La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

dimanche 24 février 2019

L'aiguille blanche :  pour Ana Mendieta



En mémoire de toi, mon inespérée
femme aimée...


M'étais-je totalement remis de la lecture du livre de Lamarche-Vadel :
" L'art, le suicide, la princesse,son agonie "
ou étais-je bon à finir ma vie, derrière un stand de vide grenier ?
" L'érudition n'est pas l'apanage des pauvres "
me martelait Serge, devant un café.
" à chacun sa place " réponds-dis-je.

Dans les allées du Père Lachaise, l'obsidienne des Marges, convoyait mes délires d'héroïnomane, au petit matin. 1983;
"Puja Rice", cria-t-elle devant le crématorium...t
" toutes les âmes de la terre, par là, non de dieu !
Je l'aimais ainsi.
Et pendant ce temps, perpétrant leur danse sacrée, des femmes de la tribu warli, mimaient le geste de récolter le riz, en le coupant. Hervé me l'avait écrit sur cette carte postale venue d'Inde,ce matin là;

Je ne croyais plus à son désir de proximité. Trop de drogue entre nous., malgré sa peau cuivrée d'amérindienne, ses délires étaient trop forts à vivre. Nous n'étions pas à Rio !

Sur l'Ïle de Tatihou, de nombreux corbeaux du continent,enterraient l'un des leurs
Jakub Mokrosinski, m'envoya une invitation, pour son dernier vernissage. Je m'achetais, une étoile de David, ayant donné l’autre.

Je quittais l'Obsidienne, sur le quai de gare, décalquée.
En bordure de sa vie, à cause de sa bouche sublime, j'avais cédé à l'impermanence de ses vies.. La complétude ne nous avait jamais unis. Avec elle, c'était toujours, plein feux, plein gaz. Une vie de braise, incandescente, jumelle de la mienne, avant le trou noir.
Jugée, sanctionnée, elle y plongeait, presque avec délice. Une récompense, disait-t-elle, à ses yeux de Junky brésilienne.

à l'origine de cette histoire vraie, un train, un voyage interminable et la rencontre, rue Monsieur le Prince, de cette chanteuse de samba aux pieds nus.
Saint germain des prés, était son territoire.

J'étais au cœur du pierrier de Ty Bihan, à Carnac, trente cinq ans après, lorsque me revinrent des bribes, puis l’entièreté de cette aventure.
Cela me permit de créer cinq cairns, face à l'océan, alors que les premières vagues de la marée montante, léchaient l'estran. Je n'avais eu qu'à tendre les mains pour ramasser cette histoire et les pierres nécessaires à mon entreprise matinale.
Aucun besoin d'inventer des œuvres, elles étaient là. Simplement à les lier, les assembler.
Avec quel ardent désir de proximité suis-je ce jour là,descendu me baigner, au pied de mes cairns? Je ne saurai répondre, mais je lai fait et l'eau était glacée en ce printemps.
Lamarche-Vadel aurait aimé.

 Bien avant,  une aiguille blanche s'était élevée dans la grotte Ana Medieta. Un  souvenir commun les  liait  maintenant, pour  l'éternité d'une seconde.

Roger Dautais
Nuits d'insomnie et de douleurs.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

hoto : création land art de Roger dautais
" L"aiguille blanche " pour Ana Mendieta.

Hauteur : 2,10 mètres.
Lion sur Mer - Normandie
Pierre sur  pierre   :  pour Erin, simplement.

On ne désire pas les choses parce qu'elles sont belles,
mais c'est parce qu'on le désire qu'elles sont belles.
Baruch Spinoza


Il m'aurait été, fort désagréable, de déplaire à Guillevic, et de le faire retourner dans sa tombe, en faisant n'importe quoi, en land art, sur la grande plage de Carnac, à lui ce poète natif de la ville. Il suffit de l'avoir écouté, dans une interview télévisée avec l'auteur du Cheval d'orgueil, Pierre Jakez Elias pour le comprendre.
Mais existe-t-il encore ce genre de politesse, aujourd'hui ?
Pour être de leur époque, à quelques années près, j'ai cette délicatesse.
Le consumérisme pur et dur, qui mène l'homme à la cupidité, n'a pas manqué de pourrir l'art. Il est normal qu'après, fleurissent de petits marquis s'arrogeant le droit de nous enseigner le land art, à peine sortis de l’œuf.
Une mienne amie très chère, me rappelait que des chamans, rencontrés au cours de ma longue vie, m'avaient enseigné que la pensée est créatrice.
C'est vrai.
Mais elle oubliait que l'homme est une être dérivant qui d'une telle force, peut aller flirter avec le facile et se tromper, puis tromper les autres. Je veux dire, ses clients putatifs.
Récitant comme un mantra, ces mots associées : Je suis bon, je suis pur, je suis complétude, je suis en harmonie, je suis Amour , je suis origine, devant l'Atlantique, je m’apprêtais à créer un cairn sur la grande plage de Carnac. Assis en tailleur dans le pierrier, je m'appliquais à retrouver par la voie du cœur, mon origine.
Une évidence se présenta à mon esprit :
ce n'est pas la peine de fabriquer les œuvres. Elles sont là. Il faut les lier, tout simplement. La bonne vibration ressentie et captée me fit choisir les pierres, une à une, pour ce qu'elles étaient et non pour ce que je voyais d'elles.
Mes doigts brûlants saisirent ce message, jusqu'au bout.
Un être se dressait devant moi, vivant, proclamant la puissance des dieux de la grande Nature.
Roger Dautais

Notes de land art pour la Route 77
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo : création land art de Roger Dautais
" Pierre sur pierre " pour Erin, simplement.
Grande plage de Carnac - Bretagne

samedi 23 février 2019

Entropie  : à Richard Shilling

Savoir dire non.

Dernièrement, je refusais à une amie de faire un énième livre de land art. Le sujet est délicat. Faire une livre pour le plaisir d'en faire un,sans se soucier du reste, Je l'ai fait en compagnie d'Yvonne Guégan, grande dame de la peinture, âgée de plus de 80 ans. Elle m'avait choisi comme unique collaborateur dans ce fameux FOLART, qui devait encore déclencher tant de jalousies. Nous étions en 2003.
Livre d'art, assez cher vendu, il avait fallu ensuite assumer la promotion, la vente et y passer beaucoup de temps. Mais il étai beau, tiré sur papier de luxe, et le contenu, intéressant puisqu'il traitait de la détresse humaine de deux artistes. Succès mérité. Reconnaissance et merci à Yvonne Guégan.

Puis d'autres livres suivirent, parfois très bien faits mais souvent, ratés par des imprimeurs sans talent ou cupides. J'ai expliqué à cette amie que d'éditer un livre de luxe pour qu'il termine sa vie dans les bibliothèques des salons mondains, ne m’intéressait plus.

Mon plus beau livre reste la Nature.
Me promener dans la nature bretonne, trouver un mur moussu et s'y exprimer comme sur la page d'un livre, voilà une de mes grandes joies.
Une poignée de cupules, quelques brindilles de chêne travaillées par l'entropie, et voici le cadre. Il ne reste plus qu'à " peindre l'intérieur avec le rouge-orangé des fruits de la rosa rugosa, cueillis plus loin, pour exprimer le bonheur d'être passé ici, en vie, et heureux. Je n'aspire plus à autre chose, maintenant, si ce n'est, peut-être, transmettre un peu mon savoir, à des personnes qui en auraient besoin.
je me sens très proche ici, dans ma pratique, par exemple de mon ami Richard Shilling, land artiste Anglais de renom international, grand voyageur , humaniste, et qui prépare ses livres de land art avec le plus grand soin.
Nos styles sont très différents, mais notre amour de la nature,
de l’environnement et du monde, sont de vision commune.

J'ai passé le temps des singeries de plages, certains disent beach art, dans le seul but d'attraper des pigeons et de faire de l'argent. Avec un bon article dans le journal, ça peut marcher.

Non, ce que je m’apprête à faire , pendant plusieurs mois, avec ma nouvelle équipe land art, constituée de six personnes,sur les Iles du Ponant, soit une quinzaine, est quand même d'un autre ordre. Mais dans l'esprit, tout en changeant d'échelle, cela ressemblera à cette installation des bois : vivante, colorée, proche de la nature, offerte aux liens,. Installations éphémères, faites de sable et de vent, de bois flottés et de goémons, de coquillages en d’embruns salés, sous nos cerf-volants. .
Je ne crois plus aux projets sans âme. Pour moi, il faut de cœur à cœur, où je retrouve mon origine. Si le cœur me dit : je suis bon, je suis pur, je suis, complétude, je suis harmonie, je suis Amour, alors je puis m'engager dans ce chemin, y entraîner quelques amis.
C'est ce que je fais aujourd'hui à 76 ans passés. N'oublions pas qu'il y a 17 mois, j'étais en fauteuil roulant, ayant frôlé la mort, et qu'il m'a fallu tout ce temps de rééducation pour marcher correctement, mais que je souffre toujours à en avoir perdu le sommeil. Très peu de gens m’aidèrent, si ce n'est ma femme et mes enfants.

Je n'entreprend cette belle aventure humaine que pour prouver qu'avec un peu de volonté, on peut se tirer de situations extrêmement compliquées.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger DAUTAIS
Photo : création land art de Roger Dautais

" Entropie " à Richard Shilling *
Tréaurais - Bretagne

* https://www.richardshilling.co.uk/
Entre  ombre et lumière
J'ai rarement réussi à faire ce que je voulais en land art, si ce n'est résister à ceux qui voulaient m'en empêcher.Roger Dautais

 
" Tu retrouves par le cœur, ton origine "
Mélusine Grian

 
 
Aux septiques...

J'entretenais une savante amitié avec les gardiens de la Colline aux oiseaux, vaste jardin public, de Caen, où, tout était interdit, sauf de se promener dans les allées. J'avais tout eu à faire. Connaissance avec eux, confidences sur mon état d'artiste, présentation du land art, puis pratique de cet art qui leur paraissait mystérieux. Mais j'y étais arrivé. Ils furent moins difficiles à convaincre que bien des snobs prétentieux dans mes expositions, toujours plus aptes à goûter le champagne qu'à faire un effort de compréhension. J'étais sorti de l'école à seize ans, eux à 25 ou plus.
Forcément, cela ne leur avait pas ouvert beaucoup le cœur. Ile étaient persuadés que leur grosse voiture leur servait de carte de visite.
Quand ces même personnes invitées à la première de mon documentaire,
LA MEMOIRE AMNESIQUE , le troisième de ma courte carrière de réalisateur, cela changea. Ce film sur le thème de la maladie d'Alzheimer, tourné par mes soins dans mon atelier, remit en question leur façon de me juger, mais j'avais déjà 69 ans. Le mal était fait.
16 années de land art m'avait profondément changé, autant que les 8 à soigner mes patients Alzheimer. Au contact avec ces grands malades pendant 18 ans, j'appris beaucoup de mon épouse, une spécialiste de cette maladie. J'avais étudié, bien sûr entre temps, tout ce qu'il fallait pour être choisi comme art-thérapeute, mais le secret de ma réussite,était ailleurs. Non dans le mental, mais dans le cœur. Ma méthode privilégiait le cœur à cœur avec les personnes. Le lien se tisait bien là, qu'ils soient Alzheimer, prisonniers de longue peine en centre de détention, marginaux aux nombreuses addictions, ou sans papiers de CADA. Tellement critiqués par ceux qui détestaient ces milieux, incapables d'ailleurs d'y intervenir, jugeaient inutile mes interventions chez ces personnes, soit malades, soit effectuant de longues peines, soit en grande difficulté sociale, je passais mon chemin et continuais mon action, comme je continue à pratiquer le land art,depuis 1997. Ma route devint celle d'un solitaire heureux.
Il aurait fallu bien pire pour me faire décrocher, moi l'enfant des coups et des placards, moi l'élève des chemins de traverse., de cette passion de la vie et de mon alter ego.
Le goût de guérir, comme le don de soigner, de créer, d'accompagner humainement, ne s'apprend pas dans les livres d"école, simplement. Il en est de même pour le land art. Si vous ne comprenez pas, que le principal n'est pas dans le geste de faire, dans le motif choisi, par exemple une spirale, il n'y aura jamais aucun lien entre la nature et vous.
Votre travail n'aura aucun sens
. On ne perd pas toujours son temps à écouter un artiste.Le champagne a beau être bon, ce ne sont pas les péroraisons de vernissage, qui vous feront comprendre une œuvre, mais bien ce lien si mystérieux qui relie deux vies, que certains semblent avoir oublié, et que l'on appelle l'Amour.
Roger Dautais
Notes pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

" Spirales aux aiguilles rousses " à ma femme aimée.
La colline aux Oiseaux - Caen - Normandie
http://cinemalux.org/spip/La-Memoire-amnesique
* http://artshebdomedias.com/article/050111-roger-dautais-la-vie-reflet-de-la-memoire/

Je parle de ce documentaire, parce que je vais à nouveau le présenter dans ma commune de Pluneret, le 7 juin à 20heures 30, puis sur l(Ile aux Moine, dans Golfe du Morbihan,et dans de nombreuses autres communes de Bretagne. A chaque fois,ce film sera suivi d'un débat, entre un plateau de soignants , Psy, neuro-psy, médecin de famille, directeur d'EHPAD, infirmière et aide soignante. J'assurerai les réponse concernant l'art thérapie.
Roger Dautais

vendredi 22 février 2019

Rendez-vous  : à Marie-Claude, femme aimée.


C'était mon bureau des jours de bile noire...


Une mer d'encre avait envahi le canal de Caen la mer. L'eau noire, tapait sur le quai du terminal minéralier, avec une régularité de métronome. Lieu glauque, s'il en était, dangereux aussi, il restait néanmoins emprunt de poésie. J'y pratiquais, la photo, le land art et la méditation. L'hiver, par moins 15 degrés cela devenait sublime, lorsque le vent s’engouffrait entre les poteaux de ciment du môle. On pouvait imaginer, crime sordide, trafic en tous genres, mais aussi l'arrivée de ces cargos chargés de minéraux et dont les noms avaient été " taggés ", en Russe, Allemand, Chinois, Anglais et Français, bien sûr. C’était mon bureau des jours de bile noire.
 A qui me demandait le pourquoi de ce choix, je répondais toujours, '" Je vais où le vent me pousse ". Difficile de faire mieux.
 Je me serais mal vu pratiquer le land art dans un salon. Si j'aimais les brûlures du soleil , l'été, sur ma peau basanée, ayant sculpté ma gueule de métèque, j'aimais aussi tout l'échantillon météo d'une année Normande, seule capable de rivaliser avec ma Bretagne en matière de pluie. Si j'aimais la pluie ! à m'en délecter. Dans ce lieu glauque, elle devenait tambour du monde frappant les eaux noires, en rythme. Mes djembés en perdaient la boule. Mes  origines riches en couleurs, s'exprimaient par  elle,  musicienne nue, lascive  et géniale
Ainsi filais-je le grand amour avec le figuier du coin, qui en avait vu, des amours de toutes les couleurs ! ça tombait bien.
Il m'offrit, un jour de flirt, un pan de sa parure aux pattes de grenouilles. Ainsi naquit, un serpent vert, que le tourbillon des eaux noires, enroula autour de mes rêves. Marie-Claude, femme aimée,  y apparut, plus belle que jamais.
Roger Dautais
Land artiste depuis 1997.

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Photo : création land artde Roger Dautais
" Rendez-vous " pour Marie-Claude, femme aimée.

Terminal minéralier de la SMN
Colombelles - Normandie
" Rendez-vous " pour Marie-Claude, femme aimée.

Terminal minéralier de la SMN
Colombelles - NormandieAjouter une légende

mercredi 20 février 2019

La vie hors-cadre :  à Marie-Cllaude



à Jacques Dautais, mon frère.

Car tout voyage est initiatique.



L'investigation du soi, expérimenté de manière unique, par mon corps, remonte à de nombreuses années. Mon chemin initiatique passa par la douleur, dès l'enfance. J'en suis encore là, aujourd’hui.
Je dois à la douleur, de me procurer une seconde vie. Elle est nocturne et d'insomnies.
Comment pourrais-je me plaindre de cette compagne fidèle ?
Aucun masochisme dans cette posture. Je vis l'instant, avant tout et le temps de l'écrire, il n'est plus.
Vous voyez pourquoi le land art, maintenant ? C'est l'art de l'éphémère, du peu, de la médiation, l'ouverture à l'autre. J'aime la vie et pourtant, parfois, je me déteste. C'est ainsi.
Ma quête du bonheur, passe par l'acquisition de la simplicité,
du dénuement. L’essence même de mon être est animée profondément par l'amour.
L'intellect, m'intéresse moins.
Il me reste tant à apprendre. L'altérité me fascine.

Le cadre de vie qui nous est donné, me fatigue et je le refuse. Qui peut prétendre en nous cadrant, qu'il n'existe rien hors cadre?
Libérons-nous de nos pseudo- croyances et la vie se présentera, autrement. C'est ce que j'ai modestement voulu faire dans ce land art Normand auquel j'ai donné le titre de " hors-cadre ".
Roger Dautais

Photo : création land art de Roger Dautais
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" La vie hors cadre "
à la femme que j'aime.

Biéville-Beuville - Normandie
Semis d'été  :  pour Karen Raccah


Être philosophe ne consiste pas simplement à avoir de subtiles pensées, ni même à fonder une école, mais à chérir la sagesse pour mener une vie conforme à ses préceptes, une vie de simplicité, d'indépendance, de magnanimité et de confiance.
Henry David Thoreau
Walden  ou la vie dans les bois
L'imaginaire
Gallimard

C'est sans doute pour toutes ces raisons que j'ai choisi de vivre libre, dans un art du peu, comblant toutes mes attentes dans ce domaine, sans dépendance. Ce n'est pas sans risques. Il faut un certain courage, une certaine lucidité pour être un artiste non soumis aux lois du marché.
Peut-être que cet engagement, face à une planète trop peuplée de cupides peureux , qui la détruisent chaque jour par intérêt, sert à éveiller quelques consciences.
Si j'en suis arrivé là, à la fin de compte, je n'aurai pas totalement gâché ma vie.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Semis d'été" pour Karen Raccah

Cairon - Normandie

mardi 19 février 2019



  à la mémoire de Ilan Halimi
Roger Dautais

 ***

15.01.19

00H28

« Le Land Art est l’art du peu, qui permet une expression totale »

Roger Dautais



***

" Satsang " de toi,
Tu t'éloignes, je m'éveille enfin...

Après tant de nuits blanches, accédais-je à l'intemporelle dérive des cœurs, sur le fleuve des passions ? Le déchirement soudain du velum, m’installe ici, pour l'instant, sous les étoiles, près d'Alpha de Céphae. Il fait battre mon cœur au rythme du cosmos.
Je chemine dans la nuit, en rive, entre chair et esprit, tel un chevalier du Graal tombé de sa monture.
Pourrais-je, ici, en cet hiver glacé, tenter une réconciliation en mon âme déchirée entre entre pesanteur et grâce et faire repartir le tambour du
monde ?
Oblat défroqué de Solesme, mes pieds nus ont marché sur tes braises ardentes. Quelques traces incandescentes ont ouvert le chemin des passions orageuses.
Passantes, vous brûleriez en me suivant sur ce chemin et je m'enflammerai à votre contact.
Au méristème de l'âme, nous avons consumé l'étreinte des regards, dans les brandes, puis étanché notre soif d'amour des cœurs et des corps..

Les juges de paix ont ouvert la séance !

Il ne me reste que cendres et brulures, tendresse et mélancolie comme viatique. On ne commande pas le désamour. Il se délite ou pas.
J'ai repris cette chanson, en reprenant la route :

Mon cœur est ouvert, viens...

Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77


à Ilan Halimi
à Angela, ma grecque de cœur.

Les deux land art présentés sont l'étoile de David( que je porte )
et la grande spirale de  Ouistreham.,
Il datent de l'année 200O et 2006

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/


***


 Nous cheminons tous
oubliant que nous fûmes bercés
sur des chemins de terre
éclairés de néons


La route familière
s'efface sous une brume intense.



Nous marchons cependant
car il faut bien aller
quêtant les étincelles d'amour
dans le flux des saisons.

Eliane Biedermann
Aux amis de la montagne sacrée.


  * لاتنفق كلمتين اذا كفتك كلمة ـ مثل عربي

Djerba

J'ai très peu fait à Djerba. Trop de touristes. Mais nous revenions de Douz, du désert, sur les traces de Laurence d'Arabie. Le sable chaud et la fraicheur de l'oasis,se côtoyaient, comme Yin et Yang. Je m'étais endormi sous un palmier, à l'ombre et j'avais rêvé aux tombes arabes, à même la montagne, cerné par un bracelet de pierres libres. J'avais même imaginé la cérémonie, sacrée, en terre sacrée. Quatre hommes en blanc portant le corps, drapé dans un linceul, déposé délicatement dans le trou de la tombe, la t^te tournée vers la Mecque, puis recouvert de terre granuleuse et de pierres plus grosses, en ceinture. Était venue la prière et son cérémonial de gestes, de chants. C'était beau. Ils m'avaient dit, les corps redeviennent la montagne et on marche dessus. J'aimais ce symbole d'être soutenu par le disparus. Tellement pauvres, ces homes qu'ils en oubliaient souvent leur droits. Tellement accueillants dans cette montagne, de Matmata, tellement généreux ces habitants des maisons troglodytes,, que je m'étais senti arabe à mon tour. Une fraternité de montagne avait habité mon rêve Tunisien.
Nous avons repris la longue route, en longeant la Lybie. Des camions militaires pratiquaient le trafic d’essence pour alimenter les stations clandestines des bords de route.
Nous arrivâmes vers midi, sur l'Île de Djerba. Une forte envie de rendre hommage à ces hommes de la montagne, me poussa à élever le cairn le plus haut de l’île. Je me mis au travail, pensant, que l’an prochain,c'est au pied des pyramides de Keops, Khéphren et Mikerinos, que j'officierai dans un champ magnétique exceptionnel. Et c'est ce que j'ai fait, un an plus tard
 Roger Dautais
Notes de land art pour la route 77

Photo : création land art de Roger Dautais
" Cairn des mémoires" .
Aux amis de la montagne sacrée - Année 2009 -

طمة محمد ، كريم ، ريان علي محمد  * to

 * Proverbe  : Ne dépense pas deux mots quand un seul suffit.

dimanche 17 février 2019

Mon atelier  land art...




à ma fille, Fanny


Il faut peu pour indiquer la route. Le meilleur pictogramme ne remplacera jamais le langage du cœur : l'amour.
Aimer, nous donne le bon cap.


Roger Dautais

Photo : création land art de Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Enfant, je t'ai appris à rêver, ma Fanny, devant cette goélette blanche qui s'ancrait en Rance, près de Dinan. Tu es toujours sur la route du rêve et je t'aime aussi, pour ça.
Papa


Le champ des Martyrs
Brec'h - Bretagne
Pré carré  : à  Marie-Claude


Pluneret le 18 février 2019,
4H00, au cœur de mes nuits insomniaques.



Existe-t-on parce qu'on pratique le land art
ou
pratique-t-on le land art, parce que l'on existe ?
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
"Pré carré " à Marie-Claude
Atelier du Champ des Martyrs
Brec'h - Bretagne

*

Au cœur de la terre
de Kerleano,
le Jade nous attend.

Son éternité
commencera
par une rencontre

Simples fougères
couronne offerte,
vous veillez.

La ville dort
qui ne peut
comprendre . Tout est dit maintenant.

Dormez, je veille.

Roger Dautais
" Les messagers du Vent "
Inédit.

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.