La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 16 novembre 2009





à Youenn Gwernig,
homme debout
,
à sa famille....

Roger Dautais dit "An Eostig"


…/Qui voit que tous les êtres humains résident en son propre soi et que son propre soi réside dans tous les êtres humains, perd toute peur.

Phrase perdue et retrouvée dans ma mémoire de papier. Je l'avais lue dans une exposition consacrée aux Justes, installée au Mémorial pour la Paix de Caen où je travaille souvent.




Je porte la graine

dans mes racines

Je soumets ma substance

à l’ordre

qu’elle instaure

Ces instants de fusion

suscitent la métamorphose.

Marie Josée Christien



Qui m'aidera à TRANSPERCEVOIR ?
J'aimerais ces stores déchirés
Par l'opium peut-être
Par l'amour sûrement
Une main gantée d'orgasme et de foudre

Les mots seront ces vagabonds de ma tête
Rien que des vagabonds
Je les voudrais plus nus
Que le premier jour du monde
Plus semblables à la foudre
Sur la tête des hommes
Je les voudrais surtout
Terrassiers

Qui m'aidera à TRANSPERCEVOIR ?


Guy Allix



Youenn Gwernig était un grand bonhomme, Poète, sculpteur, écrivain, chanteur. Il est arrivé après Glenmor, Stivell, pour insuffler un nouvel élan à l’expression culturelle bretonne.

Glenmor était le précurseur dans un style un peu empathique qui correspondait à l’esprit de l’époque, Stivell a transcendé la musique traditionnelle, Servat était le chanteur des luttes, Youenn a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine s’appuyant aussi sur l’Amérique, celle de Kerouac et Ginsberg, Bretagne et Beat génération.

Son premier disque a été une véritable révolution s’imposant d’emblée auprès de ceux de Servat, Stivell, des Tri Yann. Réalisant une synthèse avec d’autres artistes comme AnnChrist, Manu Lanhuel, Patrick Ewen.

Intervenant donc pleinement dans la ré appropriation culturelle bretonne, le personnage était également haut en couleur, on le disait chaleureux. Il faisait également penser à Félix Leclerc, à cette Amérique des grands espaces et des hommes en recherche de liberté

Il laisse une œuvre à redécouvrir, et restera une personnalité bretonne marquante de la fin du xxème siècle en Bretagne. (Paru dans Paris Breton Le trait d'union en avril 2007)



Ils veulent nous censurer, nous ne voulons que le combat. Il sera bien temps de se coucher parmi les vivant quand il ne restera plus sur la terre un seul prisonnier pour délit d'opinion, un seul enchristé pour paroles insolentes. La liberté est affaire d'homme. Les femmes nous l'apprennent, il me semble. Pourquoi toutes ces polémiques autour de l'humour, du mot juste, de la syntaxe, de la concordance des temps. Est-ce le plus important de lisser le propos et voir crever de faim les 3/4 de l'humanité sous l'oeil des nantis. Je ne suis pas pour la révolution qui ouvre la porte à de nouveaux goulags ou autres réjouissances,polpoteries rocambolesques où l'homme y laisse sa peau devenir parchemin sur carcasse piteuse. Je suis pour la liberté de ton, non pour le prosélytisme qui formate les discours, remplit les sectes, enferme l'homme. Je suis pour que la mémoire n'efface pas l'histoire, ne transforme pas en détail, les chambres à gaz, ni la famille de Raymond, en cendres.
Nous sommes la mémoire de l'humanité, de notre vivant. Certains passent la frontière de la mort et sont " dans" notre mémoire. Youenn Gwernig était un homme de combat, de convictions,de courage, certes pas" lisse" certes pas comme les bonnes âmes auraient voulu qu'ils soit.
Youenn, aimait la vie, les siens, ses amis. Il sculptait, écrivait, chantait, la vie, le combat. C'était un grand poète, c'est un grand poète. C'est à lui que je pense ce matin, c'est auprès de lui que je viens chercher l'inspiration pour répondre aux nettoyeurs de blog qui ne veulent trouver aucun débordement pouvant le choquer et qui m'attaquent sur ce principe de libre expression. Quelque soient les mots, ils seront toujours en deçà de la violence faite à l'homme par celui qui attente à sa liberté de penser, de s'exprimer. La France est encore un pays libre d'expression et je ne vois pas pourquoi nous devrions nous aligner sur une pensée mitoyenne, aseptisé,courtelinesque et partisane.
A cela, je préfère une pensée citoyenne, fraternelle et libre comme le vent.
Loin de ma Bretagne que j'aime tant, j'y retourne , avec le nez dans le vent, les pieds dans la mer, les mains dans la terre, lorsque je la travaille. Le land art est mon pays, l'exil, ma condition et la poésie mon point commun avec le grand Youenn Gwegnig. Là se trouve ma famille , non ailleurs. Il y a bien mieux à faire que ds ronds de jambe dans certains blogs devenus des salons mondains à cocotte, des poulaillers qui me font penser à la chanson d'Alain Souchon Poulailler song.
- Ah ! ce Souchon, quel impertinent, me disait, un jour, mon institutrice de voisine,
il est à la
limite de l'incorrection
.
- Je sais, lui répondis-je, c'est pour ça que je l'aime.
- Ah...Me dit-elle,vous aimez les hommes ? vous êtes homosexuel aussi ?
- Non
, lui répondis-je, lui-non plus d'ailleurs, mais je suis moins con que vous. Au revoir Madame.
Croyez-moi, depuis,elle ne me dit plus bonjour. Ah ! Ce Souchon, quel fouteur de merde. Moi, j'aime bien...


Roger Dautais
La nuit, je chante du Souchon

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche 15 novembre 2009





Apprend à mépriser le peuple et tu t'élèvera au rang du cochon

Grand Mamamouchi


Je sais maintenant. J'ai été visité cette nuit par une Sainte, une icône, que dis-je, une révélation.
Cette Sainte Trouille est venue me confirmer mon intronisation. J'en fait parti . Attendez, pensez pas déjà tout de travers. Je fais parti de la grande confrérie des Bloggeurs. Pas des ferrailleurs et récupérateurs de métaux, les pompes à merde( ce n'est pas vulgaire, c'est ce qu'ils font qui est vulgaire), ni les autocopieurs, ni les aspirateurs à photo, ni les rimailleurs, ni les malades, ni les pompaégo...Non,non...les bloggeurs. Les vrais., les sublimes, les sublissimes, les formés de l'univers cité, les zénarcs les ziuffmêm's, les professors, les doctor's es tout. Bref, je suis dans l'élite.
Je suis de ceux qui passent leur 3 heures par jour à délirer devant leur Mac, de ceux qui se prennent pour des poétesses et qui surfent sur le bidonnage des foules aveuglées, ceux qui à 70 balais mettent sur leur blog, leur photo en short pour nous faire croire qu'ils sont des communiants. Celles qui portent à 60 balais les fringues de leur fille pour faire majorette. Bref, le mondes lettres et du salon littéraire à deux balles. Ces salons, sous toile de tente, où le bloggeur célèbre dédicace facile, ses trois livres dans la journée aux vrais intellos qui le comprennent, alors qu'à côté, Didier Decoin, le pauvre homme, n'a pas assez de sa pile de 150 ouvrages pour tenir l'après-midi. Ah, c'est dur de se réveiller le matin et de savoir que l'on est, sauveur du monde.
Tiens, c'est bien simple, il y a quinze joius un Dimanche, après la messe, je pratiquais le Land art (Oui , je pratique le land art, le Dimanche, et quatre fois par ans, mais je donne des cours d'initiation à qui me le me demande...Et...alors ?). Je réalisais une sorte de figure géométrique de base, appelée spirale, quand un homme très bien mis, que j'avais remarqué à l'église de Courseulles sur mer, s'approcha.
- Dites-moi, mon bon
il m'appelait mon bon !
-Savez-vous que selon les lois du Seigneur, il est interdit de tourner le Dimanche ?
-............................?
-Seriez-vous, mécréant à ce point que de fouler le sol de notre paroisse, et de vous autoriser vous-même
-..................................................?
-M'est avis qu'un tel mépris cache encore une extraction de base souche...Seriez-vous.....étranger ?
-Oui
-Me supputations sont Divines. Merci mon Dieu.
-Je suis Breton.

L'homme se signa. Il court encore.

J'ai terminé ma spirale sans avoir même eu le temps d'expliquer aux gendarmes venus me "ramasser" sur la plage comme un vulgaire bulot, que je pratiquas le land art.
J'en ai oublié mon appareil photo. Notez que ces choses là, ne sont jamais perdues pour tout le monde.
J'ai eu le droit à une amende de 9o nouveaux francs pour entrave à la libre circulation des Ferries. J'ai eu beau dire au juge de Caen, qu'à Courseulles sur Mer, il n'y avait pas de ferries, il n'y a rien eu à faire. Il prédendit même que " des ferries, il pourrait y en avoir".
C'est là que j'ai entendu l'injure suprême " horsain ".
Oui, je suis un "horsain" un sale étranger, un Breton égaré dans cette belle Normandie, terre natale de tant de génies.
Je suis en centre de rétention à Rouen et j'attends d'être transféré à Deauville Saint Gatien pour prendre le vol charter n°117 en direction de Brest Là-bas, je serai relaché dans la jungle Bretonne en attendant de retrouver ma belle Normandie, chère à l'exilé que je suis, si verte, si accueillante, fleuron des provinces françaises, qui sent bon le calendos, la gniole( pardon , le calva), la teurgoule à nanard, la tripe et l'andouille de Vire. Quand on a l'habitude de se gaver de bonnes choses, on aime aussi s'élever dans le domaine de l'esprit.
C'est pour cela que j'allais à la messe. Mais le pauvre gueux que je suis, n'avait pas compris. Il faut porter des gants et des bottines cirées.
Alors, bien sûr, avec des croquenots, faire des ronds dans le sable, un Dimanche, sans gants , tout le monde n'est pas Goldsworthy, tout le mon ne s'appelle pas Walter de Maria, ou Ana Mendiet, ou Richard Long, ou emmanuel Prenevieille.
Je ne plaisante jamais. J'ai pas d'humour. Moi, mon truc, c'est les livres d'histoire, les histoires de Cochon. Z'avez vu comment elle a terminé, Jeanne d'Arc. Encore une Horsain. Et les évêques, ils aiment pas ça !




Roger Dautais
" Dit Horsain le Bloggeur

LE CHEMINDES GRANDS JARDINS

samedi 14 novembre 2009

Histoire de déplacer quelques pierres et idées de
droite à gauche
.




Je me trouvais dans le nord de l'Italie avec Marie-Claude. Nous revenions de Turin. Nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route qui monte vers le Grand Saint Bernard, pour déjeuner sur notre table de camping bleue. Tous les landartistes n'émargent pas comme le pape du Land Art et faut néanmoins se nourrir. Beaucoup de nos contemporains, pensent d'ailleurs que nous sommes de purs esprits, sans contingences, si l'on observe à quele sauce nous sommes dégustés, aujourd'hui.
Il faut de plus, si nous nous exprimons en tant qu'auteur, garder un ton et maîtriser la critique afin de plaire au député de service, capable de tancer le prix Gouvours, il est vrai, de couleur. Ceci explique sans doute son manque de civilité et, pour le député , sa vertu obséquieuse, servile , à la botte. Nous lui offrirons une boîte de cirage à cet homme, afin que, grimé, ilcomprene ce que peut subir un noir dans notre beau pays.
Que diable vient donc faire une échelle dans ce galimatias et pourquoi ces escabeaux dans cette course aux honneurs. Eh. Bien, il est de bon ton, à tout celui, qui par son impertinence, fait remarquer que le prix des charters pour l'Afghanistan, tend à diminuer, il est de bon ton, dis-ai-je, de lui tirer l'échelle afin que notre bon ministre, dans la femme nous indique la longueur du sexe et la durée des ses ébats amoureux, douche comprise, ne soit pas gèné sous les aisselles par cette populace bornée et de basse condition, ne participent à la cacophonie et rendent le climat délétaire.
Il est mieux, en effet de garder sa plume pour dénoncer sa concièrge, surtout si elle est de la même couleur que notre prix Goncours, plutôt que de déranger nos bons ministres ou députés afin de leur faire prendre conscience d'une erreur. Qui peut se tromper à un tel niveau ? Pas Erix, à la belle chevelure blanche, oh ! non ! pas lui. Tandis que nous.... Ah...Oui. Remarquez, je dis de la France, mais en Italie, avec le Comendatore. Vous avez vu la classse...Le costume, la limose blanche, la baveuse, le sentabon, les pompes. Rien à dire, et en plus quelle rhétorique.
Bon, mais quand même, on est rentré, ça sentait le jambon frelaté en Italie.
Du côté de la nouvele école des Beaux Arts, ouverte depuis, il y avait des échelles, ds echelons, de s coffrages.
Forcément, ça donne envie d'élever quelque chose à soi. Et come ma chienne venanit de mourir, Morgane la fidèle, j'ai pris mon escabeau et je suis monté dessus pour élever mes 7 cairns. La côte Normande s'écroule parfois et il est bon pour se redonner le moral et oublier toutes les âneries de la télé de sa lancer dans des installations éphémères, certes mais dont l'élévation ne tient ni au piston familial, ni à la magouille.


Roger Dautais
à ceux qui arrivent avant d'être partis



mardi 10 novembre 2009

à Vincent et Fanny,
Papa




Si tu vois dans le ciel, une étoile filante, fais un veux pour moi...






Il n'est pas aisé de mettre en place un film, une équipe et de commencer réellement le travail.
Ce jour est le premier jour du réel travail. Il suit 6 mois de préparation personnelle, de contacts, de repérages, d'écriture et de nuits blanches. Il traitera de mon parcours d'artiste, de landartiste et surtout d'art thérapeute en relation avec les déments Alzheimer. Docu-fiction, ce film est tourné sous la forme d'un road moovie , en Base Normandie.
Je continuerai à alimenter ce blog en fonction de mon temps libre. Je remercie LE PORTAIL DU LAND ART qui a aidé au lancement de ce site. Je remercie mes nombreux lecteurs, Français et étrangers.
Grâce à ce blog LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS, co-produit ce film et sera avec mon épouse, moi- même, une partie de l'équipe, en résidence d'artiste au Canada à l'automne prochain.
Mon projet littérature jeunesse va bien. Je commence la mise en ondes sonores d'un autre conte "Le dérouleur de rêves" avec une équipe de six personnes, Marie-Claude, mon assistante et moi, compris. Fin décembre un autre de mes contes sera diffusé au Canada et en France métropolitaine, et outre mer. C'est le résultat d'un travail d'une vie qui continue, avec des hauts et des bas. Je cherche en permanence des artistes graphiques pour des projets ponctuels d'illustration de contes. Si vous en connaissez, prévenez les.
Le land art, ce n'est pas terminé. Il y aura encore de belles aventures, de terrain, d'amitié avec mon groupe international de land art PLAGES DE LIBERTE; Il y aura, 'l'été prochain, un documentaire, le 4 ème sur ma pratique de landartiste. Et puis je réaliserai un rêve en allant pratiquer le Land Art au Canada. La Tunisie, c'est notre rêve à nous, retourner à Matmata dans le grand sud Tunisien que nous connaissons et aimons. Nous sommes des voyageurs, nés dans le voyage et nous mourrons dans le voyage. On ne se refait pas. Je crois en mon étoile et la vie s'ouvre devant moi. Chaque matin est le premier nouveau jour de ma nouvelle vie et j'y vais d'un bon pas.
Epamin' la sage, me guide comme un GPS sur les chemins de l'amitié. Par elle, j'ai connu de très nombreuses personnes qui m'ont suivi ou suivent mon travail d'artiste. Je la remercie, elle et ses esperlurettes, come je remercie Géco, et Emmanuel Prunevieille, génial échotier du land art et ami du Web. Je remercie aussi Sylvain Arbez et j'ai une pensée affectueuse pour sa maman. Dans les nouveaux apparus au ciel de ma vie, Guy Allix, poète mais surtout homme de combat, courageux et debout dans la tempête, un frère pour moi. Je ne fais pas le tour de ma famille si absente, juste un salut à mon frère, Jacques Dautais, Président de mes deux associations, qui me donne son amour fraternel depuis 62 ans.
Pour ceux que j'ai oubliés ou qui nous ont oublié en route, je leur dis, nous sommes en bonne santé sur LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS.

Roger Dautais dit An Eostig
Voilà, il fait encore nuit. Une nuit de travail avec un petit dormi d'une heure, ça arrive.
Bonne journée à tous

lundi 9 novembre 2009





Je suis désolé, c'est encore pour Epamin'
mais promis, je recommencerai plus( oh...les fautes)



"Ne vous bousculez pas, il y en aura pour tout le monde "
Michel Colucci dit "Coluche"

Ce texte, en hommage à sa mémoire,
en amitié pour ses proches, ses amis,
et en toute humilité...
Roger Dautais 10 novembre 2009


DOCU FICTION

LA DISCRIMINATION *

Nous voilà bien.
Vlatty PAA, artiste Temporain, m'envoie, par la poste et en photo, des œuvres dont je ne sais quoi faire. Vous connaissez les artistes, immensément riches et fainéants, comme me le dit justement mon beau-frère qui travaille dans l'éducation Nationale.
lui, monsieur PAA dont je tairai l'origine car je ne veux me compromettre, disons qu'il est un mélange de bon goût, côté Russe et d'erreur, côté Vietnamien, fait dans l'incompréhensible : l'art.
Bon, personnellement, j'ai été élevé dans la peinture et je sais quelle couleur ça a.
Je suis VRP et donc intelligent, bien plus que mon beau-frère Mikelé Martini, qui travaille comme chef dans l'Education Nationale.
J'ai esssayé de peindre, j'y arrive pas. Josiane, ma seconde femme, à cause que la première elle est partie avec un artiste, Josiane femme au foyer ( il faudrait dire au chauffage électrique vu que la cheminée, je l'ai murée avec mon beau-frère pour mettre devant mon aquarium de 5000 litres avec les piranhas) me l'a dit, il y a deux ans quand j'ai voulu repeindre les volets de la salle à manger et que je suis tombé de l'échelle. Six mois d'hôpital.
Et Josiane qui pleurait. Même que mon voisin est venu lui tenir compagnie pendant tout ce temps. Ils sont devenus très proches. C'est normal, faut bien quand même se donner un petit coup de main, entre voisin.
Bref, me parlez pas de peinture ça me rappele mes poulies et mes plâtres. Et justement ce VLATTY PAA, il m'envoie, comme me dit ma feme Josiane, un carton d'invitation au FRAC.
Alors on est allé au FRAC.
Magnifique, le buffet. C'est Hubert Messein, le gendre de mon beau-frère Mikélé Martini, qui l'avait dressé...Non pas mon beau-frère, le buffet. Il est le traiteur du FRAC du CAC de la DRAC
de l'OPAC et de tous les banquets officiels de Gironde où nous habitons du côté de Libourne.
Remarquez que nous, avec Josiane ma seconde épouse, on ,n'est pas de là, on vient d'Alger, on est pieds noirs, comme Bernard, le pharmacien de Libourne Quel grand con celui-là, mais sympa avec Josiane.. On fait tous parti du Front... Eh ! Oui. Avec l'ami Jean Marie, on a l'oeil sur tout ce qui n'est pas Français. Forcément, on aime le blanc, avant tout et moi, quand je vais au FRAC je m' habille en blanc. C'est là qu'a commencé ma haine envers VLATTY PAA.
Ce demi-jaune d'oeuf, comme le surnomme amicalement mon beau-frère qui travaille dans l'EducationNationale, patrie des droits de l'homme, ce citron pas pressé, s'approche de ma femme et se met à l'entreprendre. PAA, c'est un petit mec d'un mètre soixante dix, avec les lunettes ovale. Quel con.
Bon, moi, j'arrive, un mètre quatrevingt sept , 127 kilos à la dernière pesée, à poil, chez le docteur Lafourre, un amai de Josiane, et je lui mets un coup de ventre dans le buffet, à cette demi-portion, histoire de lui dire que je suis le propriétaire de la merveille blanche qu'est ma Josiane. Lui, il s'est poussé de côté et je suis tombé à plat, justement dans les plats de charcuterie de Hubert, le gendre de mon beau frère qui travaille comme chef dans l'Education Nationale.
Josiane, elle m'a beurré la cravatte,( elle l'a même léchée ) en m'essuyant avec sa serviette de papier et vu que moi, en dedans, j'étais pareil, beurré au whisky gratuit, ça n'a pas arrangé les choses. Et ce con à lunettes ovales qui s'excusait en riant.
Ma chemise, on dirait dit du Kandinsky, m'a-t-il lancé. Encore une insulte sans doute dont sont friands ces bâtards d'artistes.
Je suis resté jusqu'à la fin du cocktail onéreux, vu que c'était gratuit et que j'adore la charcuterie d'Hubert. Ils sont tous partis voir les œuvres de l'autre taré. Moi, j'ai dit à Josiane, prends le volant de la BX et direction le château. Je sais pas comment elle s'y est prise, cette conne, en arrivant sur la place de la Mairie de Libourne, elle voit un copain( Josiane a beaucoup de copain, elle est tellement jolie avec ses cheveux longs et sa paire de ...enfin, vos voyez, devant) et, reconnaissante envers lui qui est ausi son coach, elle tourne la tête, oubliant de regarder devant elle.
Vlan qu' ça a fait et même plus. On s'est retrouvés tous les deux au ballon, vu que les flics n'ont jamais voulu entendre notre amitié avec le Maire de Libourne.
Deux grammes cinq pour moi, et un gramme soixante dix pour Josiane quine boit jamais d'alcool, juste du champagne rosé.. Je vous dit pas l'état de notre voiture, une BX blanche, de 1983 à toit ouvrant, ni ce lui de la voiture des flics, ni l'odeur dans ma cellule à la prison de Bordeaux ni tout et tout. Un an ferme pour conduite en état d'ivresse, et des trucs que j'ai pas compris au tribunal. L'avocat était nul, tout ça à cause de flic blessé par l"aile de notre BX. Pourtant, elle en avait passé du temps chez l'avocat, ma femme Josiane qu'elle est belle, pour tout lui expliquer. Même que c'est devenu un ami, lui aussi.

Vous me croirez pas, l'assurance elle a pas marché. Il remboursent plus rien les assurances. L'autre jour on a piqué l'appareil photo de mon beauf', et sa Directrice elle lui a dit: tu seras pas remboursé, y z'aiment pas donner de l'argent pour rembourser, les assurances, alors, vu qu'un appareil photo ça sert à rien, ils remboursent pas.Notez, quand on réfléchit, c'est juste.
Mais comme je ne suis pas chien, je l'ai gardé notre BX et c'est Michel, notre Dog Allemand qui dort dedans au le fond du jardin. Josiane a transformé notre BX en petite maison douillette, pour la journée seulement, car c'est Michel, quel beau chien de garde, qui dort avec Josiane dans notre lit. Moi, je suis à la cuisine, installé dans sa niche pour dormir en rond. Remarquez, y a de la place, même pour un gros et la nuit, j'ai le pinard à portée de main. Pas con, non ?
J'ai encore un procès à venir avec l'artiste Temporain, vu que je l'ai traité, justement d'artiste con, de temoporain, de niakoué, et que j'ai fait jouer mes relations pour qu'il n'expose plus ses conneries en France métropolitaine. Discrimination* que m'a dit l'avocat. Mon avocat, un ami proche de ma femme. Vous vous rendez-compte, même les avocats, en plus, il est Juif, ils se mettent à employer des mots que je ne connais pas.
Je vais y aller au tribunal. J'en ai vu d'autres en Algérie et mon beau frère, il m'a dit, ouvre l'œil et le bon, comme Jean Marie, notre idole, notre maître à penser, notre phare de Cordoue, le sauveur de la France blanche.
C'est pourtant simple la vie. En France il y a trop d'étrangers. Si on virait déjà tous les Bretons, les Basques et les Corses, et même les Auvergnats, on circulerait bien mieux à Paris.
Dimanche on va à un concert de cor de chasse. J'adore ça. Josiane elle s'y est mise et en joue du cor de chasse avec un ami chasseur de Langon. Il m'a dit qu' elle avait le lèvres faite pour ça. Je ne dis rien, je connais pas. Et puis, 3 fois par semaine, elle se rend à ses cours, en mercédes. Je suis fier du cor de Josiane et du copain qui l'astique( le cor, pas ma femme, voyons) avant qu'elle souffle dedans.
Enfin, la vie a repris son cours. J'ai pas revu l'artiste Temporain dans la région. Parait qu'il vivrait entre Moscou et Tien an Men. Qu'on m'a dit...Allez savoir si c'est vrai. Peut être bien des menteries. Nous autres, les gens bien, les propriétaires terriens, ne goûtons que très peu ces gens du voyage, ces artistes temporains qui subvertissent notre belle jeunesse. C'est pas de moi, cette expression, j'ai trouvé ça dans un vieux "Je suis partout".
Ah, c' était quand même autre chose du temps du Maréchal Philippe. Toute cette vermine avait été traitée.
Faudrait une bonne guerre que m'a dit Josiane qui exagère toujours. J'ai dit stop. Trop c'est trop. Je suis pas raciste moi, déjà qu'avec les charters je suis pas d'accord, au prix du Kérosène. A pied moi, que je les renverrai les artistes Temporains pour voir si dans leur pays ils trouvent des gens aussi généreux que moi et ma femme. Tous chez eux et nous chez nous.
Remarquez, c 'est surtout elle qui est généreuse de partout. Même Michel qui n 'est pas une lumière, vu où il travaille comme petit chef, il me l'a dit, ta femme elle a le coeur sur la main et alors qu'est-ce qu'il est gros son cœur, y'a de la place pour un régiment. Pas compris vu quej'y ai pasé ma vie,dans un régiment et ça fait du monde !
J'aurai cinquante cinq ans demain. Ca fait dix ans que je suis à la retraite et je regrette l'armée. J'ai perdu ma famille quand je suis parti du régiment, j'ai perdu mon père, mon colonel, mon idole,un pied noir, un peu bronzé à mon goût. Les copains ils m'avaient offert un pot de départ que j'ai pas vu la fin. Le lendemain, au poste de police, j'ai revu Gérard, un brigadier, un pote qui me faisait sauter toutes les contre dense, un ami de Josiane. Il m'a dit, cette fois je peux rien pour toi, t'es à plus de deux grammes. Et ma bagnole que je lui ai dit. Y'en a plus, il m'a dit, ratatinée, naze.
Vous me croirez pas, moi un ancien du 3ème AirPEIMA, j'ai pleuré comme un enfant de la DDASS le jour de son incorporation (les ingrats).
Je suis fatigué de la retraite, fatigué de ne plus pouvoir faire des cartons, de vider des chargeurs sur les terrains de tir. La vie n'a plus de sens . Si en plus il faut se fader des artistes Temporains, alors là, je dis, non. Vive Patrick Sébastien et pi c'est tout.
Mais je me fâche, faut que j'aille prendre mes gouttes, y parait que j'ai des sautes d'humeur. C'est le pharmacien et ami de Josiane qui lui a donné de quoi me calmer. Çà me calme pas, ça me donne soif. Tu vas ressembler à Depardieu qu'elle m'a dit. Alors là, elle m'a vexé, j'ai jamais eu les cheveux longs. Le ventre, je dis pas. Mais quand mêm, me comparer à un saltimbanque !
Demain,c'est le 11 novembre. J'irai pas au monument aux morts. Y ont mis un noir et un juif en porte drapeau. Ah ! Elle est belle la France, comme me dit le jardinier qui s' occupe des haies de mon jardin, de Josiane et de son petit bonzaï. Y me dit toujours, qui c'est qui arrose le petit bonsaï à Josiane, hein ! en me faisant un clin d'œil.
Les ouvriers sont tous des cons, alors je répond pas, il comprendrait pas.
Bon, c'est pas l' tout, faut que je vais boucher mon cidre.
Salut

P.S. Je sais, je devrais pas être VRP vu que je suis retraité de l'armée, mais j'aime flâner sur les routes de mon beau pays. J'aime les levers de soleil sur les vignes, j'aime le doux bruit des chasseurs qui tirent les palombes et Josiane aussi, elle le aime bien. Elle me dit qu'elle est tranquille quand je suis au travail. Alors, come j'aime ma feme et que j'ai pas envie d'être cocu une deuxième fois, je suis un cumulard. Je sais qu'il me sera beaucoup pardonné par le très haut quand sonnera l'heure ds comptes.

Moïse Clément



Cette texte de commande est sponsorisé par la Sécurité Sociale, la DRAC le Cac, L'ODAC, la traiteur Hubert Messein, la pharmacie Centrale de Libourne, les cartouches Tuenet, le conte Pern Oricar, Le chemin des Grands Jardins, l'hopital de Libourne, la Mairie de Paris, et le Zoo de Vincennes.
Toute ressemblance avec une quelconque Josiane,serait une pûre coîncidence et nous nous en excusons auprès de son mari, héros de ce docu-fiction sans images. Le manque d'humour donne naissance aux barbelés, les barbelés donnent naissance aux frontières, les frontières donnent naissances aux guerres, les guerres donnent naissance aux monuments aux morts, ces cénotaphes me donent des cauchemards Les morts ne reviennent pas vivants de cette boucherie. C'est à eux que je pense ce matin, eux, l'humus de la Nation, eux la terre que nous foulons et qui pleurent de voir les hommes continuer à se combattre sur la planète bleue, sans amitié, sans amour, sans fraternité, pour défendre les intérêts des marchands de canons, de ceux qui ne se battent pas en première ligne sur les théatres d'opération en Afghanistan et ailleurs.

Peace and love

Roger Dautais




Toute ressemblance avec un quelconque artiste de land art ne serait que pure coïncidence. Le portrait de cet homme ci-dessus représenté n'est pas non plus le poète dont on parle en fin de cette chronique journalière, sans prétentions. Les œuvres ont été prêtées par Roger Dautais et détruites par la Manche, il y a bien longtemps.Quant à la 2ème œuvre, longtemps sélectionnée par les sélectionneurs d'œuvres sélectionnées, elle n'a pas résisté à l'usure , finissant par devenir anonyme comme le personnage ci-dessus, lui- même, passablement usé. Fervent lecteur de Pierre Dac, il coule des jours heureux dans un monastère breton du côté de Landevennec.



DOCU-FICTION


Si le mur de Berlin est tombé, grand bien leur fasse à ces tombeurs d'une dictature barbare et sanguinaire. Cependant, il reste encore à faire tomber le mur de la honte. Alors lequel, me direz vous ? Celui que j'ai élevé entre mon frère et moi, mon alter ego, devenu" si différent" qu'il m'est "indifférent".

Pour ceux qui me lisent à vélo, le nez dans le guidon, je n'ai pas de frère.
Je parle de mon frère humain. Ai-je le droit de "paraboler", même sans marcher sur les eaux troubles ?
Le mur de la honte passe par tous les pays et entre tous les pays. Il est rampant, parfois s'élève vers les cieux au nom de Dieu. Il est philosophique et ampoulé, "parisianitude des palabres de titans", puis télévisé pour expliquer que le portage de riz sur l'épaule gauche ( symbole politique) est destiné à capitaliser des rentrées de fonds pour des caisses de résonance, sans fond.
Il est, ce mur de la honte, moins facile à foutre en l'air que le mur de Berlin, quand il met d'un côté les bien-portants et de l'autre côté, les malades. Par exemple les Alzheimers que je côtoie depuis 18 ans de près et dont je peux vous parler quand vous voudrez, il suffit de m'inviter. .
Pensez-vous, braves lecteurs ou croyez vous possible que des personnes bien sous tout rapport possédant de très belles villas sur notre côte, puissent faire "enlever" des vieux, assis sur des bancs, en front de mer, parce que, ils abiment le paysage, dénaturent la société en vacances, par leur accoutrement de pauvre ou parce que les vieux font peur aux enfants ?
Mon dieu que ce blog est incroyable, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas plutôt notre société qui est devenue incroyable, avec ce mur de la honte, rampant qui sépare ceux qui ont le droit de ceux qui n'ont pas le droit.
Sûr qu'un jour, si ce mur tombe, les marchands de domino seront milliardaires et moi, je me mettrai sur les rangs pour en peindre un, comme ceux mis en scène à Berlin aujourd'hui pour célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur de la honte.
Mais, ce n'est qu'un rêve, je ne suis qu'un pauvre inconnu prêchant dans le désert, personne ne me laissera approcher des dominos, personne. .

Je suis optimiste, comme mon amie Epamin' dont le nom rime avec vitamines. Alors, vive la chute du mur de Berlin et honneur aux hommes qui eurent le courage de mettre à bas le communisme pratiqué de l'autre côté du rideau de fer.
Ma pensée va aussi à ceux qui, en passant ce mur, y laissèrent leur peau, car ils ne sont plus là pour tenir un blog, eux, ni pour lire celui d'Epamin' , de ses Esperluettes. Allez donc la voir , la visiter, couper du bois et lui offrir pour ces feux de cheminée à venir. La neige approche, Noël, aussi. N'oubliez pas de passer chez Emmanuel Prunevielle, landartiste en progrès constant , et ami, ni chez Grégory Goffin, autre artiste et ami, ni chez Vincent Arbez, autre ami et artiste de qualité. Un carré d'as à découvrir sur google.

Comme on va se fendre la poire cet hiver à la neige entre nous, pendant que les voyous vont tenir les murs dans nos cités.
" à cinq ans...on est voyou ?...ben, tiens, avec leur informatique, tout va très vite, nous en TGV eux, dans la connerie...Ils apprennent vite la nôtre, vous savez et puis il n'y a pas de skis pour tout le monde. Ah, je vous dis...les murs, on n'a pas fini de ...".

Moi, je suis vieux, je fais pas de ski, je fais des fotes de français pour embêter les institutrices qui tiennent de blogs, et j'irai pas à la neige. Je serai avec les voyous, mais je tiendrai pas les murs puisque je commence un film sur la maladie d'Alzheimer et que j'en ai pour 5 mois de taf*, avec 5 personnes : 2 cadreurs, un ingénieur du son, un monteur et un producteur. Film monté en co_production avec LE CHEMIN DS GRANDS JARDINS.
Bon, là, c'est du sérieux et le mur que nous voulons abattre, il est encore plus costaud que le mur de Berlin.C'est celui de l'indifférence, de l'abandon, de la solitude des vieux Alzheimer. Je risque d'avoir besoin de vous, amis de France et d'ailleurs. Faites circuler l'info, s'il vous plait.
Merci Bonne soirée à tous ...

Roger Dautais

*Taf : Travail

Au fait, vous connaissez GUY ALLIX ? sa poésie...son oeuvre...Non ? Tous sur google et découvrez, c'est lui...mon frère.

dimanche 8 novembre 2009



Devant le carnage dû à deux pêcheurs du coin, devant cette Saint Barthélémy du bar, devant toutes ces têtes décapitées vivantes et jetées à la mer, j'ai voulu organiser cette chorale de reproches. Ces merveilleux hommes, amis des animaux qui savent que le poisson ne souffre pas n'ont pas compris mon geste. Les sanguinaires sont mieux considérés que des poètes !

Photos land art et installations : Roger Dautais Ver sur mer 2009


S'il m'arrive de marcher dans ma nuit, je ne désespère pas de la situation et je ne peux décemment pas remercier ceux qui me souhaitent d'y rester. La poésie me guette, c'est un haut mal. Certes, convulsions paroxystiques et cris d'effroi s'emparent de mes détracteurs. Je les laisse à leur sport favori, la critique. J'aime la compagnie des poètes. Qu'ils soient morts ou non.J'aime inventer des rapprochements, ce que je fais encore, ici dans ces textes écrits à Caen, ce matin.
Tous ces noms assemblés me semblent ressembler à la fraternité...alors, pourquoi pas.


à Youenn Gwernig et Marie-José Christien, si proches...
aux anges d'Auschwitz...


Les dires
dans l'âme
comme des escaliers
ferrés...
Déjà la rampe
et puis la douche...
après la fumée...
L'Âme
dans les dires
de Youenn
An diri dir

Roger Dautais



à Guy Allix et Clémence...


Je ne voulais pas
être
comme
un oubli.
Je voulais
vivre.
Ils sont venus
avec leurs
certitudes.
Ils sont morts
un à un. Je reste
par habitude
et j'invente
la vie
au jour la nuit.
Maintenant
il est temps
de ne plus rien
presser.



à l'inconnue...


Longue
plainte de toi
écartée des étoiles
tes errances
me blessent
sœur,
en ta nuit
je te rejoins. Ici
la catastrophe
est le pain
quotidien.
Les tueurs sont aux fenêtres.
L'autre jour, j'écoutais ta voix. Elle revenait de loin
comme moi.
Dansons
la solitude.
Aux solstices d'hiver
les bascules
sont en marche.
Il faut vivre
jusque là

roger.Dautais



à Marie-Claude
Ecoute ça
des fleurs
en main
des pleurs
un peu
de pain
Trois sébastes
en vol
Le marché
du matin
Il est
Dimanche
Je ne mangerai pas.
.............................
Roger Dautais



à Marie-Claude...



Nous
c'est le jeu
des je
nous
c'est les hors
les Morts
enchaînés à nos
mémoires
qui nous protègent
Nous
fugitifs sacrés.

samedi 7 novembre 2009


sémiologie d'une identification


Il y en a qui se focaliseront sur l'arrière plan de la photographie pour m'en souligner la sur- exposition.
La sur-exposition est toujours facteur de problèmes. J'en parle en connaissance de cause, étant mat de peau et très brun l'été à cause de mon plaisir à profiter du soleil. De mat je passe au bronzé et de bronzé au quolibet.
Il n'en faut pas plus pour que les ennuis s'enchaînent. Une couleur de peau, un manque de papiers et votre identité deviens "intéressante". Vous devenez l'objet d'observations, d'invitation au voyage en charter.
La langue vernaculaire se veut charmante, charmeuse et l'échotier, sûr de son bon droit.
Nous deviendrons tous "identité", du bertillonage à la carte numérique, pourvu que le meilleur gagne.
Comme disait Coluche, "tout le monde sont pareil, avant de faire embarquer un car de touristes, les foncés, irons derrière et les blancs seront aux premières loges". Combien faut-il aimer l'ordre et la propriété pour continuer, encore et encore à proclamer le blanc supérieur à l'homme de couleur et l'Occident comme terre promise
Mais c'est encore plus compliqué puisque le dit sous-homme de couleur va élire le dictateur, soumis au bon blanc, pour soumettre à son tour le quidam. En fin de compte, l'espèce humaine réduite à l'homme se cherche une identité capable de la faire traverser la vie sans encombre, parmi les radars, les contrôles, les scanners, les barrières, les no man s'land, les code barre, les caisses enregistreuses, les parcmètres, les lois, les normes, et autres gâteries.
Et si l'homme-expulseur au sexe court( selon son épouse) perd ses deux mains, que prouvera-t-il au douanier avec ses deux moignons, face au piano d'empreintes ? Sa peau de bani se mettrait-elle à brunir de honte l'engageant illico dans la file des embarqués d'office, vers un paradis défiscalisé et offert aux bombes.
L'arroseur arrosé ne pourrait plus faire de doigt d'honneur à France 2, ni du stop pour renter chez lui, ni se gratter le nez. Cette dépendance ne déclancherai-elle pas un début de démence, voire, un internement, précédent l'embarquement vers un ailleurs pour cause de perte d'identité. Verrions nous refleurir les étoiles jaunes afin d'organiser mieux les rafles.
Gardons nous de développer une sémiologie de l'identité capable de produire une langue de bois, un brouillard si dense que nous ne verrions plus décoler les avions.
Je sais ce que je vais faire, moi, je vais m'acheter des gants pour préserver mes empreintes intactes, des fois que l'été prochain soit encore plus chaud qu'en 2009 et que je devienne un Sénéganormand embarquable à tous moments.
Avec les temps qui courrent, même les polyglottes ne suivent plus le progrès. Vous allez voir qu'ls vont finir par nous inventer l'eau chaude.

Moïse Clément
Photo land art : Identité R.Dautais


mercredi 4 novembre 2009




La mort, ça rampe sournoisement auprès de vous. C'est là, tapie dans l'ombre, comme une certitude dont nous n'aurions en fin de compte, pas besoin. La mort, c'est beau dans les livres, dans les poèmes pour faire pleurer Margot avec des vers de mirliton.
La mort c'est : moi, j'ai pas peur... parfois, maman...et puis le corps qui bascule sur un champ de bataille à 20 ans, en Afghanistan.
La mort, c'est comme une boule, une sphère, un monde à part que l'on nous donne à transporter tout au long de notre vie en faisant semblant d'oublier. La mort, elle nous ressemble, changeante, capricieuse, insidieuse, boudeuse ou rieuse. Et puis un jour, elle s'invite. Elle vient , entre chez vous et vous fait signe:
à ton tour.

Et là, il faut bien quitter tout. Tout, vraiment Tout.
Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, elle a déjà commencé à quitter une partie de ce qui faisait d'elle, une personnalité reconnaissable par tout un chacun, parce que "identifiable". Mais quand les troubles apparaissent, apraxie, aphasie, agnosie, et que la vie courante devient une "incompréhention" pour eux et pour leur entourage, restent-ils des humains ? Non, pas pour tout le monde puisque certains les abandonnent, les renient, ne les reconnaîssent plus, les prennent pour des fous.
Il n'y a presque pas de personnes Alzheimer en Afrique parce que les personnes âgées vivent jusqu'au bout leur vieillesse dans le groupe social du village.C'est juste à méditer. Sans entrer dans les détails de ce qui déclanche une telle maladie, les chercheurs ont clairement démontré que le l'affectif entrait aussi en jeu, dans le processus de déclanchement de la maladie, par accumulation de stress. Une personne vivant un sentiment d'abandon, après un deuil, un départ en retraite, la perte d'un être cher,développera plus aisément cette maladie. Il n'est pas question de culpabiliser quiconque face à une maladie dont on cherche encore les causes avec précision afin d'en trouver les remèdes. Il est question de dire qu'à partir du moment où les symptomes ne permettent plus à la persone malade d'être autonome et de vivre chez elle et dans la société, en toute sécurité, il est mieux d'envisager pour elle un séjour en maison médicalisée et spécialisée;
C'est ainsi que j'ai connu Germaine A.
elle allait avoir 92 ans. Je l'accueillais chaque semaine dans mon atelier d'Art Thérapie. Germaine était atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle ne savait plus dire, où elle était,ni ce qu'elle y faisait, dans cette grande Maison. Bien sûr, elle reconnaissait "les filles" qui la soignaient et me disait : oh, vous savez, elles sont charmantes.
J'allais la chercher dans sa chambre pour la mener à l'atelier. Elle me reconnaissait, mais était incapable de dire qui j'étais, et pourquoi je l'emmennais. Dans les 10o mètres de couloir à parcourir entre sa chambre et mon atelier, elle me demandait, au moins dix fois, où on allait et pour quoi faire. Je lui répétais à chaque fois, avec patience, pour calmer son angoisse.
Germaine peignait peu. Elle avait un style qui mettait en évidence sa démence et la semaine dernière, quelques jours avant sa mort, elle avait simulé un combat entre le pinceau et ses deux mains. J'en avais été troublé.
Germaine riait, nous faisait rire avec ses traits d'esprit, son humour décapant. Elle chantait, pensait qu'elle avait du avoir des enfants, me parlait de ses frères, de ses baignades à Courseulles sur mer, du débarquement et des Américains- ah ! les Américains, ils étaient beaux...Y'en avait- Puis, dans ce grand vrac elle me parlait du Genéral de Gaulle qui était très grand et qu'ele avait vu à Bayeux. Il lui avait même serré la main si...si...Ni date, ni repaires, juste des touches d"émotion, quiallaient jusqu'aux larmes perlées.

Il faut connaitre cette intimité avec nos patients pour pouvoir comprendre le peu de savoir ou le peu d'intéret en matière des ressources humaines, présentes en eux même à un stade avancé de la maladie
Lorsque du haut de leur chair, ils les prétendent "morts" nos patients " morts debout", combien ils se trompent.
D'ailleurs, pour beaucoup, nous mêmes, art thérapeutes ne sommes ni vus, nireconnus...
effacés du monde des" savants". Lorsque j'ai assisté à la conférence du professseur Eustache , grand spécialiste mondial de la maladie d'Alzheimer, à la mairie de caen, l'été dernier, lorsque je lui ai parlé, j'ai trouvé plus d'écoute et d'intérêt portés à ma démarche que chez bien des " soignants" appelons les comme cela, intervenants de l'extérieur, chez nous, dont j'attends toujours le bonjour après 18 ans de présence à l'ARDAPA.

Germaine regardait beaucoup les peintures des autres et me parlait de celles de sa fille- une artiste, pas comme moi- me disait-t-elle.
Parfois, Germaine avait des absences et je l'observais, toute petite femme, bien habillée, coquette, dans sa finde vie, dans sa reflexion d'être blessé. Pensait-elle alors que cela suffisait, que le temps était venu de rendre l'âme que sa mère lui avait confiée en la mettant au monde ? Possible.
Je l'avais longuement filmée et photographiée car je voulais en faire le sujet de mon film OSEZ OSEZ JOSEPHINE qui traiterait de cette maladie et de notre rapport avec elle au travers de l'art thérapie. Tout allait bien, la semaine dernière la Directrice de Rivabel'Âge m'avait commandé le film et j'avais acepté de le réaliser en co-production avec mon association LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS, j'avais trouvé un deuxième cadreur, un ingénieur du son, un monteur. Tout allait bien. Nous allions commencer le tournage, la semaine prochaine. Germaine nous a quittés, le 2 novembre 2009. Elle est morte pendant son sommeil.
Elle sera enterrée ce matin et avant d'aller rejoindre mon atelier d'Art Thérapie, j'irai la saluer et lui dire adieu.
Je ne la remplacerai pas. On ne remplace pas un mort. Nous accueillerons un autre patient. Je réaliserai ce film, pas comme prévu bien sûr, car ele ne sera plus là. Quand j'ai appris sa mort au téléphone, j'ai décidé de lui dédier ce film, ainsi qu'à sa fille, dans la peine aujourd'hui.
La mort, en Maison de Retraite n'est pas un folklore, c'est une réalité. Plus que quiconque nous sommes bien placés pour dire qu'avec 50% de nos résidents atteints de la maladie d'Alzheimer et les autres à prendre en charge et suivre de très près,il est plus qu'urgent de développer toutes les aides possibles participant à l'amélioration ds conditions de vie, à la protection et à la défense de ces grands malades qui nous ont été confiés. C'est un cas de conscience à étudier au niveau national. Je crois avoir compreis que c'est le cas. il nous reste à être vraiemt aidés dans cte mission de santé publique.
Merci, Germaine de m'avoir tant donné. Merci de m'avoir souvent donné l'envie de continuer de vivre parfois, tant le monde est désespérant dans sa bêtise et sa lâcheté. Je vous parlais de mon père, âgé de 93 ans, et bien malade lui aussi et vous me disiez: il est courageux . Comme je vous demandais pourquoi, votre oeil frisait en me disant:
" faut du courage, vous savez pour vivre jusque là".
Je le pense vraiment,surtout de nos jours.

Vous y étiez presque arrivée, vous aussi, avec courage, avec le moral, malgré vos douleur et votre mobylette comme vos appeliez votre déambulateur. Je vous demandais- Germaine, avez vous mis d l'essence dans votre réservoir ce matin ? Vous me regardiez, malicieuse, en me répondant: oui, j'ai fait le plein. Puis nous partions en chantant "Ma Normandie".
Merci de votre joie de vivre. Je vous embrasse.
Que votre voyage soit éternel.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

à Youenn Gwernig


L’inconnu

qu’il me faudra déchiffrer

arrondit en moi

le silence

de sa sphère

Cette aube à l’affût

accueille une autre lumière

où conduit

toute naissance.


Marie José Christien



à Marie-José Christien

Tu vois cet arbre, petit, ils en ont coupé la plus grosse de branches pour en faire un cercueil. Je l'ai entendu gémir. Ils étaient trois pour ce méfait. Ils ont scié une partie de la nuit avec un mauvais harpon, édenté comme Job de Locronan. Bon Dieu, on s'est saoulé au chouchenn en les attendant, ces fils de pute. Nous on veillait le grand, dès fois qu'il se serait réveillé. Ils sont arrivés vers 11 heures. La nuit étai noire comme la mer. On leur a ouvert l'atelier du grand. Ils ont allumé les machines et tranché dans le vif. L'arbre, il n'était pas mort. Un vrai sacrilège. Mais pour le grand, comme disait Jobic, y lui faut un pull over taillé sur mesure. Ah les fi'd'garce, y nous ont coûte cher en gwen ru et du qui tâche. On avait dégotté la vinasse derrière les fagots. Tu connais la Marie, elle voulait plus qu'il picole,vu que le docteur, il l'avait dit. C'est bien simple, les docteurs, tous des menteurs. Ils nous font la morale et des que t'as le dos tourné, y te sautent ta bonne femme,en plus et ils boivent ton vin bouchonné. C'est comme les curés, pareil, eau bénite, goupillon, morale et pis, la soutane entre les dents. On connaît.

Le Grand, il avait dit au bistrot :

- Les gars, si je meurs un jour, tu te rends compte...si je meurt un jour ! enfin, on prenait ça bien, venant de lui. "Les gars, si je meurt un jour, je vous préviens, pas de curé". Et nous, ça nous allait assez bien. Tu comprends, pas de curé, pas de gendarme, pas de docteur. Au calme, quoi.

Ben, il est mort, le Grand et bien mort, dans son atelier fourre tout. C'est moi qui l'ai trouvé, au pied des scies à ruban qu'il accrochait au mur. La machine tournait encore. ça fout un coup. Je savais pas comment arrêter ce machin là, moi.

Je suis allé chercher la Marie, vu que la machine...et je l'ai ramenée dans l'atelier du Grand. Ah le choc, qu'elle a eu. Je lui ai dit tout de suite que j'y étais pour rien, je savais pas arrêter la machine. Pauvre imbécile qu'elle m'a dit, va donc chercher le médecin. J'y suis allé, il est venu. Il a dit:

- le grand est mort. Remarquez, j'avais bien vu qu'il n'était pas dans son état normal. Tout s'est compliqué lorsque la Marie elle a voulu appeler les pompes funèbres pour le cercueil. J'ai appelée les copains et j'ai dit: faut pas les laisser faire. C'est à nous d'enterrer le Grand, à personne d'autre-

Faut aller à la ferme de Hilarion Videloup, son gars d'ferm il nous indiquera un arbre assez vieux, on choisira la branche. On coupera. Y dira rien, avec deux litrons, ça suffira.

Des vrais, perdus,nous aut' que cette troupe. Mais on avait un secret partagé. On connaissait les petits carnets rouges du Grand. Le soir, après la rincette, il nous réunissait autour de la cheminée pour nous lire sa poésie . Et ça, rien que ça, valait bien de lui faire sa dernière boîte, au Grand.

Ils ont bossé toute la nuit et au petit matin, ils sont allés l'offrir à la vieille, sa boîte à bijoux. Ils ont couché le Grand dedans, avec tous ses carnets rouges, ses poésies, rangés de chaque côté du corps. La Marie a embrassé le vieux. Ils ont refermé le cercueil. ils l'ont placé sur le char à ban tiré par le percheron du Videloup.

" Adieu vieille branche, qu'il a dit Videloup en voyant descendre le cercueil dans le trou. S'il avait su que la branche c'était la sienne.

Après, on est allé chez Yvon. On s'est saoulé jusqu'à rouler par terre. Le lendemain , le Guy, il nous a réuni.

Les gars qu'il a dit, le Grand est plus là. Il nous avait habitué à lire de la poésie alors, j'ai pensé que...

Quoi, on a dit.

Ben, il faut continuer dans son atelier. J'ai demandé à la marie, elle est d'accord.

On est allé. On a débouché du cidre et Guy a sorti un livre de Marie-José Christien et il s'est mis à lire :

L'inconnu

qu'il me faudra déchiffrer

arrondit en moi

le silence

de la mer...

Nous, on a pleuré en pensant au Grand, aux textes qu'il nous lisait ici et puis on a bu à sa santé.

C'est ça, l'amitié, chez nous, les Bretons. c'est pas aut'chose.

Roger dautais


Dans cet exercice périlleux, j'ai voulu rassembler, la mémoire de Youenn Gwernig, le talent marie-josé Christien et le travail de Guy Allix, qui par amour de la poésie, passe une grande partie de sa vie à mettre en valeur, l'oeuvre des poètes.

Il me semble, par ce geste vivre une fraternité qui, avec l'humilité de ses personnes , constituent le terreau poétique dont notre époque désinscarnée, à la recherche d'une identité, a besoin de défendre si elle veut gagner sa liberté.

Cette désinvolture, n'entame en rien, le respect que je porte à ces poètes. C'est aussi pour moi, affirmer mon identité Bretonne, ma nostalgie d'exilé et l'amour d'une vie véritable en laissant mon imaginaire rassembler les vivants et le mort dans un dernier fest noz. J'ose espérer qu'il me sera beaucoup pardonné. Que mon délire de manouche rejoigne l'esprit sauvage de Marie-Josée Christien, en ses terres de Cornouailles.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Née en 1957 à Guiscriff, dans la Cornouaille morbihannaise, institutrice dans une école maternelle, ses textes poétiques, ses collages et ses chroniques sont publiés régulièrement dans une quinzaine de petites revues. A cofondé en 1991 une publication annuelle, Spered Gouez/L'esprit sauvage. Son recueil Lascaux et autres sanctuaires (Jacques André, 2007), dédié à la mémoire d'André Leroi-Gourhan notamment, interroge « la pierre caverneuse où soufflent les esprits énigmatiques de nos ancêtres millénaires » écrit dans sa préface José Millas-Martin.

Retrouvez-là sur le site du poète Guy Allix

http://guyallix.art.officelive.com/invites.aspx

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.