La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 21 septembre 2009

à Youenn Gwernig

TIR NA GOZ
( Le paradis des Celtes)

J'ai vu l'étoile polaire, ce matin, et Orion, Cassiopée, les pléiades. Allumé ? non, j'étais aujourd'hui sur notre terrasse, à six heures. C'est de là que je salue le monde, tous les matins. Après je peux vaquer...
Les étoiles me ramènent à l'enfance, si troublée, su dure, à mon père, aussi, qui m'emmenait dans la nuit noire de son grand jardin et m'apprenait les étoiles. J'avais très peur,à cinq ans, en 1947On est petit, à cinq ans !. Ça fait loin quand même. Mais la mémoire marche bien, c'est une sorte d'ascenseur. J'ai continué de lever les yeux au ciel. Maintenant, après les bondieuseries, je crois que le ciel nous présente suffisamment d'espace pour y développer notre imaginaire. Pas besoin de se battre pour savoir quel est le meilleur dieu.
Hier, avec Marie-Claude, nous avons rencontré un couple de commerçants à la foire de Caen, lui, Tunisien de Nabeul, elle, parisienne, mariés depuis plusieurs années. Ils vivent six mois ici, six mois là-bas. Nous leur avons acheté de la vaisselle et parlé de land-art.
Ah, je me demandais pourquoi je vous parlais de tout ça. Il se pourrait bien qu'un de ces quatre, nous retournions en Tunisie et comme son épouse, qui est aussi photographe a parcouru la Tunisie du nord, au sud et d'est en ouest, elle nous indiquera des sites. En attendant, nous avons parlé de Matmata et de mon travail là-bas, cet hommage aux tombes berbères disséminées dans la montagne.
L'orientation, c'est vital, c'est même une fonction très abîmée chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, dont, en passant, c'est la semaine où l'on médiatise et communique sur ce sujet. A suivre, on manque de bras. Je côtoie ces personnes depuis 18 ans, je peux en parler un peu. Que vous soyez landartiste ou retraitée dans une institution, c'est toujours une difficulté supplémentaire que de se perdre.
On s'est perdu plusieurs fois, dans notre voyage en Bretagne,cet été. C'est vrai, nous ne faisions pas la course sur l'autoroute. Là, on vise entre les deux glissières de sécurité et c'est tout droitça évite de se perdre, on va vite, mais on ne voit rien. Non, c'était à pied, à Lanleff, ou sur l'île de Bréhat, ou sur la presqu'île de Crozon. Mais, c'est tellement beau et puis c'est tellement notre pays que nous n'allions pas nous plaindre. Les gens l'oublient, je suis Breton et Marie-Claude, aussi.
Donc, nous avions fait un voyage de 7 jours pour réaliser des installations land art, légères, très" dans le mouvement du voyage" et en changeant plusieurs fois de site, par jour. Nous somme donc passés par le Menez Hom, haut lieu Breton . Dominant la baie de Douarnenez, il nous permet, dans un 360°, d'embrasser toute la campagne environnante, depuis son sommet. Fin août, nous n'étions que 4 ou 5, de quoi apprécier le calme par un temps légèrement couvert mais sans vent.
Je me sentais, collé à cette montagne, plus Breton que jamais, j'aurais voulu gueuler dans l'espace "Gwerz an Harluat", la complainte de l'exilé, de Youenn Gwernig. J'aurais voulu rentrer en terre, exactement là-haut et ne plus entendre toutes ces attaques, pas ceci, pas cela, pas comme ça, trop de ceci, horsain, fac totum. Ah oui, même avec 7 ans de latin-grec, je ne connaissais pas cette insulte, car dans la bouche de cette garce, c'était employé pour m'écraser. Elle n'a pas réusssi.Alors, j'ai ramassé des pierres blanche, avec Marie-Claude, cette femme qui me suit et prends des photos sans ma permission. Puis je les ai arrangées, semées,comme on sème des petits pois, mais avec un brin de fantaisie, en rond, en couronne, comme je l'avais fait, quelques jours avant,dans les chaos du Gouet. Le cercle, le symbole parfait, toujours au nombre d'or, bien sûr. Le cercle qui unit, l'anneau d'alliance. Une pierre, une femme, une pierre, un homme, une pierre, un enfant,une pierre, un mort, une pierre, un vivant, une pierre, un chant, une pierre, une voix, une pierre, une hermine, une pierre, une pipe en bois, une pierre, une guitare, une pierre, Anne, une pierre, Youenn,une pierre une cornemuse, une pierre, une bombarde, une pierre, Gilles, une pierre, angèla, une pierre une gaïta, une pierre,Alan, une pierre, une harpe, une pierre, Yvon, une pierre, Lucien, une pierre, Nolwenn, une pierre, Hugo, une pierre, Léone, une pierre, Auguste, une pierre, Marie, une pierre, Fanny, une pierre, Tony, une pierre, Vincent, une pierre, un silence, une pierre, Marie-Claude,une pierre, la mer, une pierre, la terre, une pierre, le feu, une pierre, l'air, une pierre et le cercle est fermé. Mes vivants, mes morts, tous en haut, tous en bas. Pas un qui ne manque à l'appel et rappelés ce matin pour cette fin de nuit sous les étoiles, pour ce "Kan ha diskan ".
J'ai reçu tant de pierres pour mes fautes, qu'elles soient d'orthographe ou de conduite, que je les utilise maintenant pour monter des cairns. Même l'humour gène mes détracteurs et pourtant ce très jeune blog se développe vraiment très bien. Cela m'indiffère, ces contre-louanges, et les louanges ne font pas grandir, il faut marcher entre les deux,comme je l'ai écrit à un copain, ce n'est pas eux qui m'auront, c'est la vie,comme ils seront un jour, rectifiés, eux aussi, malgré leurs rêves d'immortalité. Ça peut quand même pourrir la vie, ce genre de moralisateurs. Il suffit de ne pas se laisser faire.

Je vais continuer à vous montrer des réalisations de cet été, à vous parler de Gwernig, Xavier Grall, Yvon Lemen, Kerouac, Guy Allix et peut-être un jour d'un homme discret et très connu, que je suis allé visiter plusieurs fois chez lui, Jean Rivet et, aussi, un autre jour, de François, vous savez, De Cornière. Bon mélange. Je vais encore me faire allumer, un ouvrier, un artisan ne parle pas des gens de lettres.
Mais, je vous les présenterai tout en continuant à choisir des poèmes du monde, en langue du pays, histoire d'ouvrir la fenêtre et d'élargir l'horizon.
Youenn, elle est pour toi la couronne de pierres blanches pour que tu la partages avec le Menez hom. D'accord ?
Kenavo

Roger Dautais

Photographies du Menez Hom Marie-Claude Dautais août 2009



4 commentaires:

  1. Peu à peu mes yeux s'ouvrent à votre art. J'en comprends davantage l’intention déposée dans vos réalisations. Ce soir j'y cueille la sensibilité, l'émotion, l'affectif, la générosité ... en toute poésie.

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  2. bravo pour toutes ces jolies oeuvres si éphémères.

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  3. Une part de nous reste aveugle au monde. C'est la-dessus qu'il faut travailler et non sur les évidences...les modes. Bof, on y arrive.
    , avec un peu de distance.
    Et puis ces oeuvres ne sont pas si éphémères que ça puisque je les ai en mémoire afin de mieux les oublier.
    Le fil qui nous rattache à notre mémoire, donc à notre passé et au passé de l'humanité, s'écourte plusieurs fois par jour, ce qui nous permet de croire à plein de choses, d'inventer, de se tromper, de créer.Nous sommes un peu en apesanteur. Si ce phénomène est bien connu ds psychologues, leur connaissance ne s'enterpose pas pour autant entre délire et réalité. Se priver d'expériences serait manquer d'audace. L'épémère est de cet ordre, dans ce couloir du temps que l'on appelle le présent. Et le présent ezst éternel, tant qu'on l'habite, après, une fois la lumière coupée, on passe à autre chose. Au passage, le blog de choule mérite le détour, même avec des oeuvres plus pérennes.
    Merci à tous les deux.
    Roger Dautais

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  4. Bon jour, your photos are great, I would like to write in french but i can´t, sorry, Greetings from Mexico.

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.