La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 4 avril 2019

Ondes mauves  :  pour elle


Chom em buhez betek ta varo*



 Quand la terre  pardonne.

Le ciel est doux. Un parfum de pardon flotte dans l'air. Oh, mon Printemps,qu'il serait dur du mourir dans tes bras, mais s'il le faut, accueille moi avec amour. Une branche de notre arbre a cassé hier. La sève a coulé, salée comme la mer,sur mes  joues. Le  yeux  brouillés, je suis descendu à la mare. Je la voyais, impressionniste dans la  lumière de Gouyonzeur, amoureuse, au fond de ses eaux bleues, troublée  par le dépôt de gerbe, empoisonnée  à la Jegado. La tendresse des  pierres levées  nous envoyaient  leur compassion et je sentais le sols se dérober sous mes  pas.
Souvenons-nous de nos  jours fleuris par  l'amour, l'amitié et continuons la route.
 L'éternité s'est arrêtée  un jour dans  mon cœur. Ce n'était qu'une halte. Je ne regrette, ni la pluie ni  la grêle, ni le vent, ni les grands soleils  brûlants, ni les  neuf  lunes. Homme nu,  je m'initiais au deuil, à  peine le  plaisir consommé.
Faudrait-il  pleurer  pour emplir cette mare, et la troubler encore ?
Le manque porte  un nom; Ganja. Un  Maître Mooji. Un secret,  les trois pins maritimes de Kerleano. Mais tout se joue,  mon amie, dans  lieu unique, à l'heure unique. Inutile de  paniquer. Admirons ensemble cette gerbe  mauve, de nos yeux mouilles que le vent d' Ouest séchera, emportant nos souffrances et nous, nous danserons sur nos souvenirs, les pieds nus, jusqu'au  prochain été.
La terre est belle lorsqu'elle nous pardonne. 
Roger Dautais
 Dernière  ligne droite.
Nuit d'insomnie...

*reste en vie  jusqu'à la mort.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création  land art de Roger Dautais
Ondes mauves  :  pour elle
Gouyonzeur - Bretagne


***


Sans la nuit
que  serait le  miracle
de  l'aube
l'apparition du  jour
derrière les  paupières.

  Marie-Josée Christien *

*https://www.recoursaupoeme.fr/chiendents-n-118-consacre-a-marie-josee-christien/

Spirale du dépassement  à pour Marie-Claude, femme aimée



 Échos d'un cœur battant au ralenti

Parler de la jubilation qui s'empare de moi, lors de la création d'une spirales, n'est pas assez fort. Si les mots  ont  un sens, parfois détourné  ou symbolique,  l'état dans lequel je me mets  dans cet effort total, tient de la  transe de la résonance viscérale.
Qui ne s'est jamais perdu, quelque soient les chemins empruntés  pour  y arriver, ne peut pas imaginer ce qu’une transformation de la conscience   dans ces  instants,  peut  produire sur moi.
J'ai toujours vécu et recherché cette épreuve de la spirale, comme étant  une vie   proprement dite , avec  une naissance,  le centre , le voyage, son déroulement,  la conclusion, la mort.
Cela va  bien au-delà de  l'apparence.
Si,ce type de spirale est relativement simple dans son dessin, elle est très difficile  à réaliser. Tracée sans repères,  il faut l'avoir  intégrée totalement dans son esprit et dans son corps. Elle est  un exercice, autant  philosophique que  physique. Le corps entier s'engage dans toute sa force. L'énergie doit être brûlante, la vie , à cet instant,brûlée,consommée, aussi. La beauté apparente et  l'équilibre  parfait du tracé ne sont qu'une projection de mon mental. D'où, tous ces exercices de préparation qui vont  jusqu'à la méditation, la respiration yoga.
 Si  je n'étais athée, je dirais que je  prie et je m'élève vers le sacré. Mais je préfère imaginer le ciel vide au-dessus de ma  tête.
Démarche entropique, s'il en est, je ne peux dans ce  voyage de sable, ne pas penser  à ma  propre disparition, que j'accepte comme faisant parie du  grand  jeu.
Parler de la finitude de  l'être humain, tout en réalisant le  land art, c'est aiguiser  mon appétit de  la vie. Cette adéquation   permanente, cette  compréhension du  mystère de la vie, ont fait de  moi, un être éveillé,  prêt  à conclure, quand le temps sera venu, sans regrets.

Depuis très  longtemps, je me suis engagé politiquement et mes indignations, je les ai fait partager dans ma création land art,  pour défendre des causes d'injustice sociale, elles sont nombreuses et permanentes, j'ajouterai,  publiques.
 J'ai donné de mon temps, de ma  personne, et de ma fortune, en associations , en solitaire,  près des CHRS, CADA, EHPAD, Centres de détention. J'ai animé des ateliers d'art thérapie, mais Aussi  parlé du land art, exposé mes  photos dans ces lieux d'exclusion, dont ces fameuses spirales qui intriguent tant les gens.
 Je suis toujours  plus enclin  à donner  pour ceux qui sont  privés de  liberté  ou de santé, qu'à ceux qui  ont tout et demandent toujours  plus..
Mon  land art est devenu très rapidement, médiateur de  grandes causes, outil de communication, sujet de réflexion pour des étudiants de faculté,  pour des  lycéens, des enfants d'école  primaire., aussi auprès des enseignants, parfois  même de chefs d'entreprise.
Filmé, télévisée par des TV françaises et étrangères, chroniqué en presse quotidienne,  presse magazine, livres d'école, présent dans de nombreuses radios, sur mon blog et sur les réseaux sociaux,  il avait été estimé,  il  y a quelques temps à 5  millions, le nombre de  personnes ayant vu mes  œuvres.
Je ne pense pas avoir changé beaucoup,  depuis ces années 97, mais  il est bon de  le préciser,  pour certaines  personnes J'ai acquis, une maturité enrichie chaque jour par la pratique, l’échange, le partage, la rencontre, la lecture,  l’illustration.
Pour  y être allé souvent,  j'ai beaucoup appris, à mes dépens, dans les hôpitaux, de la souffrance , sans négliger la capacité de tout  homme  à se redresser et  à se mettre debout après le coup dur .  L'art  devrait  y être  plus présent, car  il aide  à la reconstruction de tout être en souffrance.
Les faux amis sont  légion quand la table est abondante. Ils disparaissent d'eux  même, quand les ennuis surviennent. En ce moment, je ne suis pas trop dérangé par eux.
Je ne m'arrête jamais  longtemps aux  bravos. Ils sont intéressants pour  un artiste, mais  ils ne font jamais le travail  à ma  place. L'humilité  me parait nécessaire, devant ce qui a été fait, et la conscience de ce que  l'on est, en notre propre essence, ne peut qu'éclairer  une pensée qui veut progresser et rester lucide. L'avenir endépend. Je m'apprète  à tout  instant  à tout perdre. C'est devenu  pour  moi, une nécéssité pour me maintenir  en état d'urgence de créer.

Physiquement, je suis arrivé au bout de ce que  je pouvais faire ou donner au  monde. Si  mon opération réussit, le 9 avril prochain , je me remettrai  à l’œuvre, conscient d'avoir retrouvé ma vie. C'est ce que  je souhaite.

En ce qui  concerne mon blog qui  tourne autour de 47OOOO visiteurs, je posterai  jusqu'à Dimanche 7 avril sans savoir quand cela reprendra. Vous  pouvez relayer mes  photos land art en attendant, elles sont  libres de droit.
Merci pour tout ce que vous  m'avez  permis de faire, pour tout ce que vous  m’avez  donné en échange.
Je vous embrasse fraternellement.
 Roger Dautais

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.