La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 15 août 2009





à Patricyan, prêteresse et veilleuse aux frontières de l'inconscient












L'imaginaire et le réel sont les deux lieux de la vie
Jacques Lacan.





Il y avait cette marche longue, dans les sables et puis sur la grève. Il y avait un espace vert, entre les dunes et le fleuve, dans l'estuaire. Il y avait, la mer retirée, le soleil de plomb, l'eau salée et la solitude. Au début des travaux, nous étions deux pour casser le silence. Je parlais. l'homme mutant avait cessé de parler. Ses paroles ont sèche, l'enveloppant d'une croûte blanche et cassante.Je répétais:" Il faut sauver sa peau" pendant que les oiseaux de mer intrigués par la scène tournaient dans le ciel au-dessus de nous.
L'homme mutant, la tête tournée vers la mer, était devenu blanc comme je l'avais imaginé. Alors, j'ai commencé la récolte d'algues séchées. Longtemps après, sous le même soleil, j'ai fini ce tapis-linceul, réalisé pour son départ. Je me suis mis debout à ses pieds et je l'ai regardé. Je me suis éloigné un peu puis j'ai repris la route. La mer a monté. La mer est passée engloutir le gisant de Sallenelles. Il n'y a plus rien en place, mais tout est mémoire en ce lieu.

Roger Dautais
Le gisant de Sallenelles

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

vendredi 14 août 2009



Une fois, nous étions partis si loin, derrière les murs, que tout le monde avait oublié notre amour. Le moulin avait battu de l'aile et sur le banc, nous nous étions juré...Aucune fête n'était digne de nous recevoir et l'avenir était sombre comme un ciel d'orage. Puis tu m'avais embrassé avec ta douceur juvénile. Tu m'avais dit des mots pour tenir la semaine. Eux, dehors, continuaient à ne rien comprendre à prédire un avenir aussi noir que le ciel. C'était, c'était, voyons...en 1970 et, tu es toujours là, fidèle. Les hauts murs conservent toujours la mémoire des cris et les hommes continuent d'y être précipités. L'oubli est la pire des choses.


à Marie-Claude


Parfois les cris,
L'allongement des murs
Avant celui des pas

Parfois rien
Le grand blanc
Et l'odeur de l'éther
Si près

Parfois
Ton visage
Mais, très peu
Dans les brumes d'insuline

Parfois l'envol
Vers la mort
Et le retour
Assommé
En fauteuil à roulettes...

Il faudrait
Oublier tout...

Tous
Ces instants de folie
Qui me traversent
Encore ce jour
Malgré toi
Qui m'aime
Et me porte
A vivre


Roger Dautais
" derrière les murs la mémoire persiste "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo : Identité N °750 Création land art Roger Dautais Bretagne 2007
Les photos et les textes de ce blog ne sont pas libres de droit renseignez-vous sur roger.dautais@numericable.fr

jeudi 13 août 2009




Photo 1 Identité
Photo 2 l'oiseau Yael
Photo 3 Vue du ciel pour Hava S.

Emporte-moi avec toi, crie l'enfant
Emporte-moi avec toi, au train, ici j'étouffe
Prends-moi avec toi
Crie l'enfant du fond de la tenèbre.

Porte-moi au bateau qui vogue vers le bonheur!
La boule de soleil, la-bas, m'attend.
Emporte-moi, ici j'étouffe
Dans tout départ, il y a de la mort
Murmure la mère
Dans tout départ, il y a une naissance
Crie l'enfant de son rêve.

L'enfant, lui, regarde en avant !
l'enfant a peur de devenir une statue de sel,
Comme Papa et Maman...

Emporte-moi avec vous
Crie l'enfant aux oiseaux
Je suis lourd comme une pierre, ici j'étouffe.

Emmène-moi avec toi, dit la mère à l'enfant,
La fin du monde est à la porte
Tu viens d'arriver ! Tu t'en vas, déjà ?
Dans tout départ, il y a de la mort
Dans tout départ, il y a une naissance.

Hava Alberstein


Roger Dautais
à Yaël, petit homme en devenir sur les routes de Haute Provence

mercredi 12 août 2009

"Angèle Arsenault, demande aux artistes, dans sa chanson Grand Pré de l'aider à écrire une histoire singulière pouvant se conjuguer avec celle de l'Acadie. Je pense le faire tous les jours en pratiquant le land art et ces images en sont la preuve. Qu'elles deviennent l'illustration de son rêve et signe d'amitié pour le peuple Acadien".
Roger Dautais




On porte toujours en soi un peu de son pays et moi, je n'oublie pas que je suis d'Acadie
Si mon histoire est triste, ce n'est pas votre faute, mais soyons des artistes, écrivons-en une autre
Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique
Avec des arc en ciel, d'la danse et d'la musique .../

.../Nous avons survécu, nous sommes les invaincus
Nous nous sommes relevés, nous avons triomphé
Nous connaissions la guerre, la faim et la misère
Mais nous n'avons ni frontière, ni haine, ni regard en arrière
Nous marchons droit devant vers le soleil levant
Fiers de notre héritage, parlant notre langage
Marchant à notre pas, chantant Alléluia
Enfants d'Acadie, notre histoire nous a grandi.
Notre histoire n'est pas finie.

Voilà des paroles écrites et chantées par Angèle, qui resonnent sous le soleil Normand, comme une révélation de l'âme Acadienne portée et servie par le talent de ces deux femmes. Entendre l'instoire de Grand Pré nous rapproche de ce peuple qui nous envoie les meilleurs de ses ambassadeurs.


Afin de répondre à la demande de plusieurs personnes et avec l'autorisation d'Angèle Arsenault, auteur compositeur interprète Acadienne, qui donne actuellement des récitals à saint Aubin sur Mer, en Normandie,voici les paroles d'une de ses chansons préférées du public

Y'a une étoile pour vous

Y'a une étoile pour vous
Y'a une étoile pour chacun de nous
Y'a une étoile pour vous
Y'a une étoile pour chacun de nous

Y'a un chemin pour ton coeur
Y'a une route qui mène au bonheur
Si tu la trouves, continue
Rends-toi au moins au bout de ta rue

Y'a tant d'étoiles dans le ciel
Y'en a des milliers qui brillent d'amour
Choisi pour toi la plus belle
Et laisse la éclairer tes jours

Si tu te perds quelque part
Y'a toujours quelqu'un pour te trouver
Même s'il arrive en retard
Ne laisse pas ta porte fermée

Angèle Arsenault


La semaine Acadienne passe aujourd'hui par la communauté d'Emmaüs, nous y serons.
Roger Dautais

mardi 11 août 2009

Photo : Identité
Création Land Art 2009 sur la côte Normande
Roger Dautais



Pris par l'ambiance de la fête Acadienne à Saint Aubin sur Mer, nous enchainons les spectacles au hasard du programme. Hier,en fin d'après midi, nous retrouvons un nombreux public assemblé dans la salle des Fêtes de la ville(Salle Aubert). Nous allons assister à une conférence donnée par le Père Eloi Arsenault. Cet homme disert et cultivé, qui enchaine ITW et radios depuis sont arrivée dans notre région, pour parler de son Acadie, est entouré, ce soir de Théo Theriault, Claudette Thierrault,Marcia Enman, de la Voix Acadienne, seul journal fracophone de leur province. et d'une autre personne que je n'ai pas identifiée. Arnaud Blin, organisateur de cette rencontre, nous présente brièvement chaque invité. Ils sont tous des responsables, des leaders, à divers titres, dans le domaine politique, social ou culturel.
Dans leur discours, ils nous font un rappel constant de l'histoire du peuple Acadien, de ses souffrances endurées pendant les déportations, de celle encore vécue aujourd'hui. Ils sont encrés dans un combat pour la liberté d'expression. Ils mènent ce véritable combat contre la disparition de la langue française dans leur province, tant ils se sentent à juste titre, envahis par la langue anglaise. Tous, sans exception, nous ont montré, par de multiples exemples vécus, et par l'émotion qu'ils ressentaient à nous livrer ces fait de leur vie quotidienne, qu'ils s'engageaient pour leur vie entière. Ils élèvent, éduquent et incitent leurs enfants à rester des gens libres du choix de leur langue, fiers de leurs racine françaises et fires de parler français.
Eloi Arsenault et ses invités nous ont donné une grande leçon d'humanité et de fraternité, car, à aucun moment leur discours n'a été teinté de haine, de rancoeur ou de sentiment de revenche.
Ouverts au monde, ils nous ont dit la fièrté d'être reçus en France, sur la terre de leurs ancètres et à Saint Aubin, en particulier. Plus que jamais, c'est vers la jeunesse qu'ils se tournent et qu'ils ont lancé un appel à la vigilence dans ce combat. D'après eux, il doit être surtout mené sur le plan culturel, passer par des échanges entre l'Acadie et notre région, impliquer les écoles et les institutions territoriales, sans oublier la population. C'est un programme qui devrait assurer la pérennité du beau travail réalisé à Saint Aubin sur Mer par Arnaud Blin et toute son équipe.
Aujourd'hui, 12 août 2009, nous reprendrons la route vers cette fête Acadienne, en espérant d'un hasard qu'il nous fasse vivre d'autres belles rencontres.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Marcella et Angèle Acadennes de Saint Aubin




Foi de Breton, c'est à Saint Aubin sur Mer, en Normandie,belle province de France que j'ai rencontré la seule femme au monde à avoir chanté devant 16000 poulets. Si vous ne me croyez pas, achetez son CD " Le bon fricot", et vous comprendrez pourquoi. Bref, elle s'appelle Marcella Richard, belle comme le jour, chanteuse Acadienne de son état et fière de l'être. C'est un oiseau rare, de passage sur nos côtes, simplement durant la semaine Acadienne de la commune, pilotée de main de maître par Arnaud Blin et son équipe.
Et comme un trésor ne se découvre jamais seul, elle est venue accompagner Angèle Arsenault, elle même porteuse de l'Etoile Acadienne, rayonnante comme un lever de soleil. La première de ces chanteuses étant la nièce de la seconde, cette parenté for pourvue d'artistes musiciens( on compte 12 violonistes au moins chez les Arsenault) nous a , encore une fois, transportés. C'est bien de leur histoire, dont ils parlent et de celle de leur peuple Acadien, attaché à son identité, défenseur de la langue Française. Parfois, tendres, mélancoliques, le message passe, sensiblement orné de poésie, puis le rythme prend le dessus, une joie communicative envahit l'auditoire. Elles savent y faire, ces dames de la côte. Ces deux " pêchues" comme dit Marie-Claude, autre Bretonne en fête ont réussi à mettre le feu dans le coeur des Saint Aubinois. Je me suis encore, une fois laissé dire, que les poissons avaient dansé dans la mer.
Gaies, entrainantes, rythmées, singulières ou mélancoliques, leurs chansons trimballent parfois un blues qui déchire le coeur. Je vous l'avais dit, une partie de notre coeur bat en Acadie, Angèla Arsenault et Marcella Richard, sont venues nous le rappeler. Ne les oublions pas.

Roger Dautais
Semaine Acadienne de Saint Aubin sur Mer

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
L'hexagone polychrome..














à Angèle Arsenault et Marcella Richard pour le bonheur qu'elles nous apportent dans leurs chansons.

Roger Dautais 11 août 2009

***

La semaine acadienne bat son plein et la ville de Saint Aubin sur Mer que nous connaissions d' habitude, " plus sage" est prise d'un fièvre Acadienne. Tout est chamboulé par l'arrivée de nos cousins. Même les toiles de maîtres grimpent aux murs et s'accrochent aux fenêtres des villas. Je lai vérifié, jamais les poissons n'avaient tant dansé dans la mer au son d'une pareille musique, de pareils chants ! Cet après midi encore, nous prendrons la route, direction St Aubin sur Mer, nous perdre dans la foule et profiter de ces fêtes et vivre tous les possibles du monde comme l'écrit Jean Philippe Raîche dans ce très beau poème

C'est pourquoi, j'ai ouvert LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS afin d'y présenter des textes de poètes Acadiens.

Ne réveillez pas l’amour avant qu’elle ne le veuille, 2007

Mes lèvres faibles s’ouvrent, sèches.
L’empreinte de ta main,
le sang sec, sûr, secret
qui germe
ailleurs
en nous.

Souviens-toi des afriques
de ton absence, de ses tours,
dans ce qu’il reste.

Sache la pierre,
l’irréversible, que je garde,
et laisse-moi, veilleur seul,
te regarder.

Toi qui reviens
de l’océan, du bruit, de ses musiques
et ses voyages impossibles,
renouvelle ma joie.

La rue noyée de nuit,
les possibles du monde
où tu ne diras rien de moi,
de l’aube
qui s’échappe.


Jean-Philippe Raîche est né en 1971 à Petit-Rocher, au nord du Nouveau-Brunswick. Après des études universitaires à Moncton (où il a assuré la direction littéraire des Éditions Perce-Neige au début des années 1990), Montréal et Paris, il s’installe en 1996 dans la Ville-Lumière où il est responsable du livre et du cinéma au Centre culturel canadien. Paru en 2001 aux Éditions Perce-Neige, son premier recueil, Une lettre au bout du monde, a été remarqué par la critique. Il a ensuite publié Latitude des corps en 2002 dans la revue montréalaise de poésie Lèvres urbaines, dirigée par Claude Beausoleil. Puis en 2007, Jean-Philippe Raîche publie aux Éditions Perce-Neige un recueil étonnant, Ne réveillez pas l’amour avant qu’elle ne le veuille, dans lequel un dialogue mélancolique traverse le deuil sans y rester. Il compte parmi les jeunes poètes qui ont insufflé un nouvel élan à la poésie acadienne contemporaine.

dimanche 9 août 2009





L'art est avant tout, expression humaine tournée vers nos semblables. Il serait vain, à mes yeux, de continuer ce chemin emprunté dès mon enfance, si je n'avais, depuis longtemps compris que l'art ne servait à rien sinon à l'essentiel, mieux se connaître soi-même, créer des liens entre nous, rendre le monde plus humain, parfois aider des personnes en grande difficulté à reprendre pied dans la vie,faire reculer la barbarie.
Le hasard de mes voyages sur le terrain maritime, me fit choisir la plage de Saint Aubin sur mer pour y créer une spirale de sable, la semaine dernière. Toujours la même, faite de 24 tours et d'une circonférence de 46 mètres, tracées dans les sables de France, sur les iles, dans le sud du Maroc, aux portes du désert, à Tafraout ou en Tunisie, dans les montagnes sud de Matmata, ou les salines de Monastir. Symbole du temps qui passe, parole muette, comprise de tous, prière ou incantation, toujours offertes à la Nature, tracées plus de 1200 fois en onze année de Land Art . Et puisque, le hasard du calendrier, fait que nos "cousins Acadiens" sont dans cette même ville, c'est à eux, aussi, que je vais dédier cette spirale. Elle illustrera un très beau poème d'un auteur Acadien, Dyane Leger. Son texte semble convenir parfaitement à ma création.
C'est aussi, un hommage à tous les poètes et auteurs Acadiens, auxquels j'associe
les deux chanteuses Acadiennes Angèle Arsenault et Marcella Richard, présentes à Saint Aubin sur Mer, cette semaine pour quatre concerts et qui, à leur façon, défendent aussi la poésie de leur beau pays.

Roger Dautais

AVANT QUE TOUT ÉCLATE EN MORCEAUX

Avant que tout éclate en morceaux
j’aimerais écrire dans ta main
un tout petit poème
du bout du doigt.
Un tout petit poème plein de chaleur
de lait
de miel
et de lumière.
Un poème où tu voudras passer l’hiver.

Avant que tout éclate en morceaux.

Vivre. Écrire.
Regarder la rhubarbe monter en graine.
La poussière recouvrir les meubles.
Faire le point. Poursuivre.

Tout détruire pour tout recommencer
parce que rendue là où j’en suis
je n’aime plus tellement l’histoire anyway.

Revenir échouer
sur une plage loin de tout.
Se demander pour la millième fois
jusqu’où peut-on aller trop loin?

Dyane Léger

Comme un boxeur dans une cathédrale, 1996

Les Acadiens ont débarqué en Normandie, nous avaient dit des amis, à Saint Aubin sur Mer. Nous avons pris la route pour rencontrer ces cousins, connus de nous pour leur joie de vivre.
Pélagie la Charette et Antonine Maillet nous accompagnaient dans notre conversation. Elle avait écrit, cette grande dame, de si belle lignes sur l'Acadie, son pays.
"Les Acadiens, sont un peuple, et un peuple est plus fort qu'un pays. Un pays est une institution, mais un peuple est plus fort qu'une institution, car il a une âme, il a des rêves, il est vivant."

C'est un point commun des peuples opprimés, tels que le furent les Acadiens, les Bretons, les Corses, les Basques, que de défendre leurs valeurs et de proclamer leur identité, par le chant, la musique, la danse et la culture populaire, entre autres.

En arrivant à Saint Aubin, ce dimanche 8 Août 2009, nous n'avons pas cherché longtemps où se donnait le tour de chant. Ainsi, l'Acadie nous avait envoyé deux charmantes femmes, Angèle Arsenault et Marcella Richard dont les voix nous attiraient depuis l'entrée sur la promenade du front de mer.

L'Acadie subit cette grande déportation qui mutila ce peuple et laissa des traces si profondes que leur coeur en saigne encore. Les hommes partent trop souvent en guerre, les femmes font des enfants, des chansons, chantent la paix, parlent de vie.

Si la musique vous parle au coeur, si le mot fraternité, réveille en vous quelque souvenir,
"Ya une histoire pour vous
Ya des histoires pour chacun de nous "nous chantaient ces deux artistes Acadiennes.

Parions que cette étoile portée sur le coeur d'angèle Arsenault et qui brillait dans le regard de Marcella Richard, nous aura décidé à la suivre pour bâtir notre avenir.

Vos chansons, Marcella et Angèle, racontent l'histoire de votre peuple, les Acadiens, mais aussi de l'humanité. Elles portent l'espoir en elles, sans rien oublier du passé et vos racines sont si profondes qu'uncun pouvoir ne les fera disparaître. C'est votre combat, votre force, votre beauté, dits avec beaucoup de poésie. Comment y résister.
J'ai aimé vos mélodies nostalgiques, jamais tristes, souvent très "pêchues", votre gaité communicative dans cette dans improvisée à quatre pieds. Vous avez fait danser les poissons et la mer Normande s'en souviendra.

C'est pour vous remercier de ce beau moment d'émotion et d'amitié partagés que j'ai voulu consacrer la chronique de mon blog, à vous d'abord, Angèle et Marcella, aux Acadiens qui ont fait le voyage, à tout votre peuple enfin, pour que vous leur apportiez ce message.
A tous mes lecteurs : Angèle et Marcella chanteront à nouveau le mardi 11 août à 16h, sur la digue de St Aubin, le jeudi 13 août à 16h30 au centre Juno Beach de Courseulles et enfin le vendredi 14 août, sur la digue de Saint Aubin à 16 heures.
De nombreuses autres animations sont proposée par la ville pendant toute la semaine, jusqu'au samedi 15 août inclu.
Avec mon amitié
Roger Dautais


LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS est né à la fin du printemps dernier. Beaucoup de personnes sont déjà venues le visiter et je les en remercie. Je remercie également l'équipe de PORTAIL DU LAND ART ainsi que l'agence de communication BAOBAB qui ont contribué à ce lancement. Si vous voulez soutenir mon travail, votez sur www.landarts.info (à retrouver dans mes sites préférés). Ce blog ne vit que par vous . Faites le connaître à vos amis et autour de vous, ce sera la meilleure façon d'assurer sa perennité.


Roger Dautais

Les photos, les vidéos et les textes présentés sur ce blog, ne sont pas libres de droit. Pour tous renseignements adressez vous sur : roger.dautais@numericable.fr

samedi 8 août 2009

"Il y avait un bout de ficelle dans ma poche, la margelle du lavoir, le reflet du soleil dans l'eau. Puis étaient venus, les nuages, le ciel bas , l'ennui des jours gris et l'envie de jouer avec le mot reflet.
Il avait déjà disparu presque avant d' être né. Mais qui donc tirait les ficelles, là-haut, me disait mon grand' père".

Roger Dautais
" Reflet d'enfance "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
"Oui, je me souviens très bien, d'un champ avec des marguerites. C'était l'été, sans doute, mais qu' importe. Elle courait, pieds nus. Elle vivait pieds nus. J'ai tout oublié, sauf elle. Demain, une autre mémoire me racontera la suite de notre longue histoire".

Roger Dautais
" à force de mémoire."

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS























à A.T.

Vous savez vivre seule, ces jours gris ensoleillés, cette transparence, cette cécité dénudée, vous me l'avez écrit. Cette poisse qui vous colle au coeur, ce besoin d'être ailleurs, éternellement, malgré l'été. Aucune fleur ne peut consoler ces instants de lassitude profonde, sauf peut-être...cette idée d'attachement à l'être cher. Autrement... il faudrait larguer les amarres. C'est ainsi, les jours gris de solitude, en plein été. Il faut que ça passe ou que ça casse.

Roger Dautais

" Lien carmin "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 6 août 2009



Plaines à blé
débordant
d'espoir vides
de tout sens
aux yeux des affamés.

La faim,
quand tu nous montres
ton ventre
replet
s'empare du monde.


Abolir
les courbettes
et résoudre
la quadrature du cercle...
retenir la vie
qui s'en va.

Hier
tu me demandais
de courber l'échine,
perché sur tes millions,
aujourd'hui, tu es l'objet des vers
et l'oubli te ronge
les os
dans ton linceul,
sous la Terre Mère,
triomphante.

Autrement...
je t'aurais dit
mon mépris
des puissants,
mais il fallait
le taire...
autrement...

Le Grand Duc
a cassé sa pipe.
Les enfants
se partagent
les plumes
et s'en parent...
L'enterrement
commence.


Roger Dautais
écrit sur les peintures de Jean Duquoc 28 juin 2006

"Il est faux de dire que je recherche l'esthétique lors que je pratique le land art. Si, dans un premier temps, je suis sensible à la beauté de la nature, d'un site, d'un paysage, j'abandonne très vite cet état d'admiration pour me consacrer à mon travail. Le lien entre la nature et moi est purement physique, mais l'échange est réel. Ce que je fais peut être beau mais pas que cela. L'histoire que je vis et raconte depuis 11 années, avant d'être écrite et dite à l'autre, emprunte d'autres routes d'autres chemins de communication. Les mots sont , de pierre, de sable, de terre, d'eau. Les instants sont éphémères, comme les rencontres autour de ces installations. Hier, encore, je rencontrais une inconnue sur la plage. Elle habitait Bilbao. Elle revendiquait son identité basque, je parlais d'une spirale dont le dessin dans le sable devenait , mon identité du jour. Il y avait eu beaucoup d'attente, de silence, d'observation. Nous avions parlé autour d'un évênement, pour elle, nouveau, pour moi, presque quotidien. Jamais elle n'a prononcé le mot, beau, par contre elle a évoqué l'exil en France de son mari et d'elle , ensuite, pour fuir le Franquisme. C'est plus intéressant à entendre que des banalités.
Avant hier, dans l'immense site de la Pointe du Hoc, à l'extrémité ouest d'Omaha Beach, et dont je reparlerai plus tard, j'ai vécu des émotions fortes en levant des pierres. Elles étaient "habitées". On aurait dit qu'elle parlaient. J'ai imaginé en rentrant que l'une d'elles disait un texte, comme celui qu'il y a sur cette page. J'étais seul et personne ne m'a rien dit de mes installations semées depuis l'anse de Cricqueville, en marchant vers cette Pointe du Hoc.
J'ai vécu des silences qu'il me faudra retrouver là-bas puisque mon histoire dans ces lieux ne fait que commencer.

Roger Dautais

lundi 3 août 2009

Spirale de la pierre seule.

"Plage de Saint Aubin sur mer. 3 août 2009 15h30 gmt. Coéficient marée 66. Temps couvert avec petites éclaircies. Léger vent de Sud.
Le sable est très compact et rend le tracer de la spirale, difficile. A mi-parcours, j'abandonne le sillon à la recherche d'une pierre seule pour en faire le centre de la spirale. Je la trouve, un peu plus à l'est, sur l'estran. Elle est presque blanche et se détache sur les algues sèches. Elle est assez lourde à déplacer, mais, comme elle me convient, je fais l'effort de la transporter et je l'installe à sa place. Je reprends mon tracer. Quelques personnes s'intéressent à mon travail, nous échangeons quelques paroles. Je rencontre alors, Olivsteen, un artiste parisien en vacances. Graveur, dessinateur et graphiste, très sympa et en plus vraiment doué( voir son site www.olivsteen.net). En vacances à Saint Aubin, et sur la plage, il a été attiré par mon manège.
Quelle idée de tourner ainsi en rond. Il a vu, notre conversation a été des plus intéressantes. C'est ça aussi, le land art. Aujourd'hui, direction Omaha Beach, où j'ai rendez-vous avec l'histoire de ces sables sanglants".

Roger Dautais
"Spirale de la pierre seule"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Tu me voulais ici, ramassant les cadavres, j'étais, ailleurs, parti, je récoltais la vie. Monts d'Arrhée, Menez Hom, Mene Bré, sentes sacrées Bretonnes, sous mes semelles usées, j'ai gravi vos pentes, perdues de pluies et de vents. J'ai attendu Orion, dans des ciels improbables, rencontré Andromède, la tête dans les bruyères. J'ai cueilli les blés d'or, foulé le lin, tissé mes rêves. J'ai bu l'eau de nos fontaines en granit, agitée par trois salamandres d'or, qui suivaient ma course. Ta voix m'est apparue, soudaine, présente. Il faisait nuit. Je récoltais, encore. L'aube venue, j'ai rejoint les cadavres et l'étoile fleurie, tombée dans les marais. Le piano des anges s'est accordé une pause, puis, nous a fait danser, dans les marais de Brénilis.

Roger Dautais
" Rêves d'hier pour demain si proche "

Mein blaues klavier

Ich habe zu Hause ein blaues klavier
und kenne doch keine Note.

Es steht im Dunkel der Kellertür
seitdem die Welt verrohte.

Es spielten Sternenhände vier
- die Mondfrau sang im boote -
Nun tanzen die Ratten im Geklirr

.
Zerbrochen ist die Klaviatür...
Ich beweine die blaue Tote.

Ach liebe Engel öfffnet mir

- ich ab vom bitteren Brote-

mir lebend schon die Himmelstür-

auch wider dem Verbote.

Else lasker Schüler

Mon piano bleu

J'ai chez moi un piano bleu
et dire que je ne connais pas une note.

Il est dans l'ombre à lacave, derrière la porte
depuis que le monde s'est détraqué.

On le jouait à quatre mains d'étoiles, - en bateau chantait Damae lune-
Maintenant il résonne d'une dans de rats.

La porte est brisée, mort
le piano : je pleure le bleu perdu...
Ah cher ange ouvre pour moi
-j'ai goûté au pain amer-
de mon vivant ouvre la porte
du ciel en dépit de l'interdit.

Else Lasker-Shüler (Poètesse et auteur dramatique Allemande. 1875-1945)


Installation Land Art : Destins croisés de Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 1 août 2009
























"Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance...Essaime la passion, nul ne décèlera votre union".

René Char
"Commune présence"

"Il fallait la pluie du mois d'août, dans tes yeux bleus, un ciel bas, sur la mer, nos rires emmêlés, nos deux corps mouillés et nos bras assemblés sous un parapluie de fortune, pour vivre ce petit bonheur du jour, celui d'être ensemble, pour toujours, encore pour aujourd'hui. Nos rêves ne peuvent être encadrés, ils nous entrainent à vivre, ailleurs"

Roger Dautais
" Pour elle, seulement"

vendredi 31 juillet 2009


Emmanuel Looten devait revenir sur ce Chemin des grands jardins. je vous l'avais promis. Voici un de ses poèmes.









Rêves

J'ai enterré mes rêves entre les joncs
Par cette onde nageait un poisson d'acier
De vieux idéaux s'enfoncent en la fange
Adieu le rêve où je n'étais que jeu.

Les plus claires prunelles virent au sombre
Aux funèbres chansons du vent
Ah je m' émulsionne en cendres
Et mon décès déglutit l'eau glacée.

Emmanuel Looten

Si vous désirez en savoir plus sur ce poète inspiré, habité, je vous renvoie sur le blog Le chemin d'Agoué-LeMonde que vous trouverez en lien dans mes sites préférés. Tenu de très belle façon
par Amba Till, la propre fille d'Emmanuel Looten, elle y trace son portrait dans une analyse littéraire subtile et sans concession qui nous donne la nostalgie et le regret de ne pas avoir connu cet homme. L'article s'intitule De Seule et de Soleil, MANU, mon père. ( page du 26 aoüt 2007)


Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 30 juillet 2009


"L'amitié, la vie, la mort, je les ai toujours célébrées par des pierres. Qu'elles soient posées sur le bas côté du chemin, sur une tombe, sur un inuksut ou bien installées en cercle plein, en couronne, en ligne rejoignant la mer ou élevées en cairns, elles ont été mes messagères entre la Terre et moi. Partout, du Nord au Sud, de France en Afrique, le même rituel : transformer une pensée en geste, transmettre aux pierres, mes intentions, mes émotions et continuer mon chemin. Il faut comprendre ce dialogue muet qui me lie au monde minéral, pour comprendre ma démarche. Sans cette complicité développée au cours des années, je n'aurai pas continué.Après ces rituels, seulement, après,je peux reprendre la route, inlassablement. Le cairn Yaël fût élevé à la naissance de ce petit, dans la famille. J'avais choisi de l'élever dans une carrière désaffectée de Normandie, pour la qualité de ses pierres rouges. Ce cairn, très lourd de plusieurs tonnes, malgré ses quatre mètres de circonférence, s'écroula une première fois et je du déplacer de quelques mètres pour trouver une meilleure assise sur le sol. Je ne suis jamais retourné sur les lieux. Yaël, se porte très bien".

Roger Dautais
" Le cairn Yaël "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Les photos et les textes présentés sur ce blog, ne sont pas libres de droit. Renseignez vous en prenant contact: roger.dautais@numericable.fr

Retrouvez LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS sur
AMBA TILL Le chemin d'Agoué. Le Monde dans mes sites recommandés.

mercredi 29 juillet 2009





Trois videos de land art, commentées "in situ" relatent mon travail du 29 juillet 2009 sur la
plage de Lion sur Mer située à 15 km au nord ouest de Caen, dans le Calvados( Nord ouest de la France). Une erreur de mise en page vous oblige à les regarder en commençant par la 3 ème. Veuillez-m'en excuser.
Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 27 juillet 2009



Après une assez longue marche, je franchis les limites de la carrière.J'arrive par l'ouest. Je surplombe les zones d'extraction qui s'étendent par étages à perte de vue. Je commence à descendre vers le fond et j'emprunte les rampes qui servent de route aux énormes camions, remontant du fond, chargés de pierres calcaire, livrées à une usine proche. J'entre dans un monde minéral. C'est l'hiver 2005.
L'horizon est au-dessus de moi. J'ai la sensation d'être enterré vivant. Il fait très froid malgré le soleil. Le sol est gélé. L'hiver est bien présent, qui me parle. Je dérape dans les pentes et les pierres sonnent en s'entrechoquant. Le cri des petits éperviers qui chassent au-dessus de ma tête, résonnent. Ils créent un écho contre les falaises. Je rencontre un premier pierrier. J'y trouve les matériaux nécessaires pour élever plusieurs cairns. Je rencontre les mêmes problèmes que d'habitude, choix de chaque pierre, essai d'équilibre, effondrement. Recommencer est un leit motiv, élever des pierres dans l'indifférence, la loi du genre. Chaque cairn devient présence pour moi, et m'accompagne dans ce désert de pierres calcaires. Parfois, je leur fais l'offrande d'une petite pierre ramassée à proximité, d'une brindille, d'une touffe d'herbe pour les lier à l'environnement. J'ai alors le sentiment d'être délivré d'un devoir et de pouvoir continuer mon chemin. Des traces gelées de bulldozer me servent à créer une étoile de mer. Elle restera, trace de mon passage. il m'arrive parfois de retourner quelques semaines après un tel travail et constater que les carriers l'ont respecté. C'est un plaisir pour moi. Il est vrai que depuis ces années, sans jamais m'avoir vu, ils me connaîssent. Je suis des leurs.
Je continue jusqu'au fond de la carrière et trouve une tranchée remplie d'eau. J'y élève un dernier cairn. Il sera le gardien des eaux. Lorsque j'ai terminé mon travail, la lumière commence à baisser. Le froid s'intensifie, il va geler cette nuit. Ce lieu devient très vite dangereux sans visibilité. Il est temps de remonter à la surface partager ma vie avec mes semblables.

Roger Dautais
" Marcher, choisir élever "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche 26 juillet 2009


Encore une heure de lumière
Pour m'asseoir à tes côtés

Te regarder
Sous toutes tes faces

Suivre au creux de ton épaule
L'action du temps sur ton visage

Comme il passe
Sur lui et transforme, derrière au bout du sable

L'eau en des champs qui se déroulent
Côte à côte, pendant que la lumière

Jaune baisse puis remonte
S'incurve puis s'allonge un peu

Encore un moment, on ne la verra plus
Elle s'éteindra presque

Israël Eliraz
"Promenade"

Création et photo
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 25 juillet 2009

"Pierres de silences pour Emmanuel Looten"
.
Je présenterai l'un de ces textes de ce poète,prochainement, dans Le Chemin des Grands Jardins
. Sur la route, je découvre ce gros rocher rouge. Il m'attire, stoppe ma progression. C'est toujours pareil, le magnétisme des pierres me parle. Je ne résiste pas. La deuxième pierre, blanche, plus de 20kilos, cherche son point d'équilibre. Je la soutiens à bras le corps, contre mon ventre. Mouvement à droite, à gauche, en avant, il faut sentir au millimètre près où se situe le point d'équilibre. Cela ressemble à une danse où la pierre dirige le mouvement. Enfin, elle se cale, s'équilibre, son poids fait le reste. Troisième pierre, plus légère, plus facilement posée et, tout de suite, la quatrième. Je me couche sur le dos, dans les oyats, pour trouver le bon angle. Le ciel est parfait. Je pense à Emmanuel Looten, découvert récemment, dans les pas de sa fille Amba Till (voir dans les liens). Ce cairn le raconte, ici, au vent, à la mer, aux oiseaux de passage, sous l'oeil probablement indifférent des passants.

Je suis libéré, très curieusement, cette pierre m'a interpelée dans le paysage. Je sais maintenant pourquoi.

Je reprends ma route. Le soleil se couvre. Je vais tracer une autre spirale dans le port de Ouistreham. A raison de 120 par an, j'ai certainement dépassé les 1200 spirales. Ce n'est pas fini. La magie de cet instant secret partagé entre le sable et moi, cette " danse en rond" incantatoire et libératrice, ne peut que s'expliquer en partie. Je n'en possède pas la clé. Tout ce que je sais, c'est que, par l'intermédiaire des ces spirales, j'atteins à des états modifiés de ma conscience, qui me permettent d'être en pleine relation avec les éléments. Ce matin, le vent sur mon torse nu semblait vouloir me donner du courage tant les sables étaient en résistance. La configuration de cette petite plage a été déformée par une coulée d'eaux pluviales venant du parking à camions du terminal Ferries. Elle a coupé la plage aux deux tiers et modifié l"essuyage " de l'eau de mer quand elle s'est retirée. Celà donnait un sable compact, en partie basse de la plage, très difficile à tracer. Pendant ce travail tous ces paramètres entrent en jeu et demandent une grande maîtrise du geste. J'ai cherché la pierre tombale à-demi ensablée sur cette plage, dont m'avait parlé le Commandant du Ferry. Je n'ai rien trouvé.
J'ai dédié cette spirale à la mer.

Roger Dautais
" Pierres de silence"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


vendredi 24 juillet 2009









































"J'ai élevé des cairns improbables pour la mer, rêvé d'écrire sur la Terre et de finir au bord du chemin des grands jardins. Manque impair et passe, le manège de chevaux de bois n'a pas fini de tourner. Rue froide, Claude mendie toujours son pain quotidien. Ils n'ont rien compris".

Roger Dautais
" triptyque pour aveugles"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 23 juillet 2009


to Woody Guthry and Michelle, Stephane on the road...

"J'ai trimardé sur les chemins de traverse, les jambes lourdes de fatigue, le coeur en solitude. A chaque pose, la voix de Woody *m'accompagnait et le jeu recommençait : une voie ferrée, une pierre, des bais rouges, une branche de saule, du lichen, quelques lettres de scrabble, une pierre... La route n'est pas un problème, l'âge non plus, tout est dans le rêve ... this land is your land..."

Roger Dautais
" Un jeu d'enfant, cette vie"

* Woody Guthrie (1912-1967) chanteur américain emblèmatique. Le folk song et les protest song restent à tout jamais attachés à son nom et à la culture de son pays. De grands noms tels que Joan Beaz ou plus récemment Bruce Springsteen, ont repris ses chansons.Retrouvez-le sur Youtube
http://www.youtube.com/watch

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

mercredi 22 juillet 2009




à Peter Irnicq,
le chaman Inuït *

"les pierres arrachées du sol, je les rassemblerai. Je les empilerai au carrefour des chemins des terres noires. Elles deviendront, cairn.Il me reste à labourer ce champ sans terre. Avant la nuit, toutes les pierres, je les rassemblerai. Je les empilerai au carrefour des terres noires. Elles deviendront, cairn. Dans le grand Nord, en Alaska, Peter, l'Inuit, élèvera des Inuksut. Il dira, c'est pareil que le Breton, c'est la même langue, celle des pierres. Et le soleil se couchera sur nos vieux corps usés. Encore une nuit blanche à penser aux pierres que je récolterai, aux hommes du Grand Nord, aux frères, jusqu'au lever du jour... Sans cesse, ramasser, labourer, empiler, élever pour ne pas mourir tout de suite."

Roger Dautais
" La langue des pierres"
Création land art et photo " Petite échelle des jours". R.Dautais
Peter Irnicq est au centre de la 2ème photo, habillé de noir et de blanc, accompagné de sa fille, en blanc et de ses amis indiens d'Amérique du Nord.
Photos : Paty Coille.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

L'inuksut élevé par Peter est visible devant le CENTRE JUNO BEACH de Courseulles sur Mer, dans le Calvados(France) 02 31 37 32 17

mardi 21 juillet 2009



à Vincent, mon fils...

Les mots s'écrivent, les nuits se rêvent, les jours se lèvent, la vie s'écoule. Nous irons encore ensemble, fouler la lande Bretonne, chercher la dans la tempête la raison du silence, deviner l'avenir derrière l'horizon. Nos pas ont tracé des routes différentes sur la côte, mais le coeur est intact...un peu plus vieux, pour moi. Dire "je t'aime" est toujours possible.

Roger Dautais
" Les routes différentes "
En Normandie, le 22 juillet 2009

à Amba Till...

On dit bleus, pour les coups,
bleu, pour le ciel,
bleue, pour la couleur de l'océan,
pour les yeux de Marie-Claude,
pour l'heure attendue.
On dit, bleu pour tant de choses.

Hier, ma vie était bleue, contenue dans un hexagone bleu, posé sur l'eau. Ma vie entière était là, nue, les pieds dans l'eau du petit lac, détachée du monde. Sur les nénuphars, les grenouilles m'ont vues couper les joncs, écarter les herbes hautes, entrer dans l'eau, jouer avec les bleuets et poser délicatement ces fleurs des champs sur le miroir. Elles se sont tues, longuement, puis elles ont repris le concert. Les poèmes d'Amba flottaient sur le lac. Je les ai assemblés. Je les ai mis dans l'hexagone fleuri. Les nuages se sont écartés. Le soleil a transformé le paysage. Je l'ai remercié comme on doit le faire, à chaque fois. J'ai tout remis en place et je suis sorti de l'eau. Ma vie était là, toute entière, consacrée à cet instant. J'ai quitté le lac et j'ai repris la route, dans ma vie, à continuer, ailleurs. A Biarritz, le même soleil éclairait l'Euskadi.

Roger Dautais
" et sous le soleil, exactement. "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 20 juillet 2009

aux Catalans :

El meu univers és el poema.
No m'agrada d'imitar la naturalesa
ala manera dels fotografs. Em cal
fer sorgir la vida mateixa.
I acaba el poema amb una
estrofa que no és sino
un mot:

l'Univers.


Joan Brossa
el Poeta troba un tema

Mon univers est un poème.
Il ne me plaît pas d'imiter la nature
à la manière des photographes. Il me faut faire surgir la vie même.

Et le poème s'achève sur une
strophe qui n'est qu'
un mot:

l'Univers.

Traduction Pierre Lartigue

Lorsque le ciel
S'ennuie de toi,


Il se fait
Couleur de ton gris.


Eugène Guillevic

Extrait de Du domaine

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.