La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 13 février 2019

Sérénité  :  à Kami Kueno
En forme de missive, à mon ami Kueno, pour la sortir des brumes Bretonnes, et l'accompagner jusqu'au prochain Printemps Japonais.


Merci, mon ami Kami. ¨Devenir sujet de méditation, à cause d'une œuvre, serait, sans un sentiment égotique presque recherché,, une suprême vanité.
Et pourtant, c'est aussi la preuve que ma création m’échapperait, deviendrait l'essence, le subtil, l’innommable.
Des mots, passant, encore une fois, devant nos yeux, pour trahir, tout simplement, l'amour. Eh bien, j'en tire une fierté fraternelle.
Oui, nous pratiquons un art pour être vu, regardé, aimé. Qu'est-ce en cela condamnable, puisque nous aimons, en tant qu'artiste, avant, de l'être, en retour?
C'est dans cette vibration cosmique, qui rassemble les êtres que je veux me situer. J'abandonne volontiers mes œuvres à l'entropie, mais pas l'art d'aimer la vie.
Au fur et à mesure, que ma vie décompte mon temps, je deviens
plus " précieux". Chacun de nous est un morceau d'étoile, tombé du ciel pour faire partie de la symphonie pastorale. Chacun de nous en sait la brièveté. Chacun de nous appelle ce court moment, la vie.
Les ignorants courent à leur perte, un bandeau noir sur les yeux.
Il nous appartient de faire ce que l'on veut de ce cadeau et pour ma part, après une vie très difficile, un temps long, consacré à l'art, et à l'Amour des autres. Mes affects en témoignent.
J'aime le brut, le râpeux, le débarqué, le largué, , parce qu'avec, la part d'espoir est plus grande de le modifier, le bonifier, le remettre en selle. Tu comprends, maintenant, pourquoi le land art ?
C'est une solitude jusqu'à l'infini qui me donne ce détachement et,depuis une rencontre humaine, vibrante, une foi qui se réveille, chez moi, l'agnostique.
Je n'ai pas les bras assez grands pour aimer tout le monde. Je me tourne d'abord et toujours, j'aime à l'écrire, vers ceux qui n'ont pas, ou peu, moins encore, un souffle de vie comme trésor.
C'est dire si le sentiment de propriété, du cupidité, de l'avarice, m'anime si peu.
Le land art "est " de cette famille des gens de peu, si marginalisés, si oubliés. Voilà donc ma place, mon essence, mon âme, constitués, assemblées ici, dans cette vibration artistique et publique. A partir du moment où vous aimez ce que je fais, vous faites partie de gens de peu, et ma vie vous appartient.
Suis-je clair, mon cher Kami? Dans ton Japon, Pays du Soleil Levant, que j'admire, pour de multiples raisons, moi, vivant en cette vieille Europe, secouée par des relents de fascisme qui coupe les arbres de la mémoire Juive assassinée. Nous terminons tous les deux, notre vie.
Ce qui nous rassemble, c'est probablement cet esprit supérieur, ce sursaut, cette conscience du monde qui bat en nous : l’homme est avant tout fait pour aimer, bien avant de faire la guerre.
Tes compliments flattent mon ego, me vont, bien, très bien, même. Nous avons, l'instant d'une réflexion,rapproché deux culture et en cela, fait vibrer l'univers, à l'unisson.
Le mode a besoin de ce chant là.
Je t'embrasse fraternellement.
Roger Dautais

P.S.
J'ai quitté l'école très tôt,
ne sachant rien,si ce n'est le chemin de l'école buissonnière. Sans diplômes, j'ai parcouru le monde de la vie.
Très vite, je me suis engagé, au service de causes, miennes, humaines.
Ce que je suis devenu,par le land art, reconnu au-delà des frontières, je le dois aux autres, à l'amour, un peu à mon travail personnel.
Il y a 18 mois, j'étais donné pour mort. Après une très grosse opération du rachis..
Je me suis battu, et me bats encore, pour tenir debout avec cette colonne vertébrale, pleine de vis et de plaques.
Dans moins de trois mois, avec deux amies land artistes professionnelles, je réaliserai deux très beaux projets,dont un land art sur les Iles du Golfe du Morbihan. Il y aura du monde et du bruit dans les médias. Plus que maintenant, sur cette page, car la table sera garnie.
Qu'importe.
à chacun ses vanités, aux artistes, bien naturellement, aux flatteurs ,de tout poil, aussi.
Ceci n'est pas très grave mon cher Kami, l'important serait plutôt qu'aujourd'hui, tout le monde mange à sa faim. Tu le penses aussi ?
Très bien.
Lorsque tu admires le Printemps Japonais,avec ces milliers de cerisiers en fleurs, ton âme de poète chavire devant tant de beauté.
Et pourtant, au cœur de cette beauté, la mort. La mort de milliers de fleurs à tes pieds, que tu foules, comme un tapis , cadeau des dieux.
Nous viendrait-il,alors à l'idée, que, foulant la terre de nos ancêtres, devenue poussière du chemin, nous n'utilisions leurs mémoires assemblées,que pour partir en guerre ?
Non ,bien sûr.
Au prochain printemps, lorsque tes yeux regarderont ce spectacle des cerisiers en fleurs, je serai dans tes yeux, mon cher Kami.
Et moi, mon cher amis, je déterrerai le Jade en Kerleano, pour signifier que la paix revenue, ce sera l'Amour triomphant qui guidera ma vie. Un un geste chamanique ne s'explique pas, il se vit.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création land art de Roger dautais

" Sérénité " pour Kami Kueno

Un jour de bonheur paisible en Normandie




Me permets-tu, frérot, ce choix de l'un de tes poèmes, , au cœur de la nuit, pour elle ?
Merci, mon Guy.





LE SOUFFLE AVIDE



Ici levée la déchirure qui couvre ton nom

Les morceaux de glaise de ton ventre
Qui couraient jusqu'au fond de la terre
S'affermir d'un nœud de feu

... Retrouver la grande patience de la parole
L'ivresse de la pierre.

Guy Allix*

* Pour Mieux connaître mon frérot :

http://guyallixpoesie.canalblog.com/pages/poemes-de-guy-
Tapis de  prières  :  pour elle,seulement. 



"Yuko vénérait l'art du haïku, la neige et le chiffre 7".
Maxence Fermine.
Neige

Pour elle, seulement.
Petit matin brumeux. Spleen en tête, je pars marcher pour retrouver la sérénité. Un quiproquo ridicule m'éloigne de l'âme aimée. Les mots sont des pièges et mon ignorance me fait encore me tromper. Des passantes se sont mises entre elle et moi, qui ne voulaient que passer et rien d'autre.
La mélancolie me fut donnée au berceau. Triste cadeau que j'assume.
Après deux heures de route dans la campagne normande, j'entre dans un petit parc charmant;, jouxtant une rivière chantante. Manqueraient, des fées.
C'est la fin de l'été.
J'aimerais, en ces lieux, créer à genoux pour me réconcilier avec la nature. Ce sera un tapis de prières, brodé avec amour.
Il se fait que de divines couleurs me passent entre les doigts. C'est si beau. Je pleure.
Je pleure d'elle, absente. Ai-je le droit?
Demain sera un autre jour.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

" Tapis de prière " pour elle dont le chiffre est 7.
Campagne Normande, vers Caen -2002


./ J'ai connu ces moments où les heures s'allongent
Autant que les secondes, gorgées d'éternité...
Qu'on espère finis, qui viennent nous hanter...
Ces moments qui font dire : "Le temps est de passage ".../

Hélène Naudon
Cécile Gaillard

Anamorphoses
Mises en maux.

lundi 11 février 2019

Pierres et spirale  :  pour Sophie (Pastelle)


Âmes jumelles

Sans regrets, la pente inexorable,
m'emporte vers le tas de cendres...

Bientôt, je deviendrai un chêne,
pour accueillir le Jade.

Roger Dautais


Vison Celtaoïste,
à Paul Quéré l'initié.

Je vis dans un tourbillon d'êtres humains, d'oiseaux, d'animaux sauvages, d'insectes qui jour et nuit, peuplent les éléments et m'interpellent.
Comment traduire une telle pulsation de vie, quand elle met en branle, mon tambour du monde,
Cette énergie folle me capture, m'emporte, me fait voyager.
Et si la route me tend les bras, il me serait bien impossible de dire où j'irai demain, tant ma vie de land artiste s'inscrit dans l'aléatoire.
Sans doute un pas de plus dans l'entropie. Mais qui entend encore ce mot, dans ce monde consumériste ?
La création d'une spirale tient du voyage initiatique, de la transe Soufi, de l’interpellation chamanique.
Nul ne peut espérer sauver le passeur que je suis, pris dans ces contradictions de contorsionniste, si ce n'est l'amour
Mais je ne le partage qu'avec mon Âme jumelle, à son juste niveau. Passantes, passez, je suis pris.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Pierres et spirale " pour Sophie ( Pastelle )
Port de Ouistreham - Normandie - 2003

dimanche 10 février 2019

Le troisième  œil
 "au soleil, à la terre, à l'Océan et aux Vents du Golfe.




Dadi Janki

 

3 ème O

La beauté de la nature est une consolation de la vue d'un monde affairé qui l'oublie. Je rêve d'une éternité tranquille et recherche cette sensation pour atteindre un état que les mots ne peuvent restituer. Fumer, s'en rapprocherait
La perte définitive de chaque instant vécu, basculant dans le passé, me fait vivre ce huit clos irrationnel entre deux levers de soleil.
Le rappel d'être soi, pendant les nuits d’assommoir, n'être rien que soi devient une gageure.
Une mélancolie d'exilé m'avait collé à la peau pendant trente ans. Combien de fois suis-je allé à la mer, fondre mon regard dans les vagues en rêvant de trouver l'âme jumelle.
Petite sœur, je te le dis, aucune âme ne se présentera à toi, dans ces conditions. Il te faudra surmonter lentement cette reconstruction essentielle, qui tarde tant.
C'est ici que j'interviens, car , par la puissance de l'amour fraternel, tu trouveras la force de trouver cet homme dont le regard rivé dans les vagues de l'Océan, te tend les bras.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot. com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Le troisième œil " "au soleil, à la terre, à l'Océan et aux vents du Golfe.

*


Alignements du Grand Menec
- Carnac.


Quand le soir
se fait furtif

La clarté pure de la pierre
s'allume.
Marie-Josée Christien

Un monde de pierres
Blanc Silex Editions

vendredi 25 janvier 2019

"ALLIANCE " pour Fanny, ma fille
 
Anamorphe d'un portrait utopique.

Plein été. Je dois rejoindre le centre de la terre. Quitter le ciel, travailler avec la ligne d'horizon, collée au ciel. Je rejoins une immense carrière à ciel ouvert où je recherche, le choc, l’émotion de la chaleur d'un ventre qui bat au rythme des pulsions solaires. Seront vécues, des craquelures de peau. les cicatrices profondes, les algies La terre souffre au point que, d' enterrer les morts devient impossible. Trop sec.
Mes amis corbeaux, quittent leurs rites funéraires pour rechercher de l'eau. Muets dans le ciel. Muets sur terre.
Silence.
Silences diversifiés qui m'atteignent.
La piste est raide qui mène aux barbelés d'enceinte à franchir, en rampant.
Dans une telle aspérité de ressenti, la blondeur douce d'un champ de lin, attire. Une sorte d'attraction partagée. Pas la gravité qui te colle les semelles au sol, non, l'autre, l'horizontale. Palpitation des foules, suavité de la lumière sur les crêtes, lumière Divine caressant la tête des lins.
L'anamorphose de la situation, se fait à l'envers et la vision transposée des formes à naître, m' est donnée.

" Je suis Bon, je suis Complétude, je suis Harmonie, je suis Amour, je suis Origine " ( M.Grian).

Transmettre aux éclairés, est une évidence. Passeur. Vecteur.

Je me mets à genoux devant le champ jaune.Humilité, par rapport à la Terre-Mère Je sépare deux brassées de tiges et les noue en fabriquant une arche. La beauté est là, la joie aussi.

Petit bonheur de milieu d'été qui ouvre la voie, en pleine conscience.

Le travail suivant consiste à travailler la profondeur de l'arche et faire un rappel des têtes, gerbe couchée perpendiculaire ment à la taille. Tout est dit.

Remercier ciel le ciel,d'être présent, malgré la sècheresse.

Je dois repartir, vite. Oublier.

Devant les barbelés, me viennent des images de mes parents, fuyant le fascisme.

Me voici dans l'interdit. Face au ventre qui bat et m'attire, la tentation du saut dans le vide. Terminer dans les pierres. nous sommes en 2006;
Roger Dautais
Notes de Land Art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot. com/
" Alliance " à Fanny, ma fille
Colombelle - Nord de Caen - Normandie - 2006


*
Noun Finale.

Le devoir à la maison
est de rester chez vous
dans votre cœur.
Mooji
 
 
 
***
 
 
 
 
En introduction aux quelques commentaires qui  m'arrivent, très gratifiant et que je remercie,  je veux  précise  un  point. Une maladie,  pour le  moment, non maîtrisée,  m'éloigne depuis 15 mois du land art. Ce que je  présente ,  est  une reprise de compositions réalisées dans mes 21 ans de land art. Et cela agace certains. Je leur réponds que mieux vaut  un beau commentaire  censé, adressé  pour  un  land art deà vu  que des fanfaronnades dont  on ne pense rien, sinon que ces  personnes sans talent, écrivent  pour leur  propre  pub. Il est décevant de voir se ternir certains coeurs, plus attachés  à la table  bien servie, qu'aux  miettes d'un casse-croûte. Poètes locaux compris.
Ils  n'ont rien compris et sont  mieux dans les blogs  à la mode qui ne demandent que ça  : faire  du follower.
Le land art, tel que je le pratique, se veut,  humble et  proche de  l'humain. C'est  un vecteur,  une porte ,  un passage,  un  moyen de communiquer avec le  monde, dans toutes les cultures. Je reçois mon  inspiration de différentes sources, mais Sans Amour, cela ne compte  pas. Mon combat n'est pas pour gongler  un ego à le transformer en Montgolfière. Non, c'est celui d'un homme âgé, cardiaque, relevant d'une grave  opérationde la colonne vertébrale, en difficulté et qui veut faire de la dernière  ligne droite,  un geste d'Amour.
 C'est tout.
Roger Dautais

mardi 22 janvier 2019

Spirale   :  pour Anne  Le Maître



... /Je t'avais prévenu,
je suis étranger.../
Graeme Alwright


à Sonia, simplement...

Vous avez pris le jeu de cartes. Vous avez battu les cartes. Vous avez coupé avec la main gauche.Vous avez choisi une carte. C'est le Chat Poisson de la Maison XII.
Permettez que je vous dise merci. Permettez que je reprenne maintenant la barre en main, puisque dérive il y eut en Ria. Dangereuse dérive qui
m 'emmenait à une incertaine disparition.
Les soirs de pleine lune, les elfes sortent. Vous le savez. Si peu de gens dans ce champ poétique. Le merveilleux fait sourire.
Ange venu d'ailleurs, mon Ange, fermez les yeux. Allons à la rencontre du guérisseur d'âmes, au Jardin des Mémoires, côtoyer, frênes , bouleaux, Oliviers et le chêne avec. Levez-les yeux , sept corbeaux amis, dans le ciel de vos yeux clairs
Les mains griffées à sang dans les ronciers, je cueille un à un les cynorrhodons , écarlates comme vos lèvres .
Embarquons dans l'esquif. Surfons sur la première vague. Qu'elle nous jette sur la rive, épuisés de désir. Si vous m'aimez, ne vous retenez pas. Mon corps brisé vous appartient.
Ne me retenez pas. Laissez-moi redescendre et atteindre la mer. Nuit d'encre, sous Orion, je jure ne plus apparaître ici, dès la fin de cette spirale, réalisée, offerte.
Je rejoindrai les autres au Paradis des amours perdues.
Auriez-vous déjà, oublié cette messe et le chêne avec ? et ces cailloux blancs offerts au défunt ?
Auriez-vous déjà, bel Ange, oublié ce que nos doigts ont tissé, et ne détricoterons jamais ?
Si les pierres blanches sont remontées en nombre d'intentions, si les cynorrhodons ont trouvé le cœur d'Anne, si, les silences ont maintenant leur maison, que me faut-il attendre de plus du land art, cher Ange ?
Prononcez de vos lèvres, le nom de celui qui sait votre jardin : Roumi.
Tout sera bien ainsi.
Roger Dautais
Notes de Land art pour la Route 77

http://rogerdautais.blogspot.com.
Photo : création land art, Roger Dautais
" Spirale " pour Anne Le Maître.

Ria d'Auray  - Le Bono.

samedi 19 janvier 2019

Remède  à la mélancolie  :  à Sonia, simplement. 
Chaque grain de nostalgie est un rétrécissement du chemin nous menant à la mort.
David Foenkinos.


à la marcheuse du Sal.

Suave illusion d'arrêter, pour un moment au moins, le flux inexorable du temps vers la mort de l'amour, mais aussi complaisante saodad, lovée dans la douce amertume de son impuissance à revivre un passé, pour toujours, résolu.
Que peut une poignée de pierres blanches dans cette douleur ?
Regret d'un passé sans le regretter, elle se complait dans l’atermoiement.
Je suis un romantique perdu dans le land art, à la recherche de la langue maternelle, de mon essence, de ma vibration astrale.
Douleur délicieuse de l'au-revoir à la source, à la porte du puits, sur la pointe des pieds, qui introduit la prochaine danse. LIndigo rayonne sous Orin allumé.
A l'heure unique du lieu unique, nous emprunterons la Voie Royale, proclamant à haute voix : "Je suis amour ".
Puis avec discernement, pieds nus, nous emmèneront nos deux âmes s'abreuver, à la source de la Salamandre d'or, descendre chaque marche du lieu Sacré
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Remède à la mélancolie " à Sonia, simplement.
Côte de Nacre - Normandie 2007

vendredi 18 janvier 2019

Le  nuevième jour du cairn   :  à Morgane, seulement


On ne connait que dans l'amour
Christian Bobin


Lamed
Le neuvième jour du cairn

A Morgane.
L'ai-je assez aimée ?
Ai-je tout compris lorsqu'elle m'offrit son cœur en cadeau de départ ?
Ils me traitaient de besogneux du land art, de bagnard du land art, de la Côte de Nacre.
L'homme est inventif quand il est aigri.
C'était ma reine. Elle parlait avec ses yeux. Nous étions toujours ensemble, dans le lieu unique, à l'heure unique, sous la voute étoilée. Nous étions du même âge. Une chance. On a toujours le même âge que l'être aimé.
J'aurais aimé partir avant elle.
Lorsque les premiers signe de fatigue puis d'essoufflement,se firent sentir, Je consultais.
Dans quelques semaine, je pleurerai, avait dit le vétérinaire.
Elle s'enfonçait dans des jours d'une noirceur que seuls, les désespérés connaissent, les soir de lune. Aucun méchant rade de peut combler leur désir de destruction.
Car le cancer la détruisait. Je l'accompagnais dans sa descente. Vint le jour où elle ne pouvait plus marcher. Je la portais, sur l’estran, loin, devant les falaises qu'elle aimait.Je sentais son cœur battre. Ses regards devenaient lourds à soutenir. Elle m’annonçait son départ. Un après-midi de repos, je la trouvais pelotonnée, sous la table, refusant les caresse. Cela dura des heures. Puis elle se leva, traversa la pièce et vint mourir sur mes pieds.

A ceux qui moquaient mes cairns, il y en eut, 9 de monumentaux, dix tonnes de pierres et plus, pour Morgane, seulement.et bien d'autres après. Je ne leur avoua jamais pour qui je les élevais. Comment aurait-ils pu comprendre avec leur cœur desséché ?
C’était pour ma chienne Morgane,abandonnée à 3 mois, non loin de Brest, dans un bois, attaché à un court morceau de corde, et sauvé par un inconnu. Mon fils nous l'amena en Normandie où elle vécut heureuse jusqu'à a sa mort. Elle nous donna de l'amour, abolissant nos chagrins, elle était d'une " humanité " dépassant celle des moqueurs diplômés de
l'Art Contemporain, petits marquis sans château.

En land art comme ailleurs, l'homme ne fait rien de bien sans amour. C'est ce que nous nous disions, devisant sur la table de cuisine, à portée de main, les yeux dans les yeux, dans les bonnes odeurs de cuisson.. Il serait temps que nous changions pour que le monde change.
Roger Dautais
Notes de Land art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com:

.Photo : création Land art de Roger Dautais
" Le 9ème jour du cairn " à Morgane , seulement ".
Région Nord -Est de Caen - Cote de Nacre - Normandie

Ce cairn de 2,30 mètres est constitué de 11 tonnes de pierres. Élevé seul en trois jours.

LAMED

Tant qu’existeront l'espace et les êtres sensibles, puissé-je, moi aussi, demeurer pour abolir la misère du monde.
Shantideva, maître Bouddhiste du VIII siècle.

jeudi 17 janvier 2019

foreing language



“Il faut espérer puisqu'il faut vivre.”
Proverbe Italien.

à demain dans tes pas...




Rouge sang et mémoire amnésique.

Me voici au centre de neutre du lieu nommé marais qui se ressent comme un non lieu. J'avance dans le noir; Atteindre la lumière sera salvateur mais il faut franchir un limès inconnu. Pas de main amie, ni de sourire complice, juste le doute pour avancer. et vivre un jour de plus. Rien qu'un jour.
Je me pose la question fondamentale : quelles sont les forces qui commanderont la forme ?
En l'occurrence je ne sais plus si c'est un sentiment de joie ou de plénitude, qui fera contrepoids à ma peine ? Ne plus savoir ce que sera demain, résout le jeu des mains, paume contre paume.
Heureuses incertitudes, pour ma propre délectation des divagations dangereuses, je me perds dans le limès chaotique du désir. Faut -il aimer encore ? Le lâcher-prise est arrivé dans un regard. Ici ont commencé les débordements et ivresse, dans un couloir, no-man's land des cœurs dans les odeurs de Javel. Des flux de ma pensée, exhumé de formes anciennes, fixées par des archétypes de mémoires échevelées, la ligne de partage, fend le coeur-passion, en deux, du zénith au nadir.
J'impose cette langue carminée, pauvre dans son unité plastique, comme la seule trace de mon passage, inscrit dans un cadre. Je constate que ce n'est plus une image que je vois : elle s'est effacée avec les forces vives de mon imaginaire et devient objet de passion. Elle rejoindra, rouge sang, ma mémoire amnésique.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" foreign language "
Biéville-Beuville Normandie - 2019

mercredi 16 janvier 2019

Trois  petites  mères sous la  nouvelle  Lune
Chaque acte vrai se bâtit d'amour.
Gitta Mallasz

" Trois petites mères sous la nouvelle Lune "

Douze sphères arrachées à la nuit et à l'abandon. 12 coups de minuit, vécus si souvent dans les nuits de galère alcoolisées, puis la lumière pâle de ces lunes alignées dans notre quartier. Les voici arrivée, par le don d'une équipe technique, dans mes mains d'artiste.
Je l'es ai regardées, longuement. Senti combien leur état physique était chargés d'une énergie. Ondes vibratoires de leur ancienne vie perchée, entre terre et ciel. Déesses de la nuit, elles vibrèrent sous la musiques des Quilapayun*, éclairant leur révolte. J'arrivais au bon moment, adoptant leur rondeur qui me fin aussitôt penser à des seins de femme. Leur douceur appelaient la caresse, l'envie de les prendre à pleine bouche, excitant le tétin conquis par leur tendresse. Mais leur vie devenait autre.
Je les ai déposées, un jour, comme trois petites mères, près d'une mare que j'aimais pour qu'elles procréent. Les accouplement angéliques se firent dans le silence, un soir de pleine lune.
De nombreux tritons fondèrent famille et les petites mères aux seins si doux, reprirent le chemin de mes rêves.
Roger Dautais.
16.OI.2019
Conte pour enfants
à Nolwenn, Amélie et Clémentine

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Trois petites mères sous la nouvelle Lune "

Plateau de Colombelles
Nord-Est de Caen - Normandie. 2005


 Pour Sonia, seulement, ma combattante :

*Quilapayun
https://www.youtube.com/watch?v=dBNQVq7c2mA


***

J'ai choisi ce poème pour Maria Cano

« Il sort du rang,
s'arrête dans un carré de silence.
Comme une image projetée vacillent
la casaque, la tête de forçat.
«
Seul effroyablement
on voit les pores de sa peau :
tout de lui est immense
tout de lui est infime.

Otto Orban
La passion de Ravensbruck

mardi 15 janvier 2019

Offrande au Dolmen  à Sonia


A l'Ange de Kerléano...

Sauras-tu m'accorder une place dans tes silences d'ange ?
Juste le temps de faire éclore le rêve qui vit en moi et laisser mon intériorité s'exprimer jusqu'au limès de l'intime.

Le temps passe parfois et je m'y perd. Il finit par m'emporter aux portes de l’indicible, tu le sais bien. J'oublie les mots dans tes yeux, les remplace par des chapelets de pierres.
Ici, je suis moi-même, au cour d'une nature dont je fais partie.
Les pierres me regardent, me parlent de toi.

Saurais-je faire remonter le rêve qui vit en moi, à la surface ?.
 Les anges n'existent pas, sauf ceux que nous croisons.
Roger Dautais
 Notes  pour la Route 77
Bretagne  - 15 Janvier 2O19



*

La part d"invention,
celle que l'on remet en cause,
par la censure, par les règles imposées,
doit résister à ces injonctions,
coute que coute.
De l'inutilité du geste
qui ne peut faire sens
pour beaucoup de gens, nait l'énergie de la vie
et du mouvement : l'amour.
Roger Dautais
1.15. 2019

Photo : création land art de Roger Dautais
" l'offrande au Dolmen " à Sonia
Saint Brevin-les-Pins 2004

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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lundi 14 janvier 2019

 
 
 
Il faut avoir beaucoup erré dans l'ombre pour toucher la Lumière
Adriana Evangelitz

" Hayâh " *


à Sonia, simplement...

L'imposant silence qui règne dans ce lieu, laisse place au " glissé "sensuel de l'eau, caressant les deux rives, est une voie ouverte au plaisir vrai.L'eau courante de cette rivière, évoque pour moi, ce flot d'énergie vitale, incarnée, qui, de manière inéluctable et continue, suit imperturbablement, sa pente naturelle.
l'eau, est un des trois symboles de l'inconscient, avec la forêt et la terre. Je vais créer dans ce cadre même. C'est ici que je vais confier mes plus secrets désirs dont je n'ai pas forcément conscience.
Attachée à l'origine de l'existence, l'eau, au décours de la vie et de la mort. Je suis dans cette trajectoire.
Source de vie, elle assure la vie, puis la dissout par dégradation. Entropie naturelle dont j'ai tant parlé en land art depuis 1997.
Parce que je n'ai pas le caractère " moutonneux " , je me libère entièrement de mes impulsions collectives, en pratiquant le land art.
Le peuple amérindien, m'inspire par leur style de vie et de pensée philosophique. ( Nous avons eu l'a chance d'accueillir notre la famille, une amérindienne, mariée à l'un de mes neveux. Ils ont fait ensemble, trois beau enfants métisses ).
Pourquoi introduire ce peuple, dans ce billet ? Mais parce que je vais parler de serpent d'eau qui sera né, sur les bords du Biez, et aura vécu dans ce cours d'eau, dont je vous ai parlé au début.
Les amérindiens, voient le serpent comme la transmutation de vie-mort-renaissance, autrement dit, c'est cette énergie de l'intégrité contenue dans ce symbole que je recherche.
En créant ce serpent d'eau, avec des feuilles d'érable, agrafées par le pétiole,, l'habileté de tout expérimenter volontairement, et sans résistance, me dispose à progresser sur la voie de la sagesse.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77
* de l'Hébreu : vivre .*

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" La voie de la sagesse "
à Christian Cottard
Cours du Biez - Mondeville
Région de Caen - Normandie - 2005


*

Mémoire
de la terre embrasée
la pierre suspend
les impatiences

j'attends
que se dépose lentement
une parenthèse de sérénité
où les mots
polissent leur vérité

pierre après pierre.

Eñvor
an douar entanet
ar maen a dorr
an hiraezh

gortoz a ran
ken e teu goustad
ur prantadig seder
ma lemm ar gerioù
o gwirionez

maen goude maen. (Traduction en breton de Claire Sauvaget)

Marie-Josée Christien*


* pour mieux connaître Marie-Josée Christien et son œuvre.
http://mariejoseechristien.monsite-orange.fr/poesie/index.html
https://pluton-magazine.com/2017/05/27/promenade-poesie-17-marie-josee-christien/

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.