La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 16 juillet 2010











Le cairn du poisson mort...




Me voici confiné dans un atelier de montage pour la post production d'un film documentaire( je me répète) sur la maladie d'Alzheimer, et ça tombe en pleine période de vacances. Rien à dire, c'est le jeu. Pendant ce temps, au lieu de crapahuter en Tunisie, comme prévu, si j'ose dire, je suis privé de désert, cantonné en Basse Normandie. Je m'offre une belle parenthèse dans ma pratique du land art, m'échappant de temps en temps pour réaliser des créations, par ci, par là. Voici par exemple un cairn que j'ai réalisé pendant cette période de disette, avec un grand plaisir, sur la rive gauche de l'Orne. Le précédent élevé à 50 mètres de celui-ci a été détruit et tellement éparpillé que c'est signé. Que faire contre la bêtise ? En descendant dans le lit du fleuve, je constate que le niveau des eaux a baissé et découvert une grande quantité de pierres. Je découvre aussi, la carcasse d'un poisson desséchée, resté en suspens sur une grosse pierre. C'est décidé je vais lui consacrer mon travail de l'après midi et cela s'appellera :
Le Cairn du Poisson Mort.
Je rassemble de grosses pierres que j'assemble en couronne, au raz de l'eau. Le terrain est glissant. Je dois assurer tous mes pas avant de les transporter. Après avoir construit un mètre, je dépose le poisson mort au cœur du cairn et continue l'élévation. Je fais une deuxième pause et je le lie au paysage en déposant des orties d'un très beau vert et quelques lianes, puis je recouvre le tout. Ces rituels sont très importants car ils donnent un sens à ma présence et à mon travail. Je continue l'élévation et donne une forme de dôme au sommet du cairn. Il est très beau, placé, le pied dans l'eau du fleuve qu'il va garder jour et nuit jusqu'à ce que quelqu'un se mêle de son destin. La tranquillité énerve toujours la agités. En même temps, je ne demande pas l'éternité pour mes travaux. Ils ne sont pas fait pour ça mais posés ou déposés dans la nature comme des offrandes. Les autres installations sont plus anciennes et ceux qui les ont déjà vues les reverrons. Je pense aussi en les représentant à mes nouveaux lecteurs, dont beaucoup d'étrangers qui connaissent moins mon travail. Je souligne au passage qu'il y a plus de légitimité de ma part à les représenter que de me faire "emprunter" des photos par des indélicats pour leurs blogs et qui se les approprient ! Quand on me demande de le faire, je réponds toujours oui, mais cette façon qui est aussi un des inconvénients d'internet, est rarement critiquée, moins que de montrer plusieurs fois ses créations. J'aime relire de beaux textes, des poèmes, écouter des chansons et il ne viendrait pas à l'idée d'écrire à un chanteur: "eh ! Remballe ta chanson, on l'a déjà entendue".
Certains détracteurs ou critiques, eux même "créateurs" ont trop le sentiment d'inventer l'eau chaude tous les matins et je m'en amuse. Je pense qu'un peu de modestie ne ferait pas de mal à ces petits maîtres. J'aimerai assez les confronter à mes patients Alzheimer pour qu'ils comprennent qui ils sont face à eux, et à quoi sert leur superbe. La vie n'est pas faite que de jeunesse et de neuf, de création permanente.
Qu'ils soient l'eau vive d'un fleuve, certes, mais sans les rives, sans ces éléments qui bordent ces mouvement de force créatrice, ils ne s'inscriraient dans rien. On ne peut nier le monde pour ensuite se l'approprier quand ça arrange. L'élitisme à tous crins, c'est bien beau mais à la longue, ça saoule ! Un peu d'humanité fait autant avancer que cette avidité de certitudes et ces jugements à la hache.
Pour le reste de mes installations vous trouverez une spirale maritime, de petits cairns guettant la marée, des flottaisons colorées, un jeu d'objets trouvés dans une mallette au bord d'une route couvert de coquelicots. J'avais aimé la découvrir et je m'étais longtemps demandé qui l'avait abandonnée, en bon état. Le hasard de la découvert pour un jeu de roulette. Très étrange. Et pour terminer, cette boule transparente que j'avais promenée pendant quelques semaine au hasard de mes marches pour la mèler à une nature si différente de la sienne.
Ce matin , je travaillais dans mon atelier d'art-thérapie et comme je le fais depuis novembre 2009, j'ai filmé mes patients pour les besoins de mon documentaire, car il me manquait certains plans, aidé de Jean Jacques, mon cadreur, présent toute la journée pour d'autres prises de vue. Cet après midi, nous avons enregistré une interview assez longue où j'explique ma démarche d'artiste passant par cette belle expérience humaine. Je vous raconte cela car je vous avais promis des informations concertant ce documentaire. C'est fait.
Dans les jours qui viennent je vais pouvoir un peu m'échapper de ce travail et retourner au land art qui me manque beaucoup. Alimenter mon blog en images n'est pas un problème, c'est le temps qui me manque. J'aime aussi en consacrer une partie à la lectures de vos blogs qui me passionnent aussi. Pour ce soir, je vais m'arrêter ici.


Roger Dautais







L'infini


J'écoute la montagne
Elle me parle de l'océan
Et l'océan raconte
L'histoire de la plaine
La nature met en scène
La légende de l'homme
Et quand j'écoute la terre
Elle me parle de l'univers
Les mystères me bercent
Ils m'endorment. Je suis l'enfant
Quand toucher enfin
Aux frontières de l'inconnu.


Sêrko Bêkes ( 1941 Silêmani )

Followers

Archive du blog

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.