La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 1 octobre 2018

Cairn majeur   :  pour Erin

Condamné à vie...

Toutes pareilles, ces pierres à vos yeux. Tous ces regards perdus qui les délaissent. Même le ciel passe au-dessus, sans s'arrêter. Venu jusqu'ici pour faire connaissance, à nouveau, je pose mon sac. Je les écoute, d'abord, reprenant le refrain du ressac, puis e laissant bercer près du trait de côte. Des vagues imprenables, petites et courtes, meurent à mes pieds. En mémoire, ici, d'effroyables tempêtes.
Mon enfance m'accompagne , avec ses jours étranges, si souvent noirs.
Mon besoin d'espace, vient de là. Le carreau d'une fenêtre de placard, suffit à gâcher un ciel bleu. Geôle d'enfance brutalisée et mémoires se mêlent.
Ma vue s'embue.
Condamné à vie, à suivre le hasard qui veut un chemin d'exode sous mes pieds. Je refuse tout hurlement. L'humain n'y est pas. L'ombre notoire des pins maritimes avale tous sévices, écume les poèmes édulcorés. Restent les coups, en mémoire, comme pluie drue.
J'échappe au pire, hoquetant, face à la mer. J'irai bien jusqu'à l'offrande d'un cairn pour un peu de répit dans cette vie qui s'achève.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

" Cairn majeur "
pour Erin
Ile de Saint-Cado
Morbihan - Bretagne


*


Offrande

C'est à venir entre les mots vieux grimoire
Ce qui se dit cerné de silence
Dans la nuit des feuilles

Le calme terrible du poème ici offert
L'ombre clairsemée de tes yeux
Dans un orbe blessé

Guy Allix *

Pour découvrir ou mieux connaître le frérot : 

samedi 29 septembre 2018

Poème de  pierres :  pour Sharon Murgatroyd


à Anne Le Maître...*

Ici et maintenant.
A l'eau, tous ces morbides rêves rejetés au bout de ma nuit.Hoquetant le long du trait de côte, vos désirs ont accouché d'eunuque endimanchés et consuméristes. La décroissance est en moi. D'autres disent, entropie. Je progresse d'est en ouest, parcourant les terres noires.Les ombres s'allongent. Mon cœur fatigue. Que faire des idées moisies, proposées à longueur de journée par les marchands de rêves frelatés?
J'ai refermé tous mes livres. Je marche à la mémoire engrangée.
Tu t'évertues à me réparer, le temps manquera pour mener à bien cette tâche. Ta présence suffira.
L'air a tremblé.
En alerte, je m'oriente comme une boussole vers la source du bruit. J'écarte d'un bras, une haie de noisetiers. Un troupeau de vaches affolées, laboure leur pâture au galop. Je contourne la scène. En moins de dix minutes, j'ai atteint l’Atlantique. Je préfère son calme relatif aux sabots mortels.
Je foule le pierrier. Le poème de pierres viendra de lui-même ou ne sera pas.
Ici et maintenant.
Notes de land art pour La Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" poème de pierres " pour Sharon Murgatroyd
Région de Carnac - Bretagne
...

Pour découvrir les blogs de Anne Le Maître :

*http://alm-bleudeprusse.blogspot.com/
http://alm-atelierbleu.blogspot.com/

vendredi 28 septembre 2018

Cairn Normand  :  à Marie-Claude
Au seuil du savoir...


En cages cadenassées, des mémoires empilées, strates de vies oubliées. J'avance dans l'estuaire, passe les filières. Saigné à blanc, mon cerveau demande grâce. J'achève le rêve. Des soleils-matins sont ouverts. Ils me réchauffent. Je rends la route d'hier, jusqu'aux tripes puis en reprend une autre. La terre hallucine et me supporte encore. Je vais au bout des confluences. Je quitte, ici, avec le reste de moi. Il se résume dans un cri : il agonise, échelle rompue dans les vasières.
J'ai besoin d'une autre chance. Peut-être une vie d'oiseau libre en automne?
Le tonnerre circule d'un cap à l'autre, éclaire ma nuit nue. Rêve éveillé. J'avance vers la mer encore incapable de renouer avec le chant des cupules.
Me voici artisan, au seuil du savoir. Il est temps de choisir l'endroit et d'incarner mes rêves. Ce sera ici.
Avec quelques pierres complices, le cairn s'élève.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

" Cairn Normand " à Marie-Claude
Rive droite en estuaire de l'Orne.
Merville-Franceville - 2012





Jour de bruine
personne
qu'elle

Le vent seul
croise les chants d'oiseaux
où dorment les étoiles

Alain Boudet *
https://www.babelio.com/auteur/Alain-Boudet/106207

jeudi 27 septembre 2018

Antipodes  :  pour Ariaga



Pas attendre que le vide s'emplisse et me noie. Né de travers, j'emprunte la diagonale du fou. On me dit que le monde nous étreint, nous possède, nous enferme. Ne pas entretenir ce leur tombé de leurs bouches. Marcher reste une solution pour y échapper.
Les chemins de traverse sont faits pour moi. Ce passé lourd et brutal,je le fuis, pas après pas. Mes rêves s'incarnent en noir et blanc.
L'oublie efface mon destin, mes chagrins, mes rides,devient pluie fine sur mes plaies.Trop pressé, je me casserai le cœur à nouveau.
Dans mon corps palpitant, le sang s'échauffe. Il me faut choisir entre mille idées. Traduire en gestes simples, la pensée du jour. Accepter de tomber très bas, connaître l'ombre, épouser la terre. Ne rien dire d'autre, regarder la mer, chanter sa beauté en silence.
Les pierres répondront, antipodistes.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Antipodes " pour Ariaga
Cairn réalisé à Dives sur Mer en 2011
Normandie


*


"Apprendre sans réfléchir est vain. Réfléchir sans apprendre est dangereux."
Confucius

mercredi 26 septembre 2018

Les autruches de Pierrepont  : à Yvonne Guégan

Serment tenu.


Entre les saisons, les silences s'accumulent derrière les murailles éphémères de nos mémoires. La bruyère vibrant sous l'automne, ravive mon rêve.
Quand se taira la grive de notre été, mes vieilles mains porteront les cicatrices de ruscus. L'hiver précoce est inscrit dans l'histoire à venir, et la tempête, aussi. Il faut ouvrir nos portes.
Ce qui échappe à l'imaginaire est bon pour éviter le gringue clinquant de septembre, brouillé avec le simple. Il faut aller de l'avant dans les brandes à sangliers, s'arrêter aux dormantes noires qui accueillent tous les ciels tombés.
Il faut connaître la source aux salamandres dorées, se souvenir du serment prononcé, les yeux dans les yeux. Il faut ravauder l'amitié trouée. Il faut aller au bout de la fatigue pour entendre l'appel ténu de l'inspiration et s'y tenir. Trop de migrants sur les routes maritimes, sans aide.
Roger Dautais

L'exil est un thème universel et malheureusement, récurent. J'avais choisi de traiter ce thème en Land art, invité en résidence, au tout début des années 2000, pour plusieurs semaines, au Chateau de Pierrepont. Ainsi est née cette longue caravane de grandes autruches.
( la plus grand : 2,50 m de haut )
Un véritable succès d'estime couronna mon travail et chaque autre trouva accueil, chez l'un des nombreux visiteurs, une fois cette expo terminée.
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" les autruches de Pierrepont " à Yvonne Guégan
Normandie- au début des années 2000


*


Un astre passa à l’horizon,
Descendant...descendant.
Ma chemise était
Entre feu et vent,
Et mes yeux pensaient
A des dessins sur le sable.
Et mon père a dit un jour :
Celui qui n’a pas de patrie,
N’a pas de sépulture
... Et il m’interdit de voyager !

Mahmoud Darwich *
" La Terre nous est étroite et autres poèmes "

Et pour mieux connaître ce grand poète :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahmoud_Darwich-

lundi 24 septembre 2018

Cairn noir :  à Maria Dolorès



Septembre noir.

Je ne veux plus de flamboyance livrée par des vents inconciliables. Le temps est venu de crier que j'ai trop porté, trop enduré de saisons. sans chemin, on ne touche plus le sol. Au rythme où j'avance, me terrer dans un midi exigu n'a pas de sens.
Sorti pour vivre le dernier acte de l'été, j'assume la transition et grignote les premières notes d'automne, à ma portée. Les berniques respirent..
Mémoire dénudée à califourchon, je déroule mon inspiration au milieu d'un pierrier à sec.
Mes mains attrapent, saisissent, s'égratignent,agrippent, frémissent, posent les pierres, une à une, empilées. Mon corps se met à l'unisson. Le cairn existe, face à la mer retirée, assumé...noir, septembrien.
C'est l'instant land art, éclipsant toute raison, pour que le corps parle.
Ce sera ici.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Cairn noir " pour Maria Dolores Cano
Région de Paimpol - Bretagne


*
Étoiles roses

Modulations du son

Dans un chemin abstrait,

Partir et

Là-haut attire

L’idée, le sentiment.

Montée, expérience

Du grain et du plein

De la vie retrouvée

Sans voix mais extasiée

L’amour en flèches comme points de fuite.

Laure Delaunay

Extrait de « Tendresse des astres »



Laure Delaunay

Extrait de « Tendresse des astres »

vendredi 21 septembre 2018





Noces rouges...


à Marie-Claude.

Ne pas être né pour rien, m'importe. J'abandonne la meute et trace ma route entre deux paradis. Le temps est pressé.Les lendemains s’allument sans regret. Pourquoi se voiler la face de mots mesquins, ignorer mes faiblesses ? L'humain se répare au contact de l'humain.
Ce ma tin a pleuré sous la pluie jusqu'à l'embellie. J'ai pris le chemin de l’étang aux nénuphars, les pieds dans la rosée. Les églantiers sont couverts de cynorhodons, akènes au repos. Je les cueille, y laisse du sang. Je les sais indispensables aux mariages poétiques de l'étang.
J'atteins les rives du lac. J'entre dans l'eau froide. Trois cercles posés délicatement sur de larges feuilles flottantes, résument ma pensée.
Le monde nous étreint. Le monde nous sépare et je te rejoins ici par de simples gestes, femme aimée.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Noces rouges " à Marie-Claude
Région de Caen Normandie


*


"Nous sentons notre parenté avec tout ce qui existe dans l'univers".
Hubert Reves


*


Heures tardives

Je marche chaque heure du jour
chemin vide et terre entière

Le pas chargé d'ombres brûlées
d'aventures

des traces de lumières gravées
jusqu'à me perdre à l'horizontal
du bleu fondu.

Patrick Lucas

Terre d'asphalte
Journal de route
E&D
"Spirale dorée"  à Marie-Claude

Plus chien-loup que chasseur.

Absents de bruits intérieurs, ourlés de vents, des territoires entiers. Je m'y tiens, debout, vivant. Le soleil est mûr à présent. Aucun doute, l'été se termine. Besoin de solitude. A peine si je peux frôler l'humain, plus chien-loup que chasseur.J'avance vers la nuit bleue. L'ululement d'une chouette interpose le réel entre l'imaginaire et le réel. Et pourtant, je rêve.
Jamais seul, vraiment.
Égaré entre deux rangs de vie, je détricote l'idée qui m'amène doucement au land art. Le faire sera ici, entre l'aube et le jusant. Tangenter le globe se fera par le biais d'une spirale. Je commence un voyage d'une heure trente. Demain sera un autre jour.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot. com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Spirale dorée " à Marie-Claude
Grande plage de Ouistreham - Calvados

lundi 17 septembre 2018

Cairns Normands  :  à Bonnie Wiltse



Temps d'inquiétude...

Matin sombre. La pluie a éreinté les côtes. Je marche sans penser à rien, aidé par un soleil marbré et froid qui peine à s'imposer. Le rien et le tout se confondent.
Voir au loin, est impossible. Les faiseurs d'horizons, à l'ouvrage, proposent des plans faciles. Je m'écarte.La nostalgie se sert à satiété. Quelques rêveries éphémères montent au créneau.
Rescapé de l'océan, je ne laisse aucune place à la morosité. Le monde se défend, agité, brutal, colosse au pied d'argile. A la prochaine marée spéculatrice, il sera abattu.
Je j'ai su, enfant, je le sais, viel homme, le temps est de passage.
Je choisis sur l'estran,quelques pierres parées d'algues verts, peignées dans le courant littoral. Les plus lourdes sont levées sur place et servent de socle aux cairns.
L’inquiétude s’apaise.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais - 2009
" cairns normands " à Bonnie Wiltse
Côte de Nacre.
Région nord-est de Caen


*


Je suis
de passage
chez les autres avec les autres pour les autres dans les autres
sans les autres
je m’attache à quelques corps à quelques fripes
l’envie de transmettre parfois saisit
Je suis
de mèche avec la révolution essentielle du tournesol
profondément pour le printemps.

Ada Mondès
" des errances "

dimanche 16 septembre 2018

Dialogue de pierres  levées :  à Elena K

Au fond.


à Elena K.

Les courants d'air chaud ont apporté les tumeurs de fin d'été.Du bout des doigts, j'écarte le rideau de nuages porteurs. Un troupeau de métastases envahit l'espace.
Le plus inattendu des dangers s'empare de nous.
Au dessus- de ma tête, le noir absolu. Les étoiles rescapées de l'été , suppurent à chemins tendus. La diagonale du fou scintille. Mes yeux avalent un flot d'images impossibles et dures. Frappé au front par un météorite, le sang coule le long de ma mémoire. La nuit est glacée. Je dois e,n sortir. Orion résiste et se hérisse de lumières insanes. Basculement.
J'attrape un rai de lumières.
La solution s'incarne.
à ma première installation, je lèverai des pierres. Assis auprès d'elles, je guetterai des paroles consolantes.
Roger Dautais.

Était-ce un rêve, un cauchemar, je ne saurais dire, maintenant, mais j'y ai trouvé inspiration et ces pierres levées m'ont répondues.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : Création land art de Roger dautais
" dialogue de pierres levées " à Elena K.
Normandie 2017


*





Eclipse


Ce n’est pas mon monde
Ce n’est pas mon univers
Ce n’est pas mon endroit
Ni mon temps
Mais…
L’émotion m’ a emmenée ici
Juste là
A côté de toi
Dont
Ça te dérange
Ton bras n’aime pas ma tête
Et ma tête n’aime pas ta jambe…

Casse-tête de vie
Comment dormir ensemble?
Si la lumière t’irrite
Et le bruit m’énerve?
Dormir séparés
Et alors…
Ce n’est pas mon monde
Même pas mon univers

Créature inexistante
Je deviens doucement
Ton rêve.

Maria Caro

Poema publicado el 28 de Octubre de 2017

Page composée et présentée ce  jour sur  GOOGLE+ ROGER DAUTAIS, cette page a recueilli,  plusieurs  millions de  lecteurs,  bien que  née  longtemps après  mon blog. Néanmoins,  je considère ce  blog comme étant  le foyer, le gardien de  mes créations. Je vous en remerci, car  il fonctionne  très bien,  grâce  à vous. Le mois dernier,un  peu plus de 12000 lecteurs  sont venus  ici. Cela  montre que le land art, intéresse et a un véritable  public.
Je vous embrasse.
 Roger Dautais

jeudi 13 septembre 2018

Les  engagements    :  pour Marie-Claude


Magma volcanique...

Fini le temps où je retournais mes toiles, la face contre le mur de l'atelier pour qu'elles se fassent oublier.
Le land art se consume, éphémère, à la vitesse d'un feu de solitude, allumé à la hâte, la nuit tombant.
Parfois quelques images montent à l'assaut de ma mémoire. Si futiles?
Elles disparaissent aussitôt.
Reste le flot photographique engrangé en pratiquement 21 ans.
Un magma volcanique.
Malgré hétérogénéité apparente, chaque installation paraît être liée à l'autre par un fil d'Ariane, une respiration cosmique, un effet de rebondissement et d'écho qui renforce l'idée d'une volonté de chercher :toujours et encore, la plus juste expressions de soi, à traduire manuellement.
Non classées, ces œuvres mouvantes ne sont que les miennes et renvoient inlassablement à la vacuité de la loi morale sensée ordonner les relations humaines et maintenir la cohésion sociale. Suis-je un artiste inutile, hors champ, sujet scandaleux, vandale, passant ma vie à commémorer le vide d'une pensée décadente ? Je ne crois pas. Mais, après-tout, ce n'est pas à moi d'y répondre en premier.
Suis-je atteint du syndrome de Pénélope ? Ce que je sais, c'est attendre le jour où, solide sur mes deux jambes, je reprendrai la route et l'ouvrage là où je l'ai posé, terrassé par le mal.
Roger Dautais

Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Les engagements " pour Marie-Claude
Plages de la côte de Nacre
Nord-est de Caen - été 2007

mardi 11 septembre 2018

L'enfant de Lampedusa
Sous les silences répétés des pierres, un passé inaperçu continue de vivre.
Je n’ai plus l’air de chercher et j’avance sous un soleil pâle. Les visages reviennent avec les souvenirs…les voix aussi…les gestes…tout est là qui me parle, à nouveau sous les roches salées, soulevées. Tout sombrera avec la prochaine marée, comme mes pensées furtives. Dès l’aube j’arpente les ruelles sombres de ma mémoire, je longe ces interminables murs à l’affût d’une lumière, d’une faille, d’un tressaillement de la terre qui les mettrait à bas. Entre les ruines, nos cris assemblés et l’espoir, un jour, de parler la même langue.


Aux aveugles…

Roger Dautais
Extrait de : Pourquoi je pratique le Land Art ?


LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" L'enfant de Lampedusa"
Bretagne Sud 2014




" Nous poursuivons en vain
Une image effacée."
Paul Pugnaud





Sans songer aux menaces nous marchons
Sur la route où le jour découvre
Le cœur des roches
Cette ardente lumière
Nie la mort et détourne
Le vent qui traversait la vie.
Paul Pugnaud*

*https://www.recoursaupoeme.fr/les-poemes-choisis-de-paul-pugnaud/
 
Si  j'allais mieux,  je vous le dirais, mais c'est loin d'être le cas. Je n'ai d'autre solution que de continuer  les soins en espérant  me sortir de  là  un jour. Amitiés  à tous.
Roger

samedi 8 septembre 2018

Equilibre




Locmariaquer, terre sacrée...

L'entrée du Golfe du Morbihan brasse des quantités d'eau phénoménales et donne naissance au courant de La Jument , considéré comme un des plus puissants d'Europe. Je suis à Locmariaquer, terre sacrée supportant quantité de dolmens en menhirs remarquables. Haut lieux de sépulture choisi pour leur position géographique particulière, ils tissent cette presqu'île d'une maillage mémoriel que nul ne peut ignorer. C'est aussi une partie de la Bretagne, particulièrement traversée par de grandes forces telluriques auxquelles je suis très sensible. Toutes ces raison font que j'aime y pratiquer le land art . C'est aussi, parce que la beauté et la grandeur du paysage, sont propices à la naissance d'une certaine poésie, présente en terre Bretonne.

Roger Dautais
Notes sur le land art de 1997 à 2017

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Équilibre " Pour Alain Jégou, poète et patron-pêcheur
Kerpenhir - Locmariaquer - Breizh

*

Dans les ricochets de la lumière
la pierre
inonde le regard.

Marie-Josée Christien

Alignements de Kermario - Carnac

mercredi 5 septembre 2018

Guetteur d'espace :  pour Alexandre Jollien

Au nom de la terre  :  pour Emma.

Fluctuation des  lignes  : à Constance Schwarzlin


Lame de fond...


Un homme est riche de tout ce dont il peut se passer.
H.D.Thoreau

au limès de l'espace...

.../
Reprendre la route, c'est vivre, connaître des jours mémorables. Aller au devant des mémoires décousues des pierres voisines, les choisir, les rassembler dans une même énergie, pour élever un dernier cairn.
Il est si proche de moi, ce dernier, dans son complet silence. Le voici guetteur d'espace, de marée, maître du vent, admirateur du soleil. Nous ne faisons plus qu'un. Je capte son énergie, il a la mienne, une parfaite entente, le temps d'une méditation, avant de partir.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Guetteur d'espace " pour Alexandre Jollien
Baie de Quiberon

Morbihan - Bretagne

***
Mes amis,
Mon état de santé ne progresse pas. Pour le  moment, son état stationnaire,  insatisfaisant, ne me permet  pas de pratiquer le land art.Une consultation avec  mon chirurgien est  prévue, début  octobre pour  un bilan de  première année post-opératoire. Pour le  moment, malgré  une rééducation  intense, cet état stationnaire ne me  permet  pas de  pratiquer le land art.
Je suis très touché de votre  présence et de vos signes d'amitié, déposés,  ici et qui  m'aident  à  passer cette  période très difficile. Je vous embrasse.
Roger

dimanche 2 septembre 2018

Lame de fond
et
Mémoire amnésique

à Guy Allix, mon frérot...

Une idée persistante me préoccupe : suis-je en train de perdre la mémoire. Mes souvenirs gardent-ils les bonnes informations ? Un indicible trouble intérieur me fait avancer vers l'inconnu des prochains mois . Combien de temps me reste-t-il ?
Du haut des falaises , j'observe l'océan. Immense, il prend la couleur de l'orage. Mer formée, déformée, d'une belle puissance, elle amène chaque vague, l'une après l'autre, à se fracasser sur le pierrier qui protège la côte. Descendre vers la mer, le danger est là. Prendre une de ces vagues et de partir avec, peut s'avérer fatal.
Ce n'est pas une légende. Le mois dernier, un pêcheur à la roche, a été balayé, avec son chien par une vague scélérate. Pfff...Disparus. La mer a rejeté son corps quelques jours après, sans le chien.
Je sais cela, mais j'y retourne pour tenter d'exprimer la part diffuse qui est en moi et qui me pousse vers le land art. Ici, pas de confort, de calcul expert, , d'économie, tout est payé cash. Combien d'incompréhension autour de moi !
La fatigue m'étreint. Je tiens une dernière idée et la réalise : un couple d'amoureux, au bord de la rupture atlantique. J'aime la tendresse des pierres. Elle dépasse souvent celle des hommes.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blospot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" La tendresse des pierres " aux passantes du Chemin des Grands Jardins

Falaises de Ty Bihan
Carnac - Bretagne





Van Gogh à son frère


Je tournerai toutes les couleurs
De la palette touillerai tous les bleus
Les bleu roi bleu pervenche bleu turquoise
Les bleu pers car tu sais
Plus riche plus savant
Le ciel d'ici
Plus incommensurable
Mais ma palette maniaque se guinde
Et je mouds je mouds sans cesse

Isabelle Pouchin *


Ce poème est a découvrir avec d'autres dans la superbe ANTHOLOGIE SUBJECTIVE de Guy Allix, mon frérot en poésie.
Ici :
http://anthosuballix.canalblog.com/pages/isabelle-pouchin/27634347.h

mercredi 22 août 2018

Cairn en carrière de May sur Orne  : pour Rick Forrestal

Étoile de David, sur le Don.  Pour Raymond Anisten

Neuf raisons  pour changer d'âge  :  pour Emily de Wavrechin

Nid dans le ciel  : pour  Karine Kergroac'h

Cairn en côte de nacre Normande :  Pour Anne Le Maître

Carpe diem...

Je me suis jeté à corps perdu dans cette pratique du land art. Ce que je donnais à la nature, elle me le rendait, avec ce sentiment d'être pleinement vivant et à ma place.
J'ai appris à élever des cairns immenses, à côtoyer des fleuves, à travailler sur leurs rives. J'ai foulé les sables de mille plages, en France,à l'étranger. J'ai compris les saisons qui me passaient entre les mains, comme les années normales, assez détaché de cette notion de vieillir, sans le regretter. J'ai pris des risque physiques, j'ai connu des blessures sans jamais en vouloir à cette nature qui me remettait en place. Et puis est venu le temps où l'on s'aperçoit que marcher, est plus difficile, escalader, plus dangereux encore, porter lourd, impossible, parce que le corps ne suit plus.

Le 29 septembre 2017, je subissais une importante opération de la colonne vertébrale. Une dizaine de jours plus tard, on m’installait dans un fauteuil roulant, pour une temps indéterminé. Pendant mes deux mois d'hospitalisation, j'ai fait mes premiers pas avec ma femme.Elle me suivait avec mon fauteuil roulant , pour parer à une défaillance physique de ma part.. La souffrance était ma seconde compagne. Puis j'ai connu, différents plateaux de kiné et une rééducation, longue et pénible. Je m'étais dit : je recommencerai le land art dans moins d'un an.
Cette échéance tombe le 29 septembre 2018 et je ne sais pas si j'y arriverai. Toujours en soins kiné, avec retour à l’hôpital, une fois par semaine, et toujours sous antalgique.
Je suis incapable d'imaginer mon avenir d'artiste.

" On dirait que la ligne droite va s'arrêter, mais qu'avant, il convient de la parcourir jusqu'au bout, le mieux possible et c'est ce que j'envisage de faire".
Voilà ce que j'écrivais il y a quelques temps.
Je ferai au mieux, toujours heureux de partager avec vous, mes créations land art, toujours heureux, également de vous lire, ici.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais

" Neuf raisons pour changer d'âge" pour Emily de Wavrechin
Plaine de Caen, au sud de cette ville
Normandie

mardi 10 juillet 2018

  En attendant que  demain soit  un autre  jour ...


Aux passantes du Chemin des Grands Jardins .

La machine à vivre…

Tout le malheur des hommes vient de ce qu’ils ne savent pas rester au repos dans une chambre.
C’est l’une des dernières phrases lues dans un récit de Philippe Lançon. Elle tombe à pic et rejoint ma réflexion de la nuit.
Le bonheur est fragile comme un cairn qui attend la marée. Et pourtant, ce bonheur, je le quitte tous les matins, depuis plus de vingt ans pour calmer cette intranquillité , de naissance. Les murs ne me retiennent pas longtemps. Je dois aller de l’avant, mais, dehors.
L’éternité tranquille, celle qui tutoie les étoiles,ce sera pour demain. Mon domaine s’étend entre le rêve et la sensation. Un état que je n’ai encore su restituer par des mots. Mais, est-ce grave et tout doit-t-il se partager, qui nous tient debout ? La perte définitive de chaque instant, aurait pu me transformer en historien cupide. Je ne suis qu’un marcheur mélancolique ,amnésique et leger.. Ma vie pourrait se résumer en un huis-clos suspendu entre deux levers de soleil. S’impose le rappel d’être soi, rien que soi, dans cet exercice solitaire, sans jamais dépasser.
Une mélancolie de migrant m’avait collé à la peau pendant trente années de ma vie, bien impossible de m’en débarrasser revenu en Bretagne qui ne m’a pas attendue pour changer.
Je surmonte lentement, une reconstruction physique permanente depuis 6 ans,avec un pied dans la tombe.
Un minuscule grain de sable enrayera définitivement, la machine à vivre.Ce n’est pas une raison pour stopper les rêves de land art.
L’immensité de la plage, accueille les flots deux fois par jour. En ces périodes d’équinoxe, de fort brassage des eaux, au gré des marées, le paysage se crée, heure par heure, dégageant des grosses pierres, ensevelissant les autres. La vie-la mort, mouvement éternel et répété.
Une pierre lourde choisi, levée, calée. Six autres posées, horizontalement. Le poème est né. Son titre : To the sea.
J’aime aussi ces temps de méditation, face à la mer, en compagne des ces pierres solidaires. Conclure ici, ne serait pas la pire des choses mais je me dois de dérouler la route, jusqu’au bout. Driss me répète souvent : "demain sera un autre jour" et je le crois.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo création land art de Roger Dautais
" La marche d’équinoxe " pour Louise Skira
Côte de Nacre - Normandie.

http://louiseskira.com/galerie



Cendre refroidie
la pierre fermente
les scories du temps

si près de revenir au sable

elle m'adresse
son signal

quelques mots sédimentés
par la vie.


Ludu yenaet
ar maen a laka
kenn an amzer da virviñ

wae-nes traeshaat en-dro

gervel a ra
ac'hanon

un nebet gerioù lec'hidet
gant ar vuhez.

Marie-Josée Christien *

Pierre après pierre /maen goude maen
(Editions Les Chemins bleus)
 Les quatre sœurs des  marais  : Pour Marie-Josée Christien


La marche d'équinoxe  : Pour Louise Skira.

jeudi 28 juin 2018

" Entre Avril et Mai "  à Laurence Millereau

Transparence  : to Erin

 Soleil  pour lieux  mouvants  : à Christian Cottard 



 Petite parenthèse d'été, en attendant...

" Jusqu'aux lendemains où l'ombre est silence..."
laurence-millereau.

Depuis, longtemps, je crois que mes pensées sont comparables à des paysages, séparés part des intervalles de blanches inquiétudes. Elle m'amènent à lire et à faire de si belles rencontres avec les mots des autres.
J'ai noté ceci, au beau milieu d'un roman se passant au Tibet : " nous naissons pour mourir, nous rencontrons des gens pour les quitter, nous possédons les choses pour les perdre. Tout est éphémère et accepter cela nous rend les choses moins douloureuses". Cette parole bouddhiste, me renvoie, à l'idée que je me fais en pratiquant le land art.
Dans ces zones blanches, j'entre en communication avec l'étrange, autrement dit, le rêve. Loin bien sûr de la frilosité de nos contemporains, lorsqu'il faut vivre hors des autoroutes de la pensée unique.
Ces fissure qui me parcourent comme un éclair, je pense l'avoir déjà expliqué, finissent par laisser passer la lumière. Dans les plis du cerveau, s'accumulent ces mémoires amnésiques, qui, une fois sollicitées me donnent l'idée de nouvelles installations, risquant, autrement d'être étouffées par une inhibition latente. L'inquiétude ne doit pas s'accumuler, sous peine d'enrayer la machine.
Cette libération du regard des autres, sorte de censure sociale, est vécue dans l'action.
Il n'y a plus rien à craindre que soi. Je veux dire que la limite sera physique. Le paysage devient écrin, et l'installation, la perle. Une fois choisies, transportées, assemblées, face à l'océan,l'individualité des pierre se transforme. Le cairn, exprime leur beauté, et chacune d'elles en est comptable. Pas de dominant, ni de dominé, le chant est total.
J'aime, après l'effort, m'assoir en retrait et contempler ce cairn qui ne m'appartient plus. Ici, la notion de richesse est différente.
Tout est éphémère, oui, mais dans ce laps de temps qui me reste à vivre, au moins j'aurai vécu cette grande joie, parmi les pierres. Je voulais vous la faire partager.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création land art de Roger Dautais
cairn " entre Avril et Mai " à Laurence Millereau


*


Calanques V

J’ai des yeux sans repos
Le pied pâle

Si peu de main
Accrochée
Sous le soleil

A l’endroit où l’on s’arrête

La chute inscrite dans les pas

La chair tombe
Sans choisir
De crier

Juste pas vue

Les pieds n’ont pas besoin de tant de place

Myriam Eck

Page éditée sur ROGER DAUTAIS GOOGLE + 
été 2018
Photo

lundi 11 juin 2018


















Merci aux 403 054 visiteurs  du Chemin des Grands Jardins

Aux passantes et passants...

Modeste blog  à qui  l'on prêtait peu de vie," 10 000 visiteurs et  puis tu fermeras la boutique ",  m'avait-on-dit. N'ayant aucune connaissance en matière de Web, Michele B.une amie artiste américaine ,  mit en page,  pour me mettre le  pied à l'étrier, la première page et j'ai fait le reste.Créé dans ces conditions, en mai 2009 pour atteindre et dépasser, aujourd'hui, plus de  4OO OOO visites,  en  présentant du land art, cela reste un exploit. Mon expérience de land artiste est un peu plus  longue,  puisqu'elle a commencé en 1997.
Quelques graves ennuis de santé,  m'ont arrêté  plusieurs fois pendant de très longs mois(  infarctus, paralysie, opération de la colonne vertébrale ) et j'ai repris la route,  à chaque fois. Ce blog ne présente pas encore, ici, de créations nouvelles car le suis à nouveau en convalescence, 8  mois après  une  importante  opération de la colonne vertébrale. Je porte des  prothèses dans le dos et celles-ci ne me permettent pas encore de tout faire physiquement, mais, j'ai échappé  au  fauteuil  roulant. J'espère, dans quelques  mois reprendre la route du land art.

Il  y a quelques  mois, pour garder le contact,  j'ai réactivé ma  page GOOGLE + en présentant un choix de  photos land art de ma collection et et  écrivant des textes d'accompagnement qui  ont reçu  un réel succès et agrandi le nombre de  lecteurs, venant principalement, de l'étranger

C'est volontairement que je n'ai pas titré ces  photos aujourd'hui,  puisque vous pouvez les retrouver sur ma page ROGER DAUTAIS GOOGLE + avec le texte d'accompagnement ainsi que les dédicaces auxquelles vous étiez  habitués.
Lorsque  mon état de santé, qui s'améliore, me permettra de reprendre la  pratique du land art, ce sera pour créer et vous présenter les nouveautés, sur ce blog.

Enfin,  pour terminer, et en remerciant tous les poètes qui m'ont  permis de  publier leurs textes, je joins, ici le dernier texte  publié sur GOOGLE +, hier.

S'il est important et vital  pour  l'artiste que je suis, de  montrer mon travail,  il est aussi  important de garder le contact avec mes  lecteurs, grâce aux commentaires. Faites-moi part de vos commentaires  ou émotions vécues, je les découvrirai avec grand intérêt.
 Que les saisons à venir soient belles  pour vous.
 Je vous embrasse, en toute amitié. 
Roger Dautais


***


à ma fille ...

Si j'interviens directement dans le monde réel, dans le paysage naturel et sans retouches, c'est pour ne pas être court-circuité par ce bombardement d'images et d'infos qui m'atteindraient dans une maison, un atelier.
Pourquoi relier le land art à ma vie ? Pourquoi pas, après tout, je suis libre. Je travaille dans le plus grand atelier du monde, la nature, où je reste en communication avec toutes mes mémoires, qui interviendront à leur guise, dans le processus de création. Je vais ainsi, sur cette plage de la côte de nacre, mettre en valeur, la mémoire et le passé intemporel de cette immensité, se complétant comme le Yin et le Yang d'une pensée celtaoïste de Paul Quéré.
Acceptez le le partage de ce flottement existentiel qui est le mien lorsque, je me laisse envahir par un travail harassant, que mène à la conclusion de l’œuvre.
17 cairns élevés ici, après trois heures de marche, jusqu'à l'épuisement et puis, le final : ce cairn perché sur un brise-lame rescapé des tempêtes, que la mer dévorera , dans moins de six heures.
Modification et disparitions seront considérées comme l'achèvement de l'intervention, un retour au zéro horizontal que représente l'équilibre parfait d'un pierrier roulant sous la houle, continuant son travail de polissage des galets, dans l’anonymat le plus complet.
Je reprends la route, comme le plus heureux des hommes, sac au dos, traversant les dunes plantées d'oyats, sans autre regard que celui tourné vers l'avenir.
Roger Dautais
Notes de  land art  pour la Route 75
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

***

 Vieillesse.

Forces insignifiantes
Mémoire évaporée
Solitude des jours
Souvenirs incertains
Sans référentiel au temps
Sans référentiel aux lieux
Approche de la mort
Obligation de vivre
Il ne fait pas bon vieillir.

Lie Tseu

samedi 5 mai 2018

La 19ème heure : to Erin

Cardinales et celtaoïstes :  pour Marie-Josée Christien

Status quo    : pour Marie-Claude

Aux passantes et passants du Chemin des Grands Jardins

7 mois de passés, depuis  mon  opération de la colonne vertébrale. Léger  progrès  mais pas question,  pour le moment de  pratiquer le land art.  Si la greffe osseuse a réussi, les séances de  kiné, et passages  à l’hôpital, sont  à faire toutes les semaines. A75 ans passés, le challenge n'était  pas gagné d'avance,  mais  maintenant, je garde espoir.
Je pense que je reprendrai un peu le land art dans quelques  mois.
C'est  pourquoi, je travaille sur mon stock photos de 20 années de  pratique. Je présente ainsi, régulièrement de mes installations sur  ma page
 ROGER DAUTAIS GOOGLE  + et je vous  invite  à  m'y retrouver.
Je vous  remercie de votre fidélité au blog qui file vers les 400 000 visiteurs. C'est  donc grâce  à vous qu'il est resté vivant  !
Que ces  mois  à venir vous soient agréables.
 Je vous embrasse, en toute amitié.
Roger Dautais.


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à Marie-Claude

Conclure.
Il m'arrive de ressentir ce froid intérieur qui me rappelle l'échéance. Comment ne pas la craindre, aussi, lorsqu'elle promet parfois, la dépendance totale.
Si la vie a un prix, sa fin aussi.
N'ajoutons pas à l'entropie naturelle.

Tentation carminée.
Qui a mis ces cerisiers sauvages sur la route? Des cerises gourmandes font ployer les branches du cerisier. Goût exquis d'avant le plein été. Je fais une provision de ces fruits rouges succulents.Les cerises sont petites, charnues et colorées. Pendant trois jours, je vais renouveler ces cueillettes et les compléter de joncs, de tiges de fougères, des dernières fleurs de digitales de la saison, de fleurs des champs diverses.

In situ
Le tout sert à réaliser de petites installations géométriques.Simple exercice où j'exprime le bonheur de jouer avec les formes, les couleurs du temps. L'expression est manuelle pratiquée en silence, sans le piège des mots bavards, dans la beauté naturelle des lieux. Cela me permet de me libérer de l'angoisse qui parfois me saisit, par la simple contemplation d'une œuvre aboutie qui mène à la sérénité.
Silence

Dao
Dans la nature, nul n'impose le silence, longtemps. Il est unique, original, fragile, parfois pesant comme un vide. C'est dans ce vide que je m'installe, en équilibre. C'est là et pas ailleurs, où je me sens le mieux, loin du bruissement du monde.
Le Dao Taoïste me convient. Ici, tout commence et finit. Toucher à l'absolu, dans le land art, est ainsi possible.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Status quo " pour Marie-Claude
Brec'h - Morbihan - Bretagne


***


" J'aime tout ce qui s'écrit sur le silence,
l'immobilité,
L'écriture est alors l'imperceptible
mouvement,
L'à peine audible respiration d'un infini,
Un instant attentif à l'homme. "

Paul Quéré *
( 1931-1993 )

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Qu%C3%A9r%C3%A9

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.