La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 27 mai 2009

"Quatre saisons pour un nid d'hirondelles"...


"Je contemplais le ballet des hirondelles revenues nicher, après deux ans d'absence, devant la porte du garage. Attendre toute une année que passent les saisons, valait bien ce spectacle, même sous une pluie fine et pénétrante".

Roger Dautais
" Quatre saisons pour un nid d'hirondelles "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Mère et fille...








Les photographies et les textes ne sont pas libres de droit. Merci de me contacter pour toute utilisation sur roger.dautais@numericable.fr

...L'échelle des jours

S'il fallait retrouver l'instant de l'étreinte, ce serait impossible. Trente années sur terre, un destin en marche et c'est tout...
Roger Dautais
" destin"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

mardi 26 mai 2009


à Marie-Claude.
"Dis moi, tu te souviens, les dauphins au large de l'Aber Vrac'h, les bouquets de bruyère cueillis ensemble sous le crachin du cap Frehel, les dogs de Kergrist, les vents tournants du Menez hom, le chemin creux des morts, la Troménie, la voix de Glenn Mor dans la rue de la soif, nos pas sur l'île aux Moines...Ici, l'exil, une spirale tracée dans le sable que recouvrira la mer, pour rejoindre le pays...Ici, l'ailleurs qui dure depuis trop longtemps, mais ton regard bleu qui m'accompagne, comme autrefois, là-bas, au pays.

Roger Dautais
" Breizh "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

"Les dix frères du renard ont formé une ronde autour de son totem. Le soleil s'est mis en deuil et l'ombre a recouvert l'estuaire, peu à peu. Je me suis retiré avec l'image de cette scène, impossible à décrire".

Roger Dautais
" L'adieu au renard "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
"Il est toujours l'heure de rentrer, de partir, d'attendre, de rêver ou de travailler, de se déplacer, d'entendre la voix d'un ami, de répondre à quelqu'un, de se déplacer encore, et puis la marée monte, pousse les eaux écumantes entre les dunes et emporte l'horloge de bois flottés pour mettre fin au jeu, avant qu'il ne soit trop tard".

Roger Dautais
" La bonne heure "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 25 mai 2009


à Morgane...

Il y avait des roses blanches...Non, pas blanches...non pas de roses. Il n 'y avait d'autre présence qu'elle et le vent qui arrachait les fleurs de coquelicots. Juillet passait comme chaque année. Il y avait sa trace dans ma vie...dans les hautes herbes envahissant les blés et moi qui l'appelais " ici". Maintenant c'est toujours l'hiver, sans roses blanches, sans fleurs, rouge sang, dans les hautes herbes, sans elle, aussi.

Roger Dautais
" Les coquelicots "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Morgan 's cairn.
En mémoire d'elle, noire et feu...

Ici, tes pas d'autrefois...Au bout de mes doigts, ton image et la crémation d'une mémoire amnésique...puis le renouveau, gris perle, au pied du cairn. Les brandons chauds te cernent comme une couronne de souvenirs consumés...et dans le ciel...Dans le ciel, le cri d'une buse réclamant son territoire.
Roger Dautais
" Morgan's cairn "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS




"Je continue à penser que la pratique du land art peut apporter beaucoup de petits bonheurs. Encore faut-il aller les chercher là où ils se trouvent.





Dans mes geste je retrouve un parcours de vie singulier, le miens. Côtoyer des abîmes permet de se découvrir, à condition de ne pas y laisser sa peau. Si je passe toujours des heures à marcher, à contempler le paysage, c'est dans l'intention qu'avec un peu de chance, une émotion ressentie me permettra, à partir d'une simple coïncidence, de créer des rencontres entre les composants de mon installation. Je donne beaucoup de ma vie dans cette démarche. Le comprendre, c'est une des façons de me connaître et il n'y a aucun mystère là dedans".

Roger Dautais
" Citis "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
à Youenn Gwernig.
"Qui sait si je ne retrouverai pas derrière cette porte de bois, les fantômes de Kerouac et de Gwernig en goguette. Après la dernière tempête de cet hiver, la mer avait été généreuse sur toute les côtes de la Manche. La laisse de mer, telle une langue longue et humide avait apporté des morceaux de choix jusque derrière les dunes plantées d'oyats: parmi les bois flottés, une magnifique porte, vite plantée dans le sable et dressée comme un menhir, dans cet endroit désert, à l'entrée du grand trou noir : le royaume des morts. D'un côté de la médiatrice , les vivants et de l'autre côté, les disparus et leurs paroles de vent.

Je sculptais un gisant dans le sable mouillé, juste derrière la porte, avant de jouer la scène. Je suis parti des dunes, dans une marche orientée. Arrivé à la porte, j'ai frappé trois fois et je suis passé dans le trou de la porte. J'ai salué le gisant et j'ai repris ma route. J' entendais la voix de Youenn Gwernig, m'encourager de cette phrase écrite par lui, que je connais par coeur :
"Car il faut que chacun compose le poème de sa vie".
J'ai marché, marché sans me retourner, comme un aveugle emporté vers le large, dans les pas de l'exilé".

Roger Dautais
"An Toul en nor : Le trou dans la porte".

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche 24 mai 2009






" Tous mes travaux de land art sont spontanés et correspondent à un besoin d'expression dans l'urgence. En l'occurrence, c'est l'imminence d'un orage qui se profilait au-dessus d'un chantier désert d'autoroute qui devint l'élément " déclancheur" de l'idée. Ces guetteurs ne seraient qu'une infime partie de la fratrie élevée, la plupart du temps sur nos côtes, mais aussi , en sud Tunisie, dans le désert de pierres de Matmata où bien encore da aux portes du désert sud Marocain dans l'oasis de
Tafraoute. Dans tous les cas, il s'agit bien de trait d'union entre terre et ciel. Libre à chacun d'y découvrir un symbole" . Avant de reprendre la route, je construisais un de mes symboles préférés, a savoir une spirale inscrite dans l'immensité du long ruban de terre battue qui deviendrait, dans les mois prochains, une autoroute.

Roger Dautais
"Guetteurs d'orage "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

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" C'était comme ça, sur le jardin Anglais de Dinan , trois fois rien, des fétus de paille, cinq pommes assemblées sur un banc de solitude et le rêve se faisait sous mes yeux. C'était comme ça l'enfance, au jardin Anglais, entre fugues et escapades, et le bonheur d'être libre de profiter du soleil de l'été".
Roger Dautais
" l'enfance retrouvée "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

"Petite scène à rejouer sous le soleil du printemps :prendre le hasard en main et organiser la disparition éphémère d'une pierre rejoignant le fond de la rivière.
Attendre un été , sec, avec un niveau d'étiage, correct. Retrouver facilement la pierre. Attendre l'automne et la remontée des eaux. Recommencer la scène sans oublier le pot de terre vermillon
".

Roger Dautais
" Éphémère disparition"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 23 mai 2009






"Dans ma pratique du land art en bord de mer et sur les plages, je ne fais que retrouver le terrain de jeu de mon enfance. Seuls les gestes et l'échelle des tracés ont changé.

Le territoire reste le même, ouvert à l'imaginaire. Les sables de France ou d'Afrique m'ont inspiré des spirales de toutes dimensions. Ici, j'aime courir l'estran à la recherche d'un lieu possible. Si l'on me dit " Sculpteur de l'éphémère ", je ne regrette en rien la disparition de mes travaux. la mer en est seule, propriétaire. Elle continue à en disposer, selon son rythme, aidé en cela par le vent".


Roger DAUTAIS
" Sculpter l'éphémère "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


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"Ouvrir une porte au jusant et voir partir les ferries"
Roger Dautais
" rêves en partance"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS




"Je suis né de ces pays blancs où la mémoire n'a plus de trace. Je suis de ces plaines en brumes où seul parvient l'écho d'une voix humaine. J'ai parcouru ces chemins creux qui s'enfoncent dans le ventre de la terre, au royaume des morts et des racines.Du soleil levant, j'attends la force d'avancer, d'écouter les ombres, de croire en la vie. Au couchant, tout disparaît, toute parole devient vaine, tout écho serait en trop. Je marche seul dans la nuit et j'attends".

Roger DAUTAIS
" Parcours "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

La vie hors cadre d'un fleuve libre d'aller jusqu à la mer ne se conte pas.. Une mémoire amnésique nourrit ses eaux. Une seconde d'inattention suffit pour qu'elle nous échappe, une autre seconde, pour la contempler, pendant que de curieux poissons nous regardent sous le miroir. Après, comme toujours, il nous fait choisir de rester ou partir.

Roger Dautais
" La vie hors cadre d'un fleuve libre"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS





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"De drôles de poissons, de l'eau,
un triangle de couleur qui prend peu à peu le large,
et le cerf-volant cherche déjà le ciel.
L'enfance est là, bien présente, comme autre fois, en Bretagne
".
Roger Dautais
" jeu de rives "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

vendredi 22 mai 2009

"J'ai gratté la terre de la berge et je l'ai mélangé à l'eau du fleuve. Sur la pierre plate choisie à cet effet, j'ai écrit" Peace and Love", parce que j'aime bien ce slogan. J' ai réalisé mon premier bouquet de fleurs printanières et je l'ai offert au fleuve, en signe d'amitié. Le reste de la journée s'est déroulé sur sa rive gauche, situé après le grand déversoir, d'installations en installations jusqu'à ce que j'atteigne le chemin qui menait au bois. En fait, je connais cet endroit du fleuve depuis 2002, année où était réalisé une scène du premier film consacré à mon travail de landartiste, et j'y reviens souvent.

Roger DAUTAIS

" Mémoire de rives "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 21 mai 2009












"Pratiquer le land art, c'est, après une marche fatigante, trouver l'inspiration, en plein mois de juin, sur le bord de la route qui conduit aux marais. C'est,
tracer un cercle de pierres sur le bitume, l'orner de graminées. C'est , reprendre la marche et retrouver la moiteur des marais, traquer la lumière tombant du ciel au travers des branches. C'est fabriquer des nids de coquelicots et les déposer comme un haïku naturel, au juste endroit. C'est composer un bouquet de souvenirs anciens, entre ombre et lumière, dans la fin d'un après-midi solitaire. C'est, terminer la journée en marquant de façon éphémère, un tronc d'arbres, de cercles d'herbes vertes pour représenter le nombre de mois significatifs passés à explorer ces lieux, difficiles d'accès, été comme hiver.
Pour un autre artiste, le land art représentera tout autre chose, mais, en ce domaine, qui peut prétendre détenir la vérité.

Roger Dautais
"Traces"
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



"Je recherche dans la géométrie des formes à retrouver l'expression d'un mouvement, la partition d'un espace capable de capter la lumière, la mémoire de constructions anciennes remontant à mon enfance, l'harmonie des couleurs, l'inscription physique de l'installation dans le paysage. Parfois, l' assemblage se fait avec peu de moyens et des matériaux souvent à portée de main, suffisent à exprimer mon idée. Ces petites installations, réalisées au cours de marches dans la nature, sont très éloignées, par la taille, de créations plus grandes pouvant atteindre plusieurs milliers de mètres carrés, mais elles font l'objet d'autant d'attention de ma part et me procurent un réel plaisir".

Roger Dautais
"Traces"
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
" Certes, vous trouverez toujours quelqu'un pour vous expliquer comment la mémoire se déconstruit, mais ce n'est pas suffisant pour comprendre ce que ressent un amnésique. Depuis de nombreuses années, le fait de côtoyer des personnes atteintes dans cette fonction m'a amené,dans mon travail, à évoquer cette perte de mémoire de différentes façons, et parfois en utilisant le mouvement et la vidéo. En voici un exemple".

Roger Dautais
" La mémoire amnésique "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Land art en pays noir...



Durant l'été, les plages se couvraient de touristes. Je me repliais dans les terres et parcourais la campagne normande avec une série de sphères blanches dont j'allais me servir pour réaliser des installations éphémères. Il m'arrivait de rencontrer quelques paysans au travail qui s'arrêtaient pour me demander ce que je faisais là. Je leur parlais de ma pratique du land art, des installations éphémères, du rapport que cela pouvait avoir avec le paysage. Je ne sais pas si je les ai convaincu d'une telle nécessité dans ma vie et, bien que les surprenant dans ma démarche de landartiste, j'ai toujours été bien accueilli par eux, sur leurs terres. En cela, ils ressemblaient aux paysans rencontrés en Tunisie et au Maroc.
Roger Dautais
" en terre Normande "

"Parfois je rêve et cela me vient de si loin que mes yeux se ferment. Le paysage s'estompe et laisse place à l'irréel.Je voyage ainsi à la rencontre d'inconnues sensations et puis j'ouvre à nouveau les yeux, cherchant dans le réel des traces de ce monde d'aveugles".

Roger Dautais
" Land Art en Normandie "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

" Il arrive que des lumières éclairent notre part d'ombre et nous voici réconciliés avec le monde...Hors cadre, la vie nous attend, nous échappe à chaque tournant...Qu'une page blanche survienne dans notre nuit et le vacarme des incetitudes recommence, incessant...Il questionne l'inconscient, la lumière propose, l'objectif fixe, écarte, élude. Restent les mémoires à oublier.Ainsi va la vie".
Roger DAUTAIS
" Nuits blanches "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.