
à Francis Eustache,Professeur en neuro-psychologie, et à son équipe de chercheurs ...
Dans un seul regard,
Dire
Toute l'humanité
D'un départ
Définitif.
*
Adieu,
Jamais...
Au diable !
Au secours...
Déjà, la fin
De la partie,
S'annonce brûlante.
*
Hier
Tu appelais ta mère,
là,
Au seuil de la Maison-Amnésie,
Tu hésites.
Basculer, perdre la tête
N'est pas évident.
*
Allons ensemble
Encore une fois.
Il est temps de sentir l'automne
Qui s'envole en nous.
La maladie d'Alzheimer continue à faire des ravages dans la population et fait peur, à juste raison. Pourtant, c'est par la diffusion d'informations scientifiques dans le grand public, qu'il sera possible de la dédramatiser. La recherche progresse. Une équipe de plus de 70 chercheurs, oeuvre sous l'autorité scientifique du Professeur Francis Eustache, à Caen. C'est en assistant à sa conférence de cet après-midi, organisée par la Mairie de Caen, et àprès m'être entretenu avec lui qui j'ai pensé à lui dédier cette page qu'il partagera avc ses collaborateurs. J'étais allé, au par avant, visiter le travail du photographe, Philippe Bertin. Installé dans la salle d'honneur de la mairie, cet artiste qui a travaile en équipe, a scénarisé, dans un espace ressemblant à une sorte demanège où sont regroupées les photos d'objets ayant servi à animer des ateliers mémoire, pour des personnes atteintes de cette maladie. On peut entendre par un système de casques, les voix de ces personnes, lien d'humanité indispensable pour nous faire comprendre que derière l'esthétisme, un drame humain, se joue, en grandeur réelle et sans décor.
Je pense à Jean, aujourd'hui décédé, après qu'il ait contracté cette maladie. Il venait dans mon atelier d'Art Thérapie et je constatais chaque semaine que le mal progressait. Un jour de lucidité, il me dit : " Tu sais Roger, parfois, je ne sais même plus que je suis un homme ". A mes yeux, il restait cet homme élégant, cultivé et très aimable, que j'avais commu au début de sa maladie. Et puis, comme beaucoup d'autres, je l'ai vu disparaitre derrière l'horizon, à tout jamais.
Révoltant. Révoltant, cette coupure avec le monde, avec les proches, avec eux-mêmes. Nous passions pourtant de bons moments et même quand, trop avancé dans la maladie, il arrêta de peindre, il vint encore pendant plusieur séance pour être avec le groupe. Après, j'allais le voir dans sa chambre.
Voila 18 ans que je cotoie ces persones âgées, et lorsque l'éqiuipe soignante me coopta, je répondis présent. Des histoires humaines, j'en ai des dizaines à raconter et me direz-vous, quel rapport avec le Land Art.
Cherchez.
Mes spirales, le les nomme "identité" parce que dans ma pratique de soignant, je cotoie des personnes qui ont perdu ou vont perdre la notion d'identité. Ce qui nous rattache à nos origines, à la terre, à l'humanité, ce qui nous définit en tant qu'être, citoyen, c'est bien cette identité. Singularité d'une vie, d'une maladie qui nous sépare du reste de l'humanité et que nous pouvons adoucir par un changement de comportement envers ces malades. Dire que la recherche en ce domaine est plus qu'important, serait insuffisant. Ces chercheurspasent leur vie et essaient de donner un sens à cette dérive, ce bateau ivre chargé de toute la missère du monde et que certains vouent aux gémonies. Il est bien que les responsables politiques s'engagent à soutenir cette recherche, s'ils le font effectivement. Aucune de ces personnes malades n'est capable de comprendre les effets d'annonce, si rien ne se passe après, mais le confort de vie qu'il leur sera apporté par ces moyens financiers, participera au bonheur de l'humainté, si cela existe encore. Roger Dautais








































