La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 10 octobre 2012

L'aiguille blanche
Spirale  positive (port de Ouistreham)
Énergie circulaire

Carrés sur  mousse

Égalité des chances
Revue de détail
Réflexion
Impression de printemps
Intrusion rouge
Convergence
Signes sur l'asphalte
Mémoire vive
Sur le quai, le rouge est mis


à celle que j'aime...


Il  pleut. Je rêve plus facilement en ces jours gris, bien que j'aime la pluie, elle ne me facilite pas le travail. Alors je rêve  à mes spirales de sable  que je ne peut plus faire pour raison de santé, aux très grosses pierres que je ne peux plus déplacer  pour la même raison. Cette aiguille blanche de la première photo, dépassait les deux mètres et je me souviens exactement de la grotte marine  où je l'avais soulevée puis mise en équilibre, avant de terminer ce grand cairn blanc,  il  y a ...7ans. J'avais donné le nom d'Ana Mendieta  à cette grotte de la côte de Nacre, en Normandie, et j'y travaillais souvent en pensent  à cette grande artiste du  land art, trop vite disparue. Mais voilà, ce temps est passé. Il me reste une photo, je la montre de temps en temps.
En cette saison , difficile de travailler autrement qu'en ciré, veste et  pantalon si  on ne veut pas terminer trempé.
Ces jours derniers, je suis retourné dans l'arrière  port de la ville  qui se situe entre l'ancien quai au charbon et les chantiers navals. Quelques centaines de mètres de quai et d'asphalte battus par les vents, qui parfois accueillent de trop  gros  bateaux pour rentrer dans le port, au cœur de la ville. Je pense par exemple  à ce  magnifique 3 mats Le Bélem, qui était sensiblement  à   à l'endroit  où je vais travailler aujourd'hui.
 Le manque de lumière fait que les flaques d'eau recherchées aujourd'hui, ne donnent pas l'effet miroir habituel. Je vais quand  même faire quelques essais. 
Je travaille  à genoux, le dos courbé et j'imagine qu'une telle silhouette,pratiquement immobile, vue de la route,  doit  intriguer. Cela me vaut quelques visites de vététistes, assez curieux  pour faire  un détour jusqu'à moi, dans ce no  man 's land pour se rassurer, mais trop pressés  pour s'arrêter sous la pluie. Je passe des heures  à entourer des flaques d'eau avec mes baies rouges. J'aime laisser quelques traces éphémères dans des endroits choisis et  je me déplace en même temps vers le bassin, jusqu'à atteindre le quai en granite. Je domine l'eau qui frise sous le vent. J'ai froid aux mains  mes ongles bleuissent et je sais trop ce que cela veut dire.
Un autre jour, je décide de m'arrêter dans cette même zone portuaire, auprès de très grosses pièces métalliques grises, qui  pourraient bien être des éléments de  pont. Je vais dans un premier temps,travailler  à proximité sur  un tapis de mousse très attirant et je réalise  un mandala à  partir de la mousse, des derniers  fleurs de buddleia de la saison, de baies rouges, et de tiges de roseau, cueillies non  loin de là. Pour une fois,  il ne pleut pas.
Ce qui  m'intéresse sur ces très grosses pièces métallique, c'est leur surface lisse et leur couleur grise dont je vais tirer  partie. Il  y a un tel contrastante  entre les végétaux et l'acier que j'ai  l'impression de dessiner et  peindre sur un  grand cahier. En fait, je ne me fixe d'autres limites d'expérimentation dans le land art, que celles imposées  par mon corps. C'est difficile  à faire comprendre.
Plus difficile encore est de répondre  aux questions que l'on me pose sur un travail land art. Si je le fais, on  me dit que je juge, si je refuse  on me dit que je manque de simplicité. Les gens font ce qu'ils veulent  mais je ne pense pas que l'on s'improvise artiste en 5  minutes et un bel appareil  photo et un blog fourre-tout.
Ici, je montre ce que je fais,mais pas tout ce que je fais. Je vis avant tout une passion qui m’amène  à être la plus grande partie de mon temps, dans la nature,  parce que  j'y suis bien, que c'est mon seul   lieu de travail, et que j'y trouve matière  à  exprimer mon art. Après, que l'on aime ou  pas, c'est autre chose et  j'accepte toutes les critiques sauf les insultes.
Ce blog me montre combien vous êtes attentifs  et vos commentaires m'encouragent  à continuer quand j'aurai toutes les raisons  de stopper. Je vous en remercie, sincèrement.
Carpe diem.

Roger Dautais





Avoir été
un élémént du paysage
ici, sous le soleil
à telle heure en été

Avoir vu trembler
un  instant cette branche
en  l'air qui se rassemble
et s'abreuve de bleu

Avoir été
l'esprit, le centre
de cet espace entre deux feux
puis se couler dans le silence
pour une éternité sans yeux.

Marc Alyn
(Extrait, in INFINI AU-DELÀ, 1972


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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.