La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

dimanche 26 juin 2011


















Aux vents,

à qui donc pourrais-je mieux m'adresser à cette heure de solitude?



Lorsque sera terminé la chevauchée fantastique

voilà donc mes vœux pour les temps à venir...





Il s'est couché
sur le petit côté de sa vie
de banc public
Il ne regarde plus
il n'écoute plus
le chant
des étoiles.
Sa main pend
vers le sol
les gens passent
devant l'endormi
la soirée
s'avance
il meurt doucement
dans l'indifférence
d'un monde
délité.


Elle m'a ouvert la fenêtre du douzième. En bas, un parking fraîchement repeint. Allez-y Monsieur Septime, nous vous attendrons en bas pour souhaiter vos soixante dix ans. Ce qu'Ana Mendieta avait fait, je pouvais bien le faire, après tout, autant connaître l'univers d'un oiseau. Le sol noir est monté très vite. Ils ont nettoyé au karscher et fait des retouches de peinture blanche sur les N° de place du grand parking.
Vous comprenez, je lui avait déjà dit de ne pas se pencher. C'est terrible lez vieux, ils n'obéissent plus à rien.
Ils m'ont emmené vers la morgue et lavé comme il faut puis recousu. Cette année, je suis le troisième oiseau à quitter la cage.
La directrice vient de recevoir les palmes académiques. Il faut dire que c'est mérité. Les temps sont durs pour elle. On vient de lui annoncer une pénurie de graines pour ses pensionnaires. La vie est trop injuste pour les gestionnaires.



Je veux me retirer comme la mer se retire, sans cesser d'exister. Je veux expérimenter l'espace, l'estran, le vide supposé qu'une telle disparition engendre.
Petite mort aux enfers des vivants autistes et sourds. L'orchestration de notre vie par des inconnus ayant volé la barre du navire, ne me convient pas.
Les navigations hauturières m'importent d être vécues en homme libre comme la simple descente de caniveau par un bateau de papier, semblable à mes rêves de gosse pauvre .
Il faut, chaque jour, garder le cap malgré la tempête, malgré le encalminements.
Nul bravo ne doit m'atteindre plus que le plus vil des crachats.
Être libre libre de vivre nu, habillé d'une seule vie. Dire et puis se fondre dans le bruit du monde qui va bien et consomme à gerber. Redire ma même chose que le monde n'est pas que cela. Voir revenir les Oies sur le Saint Laurent, observer la sieste des truites, à l'ombre. Comprendre ceux à qui la Place appartient. Ne pas être dupe du mensonge de Saint Étienne. Croire que la sècheresse des bénitiers est due à la canicule. Voir mourir un vieux. Cueillir une poignée de roseaux et en faire un nid. Dans ces courants d'air et de vie, savoir que sa cigüe se répand pour sauver les apparences et le déhanchement sexy de la directrice ouvrant les fenêtres du douzième étage.
Plus que dix et nous auront atteint le quota


Moïse Clément

mardi 21 juin 2011
















à Elena Nuez

en toute amitié



Nadie es profeta en su tierra


Bicocacolors...et puis tu te réveilles en ce monde à part qu'est celui des femmes. Matrice universelle, mécanique sensuelle du rêve masculin, mystère attirant que je ne comprends toujours pas . J'ai cherché la solution de bicocacolors. Je me suis perdu dans un arc en ciel. Mon rêve est une absolue dissolution de l'âme.
Je me suis laissé bercer par la mélodie des harmonies proposées par Elena. Je me suis dit : qu'elle me parlait d'ailes. Tel Pégase, je me suis envolé. On connait la suite de l'histoire. Les passions ne sont pas faites pour vivre mais pour mourir.
L'enchantement s'est incarné, pourquoi le nier. Le jour se lève, Elena travaille et charme sans le savoir. C'est pourquoi, je lui dédie mon travail de ce jour, pour l'honorer, bien humblement.

Roger Dautais



Bicocacolors


J'ai dansé sur ton ventre, douce amande rose. Tu as ouvert les yeux. Ta peau noire d'être née sous les tropiques, irréelle caresse hantait mes nuits héroïne. Caresse illusoire entre tes lèvres, appelée par de longues sucions de rêves insanes, ma sève devint réalité. La terre s'est ouverte sous mes pieds. Un cimetière entier marchait" tombes ouvertes et courants d'air fétichés."
Des os les plus blancs aux trépassé bleuis du fond des abers, cette danse macabre célébra nos noces d'or.
Un ibis célébrait les dieux du Nil.
J'ai porté l'anneau d'or à mon oreille en signe de serment. J'ai épousé la route noire, celle qui saigne, cogne et tape. Le tambour du monde a donné le départ de la sarabande sous la voûte étoilée. Orphique négritude, sous quel tropique le cancer m'envahissait de ses remords? Je devins le clochard céleste de Jack K.
Nu comme un nouveau-né, j'ai appris l'amour sans frontières, sans couleurs de peau.
Demain, je serai sans doute vivant, puisque tu me l'as demandé, mon frère. Les soleils noirs ont brillé toute la nuit d’errance et j'ai donné mon corps supplicié à l'asphalte de Dakar. J'étais mendiant, gargouille statufiée, néant incarné. Le gouffre de la descente vertigineuse, en apnée. D'amour ou de haine, puisqu’il fallait mourir, autant l'abîme du plaisir dans les veines.
J'ai éclaté les frontières du désert de Matmata, repoussé les rêves de magrébines charnues et marché plein sud, vers la perdition.
Ma peau est devenue noire. J'ai vu les fauves dévorer la gazelle et le sage se taire sous le baobab pour que règne la loi de la nature.
J'ai choisi le plus beau de mes rêves. J'ai allumé le feu. Je suis tombé dans un profond sommeil éveillé. Initié, je me suis levé , yeux hallucinés, brandon brûlant en main. J'ai percé la plus belle, la plus improbable, la plus rebelle des nuits, comme une femme qui s'abandonne et se donne.
Ô paroles divines sorties de cette bouche ourlée. Il n'y avait plus qu'à mourir, traverser
l'Achéron, rejoindre les morts-vivants.
Il est temps d'éveiller les morts, frères Marabouts. Il est le jour de crier aux couleurs du temps, revenues danser dans les braises des passions. Il est l'heure unique de la plus belle des nuits africaines. Brisez vos chaines qui vous rattachent au vieux continent. Aimez le monde dans sa diversité.
Douze sébastes en vol ouvriront les portes de l'Orient et l'étoile guidera mes derniers jours.

Un vent de sable recouvre lentement, jour après jour, les crimes des blancs, mais la mémoire ensile les âmes des disparus.
Puisses-tu en safari,ne plus jamais fouler le sable autrement qu'un grand cimetière où dorment tes frères de couleur.



Roger Dautais

vendredi 17 juin 2011














A Sarah
Anna, Anne, Choulamite, Hanna,
Merav, Tsila, Eliora,
Emouna, Liora, Noâ,
Yehoudite, Youite,, zohara,
et à vos descendants. Le rêve est le berceau de l humanité. La femme porte le rêve, neuf mois en elle.En vous sacrifiant, c'est l'humanité entière qu'ils firent disparaître.

Un jour, nous ne serons même plus un souvenir, juste un souffle de vent. Qu'il vienne te caresser et te faire l'amour, ô femme mon éternel tourment
.

Je navigue dans les cinquantièmes rugissants et la mer est carminée. La perte ne se rattrape pas, elle se vit.
Nous sommes tous des radeaux de la Méduse en devenir. La désespérance me fût donnée en cadeau de naissance et l'étoile, par dessus le marché. Mon cœur est barbelé et mes pensées de mirador. Ma clandestinité se vit au grand jour et ma peau brune en atteste.
Que voulez vous chanter après...

Je suis bercé par la Chaconne de Bach. J'aimerai ce soir les retrouver dans les cendres, mes obsessions d'amour en pyjama rayé.
Ô, mes Juives tant aimées, ô mes cadavériques obélisques. Que ne m'avez vous englouti de vos lèvres bleuies par la mort dans un dernier cri et saigné à mon tour, comme une histoire d'amour impossible.
J'ai tété vos seins flétris avec autant d'amour que celui de ma mère parce qu'un peuple était, en tas, en os brisés, la bouche béante sous la voute étoilée, sacrifié sous un ciel vide et gris, devant une Europe endormie..
Auschwitz et puis quoi depuis... sinon cette douleur., cette peur d'un retour annoncé, avec les mêmes foules aveugles et sourdes.
Je ne vis pas, j'avance et je pleure, plus mort que vivant.
Comprendrez vous donc, aveugles de naissance qu'il est impossible de réduire l'esprit.
Arrêtez vos crachats. Plutôt la mort que de rendre l'étoile.
Femmes Juives, je vous aime à en mourir.

Roger Dautais
17 Juin 2011
"Le tambour du Monde"





Messages de l'au-delà




Message N°I

L'Arc en sable

Je voyage dans cet arc en ciel. Le dos cassé par l'effort, je pense à elle. Je veux une courbe parfaite qui épouse le sable et la mer, le vent et le cri des oiseaux. L'arc en sable vient affleurer la spirale. Il fait très froid, je suis seul avec ma chienne Morgane sur cette plage de Ouistreham.
L'infini de cette courbe sera recouvert dans peu de temps par la mer.Avant de quitter mon installation, je dédie cet arc en sable à ma fille :

TO FANNY

Tout est dit, je peux partir



Message N°II

à Sophie W.


La fontaine Ty Moon.

Il ne s'agit plus d'entasser ds pierres mais bien de les inviter au voyage et non de m'en servir comme de simples cailloux.
Elles deviendront route, aqueduc, pont reliant entre elles les collines de pierres ou bien encore, petits muraille de Chine, rivières souterraine née d'une fontaine à soleil, dans le chaos d'un terrain vague où personne ne veut s’arrêter bien longtemps.
Lieu d'oubli où règnent l'informe et le chaos, mutant d’abord et enfin chantier, lieu de travail ordonné, comme un signe d'une trace, d'un passage éphémère, en mémoire de Ty Moon*.

Ty Moon ( Petite Lune) était un chat sauvage noir et blanc, né dans une cave de HLM, adopté par Fanny et terrassé par un cancer à l'âge de 3 ans. Ce cairn, de 9 tonnes , je l'élevais à sa mémoire, l'année de sa mort.
il fut détruit 3 jours après son achèvement par les vigiles du magasin Carrefour. on continue de faire croire aux hommes qu'ils sont des hommes en leur confiant des tâches bien suspectes.


Message N° III

aux descendants de Youenn Gwernig


Ici et maintenant la Terre ou La Femme d'Argile

Est-ce ma mémoire qui défaille, est-ce la terre qui souffre...
Que me disait-elle au fond de cette carrière déserte : Tout se craquelle un jour et retourne à la terre, même les illusions.


Roger Dautais

Ces trois textes sont des légendes d'installations que volontairement, je ne présente pas ici. Je rassure le petit détective de service qui me dit voir toujours les mêmes photos sur mon blog, que je ne montrerai jamais les quelques 30 000 clichés en ma possession mais, qu'en plus, je ne donne pas des cours de land art familial, à tout ce qui bouge.
Heureux sont ceux qui pratiquent le land art le Dimanche et n'emmerdent pas les autres avec leur prétention, leur philo à 50 balles et tout le toutim...Un peu d'humilité les gars. En tous les cas ici, sur la belle plage d'Omaha beach, faut pas venir avec son costard de lin et son chèche bobo, en ce moment, car ça mouille même les Auvergnats. On a du mauvais temps depuis trois jours.
Au fait, j'ai avalé mon téléphone pour ne plus être appelé à des heures indues, les jours fériés par les zépouses de fâchés. Compris, coco ?

lundi 13 juin 2011

















à Jacques Moraïm




Nous ne sommes pas morts,
certes,
juste des survivants,
mais il faut si peu
pour que cela devienne réalité.

Moïse Clément




Propriété privée.
Ici, tu arpentais quelque terres noire que tu croyais stériles.
Ici,
ta sueur fît pousser des chênes.
J'ai gratté au pied des arbres centenaires, le bon terreau.
Je te l'ai mis sur le ventre, mon Papa.
Ton pays, je le porte tout seul. Si mes ongles sont noirs, ils ne sont pas en deuil, ils sont la preuve de mon travail.
J'ai suivi ta boîte vernie. J'étais devenu, à la seconde de ton départ,le vieil orphelin.Maman était si profonde, si délitée. J'étais heureux de vous retrouver enfin réunis dans ce même lit de terre. Lucien-Moïse au nez d'aigle, Léone, la brunette dont le regard portait la mort de toute une famille et le sourire, un amour de mère jamais remplacé.
J'ai de moins en moins envie de vivre. Je vomis souvent le monde. Il m'étouffe. La part des anges, dans les celliers du Bordelais, représente l'esprit du vin. J'aspire à cette transparence ,cette fragrance enivrante et capiteuse. Je n'aime plus guère. C'est bien mon drame. La vie est grave et les faux clowns m'ennuient.
Oui, bien sûr, je réalise avec passion mon deuxième film sue la maladie d'Alzheimer, bien sûr, mon premier film est un succès. Mais je ne donne plus d sens à ma souffrance physique depuis mon accident de voiture, à ma douleur, à ma peine, à ma désespérance.
Je ne suis que plaie béante. Cela fait tant rire.
Je ne sais mieux trouver comme réparation que sourire de femme. Le plus beau des sourires, il est deux mètres sous terre, à Dinan, carré 34.
Je vis sur une île.
J'entends la mer.
Tout est bien ainsi.
Passez, passantes du sans souci...

Roger DAUTAIS-CLEMENT

Rab.

La voici donc, cette chienne de vie qui fait la part belle à l'immonde clinquant . La voici, tous crocs dehors , défendant la démocratie. Dépouillés, dénudés, face à Dieu, l'homme se révèle sacrifice ultime pour le bien du monde. Dans la rue, il est dévoré par ses chiens. Qui peut croire qu'une prière nourrit son homme, qui peut faire croire au peuple des affamés, sinon les hommes à qui cela profite, qu'ils sont dans le droit chemin.
Il faut des murs de plus en plus hauts, ds musiques de plus en plus braillantes, des stades houleux pour calmer la douleur des crevards pendant que les festins apoplexiques gavent les oies royales..
J'aurai cru plus de révolte, plus de dignité dans les blogs ouverts à l'expression. Nous y croisons beaucoup de profs cadrés, encadrés, conformistes. Ils nous corrigent nos fautes. J'avais imaginé plus décalé, ici encore, cette pâleur gentillette, ce grand concours de confitures, ces monstrations d'appartement de luxe avec table débordant de victuailles quand ce n'est pas les petites culottes affriolantes offertes par le chéri que l'on paiera en nature.
Très drôle ces poules en chaleur!. C'est vrai, le numérique a sauvé le monde.
"Oh combien de Rimbaldiens ascensionnels ..." A-ton le droit de sortir des sofa sublimes et qu'est la guerre de Libye que nous entretenons pour l'avenir de nos enfants dorés ?
J'ai perdu toutes les cocottes, les roucouleuses parfumées qui sentaient bon le fayotage. C'est ma faute, j'avais oublié de fermer la porte du poulailler. De tout temps, les apaches ont attiré la poulaille de luxe, pâmée.
Lorsque j'étais musicien de balloche on appelait les chansons d'amour, la roucoule. Ah, ce que j'ai aimé aller danser aux deux Hémis, de Nancy, du temps ou l'armée américaine colonisait l'est de la France et nous faisait le spectacle gratuit à la sortie ds bordels de la place Stanislas. Les ébénistes lorrains firent fortune à remonter des bar. Nous , bidasses, regardions ces marmules de M.P. bastonner les leurs avant de les charger sur les Jeep, complètement bourrés.
Nous nous consolions dans les bras des filles à soldat.
C'est vrai, après cela, nous sommes damnés et ne devrions pas aborder, le sexe, ici. Le blog esst guimauve, mauvais goût, poésie parfois, mais là ausi, la borgeoise qui flaire l'apache ne tient pas la route.
Je me demande où sont passés les hommes. J'aime assez la route empruntée par mon frère, Patrick Lucas, mais elle est tellement vide cette route.
Il est plus facile d'écrire que de vivre, parfois. La vie se conventionne de toute part. C'est le règne des banques et des assurances. Les marchands de parapluie, m'amusent. Les politiques, aussi.
Je voudrais associer à la joie d'écrire librement, les noms de quelques femmes créatrices et lectrices qui m'ont bien marquées par leur culture, leur cœur, leur sincérité non calculée.
Les voici :
Bhags(Indes) Teressa (Etats Unis) Maria Mariana Eliuterio( Brésil) Katura (Russie) Valentina Bragan,Leena,
Vico Gonz, Lau Milesi, Lu, Lee et pour terminer, Marie des plages d'ici.
Elles m'ont fait rêver, réfléchir à cette condition féminine, au fait d'être des femmes qui m'attirent et que je ne comprends pas.
Je pense que la poésie se trouve, là, dans ce mystère et, rien que pour cela, il fait bon vivre.

Moïse Clément

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.