La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 30 novembre 2009





Land art créations et photos Roger Dautais : entre terre et pierres


Les murs

Quelquefois, je suis si bien réveillé que les murs me crèvent la vue.
Des tours de murs, des rues de murs, des blocs, des pans, des amoncellements de murs hypocrites
Que l'on vous présente sous les trente-six formes,
Que l'on décore des noms les plus rassurants
du monde.
Or, je sais qu'on ne les bâtit pas pour me défendre ni m'enfermer
Ni pour me faire non plus la vie belle.
Quand ils pèseront assez lourd sur la terre
où je marche,
Elle trébuchera sous mes pieds comme un plateau de balance
Et le procès sera jugé.
Mais je n'ai pas envie de crier au secours.
Il faudrait d'abord savoir ce qu'il y a
sur l'autre plateau.



Ar mogeriou

Ken dihun krak emon awechou ma tarz ar mogeriou ma daoulagad din.
Touriou mogeriou, strêjou mogeriou, tolzennou, pennadou, berniou mogeriou souch
A vez kinniget dindan ar seiz stumm war n'ugent,
A vez fichet gand anoiou ar bed ar re zinehusa,
Hogen, gouzoud a ran n'o saver ket d'am divenn
ne d'am baha
Na din da gas c'hoari gaer kennebeud.
Pa vo ganto pouez awalh ouz an douar
ma valean warnañ,
Hemañ a dreuzo dindan ma zreid
evel eur bladenn-valans
Ha barnet brao ar prosez
N'em-eus ket c'hoant, avad, da choual forz d'am buez.
Dao vefe gouzoud araog petra zo er bladenn all.


Pierre-Jakez Hélias
(1914-1995)
La pierre noire / Ar mên du
éd. Hallier/P.J. Oswald, 1976

à Marie-Josée Christien...
à Sylvie, Manue et Mérany la Québécoise, pour les murs qu'elles abattent...
chacune à leur façon

Puisque ce poème m'est offert par Marie-José Derrien, qu'il me soit permis d'ajouter quelques mots à propos des murs, moiqui les ai connus des deux côtés. Si les hommes ont élevé des murs c'est bien par soucis de se protéger. Mais dans ce choix de protection qui peut être légitime, se glissent des intentions moins pûres. Nous avons engendré un nouveau style de mur, le mur imparable, 'invisible, si pratique pour nous dédouaner de l'urgence dans lequel se débattent les trois quarts de l'humanité. Une bonne télé et les morts seront à leur place, loin de chez nous. La pauvreté virtuelle érigée en mode de fonctionnement de l'homme captif de l'image, évite de trébucher sur le pauvre hère qui barre le trottoir de notre ville. Zappons, mes frères, la messe est dite et le 20 heures cathodique nous donnera l'absolution. Le pire des murs est celui de l'indifférence qui nous sépare de qui ne nous plait pas. Pauvre ou goîtreux, riche ou scrofuleux, émir mégalomane détruisant la planète ou petite frappe dealant aux marches du palais. Il y a des narines qui frémissent au passage de la poudre et d'autres, d'effroi.Que les murailles de chine cernent le ferrailleur transi de foid ou l'abîme, pour le camé, le frisson se fera brique et l'habitude, séparation des genres. Becaud chantait y'a toujours un côté du mur à l'ombre, c'est vrai, mais l'ombre grandit de plus en plus et les places au soleil se font chères.
Toujours le mur, de la honte en Israël, ou aux Etats Unis, toujours une loi pour dicter le comportement, toujours un flic pour encager et un truand pour refroidir. Mur d'incompréhention, nature humaine qui rend frileux le plus riche et hideux le plus pauvre. Entre les murs, des chemins de ronde, dans les chemins de ronde, peu de soleil et à l'ombre, " les payant leur dette" à la société. Derrière les murs bourgeois, combien d'amours ancillaires loin des regards, loin du prettoir et derrière les palissades des bidonvilles de l'Abbé Pierre, combien d'enfants morveux, les pieds nus dans le caniveau. Murs de vent, barbelés du sturtoff, ou de Guantanamo, ou se trouve la vérité de l'homme quand il torture son alter ego.
Pour ma part, je préfère les murs que j'élève à la façon de Goldsworthy, où ceux ses bories des Alpes de Haute Provence, ou encore ceux de mon pays, la Bretagne sur la pointe du roselierà Saint laurent de la Mer.
Les pierres, on en fait ce que l'on en veut et une seule peut peser lourd dans la balance de façon inique puis, vous envoyer à l'ombre pour le restant de vos jours.
Malgré tout, respectons les pierres elle contiennent la sagesse du monde et n'élevons que des monumenst à la gloire de la paix.
J'aurais aimé répondre en Breton à Pierre Jakez Elias mais un mur Gallo me sépara, dès ma naissance de cette merveilleuse langue. loinde la Bretagne j'ai appris que mon pays désormais résidait en moi sans autre géographie possible que celle de mon corps. Ici, comme dans bien des régions, on moque le Bretonet j'ai entendu bien des insanités sur la Bretagne. Sil falait enfermer tous les sots, que de pierres en moins sur nos grèves, autant les laisser sûrs d'eux mêmes rêver de leur supériorité, ça leur fait tant plaisir et, pe,dant ce temps là, nous sommes tranquilles.

An Eostig

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.