La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 17 décembre 2010













Aux voyageurs de l'au-delà..
.




Dans la mémoire des routes,
il y a toujours des bruits de pas,
des matins ensoleillés,
d'autres, pluvieux,
des pierres sèches
et d'autres couvertes de mousse.
Dans la mémoire des routes, il y a toujours des chants d'oiseaux de nuit, des froissements d'ailes et des envols de jour et des chasseurs qui tirent pour mettre fin à leur vie d'oiseau. Dans la mémoire des routes, pourrissent au fond des talus, les carcasses abandonnées que les chiens n'auront pas reniflées et des feuilles mortes, pour les recouvrir.
Dans la mémoire des routes, il y a des silences qui me parlent de toi. Et je me dis qu'au moins une fois, la trace de tes pas avait figuré là, dans la poussière d'un été, avant que les pluies d'orage ne les aient effacées pour toujours. Tu avais beau emporter le vent avec toi, mais aussi tous les espoirs d'une vie anonyme, le temps de l'oubli était venu te visiter et te demander de continuer à marcher,simplement, pour te rendre, comme une simple voyageuse, d'un point à un autre, d'un être à un autre. Ainsi se déroulaient tes angoissantes saisons qui défilaient,s'empilaient et te bouffaient le temps qu'il te restait à vivre.
Dans la mémoire des routes, on ne retrouvait ni passion, ni haine, ni amitié, ni amour. Tout était suspendu, tout était retenu comme le son de la voix d'un défunt disparu, au corps glacé et que je n'entendrai plus.
Et la vie passait, s'effaçait, existait, malgré tout.
Ce serait bientôt, les cernes d'hiver, les jours gris, les pluies incessantes, lavant les terres noires de la Pointe du Roselier. Ce serait aussi, les longues nuits solitaires passées à hurler comme un loup. Il resterait, malgré le temps, malgré les routes empruntées, à suivre les souvenirs de l'été.
Il resterait à retrouver les pas des voyageurs de l'au-delà, et puis leurs voix qui répéteraient sans cesse :
Dans la mémoire des routes,
il y a toujours des bruits de pas
des matins ensoleillés,
d'autres pluvieux,
des pierres sèches
et d'autres recouverts de mousse.
Et je reconnaitrai ta voix défunte et je me dirai, tiens, cette fois, c'est elle qui m'invite à entrer dans la mémoire des morts. J'y entrerai et je reprendrai la route.


Roger Dautais
14 septembre 1998 en Normandie





Nous cheminons tous
oubliant que nous fûmes bercés
sur des chemins de terre
éclairés de néons


La route familière
s'efface sous une brume intense.



Nous marchons cependant
car il faut bien aller
quêtant les étincelles d'amour
dans le flux des saisons.



***


Les tombes s'ouvrent une à une
sur les défunts revenus
de la caverne claire
où s'écoulent leurs jours.

Les morts n'épargnent aucun effort

pour trouver des paroles de consolation

Ils nous attendent avec patience



Eliane Biedermann

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.