendais plus la voix de cette femme me posant cette drôle de question :
Que devient le blanc de la neige quand elle fond.
Je me suis approché de la fenêtre pour regarder la neige tomber en menus flocons. Je n'aime pas la neige, elle me rappelle de très mauvais souvenirs, mais j'aime le silence de l'hiver et la voix de la radio quand elle me réveille.
Demain, au petit matin, j'irai à la rencontre de ces silences glacés qui me rappellent mon enfance. Demain l'hiver m'apprendra la vie et l'espoir reviendra peu à peu.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS




La Bretagne, parfois...si différente des cartes postales...


Des pierres, des bois flottés, des plumes, des sternes, l'éclat des phares, le soir en mer. Des falaises à suicide lorsque les flots t'attirent, des chemins creux, des lichens roulés en boule, de larges fougères liées par un jonc. La trace des vaches dans le pré, la mort d'un pêcheur de palourdes, des ciels en eau, des eaux en nuages, des passeurs aux barges qui racontent la honte des touristes, des fois.Des vieux qui parlent de la terre, des vies de misère, et des gamins morveux dans la cour de la ferme. Une grand mère à l'écoute et qui râle après ces putains de mâles qui ont sauté ses filles et puis se sont tirés, après. Le vol immobile des oiseaux de mer face à l'océan. Des murets de pierres sèches, des routes qui se croisent au calvaire. En été , en somme, chez des petites gens, où nous tâchons d'être bien.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.