La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 4 mars 2019

Tipi  " Aux passsantes"



Nous ne voulons pas de richesses
nous voulons la Paix et l'Amour.
Red Cloud ( Mahpiya Luta )



Pour ta boite aux lettres.,
marcheuse aux pieds nus.

Ce n'est pas que je perde en humanité, maintenant que l'heure est venue d'approcher de l'autre âge. Non, je ne le pense pas. Mais l'on veut encore m'apprendre à vivre, alors qu'il est grand temps de m'apprendre à mourir. Maîtresse la nuit, oui, mais pas le jour. Lâche moi. Je refuse les leçons particulières, comme enfant, l'école. Je franchis les portes, en homme libre. Alors, je deviens à vos yeux, jour après jour, plus vieux, moins facile à comprendre, à vivre.
Je me délite. L’entropie me grignote. L'insignifiance me guette. Bientôt, la transparence. L'effacement n'est plus une question de style, de contrainte littéraire, lorsque le corps se dérobe.
Je connais mes semblables, les courbés, les fatigués, les souffrants, les encombrants. Il deviennent petit à petit, des invisibles, de ceux qui ne rentrent plus dans les comptes. Il se fait que je le sais, je les rejoins.
Roger Dautais
Bruits de couloir.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogsopt.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Tipi " aux passantes.
Biéville-Beuville

...Je ne revendique plus grand chose, si ce n'est le droit d'être libre de pratiquer le land art. Émettre des vœux , à mon égard, ne te sert à rien si t'appliques en suite à les détruire. La violence ne te vas pas.
J'ai encore de beaux projets en tête.
R.D.
Hommage  à Janis Joplin

Aux oiseaux des îles, le vent...
au monde,  mes cairns,

A nous, les routes poussiéreuses, chaudes et désertes, du Sud. Sixties de mes amours défuntes, ramenez-moi, là bas, dans les tombes de Caceres. Je danserai pour vous, aux sabbats, sous la lune. Je marquerai mon passage de pierres blanches. De Faro à Cabo San Vicente, chez José , mon frère, près des agaves géantes. De Setubal à Lisbonne, Maria aux pieds nus. Morte.
Les cabanes étaient pauvres, mais les cœurs, riches.
Si l'alcool coulait à flot,si nos corps avaient basculé dans les paradis perdus, et certains, sombré jusqu'à la mort, nos esprits savaient sauver l'amour.

Il faudrait, maintenant, me ranger, mais de quoi ? Mais de qui ? Pour quelle morale ?
Je suis du monde, je suis au monde, éveillé présent, en quête de l'absolu. Tu ne me piègeras plus. Laisse -moi contempler le ciel, seul. Je n'ai plus besoin de toi. Je ne t'oublierai jamais.
Les terres de la Siera Monchique, en témoignent, j'étais l'homme d'une seule femme. Je suis étranger, Suzanne te l'a dit.
Roger Dautais
Route de nuit.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Hommage " à Janis Joplin

*

Déjame susurrar los exquisitos versos.

¡Que mis labios finalmente quieran decirte!

Corto, cincelado estas palabras elegidas.

Paros de mármol para seducirte.



Son angustiantes como un precio de terciopelo,

Son como cerdas pálidas ardiendo ...

Déjame susurrar los exquisitos versos.

¡Escrito para volverte loco!

Florbela Espanca

dimanche 3 mars 2019

Cairn du Don   :  à Pierre Dautais,  mon grand-père.


4.OO Heures, nuit noire.

à Pierre Dautais,
mon grand'Père.


Au cœur de la nuit, j'assume le quart sur mon radeau dérivant.Une pluie fine et traversante, me glace le corps. Le vent est établi pour un moment.
J'ai quitté le continent, hier, pour aller sur l'île aux Moines, retrouver mon Grand'père. Il n'a plus d'âge.
12 fontaines d'eau douce, en sa compagnie de revenant.
Les fontaines de Haleguen accueillent mes insomnies. Je ne dors plus bien depuis le 29 septembre 2017, jour où j'ai failli perdre la vie. Grand'père me tenait par la main, sur la table d'opération, devenant, à cet instant, un rêveur permanent.
Cette veille de nuit met à nu tous mes besoins de repos. Je suis épuisé.

Pierre est là, debout devant moi, avec sa baguette de sourcier.
- Bonjour grand'père
- Bonjour mon petit. T'as pas dormi ?
- Non, pas bien.
- T'es toujours d'accord,
me dit -il en me passant la main dans les cheveux coupés au bol.
- tu vas me regarder sans me poser de questions ?
- Oui, grand'père.
Il porte ses vêtements de paysan, son grand béret noir des gars des pêcheurs de sardine, le teint basané et des sabots neufs.
Il a une barbe piquante et une grosse moustache qui lui cache la bouche et bouge quand il parle. J'aime cet homme rustique. C'est mon grand'père paternel.
Tête nue, il me donne ma première leçon de radiesthésie.
Il est venu ici, depuis La Turballe, à cette occasion. Je remarque la finesse de ses mains.

Je n'ai rien oublié des senteurs de pins maritimes de Saint Nazaire, ni de la peur des bombes, transmise par maman, ni des morts de la famille, en guerre, ni de l'exil, ni de la pauvreté, ni de notre fierté naturelle.

Me voici, écoutant, mouillé, transi de froid, le bruit du courant de la Jument, au galop, près des fontaines Haleguen de l'Île aux Moines.
Si le soleil s'est levé, je ne l'ai pas vu sur le chemin des fontaines. 70 ans plus tard, je marche aux côtés de Pierre, l'homme des sources, mon grand'père, guérisseur, aussi.
Fontaine du Guip, près du chantier naval. La mer est grise. Les bernaches, à l'abri du vent, se laissent ballotter dans les vagues.
Fontaines de Salzen, de Kerno, de Kerquecu. Fontaine du Vran. Je remarque son absence. Elle est passée en courant, pieds nus drapée dans un poncho de laine, sans un regard.
Puits du Naudeux, puits du Gras-Houarn. Fontaine du Guerric. Je suis adolescent.
Fontaine du Prado, Puits de l'Eglise. A la pointe du Trec'h, j'ai 60 ans
.
Fontaine du Lerin, à genoux sur la margelle, je lave mon vieux visage. J'ai presque fait le tour de l'île et celui de ma vie. J'ai 76 ans.

Je pousse à nouveau jusqu'à la pointe de Brouel.
7 pierres pour le puits Naudeux,
7 pierres pour le puits du Gras Houarn.
7 pierres pour la mer.
Un cairn pour Pierre,

Mon grand'père qui casse la croûte,
à la fontaine du Guerric.


Si nos morts nous appartiennent, nous leur appartenons. aussi.



Merci grand-père, pour les dons que tu m'as transmis.
Roger Dautais

Land artiste
En Bretagne 5.17 heures
En mes nuits d'insomnie.


LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
"Le don " à Pierre Dautais, mon grand Père
Île de Saint Cado - Morbihan

Cairn au couchant   :  pour Marty

Aux marcheurs du bout de l'An




un jour avec, un autre sans...

Voilà deux jours qu'une pluie fine et tenace tombe sur la région. En début de semaine, j'ai tenté une sortie. Marcher par un temps pareil rend difficile la moindre installation. Je laisse passer la nuit et le lendemain matin, une légère accalmie me redonne espoir. Je prends la direction des plages.
Dans le chemin creux qui mène aux grèves, j'aperçois la mer, calme et au bas. Avec un coefficient de 94, elle aura bien dégagé l'estran. Mais sur ces côtes, le paysage est à découvrir au dernier moment car les empierrements peuvent disparaître sous des tonnes de sable, d'une semaine à l'autre.
Je marche plein nord. L'air marin me fouette le visage. Il ne fait que 3 degrés et je vais travailler les mains dans l'eau. Aujourd'hui, pas de spirales possibles, tout le sable est mouillé, trop tassé. Je vais donc monter des cairns. Ce seront les derniers de l'année. Aujourd'hui, j'ai la main et trouve facilement les points d'équilibre. Je suis encore limité dans le portage des pierres depuis mon accident du 9 mai. C'est un vrai plaisir que de choisir chaque pierre, l'apporter au lieu choisi et monter le cairn, face à la mer.
Je change d'axe de marche et remonte vers l'est. Je croise quelques marcheurs emmitouflés. Ils me saluent. Sur mon trajet, je trace une figure géométrique dans le sable mouillé. Elle s'intègre bien au mouvement laissé par la mer, en se retirant, d'ici.
Je découvre , dans un rayon d'une vingtaine de mètres, une réserve de pierres blanches, alors que l'estran est couvert de goémon noir à cet endroit. Elle auront passé un très long temps sous les sables avant d'être découvertes, ce qui aura préservé leur blancheur. Dans deux mois, elles seront colonisées par les d'algues.
Je les regroupe en un ensemble de personnages que je désigne comme étant, les marcheurs du bout de l'an. C'est à eux que reviendra la mission d'aller vers cette nouvelle année, parmi les grèves.
Mon imagination m'emporte avec eux. J'ai tellement envie d'enchanter ce monde gris, que parfois, je me laisse prendre au jeu de cette transformation.
Avec ce jour de soleil, comme une trêve au milieu de la dernière semaine de l'année, je n'ai réalisé que la moitié de mon projet. Je dois, maintenant, travailler à l'intérieur des terres.../

Roger Dautais
Notes de land art pour ma mémoire amnésique.

Vous étiez affairés,
 aux courses pour les fêtes du jour de  l'an, 
Je passais ma vie d'estran en estran.


***

Au réveil
Ce ne sont qu' illusions
Le rêve lui, vient au moment du sommeil
Compagnons de jeux de l'enfance
Peut-être amis de longue date.../
Ai Qing,( 1910-1996)

Ce poète Chinois a connu l'emprisonnement, l'exil et la tourmente de la Révolution culturelle et n'est autorisé à publier ces écrits qu'en 1978.

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samedi 2 mars 2019

Passion  :  pour elle.



aux fées...

Heures  imprévisibles, vous collez  à ma peau. Vous allongez  mes nuits sans sommeil de  plages vides.
Sur le sable,étrangère, tes pas s'effacent quand la mer  monte. 
Je m'efface aussi.
Lorsque je prend la route, quittant le  monde  bruyant, je marche  pour écouter la nature, je regarde, je découvre. Elle me donne. Je ne  peux me  passer de faire ainsi.. Au  milieu du secret de  l'initié,  j'apprends tous les jours,  humblement.
Mes land art sont des respirations posées  le  long de mon chemin. Éphémères,  ils  ponctuent  mon parcours, comme les années, ma  longue vie d'homme. Dans les écueils, je navigue  à vue, conscient  chaque jour, que le terme du voyage approche.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES  GRANDS  JARDINS
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Photo  : création land art de Roger Dautais
" Passion   :   pour Erin, seulement.

Le  grand témoin de Kerleano




En ton cœur, coulait du sang Corse,
Marie-Claude, amour de ma vie.

Elle l'ignorait...




Le Grand Pardon...

Au cœur de ma nuit d’insomnie, mes yeux se troublent, en lecture.
Fatigue profonde. Je souffre depuis si longtemps.
Je prends le livre de Houellebecq, "Les parages du vide"*.
la voix d'Aubert, troublante présence d'un ami qu'elle m'avait fait connaître,sur la route, de nuit.

Hier, entre quatre murs, elle m'avait embrassée, avant d'entrer dans la galerie Vannetaise. Je l'aimais depuis 1966. Il y avait eu ce break, cette déchirure, ce départ, ce retour. Dans ses yeux couleur mer, il y avait eu toute sa colère. Dans son baiser brûlant, aussi. Réconciliés...
Nous avons retrouvé nos vingts ans devant les Venus callipyges. Le vieux gardien de la galerie nous expliquait le œuvres de ciment blanc. On pensait à nos nuits, à nos jours de vieux amants, maintenant ,et cela suffisait à notre bonheur.

Elle était venue du Sal, pieds nus. Elle était passée, elle m'avait aimée, elle s'était retirée. Nous avions compris qu'aucune morale ne s'était immiscée, aucun reproche, dans la peine, mais le secret espoir de garder dans l'oubli,
notre jardin secret, en friche pour toujours.
Roger Dautais
Route de nuit, en Mor Braz 2019

*Les parages du vide "
Aubert chante Houellebeck
Editions La Loupe

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : Roger Dautais
" le grand témoin de Kerleano " .
Aux lectrices de mes nuits d'insomnie.
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Pas de tombe pour moi...



Subtil parcours des fougères juvéniles au jade, enfouis, à pas comptés, de telluriques pensées inutiles entrent en moi. Sous l'humus, comme le ferait un chien, à quatre pattes, au temps de acacias morts, je remonte le temps. En ria, l'ange patiente et nos souffles désunis s'assèchent maintenant un rythme du jusant, près de la cabane des silences.
Ici s'écrit une toute autre chanson d'amour qui descend la rivière de nos souvenirs perdus.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" rêve d'inachevé " pour qui se souvient de ça.

Kerleano - Auray
Bretagne - 2019

vendredi 1 mars 2019

Sésame  pour la suite de mes  nuits



à mon frère de mer
Alain Jegou

Je fais route de nuit. J'ai croisé, Ikario Lo.
Au large de Méaban , en Mor braz
ils fêtaient à bord.


*


à celle qui inspire mes nuits, mes jours,
Marie-Claude, femme aimée...



Merci pour ta lettre, chère Lisa.
Je te réponds au cœur de ma nuit. Je souffre trop du dos. Oui, cette installation
est forte, belle, symbolique. Qu'en pense la foule des absents? Que je devrais changer de métier, rentrer dans le rang de moutons ? Quand on commande, On n'aime jamais celui qui veille, qui éveille l'autre. Qui domine a besoin de soumis. Fallait pas me demander mon avis.
J'ai soif.
J'aime l'Arte Povera italien. Qu'est devenue faire la spéculation, là-dedans ? Quels en sont les Papes ? Ceux sur qui font tomber des pluies d'or et d'argent sur l'artiste béni des dieux ?.
Du prélat, je ne mettrait plus ma main au feu. De l’expression, ça dépendra du diable qui la tient par la queue. On voit bien la situation. Que l'équilibre soit précaire ne donne pas toujours la bonne solution. Un jour, la balance penchera d'un côté. Il sera le bon pour les uns , le mauvais pour les autres.
ma nuit est trop longue.
Verse moi à boire.

Je cherche une solution. M'ouvriras-tu tes bras, Lisa ou bien t'enfuiras-tu sur les bords du Sal, pour me faire marcher devant et puis me quitter?

Le plancher est monté trop vite.J'ai craché mes dents. Trop généreuse, trop de mauvais d’alcool. Fallait pas., Lisa. " you can, you can" , criait Luther. T'aurais du me mettre au train, plus vite.
C'est fini. Tu ne me verras plus. Même une pluie d'étoiles mauves ne me ferait pas revenir.
Au petit jour, défait, je suis arrivé au marais. Le soleil serait chaud au pied du grand réfrigérant. Déjà, quelques papillons tournaient autour des grappes fleuries du budddleia.
Alison, j'ai toujours aimé. Ses riffs de guitare,sa voix., son blues.Le whisky et le blues, ça va ensemble. J'ai le blues de toi, tu comprends ça au moins ?. J'ai mal au crane. Ce n'est pas la peine de me dissuader, Lisa.

Je suis descendu dans l'eau, tout habillé. L'eau du Jourdain, je te dis. J'ai pleuré sur toi, ma Lisa. J'ai déposé mes étoiles. Je suis sorti de l'eau et j'ai repris la route du land art. Je suis un homme perdu dans la nuit pour toujours et depuis si longtemps.
Roger Dautais
Notes d'espoir pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Les mauves " pour Emily de Wavrechin
Colombelles - Normandie - 2007

GOOGLE fait le ménage !

jeudi 28 février 2019

A la vie  à la  mort,  mon amour

Épousailles au cœur de  l'hiver 42
Prières d'agnostique...

à la marcheuse aux pieds nus, en chapelle.



J'ai souvent comparé mes cairns à des forets trouant le ciel vide.
. Ce sont aussi me prières d'agnostique.
Bien que nous puissions vivre sans bravos,si l’artiste en a besoin pour réchauffer son désir, je suis rendu au point de ma vie, où, devant une installation land art méconnue, cela me renvoie au geste premier. Jamais personne n'entre en nous, à part la lumière, pour concevoir l'intention, au moment d'élever ces cairns dans la solitude.
Et pourtant, il existe.
Autre question, pourquoi tant de laudateurs, de flatteurs, de compagnes et compagnons de route,de déclarations d’amour, de rendez-vous physiques, de prière communes, de poèmes échangés, si ce n'est pour le plaisir de celui ou celle qui s'engage. Ressassement égotique,qu'il convient de faire cesser en prenant de la distance.
Il parait que les promesses n engagent que les personnes qui les écoutent. Personnellement, j'ai tendance à les croire, à aimer, à prendre le risque de l'échec, plutôt que de vivre frileusement ma vie.
La tombe d'un ange sert parfois de lien avec un passé heureux.
Le saviez-vous ?
Si ma vie ne brûle pas, ne se brûle pas à l'autre, si mon cœur n'est pas incandescent, s'il n'enflamme pas mon alter ego, alors, je ne vis pas comme j'ai l'intention de le faire.
La douleur est ma compagne. Je l'ai reçue en épousailles, sans choix, dès ma naissance. Ma vie est initiatique en cela, mais je ne prétends pas vivre en lévitation. Mes deux pieds ancrés dans la terre noire de mes ancêtres, la tête dans les étoile, je regarde,yeux grands ouverts, le spectacle du monde sans être dupe. Je participe aussi à sa perte, mais au moins, je le sais.
Non, se gaver de bonnes choses comme je l'ai entendu dernièrement, en laissant crever les autres, n’est pas mon choix. Je ne pleurerai pas sur ces boulimiques du plaisir permanent, ni sur leurs indigestions,Je n'alimenterai pas ce consumérisme new age,, nouvelle religion des masses pratique généreusement toute leur vie, sans qu'ils n'aient vécu le soupçon d'un soupçon de lucidité avant de mourir. Il régleront cela avec leur Dieu personnel.
Je retourne à mes pierres. Elles contiennent le secret de la connaissance et de la sagesse.
Je les aime pour ça.
Roger Dautais

J'ai sapé ma jeunesse à être puni,frappé,enfermé, moqué, à la maison, mais aussi dans ces infâmes écoles qui nous faisaient adorer Dieu. Ils me disaient , rebelle à toute autorité. Ce n'est pas vrai
.Lorsque je comprends, je l'accepte, mais simplement, lorsque je comprends. Ceci,au prix de ma vie.
R.D.

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Photos, créations land art de Roger Dautais
Ces deux photos sont indissociables et dédiées à Marie-Claude, ma femme aimée.

Normandie 2007

" Pour toi, Amour, à la vie à la mort " à Marie-Claude.
Photo
Photo
01/03/2019
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Cairn blanc : pour Goliarda Sapienza

« La vie est une aventure audacieuse ou rien. » – Helen Keller



Boulevard des mièvres...

Le ciel est rose au-dessus de Méaban. Demain il pleuvra. Nous ferons route vers les Cardinaux, puis Hoedic. Départ prévu : 6 heures du mat. à La Trinité sur mer.
Hier soir, Yann s'est pris le chou avec une sorte de type qui dégoisait des mièvreries au "P'tit"mousse ". Un faux parisien en weekend qui remplissait le bistrot de sa logorrhée Cergipontine. Un minable aux fripes de faux marin. Bref, pas du Jean Genet !
Il est vrai, que de notre temps, les brèves de comptoir ont été remplacées par des élément de langage. Et ici, on s'en tape. Nous sommes les derniers résistants.
Trouvez-moi un ilien de Hoedic, que ne défende pas son caillou devant de tels envahisseur et je change de pays.
Notre blogosphère s’appauvrit, donne dans le chaton, la flute de champagne, et ressemble de plus en plus au boulevard des mièvres., puisqu'on entretient ce genre de facilité.
Inexorablement, je me sens attiré par le contraire.Goliarda Sapienza, vaut bien un land art et même plus. Elle qui, courageusement, passa ses années d'écrivain à explorer et à élucider, à travers son écriture.;
Merci, Goliarda.
. Fille d’antifascistes Italiens et anarchistes assumés, elle navigua dans leur sillage. Partagée entre le combat politique et l’élan vers l'art, elle accomplit sa vie, passionnément, passant par la case prison, cherchant la condamnation pour vol, pour pouvoir vivre cette expérience carcérale et pouvoir écrire à d ce sujet. Vraiment autre chose que notre rhétoricien de comptoir.
J'aurais aimé, aimer cette femme et l'embarquer au petit matin, vers le phare des Cardinaux. Mais elle est partie en 1996.

Il nous reste à la lire.
Carnets
L'art de la joie;
, deux livres à découvrir aux éditions Tripode.
Roger Dautais

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Photo : création land art de Roger Dautais
" Cairn blanc " pour Goliarda Sapienza.
Normandie.

mercredi 27 février 2019

à  l'inconnue du Sal



Nuit de mélancolie...


J'ai parcouru les rives du Sal, de la source à l'estuaire. L'alouette chantait dans les blés murs, au-dessus du renard mort. Dernier hommage à la terre qui allait l'engloutir.
Dans la cabane des silences, en ria, méridienne de mes nuis insomniaques, tu partageais l'eau et le feu. Au méristème de ton âme, j'avais suspendu l'espoir de revoir le soleil. Il est venu, un jour, voilé, pâle et j'ai détourné les yeux. Le feu sacré ne brûlait plus.
J'ai repris la route en solitude, la seule que je connaisse capable m’emmener au bout de ma nuit magnétique.
Tu n'est plus Cassiopée, ni Orion, ni Alpha de Céphae, mais une étoile tombée, en mer. Dernier scintillement avant disparition de mon cœur. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient et j'ai perdu la foi.
L' érable donne et je ramasse, je feuillette, j'épingle, je canalise. Sous mes doigts, naît un serpent. L’eau du Don, m'attend. Toutes mémoires assemblées, il s'en va suivant son destin. Franchissant l’Achéron, il emporte ma peine. Inutile fardeau.
Au Printemps, j'irai sous le cerisier du Japon, accrocher le haïku de la réconciliation, peut-être trop tard, Définitivement.
Au jardin des  mémoires,nos  pierres blanches sur les cendres de l'ami, restent le témoin d'un geste commun et d'amour. et d'humanité,  près de ce chêne éventré que tu chérissais.
Roger Dautais

Notes de Land Art pour la Route 77

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Photo : création land art de Roger Dautais
" Serpent d'oubli " à l'inconnue du Sal

Mondeville - Normandie


*
With love...



Sant Engracia

Très Calle de Sant'Engracia,
Retour dans les parages du vide
Je donnais mon corps avide
A celle que l'amour gracia.

Au temps des premiers acacias
Un soleil froid, presque livide
Éclairant faiblement Madrid
Lorsque ma vie se dissocia

Michel Houellebeck
Les parages du vide

*

وتفصل طرقنا هنا
et nos routes se séparent ici, cette nuit.

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Qui êtes-vous ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.