La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 30 octobre 2009





à l'absente...
Souvent, tout refaire, pour aimer à nouveau...


Petits écheveaux
de bois
comme ma gueule
ouverte
l'effiloche des jours
et des
écholalies


tout le ciel est tombé noir
dans mon café

ici je pleurais
tu démêlais
tes longs
sanglots


entre tes seins blancs
J'ai posé
un baiser de feu
amoureux

La bamboche
a fini
par me casser et la tête
et le cœur

Petits écheveaux
tournez
montez au ciel d'Orion.


Jeanne veille et
tend
son bras numéroté
Jean-Moïse

n'est plus
que l'ombre de moi.

Ô ma fille
disparue que je t'aimais,
aussi

écholalies

Papa
dis tu pleures,
pourquoi
...

non je t'aime de larmes
mon enfant de nous
reviens

Je pleure.

Moïse Clément
"la nuit, c'est quand tu n'es pas là
"
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


J'aimerai avoir les absences des vieux, les départs, le décrochements de ce monde incompréhensible dont ils s'échappent lorsque ,nous leur montrons notre indifférence, notre savoir, notre jeunesse, notre belle auto " t'as vu Papa, ma grosse auto, ma béhemdoublevé ma mercédasse et son chauffeur. j'aimerai avoir l'absence de ces Alzheimer qui décrochent de notre beau monde de gens stressés, pressés, ce monde m^me qui les a précipité dans la maladie. Ce monde qui déserte, nie et renie :
- nous...? de notre faute...
Nous, mais enfin voyons...Papa
T'as vu ma mercedasse, ma déasse
ma Béhemedoublevé et son chaufeur.

J'ai remis Osez Osez Joséphine sur le lecteur de CD ROM et j'ai continué à filmer ces instants rares, ces vies d'Alzheimer que j'approche si souvent pour les aider.
S'ils s'absentent, je fais le voyage avec eux, s'ils plongent en apnée, je plonge en apnée.
Réaliser un documentaire dans ces conditions demande des compétences. Je les ai. Bien d'autres aussi mais je n'ai pas trop de concurrence, il faut le dire. Le vieux n'est plus à la mode. Je suis de quoi je parle, je suis vieux et à 67 ans, je me l'entend dire et répéter chaque jour.
Ecoutez la chanson de Bashung, vous comprendrez ma démarche de soignant dans ce monde qui vous intrigue tant. Cela vous aidera aussi à comprendre e ce que j'écris, un peu mieux.
2010 sera une année de tournage, pour moi, avec trois documentaires, dont un sera consacré à mon travail professionnel : le land art. Il sera réalisé sur les 90 km des plages du débarquement,et dans la Hague. Je vous en reparlerai en temps utile.

N'oubliez pas mes amis Emmanuel Prunevielle, Grégory Goffin, Richard Shilling, Dominique Gros Alejandro Guzzetti, Articia, Jean Jacques Lion,Guy Allix, Mohamed Siad, Jocelyne Bof, Manue, Epamin'Lilia,Patricyan, HervéPerdriolle, hoboville studio, Anne Vanderlove.
et tous ceux qui sont en lien sur mon site.

Ils sont tous des voyageurs au pays de l'écriture,de la poésie, du land art, de la sculpture, de la peinture, du théâtre, du cinéma, de la vide, de la photo.Ils enseignent nos enfants et résistent au Mammouth et au" dégraisseur", lui-même très gras et fort poilu
Ils rêvent, s'expriment, réalisent, montrent, pour votre plaisir, vos loisirs, et donnent leur vie à l'art, à l'enseignement digne de ce nom.
C'est le monde qui s'absente, pas eux.
C'est le monde qui stresse le monde. C'est le profit des spéculateurs et des cupides qui fait les guerres. Nous n'avons rien inventé de plus intelligent que l'art et la culture ( je n'ai pas dit les cocktails onéreux) pour mettre à bas cette dictature du profit.
Le temps de la Toussaint est pour les chrétiens dont je ne fais pas parti, le temps de célébrer ses Saints, puis d'aller se recueillir sur les tombes des morts.
Où se recueille-t'on quand le corps de la victime s'est volatilisé dans un attentat, perdu en Mer, disséminé sur les sols gelés de la Silésie, ou à Auschwitz après avoir été douché et brûlé ou encore au Cambodge, en Chine...
Baumes la Rolande, cette rampe de lancement franco française n'aurait été que pure invention d'un historien fou ?

Le monde n'est pas un cénotaphe.

Nous marchons sur nos morts.
Nous marchons sur nos vivants,
aussi,
Nous marchons sur la jeunesse perdue. Junkies aveuglés de shit, d'amphé, de coke , d'alcool, voguant de défonce en shoots se servant et payant de leur vie la dîme des temps modernes aux dealers qui prennent la planète en main, et font concurrence aux marchands de canon.

Nous marchons sur les vieux abandonnés,
sur les artistes, souvent.

Oui, la vie est sacrée. Mais la vie est aussi un sacré bordel où tout le monde ne trouve ni son compte, ni à manger tous les jours.

Les blogs dorés ou rose bombon, il en faut mais il faut aussi secouer le cocotier sans se contenter de dire
Ouafff.
Hifff !
O.K D'acc... coco
Comm, d'abb.
Ouaou, c'est cool ton truc.
et puis retrouver son cartable de petit prof qui emmerder tout le monde, après. Il y a des intermittents de la marge. Ils ne trompent qu'eux-même. Y font pas le poids. Ca sent le baltringue de loin.
Je ne les vois pas, ces mecs, là, au charbon.
Il y a du taf, mais certains travaux d'intérêt général, je veux dire, côtoyer les vieux, les jeunes qui ressemblent à rien de "cotoyable", dont on ne peut plus rien tirer, " l'absence " là, toutes les figures de style à la Brice de Nice, c'est pas suffisant.
La morale, c'est pas a moi de la faire, c'est pas non plus à ceux qui prennent la parole sans se moucher.
Où est la vérité. Ele est devant ssoi. Faut ouvrir les yeux et vivre à poil, enfin je veux dire, nu de certitudes. C'est compliqué.

Oui, parfois, je les envie ,ces vieux que j'aime tant, parce que je ri avec eux, nous peignons, parlons, devisons, écoutons de la musique et dans leurs silences, dans mon atelier d'Art Thérapie.
J'apprends mieux la vie auprès d'eux, avec eux,que dans n'importe quel meeting politique à la mode.Le land art mène à tout même à ouvrir les yeux, car le chemin est rude qui mêle à l'humilité comme le dit l'ami Guy Allix, poète initié, le frère retrouvé.

Mon blog est toujours un blog de land art mais il ne sera jamais une galerie si propre que même la gripe H1NI ne peut atteindre le directeur, même la vie,n'y entre pas. Non, ce sra ce qu'est la vie, un mélange de plein de choses, de poèmes, de textes libres, de dédicaces à mes copains, de déclarations à ceux que j'aime, de photos de land art. Je vous l'ai dit mille fois, je possède
25 000 photos de land art, des films, je fais ds expo,je donne des conférence. En fait, c'est un métier d'être artiste, alors pourquoi vous me demandez tout le temps et à part ça, qu'est-ce-que vous faites ?
Prendre 25 000 fois sa belle mère, en photo, ça peut surprendre, mais 25 000 photos de land art, c'est d'abord installer, performer, bâtir, élever des formes, des objets, des végétaux, des matières. C'est, passer sa vie dehors, pendant 11 ans pour moi sans oublier ce que j'ai fait de 0 à 55 ans. 25000c'est beaucoup et c'est rein à la fois. Trop pour regarder mais asez pour avir en moi, de qui reprendre la route chaque matin et savoir que je suis en mesure de m'exprimer.

Je réponds ici à quelques critiques toujours bien vachardes et venant de gens qui, soit sont à leur 2 ème semaine de stage land Art, soit dans rien mais qui savent, soit dans la méchanceté pure et qui vivent eux, dans la combine à nanard, le robinet à subventions ouvert dans leur goule. Ils sont élus, élus pour recevoir,pas pour doner, si...des leçons pour que les autres, nous, on n'approche pas du gâteau. Ceux là qui m'habillent et me taillent des costards, ce n'est plus la peine qu'ils me lisent ou parlent de moi. Qu'ils m'oublient, je les laisse à leur médiocrité de combinard petit bras.
Mes journées sont longues de 5 h du matin à 11 heures du soir. Longues et passionnantes. Je ne vois pas pourquoi j'arrêterai. Je veux monrir, vivant. C'est ce que j'avais écrit à un peintre aujurd'hui disparu, Yvonne Guégan. Nous avons fait un livre d'artiste ensemble, Fol'Art. J'ai souvenir de retrouver cette phrase imprimé dans ce même livre. Yvonne est partie, je continue la route, comme elle le fit, en travaillant jusqu'à la fin.

Roger Dautais

mardi 27 octobre 2009

C'est l'infinitude qui fait lien entre l'art et le réel..*.


Lorsque Christina Barolo nous parle du regard infini, elle dessine les contours de son âme, simplement et permet à celui qui l'approche de la pénétrer.
Il est bien entendu, disons, sous-entendu, que toute œuvre de création implique son créateur. En l'occurrence, sa vision holistique de son être, projeté sur le support miroir de l'âme, une toile, va suffir au déplacement sémantique.
La virginité de l'objet, sa "platitude" même, engage l'artiste dans un process qui met en œuvre un transfert d'ordre psychanalytique.
Christina Barolo, qui peint le cheval, nous parle de son regard, et prend comme alibi Descartes, pour nous parler de la passerelle possible entre le monde animal et le monde des humains, touche au sublime.
Le subliminal s'incarne, et le mot amour prend tout son sens, car Christina Barolo, est une grande amoureuse.
Amoureuse, femme dans sont épanouissement, bien sûr, mais non sans cette faille, cette fragilité qui lui permet d'être une artiste majeure. Sa palette lui ressemble, diaphane, élancée, aristocrate et ses nuances la rendent d'une humanité touchante.
Si la femme existe, elle est, berceau de l'humanité dans son accomplissement de mère. La création est une maternité et qui s'arrêtait au visible et serait à mille lieu de l 'entrée des possibles interprétations. Après, il faut encore la clé. Elle pend à son cou.

Comprendre Christina Barolo, se fait dans un regard, le sien.
J'y ai lu comme dans un livre ouvert et la limpidité de sa souffrance m'est apparue d'une humanité incontestable, tant le doute était présent. Cette humanité, je l'ai retrouvée dans ses toiles.
Voyons le catalogue en ses titres révélateurs :

Le doute évoqué par " Break"

L'intuition se dégage dans "feeling3
La raison s'inscrit dans " Duel3
La pensée se reflète dans " cogito ergo sum"
La connaissance appelle le "Tête à têtes"
Le tryptique de la passion " Coramespri"
ainsi que celui u "bBaptême"
et enfin "l'infini"

et voila ce que Christina Barolo écrivait en exergue de son œuvre peinte :

"Au cours de mes escapades d'enfance, mon REGARD avait déjà croisé celui des chevaux. Je l'ai retrouvé, je n'ai pu par la suite le porter ailleurs, tant leurs yeux avaient à me dire. J'ai été stupéfaite par la profonde et intense réflexion qui se dégageait de tous ces regards. Comme s'ils me renvoyaient à mes propres tourments de fragile humaine. Ces regards miroirs m'ont bouleversé jusqu'à me demander qui d'eux ou moi appartenait réellement au monde animal"...




Humble jeu de cartes, tarots de Marseille ou véritable connaissance de la nature profonde de l'homme, l'œuvre de Barolo est emprunte de la Renaissance Italienne mais aussi d'une modernité issue de l'univers cosmopolite de New York.
Les références flagrantes, sont de l'humanité et porteuses d'archétypes. Elles sont le reflet d'une humilité, je le répète , socle de toute œuvre majeure, face au mystère de l'homme, de sa relation à l'animal, au cosmos, à sa finitude.
Si les Jésuites ont choisi comme devise Perinde ac cadaver, c'est bien que la construction de toute oeuvre passe par la mort, quelqu'en soit son degré de connaissance ou d'initiation. Cette humilité nous rattache en son passage obligé, au retour à la terre-Mère, comme le sabot du cheval au galop, qui malgré sa puissance a lui aussi besoin de cette présence , de cette complicité, de cet accouplement avec la matière qui nous compose.
Tout envol présomtueux mènerait l'artiste,comme Pégase à se brûler les ailes.
A chaque fois qu'elle entreprend une toile, Christina Baroso, va chercher au tréfond de son âme, cette force de tout recommencer, inlassablement, comme un enfant qui balbutie devant sa mère, à chercher le langage pictural qui unira, le cheval-passion au spectateur-passif, qu'elle saura animer par un commentaire judicieux. Le" je ", est présent, le" nous " se conjugue au présent et le" jeu" du casino, de la roulete au black Jackincarne ce qu'elle nous offre à voir sur ses toiles. Une émotion de l'ordre de la Renaissance.
Je n'ai pas d'images à vous montrer de cses toiles, car je n'avais pas prévu d'écrire ces lignes nées d'une conversation téléphonique, mais on doit pouvoir parler de peinture à un aveugle. Si vous pensez que Christinas'était contée de montrer au Casino de Cabourg, pendant les equidays de l'automne 2009, une anatomie du cheval, déclinée en couleurs, ce qui est partiellement vrai, tant elle " possède " le cheval, dans son trait, vous aurez maintenant l'envie de découvrir l'oeuvre à Paris dans une galerie que je vous indiquerai plus tard ou à la galerie artioli Findlay 11east 94th Street New York NY10128.
Vous comprenez mieux ce qui peut me relier à Christina Baroso, lorsqu'en 2006, je créais la série des" Gisants de Sallenelles". Un lon cordon ombilical reliait le défunt à la Mère-Fleuve. En ces temps l'Achéron,fleuve des enfers, chariait des eaux boueuses et le passage d'une rive à l'autre s'effectuait sur la barque dee Charon.
Le land art est "Terra incognita". Le land art est "vibration" et non, ratiocinations de petits vermicaux présomptueux et pédants. C'est une oeuvre d'homme, ni en dessous ni au-dessus, encore faut-il trouver la bonne longueur d'onde. Pour moi, elle s'appelle, l'amour de la vie.

Roger Dautais
" en revenant de Balbec avec Marie-Claude"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

* William T.Vollman
Chronic 'Arts Septembre 2009

lundi 26 octobre 2009





à celle que j'aime
à son regard bleu qui me chavire



Elle est
venue
l'insolente
pluie d'Afrique chaude
laver mon corps blessé
enlever
tout ce sang.

Jamais
je n'aurai
cru
sa bouche
si délurée.
J'ai crié au ciel
d'arrêter
le supplice

Mais
elle insatisfaite
dévorait
un délice.

La hampe céda
Une petite rivière blanche
se mêla au sang
du delta
métissant
l'amour à mort.







Par terre
gisait
ton corps
méridienne brisée

Fenêtre
ouverte
je t'ai rejoint
d'en haut

Dernier vol
vers l'inconnue.






Rejoindre quoi
Une méduse
un scorpion
un serpent,
un rêve...

Non,
l'amour est ici.
Demain
nos vieilles bouches
usées de baisers
se cèleront, une dernière fois
dans le noir désir d'amants
vieux.





Pierres
de
lune
croissants
orientaux
vagues
de plaisir
au pied
des grottes
humides...

Ici,
femme
tu
résides
ici
ton corps
exulte
et la
nuit
m'escorte
jusqu'au
doute.
Demain, je tenterai le diable.

Moïse Clément.





Je ne change pas de nom pour me cacher, c'est le contraire.
A ceux qui croient comprendre ce que je ne comprends pas. La finitude ne demande pas à être comprise, elle s'accomplit;
Le noir est sorti, ce soir...est-ce vraiment si grave ...



Aux gazelles...

C'est trop tard pour aimer moins. trop tard ou trop tôt, j'ai choisi l'exil comme terre d'accueil. Il m'arrive d'être déçu, tout le temps et de me dire que moi aussi , je dois être décevant. Dans les interstices de l'amitié, je me glisse et veut pousser comme la mauvaise herbe entre les pavés de l'enfer.
Vos langues étrangères me torturent. je ne suis ni bi-lingue ni tri-lingue. Je suis sensible à la musique de ton corps, à la faiblesse de ton regard qui ramasse le miens. Je voudrais saigner l'éternité, larguer ma peine d'un tranchant terminal et ne plus avoir d'horizon qu'un tourbillon de solitude, un vague hoquet, un trou noir.
Voilà ce que je voudrais pour arrêter le manège,couler ma barque, abatte le Temple, ne plus souffrir.
Tu vois, ma superbe, je ne suis rien qu'une poignée d' herbes folles, une ombre, un grain de sable. J'ai fini mon parcours, ne veux ni rencontres ni conclusion, simplement le zéro éternel, celui qui ne dure qu'un instant.
Ma désespérance se heurte à ta porte qui se ferme.
Écrire est pire que tout et tu le sais.
Je suis, bédouin égaré, priant sous la voute, je suis l'acte final, le cri, l'onction, le blasphème, je suis tout sauf ce que tu ne veux pas : un homme libre.
Laisse moi m'égarer et rêver, laisse moi oublier les coups, les cris déments, les fers, les crachats, je n'ai besoin que de moi pour souffrir.
Aucun de mes souvenirs est factice. Tu ne sais rien de moi et tu prétends m'écarter de ta maison. Le monde est cruel, je le sais. Je ne veux plus du monde, juste voir la bougie s'éteindre et moi, aussi. Mourir sera délivrance, aussi, alors, ne pousse pas. Le destin ne peut que s'accomplir. J'ai mal à mon enfance, elle saigne pour toujours. Je ne voudrais plus cette tentation du noir. Pour eux, ce n'est jamais grave, jamais qu'un trou de plus à creuser. Alors ils poussent et puis ils oublient dans leur confort. La vie, fragile comme une plume auvent, la vie,ce miroir brisé quand elle s'achève. La vie, si belle pourtant, parfois piétinée. Voyez le résultat. Ce n'est pas mieux au nord qu'au sud.
Aimez moi comme je vous aime.


Moïse Clément

dimanche 25 octobre 2009





à Marie-Claude Sevenec


J'aimais

me blottir

entre tes seins
montagne
de tendresse


J'aime
toujours
les promenades
en montagne ...

Tu es l'amour
comme je suis
ton homme.



Tu prenais
le logos

pour fleuve
d'airain.

Il n'était
que langue
experte,
en ton fourreau.

Tu approuvais,
lascive.
Ô, le beau
langage des
lèvres

entrouvertes

murmure d'une
source divine,
breuvage
des Dieux de l'olympe .




à Ana Mendieta



Exo,
nue privait
l'érable rouge

de menstrues.
Tu attablais

tes seins
pour la tétée.

L'enfant brun
hochait la tête,
de plaisir.





à Christina Barolo
,
vivante, vibrante dans la mystique du voyage
...


En chemin
une source chante.

Tu poses ton regard

sur la salamandre d'or
et le miroir
sépare les deux espaces.

Tu es morte à sa
connaissance

simple piétonne en terre de

Brocéliande
qui tourne
pour toi,
l'univers du Graal.

Douze Sébastes
en vol

sonnent l'heure d'amour.

Il est temps
d'aimer
tous les jours.

Au coeur de Balbec,

la mer léchait
le sable
d'une langue de feu.

Un blanc manteau
recouvrait
les chevaux cabrés.

J'aimais cette rencontre
que déjà
nous devions séparer
nos destins.

Au Val sans retour,
les pierres lèvent
la Terre,


le pas
des chevaux blancs frappe
le sol moussu.

Une salamandre
d'or,
attends ton regard
illuminé.

Va
descend de ton cheval

continue ton chemin,
à pied.

Il est des nuits
sans lune

comme couple sans amour... à enchanter.

Ici se tourne une page
ici,
nous avons dit.

A toi

d'écrire le reste,
à toi d'aimer.


Moïse Clément

J'ai écrit ce texte après avoir fait la connaissance de Christina Barolo, de son mari, de ses deux enfants , au Casino de Cabourg (Balbec) lors de son exposition dont le thème tient en ces trois mots.
COGITO ERGO SUM.

Descartes souffla du génie puis se retira dans sa tombe. Restent ici sur ces toiles diaphanes, des couleurs irisées, ds lumières célestes, des demi-teintes azuréennes, une fragrance de l'esprit voyageur, des traces frissonnantes, médiumnité d'une âme d'écorchée vive, un pied dans le précipice de la folle passion.
Etre de passion, artiste d'exception, elle chercait consolation près de la Mer.
La Mer répond toujours en bien à ceux qui l'aiment, la contemplent, la cotoient.
Qu'ils aillent ensemble, longuement sur les rivages de l'amour.

Regard de braise, don suprême ou vision médiumnique, apparitions chamaniques, don d'amour, si le cheval est le meilleur compagnon de l'homme, Christina est la plus fidèle compagne du centaure aux naseaux fumants.
De la chair à l'esprit, elle nous livre là, du suprême, du désespoir, comme un cri d'amour lancé à l'humanité toute entière, que seule une femme, une mère, peut et doit donner pour éclairer notre chemin d'aveuglement.
Lire dans un pareil regard est déroutant. Il est l'âme même d'un esprit d'artiste perdu, d'un exil intérieur, qui balisent une voie royale. La perte est déjà présente, l'amour absolu, la vie sera accomplisement de la Parole. Nos solitudes effraient, alors qu'il n'y a qu'à aimer la vie, avec nous.
Ces quelques lignes vont à son mari, dans l'ombre, aimant. Elles accompagnent mon amitié.

Roger Dautais dit An Eostig

samedi 24 octobre 2009




à Manue, Sylvie et lilia dans sa nuit Mauritanienne

pour Aminata,Touareg Malienne mère courage de 7 enfants
à Karim G. son fils, mon ami
à Katia B.à son enfance égyptienne et heureuse.
à Daniel J. docker, génial peintre, aussi
à François, mon frère croyant... à sa vie congolaise, à notre vraie fraternité.
àMichelle, si proche de nous, si loin de l'Amérique
à Peter Irnick, chaman Inuit, à notre rencontre
à Jean Pierre et Jacques, mes frères
pour tout ce qu'ils m'ont donné, un jour afin que je vive un jour de plus,
à eux ce poème de nuit.






Que le jour se lève
emporte
mes nuits
scories d'Arménie
papiers-charbon
train d'enfer.

Mes wagons
plombés, d'amis
mes boggies
nos terres spoliées
les moulins de Bilet
nos chantiers-béton
et les pleurs des chatons...

Ouvrez
grand les fenêtres
et vos yeux.
Il va sauter...
Il a sauté.
Il est rouge , le sang de la honte.

Suicidés...
Circulez, ambulances
emplissez-vous, morgues blanches.
Nos yeux sont aveugles.
Le Roi passe.


Que jour efface
Mais
il n'efface rien
Que Dieu fasse
mais , il n'est plus.


Au temps des cendres
Il demandait prosternation
et nous, moutons
étions son rêve.

Alors
le soleil s'est levé à l'Orient.
Un sable chaud
une dune
un grain de riz sur l'épaule,
la famine,
l'enfant osseux,
tête grosse,
mères aux mamelles pendantes,
abandonnées des hommes en fuite,

la conquête.
Nous avons mis les voiles vers Orion,
encore une fois,
abandonnés
le sac de riz au dos du faux docteur

miracle,
le jour se lève
Maman
tu tournes dans ta tombe!


Flambez, flambeurs,
nous mourrons de faim
sans votre aide.

Nos mains grifferont le ciel,
et nos visages de veuves
comme autrefois,
comme demain
dans des wagons plombés,
dans des avions affrétés
et vous paraderez.
"Est-ce ainsi que les hommes vivent",
chantait Léo...

Si grande est la faille
entre nous
humains,
trop pour l'un
et l'autre,
rien

Que le jour se lève
emporte mes nuits,
scories d'Arménie,
papiers charbon
train d'ennui,
parce que la nuit
tu veilles,
sœur
d'insomnie.

Moïse Clément



à ma fille
au cœur de ma nuit



La nuit
se lave
le jour se lève et toi
tu rêves,
la Mer veille.

Tes petits doigts,
le sable fin
nos pas de chants.
Enfin,
voilà maman

Nos hivers
les terres brûlées de gel,
au printemps seront
jaunes jonquilles
entre tes mains


d'enfants. Tes yeux
me demandaient
Papa,
la goélette.
Je te disais : là.

Un rideau
des chênes,

une brume épaisse
la cachaient
à tes yeux.

"Papa",
tu disais

"Elle est là.

Oui, ma fille

pour toujours".

"Papa,
tu vas
mourir,
oui,
enfin...je vais essayer,
et toi ma fille...
Aussi".

Ainsi l'amour allait.

"Tu vas essayer

Non,
enfin
je vais

essayer de vivre".

Les jonquilles ont passé

la goélette,
aussi
Pour le reste,

la vie s'en charge
elle est là.


Moïse Clément




à Jérôme...
à notre amitié...à sa culture... à son humour salutaire

Quoique l'on fasse vous avez toujours les "ruineurs de bonheur" les "ayant tout" les ayant droit à tout" qui vous poussent sur le bas côté et passent en carrosse suivi d'une horde de courtisans affamés de miettes de gloire et d'honneur. Une chemise imbibée de sueur , la fragrance de l'odeur d'aisselles de leur roi suffit à leur bonheur. Ainsi transfusés, imbus de leur réussite, ils agenouillent le monde afin que l'avènement de leur petite personne puisse devenir réalité. Aucun charter ne leur résiste puisqu'il faut plaire au roi, au bon peuple, au nom du peuple qui, parait-il, l'applaudit.
Un poème est bien peu de chose par rapport à la violence d'un état qui renvoie des Afghans sans papiers dans leur propre pays, se faire sans doute tuer. C'est la peine de mort à distance, l'echafaud télécommandé. Et vous voyez, les beaux, les parfumés de l'assemblée, avec la raie bien à droite qui applaudissent, histoire de passer à la TV et montrer à leur poulette qu'elle a eu raison de se taper un vieux crouton.
Le monde est beau. Pourquoi ne pas l'écrire. Le risque est bien maigre puisque maintenant, vous avez des observateurs de blog pour rapporter le moindre écart à qui de droit. Il n'y a pas de faute à dire ce que l'on pense en démocratie, c'est le contraire qui en est une.
Se faire un nom sur un tel drame est proprement scandaleux, s'en vanter...alors là, maintenant, qui ne le fait pas est has been. Et puis les petits pecnots que nous sommes, à leurs yeux, qui ne savent même pas que l'intelligence est dans le costume, la pochette aboudante et le parfum onéreux, ne demandent rien d'autre que de voter pour ces gens là. N'est-ce pas ce que nous faisons depuis trop longtemps. Enfin, quand je dis nous...
Tout ça pour dire que pratiquer le land art ou écrire des poèmes, c'est pour eux, la même chose, ça ne sert à rien...Ils s'en tapent. Ce qui compte, c'est préparer un avenir sain, des banques saines, une politique saine, une armée saine, un religion saine, une école saine, une flotte de charters saine. Tiens..." Charter"..."Saine"... ça sonne faux ...comme certains discours.

Avant même que l'hiver ne soit là, j'ai pensé au printemps prochain. Hier, je suis allé planter des bulbes de Jonquilles, en Bretagne. Il faisait beau, grand soleil. Nous avons retrouvé la pluie en Normandie. Le contraire de la météo de TF1.
Décidément, à la Télé, ils ne nous annoncent que des catastrophes et les bonnes nouvelles ils les camouflent. Comme me le faisait remarquer mon beau frère, haut fonctionnaire : t'as vu Luc, comme il est bien habillé. Je lui ai répondu :" forcément,c'est pas lui qui prend l'avion pour Kaboul".
Il n'a même pas ri. Ils ne sont pas drôles dans les ministères et mon beau-frère, il devient, pareil que l'autre. Il a déjà acheté les mêmes cravates.
En fait, le vrai bonheur est de se passer de ces ruineurs de bonheur

Jean Prinsse d'Eû Outroy

vendredi 23 octobre 2009




à Elizabeth Brami,
pour son âme, belle...
à Liane, si loin...si proche

Avec
cette douce
impression
de perdre
la vie

qui va
se terminer

Je t'aime

Ici,
en gare

les femmes sont majoritaires,
Je déraille

dans ton aiguillage fournaise.

Je t'aime


Ici,
la Nature

rétablit la loi du plus fort,
les hommes
sont déjà morts.

Je t'aime


Nous oserons
pour elles petites aux mains
d'argent
et
de peine,

aussi
;

Je t'aime

Elles sont déjà
parties
en fumée
elles rient,
la-haut
pour celles
qui attendent derrière la porte
.

Je t'aime

Que la mort

vienne
me chercher
j'ai un cadeau
pour elle.

Je t'aime


Nos n'avons pas trouvé
d'hommes immortels, ni d'oiseaux
d'ailleurs

des haillons, des mémoires effilochées
des bribes bleues.

Je t'aime.


Tu
fermera
la porte derrière toi,
ou je te tue,

nous aurons froid ensemble
lorsque ta bouche se sera tue.

Je t'aime
.

J'ai perdu la clé
éternel rêveur.
Au
Cheval Crayon
j'ouvre le livre des comptes
et je raconte.

Je t'aime.

Apaiser
tes souffrances

retenir ton rire
d'avant
revoir l'enfant de toi,
lire.


Je t'aime.


Octobre
parfois
tu sais, balaie
nos certitudes autrefois

tu aimais l'automne
et moi, aussi.


Je t'aime.

J'ai regardé Orion,
il se cache
il descend
et l'horizon bascule
déjà.

Je t'aime.


Je perds
tout
de ma vie
tu m'envies
tu t'en va
Je reviens

Je t'aime

Longue
blessure au cou,
tu voyais la fin,
j'étais mort
je suis là
incertain.

Je t'aime


Demain
ne sera pas,
une partie d'un tout
demain sera notre vie,
jouée.

Je t'aime.
Les Pierrots sont sortis
de tes Esperluettes,

les fées jouent de la trompette

Je m'échappe à Montreal.

Je t'aime.

Mes Chams attendent,
prends tes livres
nous irons aux Iles
le temps
se gâte ici.

Je t'aime

J'ai rejoint
les étoiles d'or
je veux plus revivre,
les départs en gare,
les cendres.

Je t'aime
.

Sauve toi Elie,
je vais revoir
Liane,
au bout de la voie.
Tu ne comprendrais pas.

Je t'aime

Encore
une feuille d'érable,
encore un rayon de soleil,
encore une pincée de vie

et toi,
simplement toi.


Je t'aime.

Roger Dautais


Nuit du 22 au 23 octobre 2009
quelque part en Normandie

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 22 octobre 2009



à Marie-Claude Sevenec
pour l'amour qu'elle me donne



Je ne sais regarder l'infini d'un geste, la beauté d'un regard qui se dérobe, ou le mouvement de la mer qui, fidèle au rendez-vous, revient sur la plage chaque jour, sans partir dans un rêve. Et le rêve n'est plus permis.
Si je m'écarte de la ligne de conduite, si je franchis la ligne médiane, si je passe la frontière, si j'exagère mes sentiments, je déclenche les foudres divines. Les moustaches de Pandore frisent, le radar scintille, le garde barrière me court après.
Tout est forcément carré, rond ou rectangulaire, bien rangé dans des cases, bien propre, avec des balayeurs pour les rognures; les raclures, les souillures, les épluchures.
La société aime le formatage, l'alignement, l'obéissance et la soumission.
Je ne sais pas où se place ce que je fais et si le land art est bien utile là-dedans.
Mais l'art est transgression, faux semblant, subvertion, révolte, révolution. Aurions nous commencé à mettre le couvercle sur la marmite. Tout est-il perdu...Non car fort heureusement, il existe encore un espace de liberté, certes, restreint, loin des préoccupations de ceux qui classent, répertorient, découpent en carré, en rond et en rectangle de toute sorte et tamponnent rageusement avec des sceaux Marianisés.
C'est mon pays, c'est mon espace, mon rêve et j'y vais retrouver un peu d'équilibre. L'eau m'est aussi nécessaire que l'air et le fleuve m'apporte ce compagnonnage pendant mes longues marches sur les berges. Un jour, je pensais à elle qui termine toujours ces lettres par Peace and Love. C'est rare quand même, de nos jours, c'est vrai qu'elle est Américaine, libre et Hobo.
Je me mis à l'écrire, ce slogan des hippies pacifistes dans les années 70. J'ai trouvé une pierre plate et un peu de boue pour écrire avec mon doigt. Puis je mes suis mis à confectionner de petits bouquets offerts au fleuve, comme ça, en prenant mon temps. Il prenait bien sontemps pour couler dans son lit de fleuve, avec beaucoup de grâce. Mon geste n'était ni rond ni carré, ni formaté, simplement , beau.
J'ai remarque aussi, que certains artistes ont perdu leur liberté. Moshu est une femme libre dans sa t^te et dans ses créations.
Certains autres s'il y a un truc qui marche et ils se mettent tellement à ressembler au truc, qu'ils ne font plus que ça. Et le public, il les encourage dans leur prison. lLe public, il aime bien que ça ressemble.
Je n'ai ni barreaux dans la tête, ni méthode, ni artiste-dieu à vénérer, adorer comme un phare de la pensée contemporaine. Non, je vais, libre, j'attends beaucoup de la Nature, des hommes, beaucoup moins, de certains au cerveau carré, rond ou triangulaire, je n'attend rien, plus rien.
C'est toujours difficile d'être libre. C'est souvent trop tôt ou trop tard, si on attend les autres. Alors je tourne mes spirales sur l'estran et je dessine des chemins de pierres sur l'estran. Je rêve à mon aimée, qu'elle va sortit de la mer , qu'elle va s'approcher de moi pour m'embrasser. C'est à ça que je rêve lorsque je pratique le land art et à tout ce que je vous ai déjà dit : l'infini d'un geste, la beauté d'un regard...



Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

mercredi 21 octobre 2009



à K.B et D.J.

Plus connus sous le nom de Katia B et Daniel J. de Reviers
parce qu'ils sont en vie, parce qu'ils vivent libres,
et me donnent envie de continuer à vivre libre...


RAK RET EO
DA BEP HINI
SEVEL
BARZHONEG
E VUHEZ.

Youenn Gwernig




à Sylvie,
capable de me comprendre
...

Je connais bien des chiens mouillés. Transit de froid, j'ai traîne dans les rues en leur compagnie, attrapé des puces à la porte des églises. On me cassait des manches à balai sur le dos. Les porches gothiques appartiennent encore aux croyants. Je dormais d'un oeil, comptant les heures creuses comme mon estomac. Alors, j'ai quitté ma peau d'homme et je suis devenu chien enragé. Normal qu'ils balisent au bout du bout de la rue du bout. Les puces, va encore, mais la rage, putain. Déjà qu'il va falloir ne pas mourir avec la h1H1, s'il faut en plus, dévaliser les bourses à Pasteur.
Je les comprends. Je les comprends, vous comprenez ?
Les livres, maintenant que je suis devenu chien, je les mange. Je fais gaffe aux gens bien habillés avec des souliers pointus. Ce sont tous des anciens du football, ils tires des penalty dans les chiens de ma race. Vous connaissez ma race ? Rat ? non pourquoi rat , à cause de la BD américaine ?


à Daniel J...

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Confucius



à Chaunu *
dessinateur de rêves et briseur de barreaux de prison...


Je me suis permis de citer ce célèbre poème de Confucius qui enveloppait l'os à moelle, trouvé hier devant chez le boucher de la rue froide. Enfin, je crois que c'est de lui, vu que je ne lis pas l'allemand,à cause des bergers éponymes
Je reprends ma vie de chien.
Non, je suis Espagnol-Breton, par mon père et Breton-Espagnol, par feu ma mère. Je dis feu, ça me réchauffe la carcasse, en attendant d'aller la rejoindre dans son sous sol de Bretagne, un deux mètres par un, avec un petit jardin de terre sur le ventre.
Ils ont raison, ces braves, je suis extrêmement riche, extrêmement con, mais chaque jour j'en trouve des pires que moi. Ça console. On se croit le seul de son espèce dans sa race seigneuriale et artistique et puis, pan, tu vois pire, même, multispires.
J'aime la culture, la vraie, la seule qui remplit le ventre et calme la douleur de la faim, la culinaire.
L'autre, je la laisse pour ceux qui digèrent.
Vous ne savez pas, j'ai fait des petits et ils ont fait, pareil. C'est pas beau, ça ?
Non, c'est pas beau ?
Il faudrait leur couper le matos aux pauvres chiens, ils se montent dessus, sans arrêt. Voilà ce que j'ai entendu l'autre nuit à la porte du bordel de la rue Froide. J'ai approché(oui, je sais, je me suis approché) donc, j'ai approché et ils m'ont foutu une bassine d'eau bouillante en criant, ça va te décoller, sale chien. J'ai pas compris.
Depuis, je vais plus au bordel, mais c'est le monde qui vire au bordel. Vous avez vu, ils ne veulent plus de lévriers Afghans en France. Y parait qu'ils les renvoient en Afghanie, vers la Turki, la Gorgy la Serby,L'Iraki aussi, je crois, j'ai entendu ça dans le bistrot des intellos de la Rue froide. Oh, putain qu'elle est froide cette rue quand je fais la manche à côté de la gargouille, oui c'est comme ça que je l'a pelle, mon pote de misère, qui mendie...Il a toujours faim, ce con...un peu comme moi et on le vire aussi de l'église. On le fout à la porte de dehors. Y sont forts, les hommes de charité, hein.
Bon on va pas se fâcher avec tout le monde, autrement, plus d'os et direction vers un pays en y ou bien en i ou encore hi, hi,hi, comme me l'écrit Sylvie, une amie des chiens de rue.
C'est pas le tout, faut que je remonte vers Reviers, et avec la pluie, y vont dire que je suis un pouilleux, un chien mouillé, un douteux, un bâtard.
Ah, c'est des sacrés, ces deux là, il n'y en a pas deux comme eux deux.
C'est un peu comme moi, avec ma femelle, une corso-bretonne. C'est pas facile tous les jours. Vous comprenez, le sang du sud, c'est chaud, et dans un pays du nord comme ici, y z'aiment pas. Y nous disent des mots, des gros mots, ils nous traitent de horsains. Sais pas ce que cela veut dire, mais rien de bon, vue qu'ils nous ferment la porte au nez.
Après Reviers ou ils me nourrissent les deux asticots, je file vers Ouisterham, 15 bornes à travers champs, pour rejoindre un mec qui fait des ronds avec du sable. Non pas de l'argent, ça c'est les banquiers qui le font. Je vous l'ai expliqué, ceux qui ont des chaussures pointues qui sentent l'eau de toilette, qui sont chauves et bedonnants. Non, c'est un petit vieux qui fait des spirales de sable pour les voyageurs des ferries. Drôlement chouette.
Déjà vu, tout ça, qui disent les savant de Marseille, mais c'est chouette aussi le déjà vu. Tiens, vous avez déjà vu le soleil se lever ? Hein? Non...Ben c'est à voir et revoir. T'en a, tiens, Han San Su ki, en Birmanie, elle aimerait bien voir le soleil se lever en se promenant, les pieds nus dans le sable, sur une plage. Pourquoi, elle le fait pas ?
C'est la bande à Bono ,avec leurs casquettes de généraux qui ne veut pas la laisser sortir de sa maison. Parait qu'elle a eu un prix Nobel de la Paix et y veulent pas que ça se sache.
J'irai jamais en vacances en Birmanie. Ils doivent pas aimer les chiens de mon espèce.


Moïse Clément
Histoire d'en parler, de la liberté



* Chaunu est un dessinateur de presse,( entre autre dans Ouest France, mais bien ailleurs, aussi) un carricaturiste, plus que cela, un humaniste.
Nous nous sommes connus dans un Centre de Détention, non en qualité de détenus pour peine, mais parce que, administrateur d'un espace culturel, intra-muros, je l'avais invité à une émission de TV réalisée par les détenus,eux-mêmes. Ce fut un très grand moment.
Ardent défenseur de la Paix et des Droits de l'Homme, il poursuit une oeuvre et puise dans le désespoir du monde, de quoi alimenter sa dérision son humour décapant, sa philosophie humaniste, que l'on retrouve dans ses carricatures dont le trait et la maitrise ne ressemblent qu' à son auteur, à l'homme qu'il est, beaucoup moins fantasque et fantaisiste que ne le disent ses détracteurs. Je l'écris parce que j'ai eu la chance de parler assez longuement avec lui, et parce que je le pense.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Comment l'absence...
quelle absence,
celle des étoiles communes
qui brillent jour
et nuit,
pour nous pauvres
aveuglés...
J'ai levé le voile
noir
du deuil
j'ai vu le monde en pleurs
et la guerre revenue
j'ai vu
douze Sébastes
quitter le nid
et l'horizon basculer
aussi
J'ai vu le
cercle rouge
de tes incertitudes
menstrues sacrées,
torrent carminé
et tes lèvres,
pareil,
j'ai pansé
tes poignets rubis,
je t'ai cherchée
sur le carreau du temple
exangue, livide...
Ton beau visage,
ta peau brune,
tes cheveux collés
par le sang
et la vie qui s'écoulait de tes yeux

Qui parle de mort,
d'absence,
d'abandon
si ce n'est l'infidèle
l'incroyant
Qui parle d'amour
de vie cachée
d'étoile du berger
de petite communion
aux lèvres suturées
qui soulève
le voile
de tes insomnies.
Fille,
petite,
si femme déjà
dans la souillure
dans le regard lubrique
de l'homme bourreau,
Tu débattais avec la mort
contortions de vermicelle
insoumission et révolte,
du haut
des tes cinq années.
Il faut hisser les voiles
embarquer
maintenant
et franchir l'Acheron
dans la barque des morts
...vivre
Attache-moi à la vie,
je sens le vide
sous mes pieds
Le jour se lève
tu n'est pas là,
mais nos étoiles
de jaune se parent
nos mains d'enfants
de la guerre,
retrouvent la fuite,
l'ombre du sauveur
la peur aussi.
Dieu que la vie doit être belle
sans ces cauchemards.
Visions nocturnes
D'un pays, l'autre...
En Méditerrannée
les Sébastes rejoignent la terre.
la grande migration
est éternelle,
comme
certain silences.
Si je pouvais dire,
je ne dirai rien
de plus
Si je pouvais aimer,
je n'aimerai pas
plus
qu'au bord du précipice
Le rien
ne remplace pas le rien
l'amour,
ne remplace pas l'amour,
la vie,
ne remplace pas la vie.
La vie
exulte et ne s'explique pas
sur tes pas de sable brûlant
j'ai posé mes pas,
sur ton étoile jaune,
j'ai posé mon étoile jaune,
sur ta bouche livide
j'ai posé ma bouche livide
et le ciel a rompu le silence.
Il pleut sur la mort,
comme il pleut en Bretagne.
Douze Sébastes
continuent de voler
vers toi
qui repose
au-delà de mon regard, cette nuit
Moïse Clémentger.d210a
21Octobre 2009utais
2009-10-21

lundi 19 octobre 2009





à Maria Clément...
Notre seconde Maman



La supériorité de l'homme s'arrête bien évidemment où commence celle de la femme et vice versa, comme en amour, n'est ce pas.Notre nature est labile.
L'étalon galope, puis le ventre vide, il revient à l'écurie. La jument invente le monde et le porte en elle bien avant de mettre bas, comme une promesse d'avenir. Si l'écurie est vide, elle galope et nourrit à la fois.
Je ne sais pas ce qui pourrait faire cesser la guerre.
Sans doute, la solution est tenue secrète par quelques hommes trop occupés à la faire pour relire l' Histoire. Ces centaures, ces éléphants amnésiques, ces lions à la crinière blanche, se persuadent et se congratulent au son du canon. Nous ramassons les débris des bombes assassines et anonymes dans le suaire de nos certitudes aveugles.
Il n'y a aucune sagesse à enrôler un en enfant-soldat, à le transformer en bombe, à le sacrifier, pour que le pouvoir de l'homme exulte. Il n'y a aucune foi digne de ce nom et les fous de Dieu le savent qui persécutent, enferment, exécutent pour terroriser et mieux dominer le monde, en commençant par les femmes et les enfants, avant de s'occuper des autres hommes supposés plus faibles qu'eux.

La Paix dans le monde, l' Adieu aux armes, est avant tout, une affaire de vie.
La liberté devrait être acquise à la naissance. Pourquoi cette scissiparité. Pourquoi ces discours lissés comme les pierres noires sur la plage de Brehec. Pourquoi ces mensonges, pourquoi les femmes meurent pauvres dans notre pays, encore aujourd'hui ?



Aux camarades du Parti communiste
restés dans leur brouillard...

Je n'ai pas lu Marx... ni Freud, comme me le disait Guy A. samedi dernier, mais je sens bien que la carence du monde, celle qui laisse échapper ses espoirs de Paix chaque jour, ne réside pas qu'en ses lectures, sans doute formatrices, ni dans sa volonté d'élever des mémoriaux de calcaire, de granit ou de belles paroles, pour des vétérans, des veuves, des orphelins et des touristes..



à Bernard F.
pied noir Algérien et ami,
qui mène son dur combat contre la misère à la barre de son navire CHRS...

J'ai lu dans le regard désespéré des pauvres hères, dans le regard suffisant du politique qui pérore, dans la ,elle aussi, suffisante de l'agrégé de lettres dont je balayais les chiottes, dans l'indifférence du médecin refusant de soigner un pauvre clochard parce qu'il pue. J'ai vu le monde car je le compose et je n'y échappe pas. Ma petite personne bien aimée qui se contente de ces lâchetés sans réagir sur le champ.


à Gwenola R. de la P.J.J. à son combat pour sauver une jeunesse désespérée, à sa foi en l'avenir, malgré tout

N'y-t-il donc que les femmes pour comprendre le drame de la condition humaine et les hommes pour l'inventer. Nous les hommes, symbolisons l'absence.

Il y a des courages médaillés, des courages de circonstance.


aux femmes du Monde...
Naître femme c'est être condamnée au courage.


Je le mesure tous les jours. Je comprends tout ce qu'il me manque pour être à leur hauteur, lorsque mon chant de petit coq célèbre le lever du soleil.Je déplore ne ne pas y arriver.
Il me reste sans doute quelques belles journées pluvieuse à vivre pour rencontrer la beauté d'un plage sous la pluie, pour y pratiquer le land art et pour vous l'offrir à voir.



aux hommes en soutane...cruels


Je n'oublie pas que mes censeurs furent des hommes et qu'ils brisèrent mon enfance.
Merci aux femmes qui ont adouci le regard que je pose sur ma pauvre vie.


à toi,
Marie-Claude, ces mots de la fin :

Je t'aime.

Moïse Clément

Cette explosion de carrefours du développement durable, des idées, des religions, des philosophies nous propose un monde idéal qui ne sais toujours pas pourquoi, une enfance doit plier sous les coups de trique...pourquoi le peuple doit aussi, ramper sous des dictatures qui ne sont pas toutes du tiers monde...Pourquoi les droits de l'homme ne sont pas appliqués.

Faut-il mouliner des bras à la tribune, maquillé comme une star de cinéma, passer à la télévision à la grand messe du 20 heures lifté, indigné, comédianisé, pour défendre des affaires, si étrangères...
Si étrangères... à nous les sans terre, les sans costume, les sans emplois, les désespérés qui se dé fenestrent des tours du système. Si étrangères à nous les sans culture, les sans amitié gouvernementale, sans couverture politique ou diplomatique, qui évite d'attraper la grippe H1N1 et de mourir de honte, comme nous dans nos rues froides et dire....Dire....encore dire, pour être "l'homme".
Être le phare, le sauveur, la référence. Mon Dieu, à qui je crois plus, vous croyez en lui , en l'homme ?
Bon Dieu, il est temps de se réveiller un peu et de larguer le folklore high tech, les montres clinquantes et les collections de Tours de la Défense.


Aux orphelins du système...

Il est temps d'offrir des parachutes dorés à tous les cadres qui se dé fenestrent et nous montrent en grandeur nature, ce qu'est la guerre économique.
Une miette de pain nourrit un moineau pour quelques instants. Un discours de trop avilit l'homme et le soumet , l'endoctrine, le rend con et dangereux, ouvre des camps de concentration, des geôles, enferme la parole, fait disparaitre au nom de leur liberté. Ajoutez à cela le marchand d'armes et vous voyez le résultat.
On m'a mis en dehors de l'école dès ma plus tendre jeunesse et tapé dessus joyeusement au nom de l'Évangile et de la Charité. Ces gens là m'ont sans doute libéré, mais à quel prix. Au prix d'une vie !
Je ne me plains plus, je me suis aguerri et libéré de ce côté là, mais ma colère, mon indignation sont présentes. C'est sans doute pour cela que je pratique le land art. N'en déplaise aux exégètes de ma " petite œuvre" qui à leurs yeux, n'existe pas.

Et c'est vrai qu'au regard du monde, de la faim, de la guerre, de mes morts, elle n'existe pas pas. Mais eux, les snobs, elle existe leur bêtise, leur complicité aveugle ?


Moïse Clément,
Nuit Normande et d'automne 2009



N'y-t-il donc que les femmes pour comprendre le drame de la condition humaine et les hommes pour l'inventer.
Nous les hommes, symbolisons l'absence, trop souvent.
Il y a des courages médaillés, des courages de circonstance. Naître femme c'est être condamnée au courage. Je le mesure tous les jours.
Je comprends tout ce qu'il me manque pour être à leur hauteur, lorsque mon chant de petit coq célèbre le lever du soleil.
Je déplore ne ne pas y arriver.

Il me reste sans doute quelques belles journées pluvieuse à vivre pour rencontrer la beauté d'un plage sous la pluie, pour y pratiquer le land art et pour vous l'offrir à voir. Je n'oublie pas que mes censeurs furent des hommes et qu'ils brisèrent mon enfance. Merci aux femmes qui ont adouci le regard que je pose sur ma pauvre vie. à toi, Marie-Claude, ces mots de la fin :

Je t'aime.


Roger Dautais

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.