La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 20 juillet 2011














à Sebastien Haton...
et Sylvie






Au large
Sur les mers
J'ai vu les chalutiers
Croiser l'éternité

Souvent
Rien que des ciels
Si vifs
Des fous de bassan

Où lentement s'effacent
des traces de terres
Ces lieux infimes
Des mots épris de lumière.

Jean-Pierre Boulic.



Non, je n'ai pas de clé
Ni de formule magique
Pas plus de vain sésame
Pour ouvrir ce monde verrouillé.

Non, je ne puis être utile
Sans bousculer les certitudes.

Je suis juste là pour témoigner
C'est la place dévolue au poète
Juste là, devant l'arbre
Pour inventer l'oiseau.

Georges Cathalo



Cette effervescente intimité
De soi
Avec la gestation Vibrante, comprime ma substance.

La vie
Frappe en moi.


Marie-José Christien


Paysage
Derrière la vue
Entre les gîtes
S'élève la lumière
Plus forte que nature.
Les cadavres
A la recherche des couleurs
poussent une plainte
Comme s'ils étaient la nuit même
Et les maisons pâlissent De ne pouvpir respirer
Autre chose que ds hommes.
Il faudra au moins
Les cris d'un vagabond
Pour tout remettre
En désordre.

Guy Allix.






Depuis 1998, j'ai accumulé une très grande quantité de photos land art que je vous présente sans vouloir absolument donner un autre sens à ce choix, que l'humeur du jour. J'aurai sans doute dû les classer par thème, mas je préfère que cette exposition de mes travaux ressemble à ma façon de vivre et de procéder dans la nature en restant le plus libre possible.
Iln'est pas de semaine sans que l'on me demande si je peux encadrer un stage ou si j'enseigne le land art. Je réponds que pour moi, maintenant, j'ai tourné cette page. Je ne peux encore que réaliser de toutes petites choses depuis mon accident de voiture, mais je travaille à la remise en forme physique ce qui prendra sans doute encore pas mal de temps. Je fais beaucoup de photos en ville et cela m’intéresse en ce moment. 0 la rentrée, je reprendrai ce 2ème documentaire sur la maladie d'Alzheimer qui se nommera J'AI OUBLIE MA MER. Pour ceux qui le désirent, mon premier film LA MÉMOIRE AMNÉSIQUE, dont vous pouvez voir un teaser en tapant ce nom sur Google, est en vente à la FNAC et peut être commandé dans toute la France, depuis quelques mois dans leurs magasins.









lundi 18 juillet 2011















Aux ombres...


Laisse en toi le silence. Il me dessine le chemin quand d'une main frêle, tu poses l'index sur les lèvres, porte de ton jardin secret. Souviens toi des traces de vos pas dans l'herbe mouillée, trop fraiche. Rappelle toi, petites, les beaux soirs d'hiver où le gel prenait la montagne, où le ciel d'un noir profond se couvrait d'étoile, à l'instant de ta chanson enfantine, où ton père te prenait la main et t’inventait une histoire de loup.
Souviens-tu de ta peur et de ton envie d'aller dans ce chemin de découverte en découverte, te promenant avec ton père, les jours de pluie.
Souviens-toi, enfant vêtue de blanc, cheveux aux quatre vents, tu demandais à la forêt de se faire accueillante et rêvait de chevaux blancs qui t'emporteraient loin de tout.
Souviens-toi, un jour au bord de la Mer Noire et cette lumière trop vive pour ta peau trop blanche, qui t'avait cruellement brûlée.
Souviens-toi de cette tempête de sable et de tes yeux qui pleuraient comme pour préparer l'avenir.
Tu peux poser à nouveau toi doigt sur ta bouche et m'imposer le silence. Je lirai dans tes yeux par où aller ensemble vers le chemin qui mène à ton jardin secret.
J'ai repris ce chemin de solitude et contemple les blés murs couchés par la pluie. Je n'ai pas coupé les blés d'or cette année. Il fallait encore mourir un peu. Cela se fait chaque jour, malgré le temps. L'envie n'est plus là qui me montre à rêver, juste celle de terminer au plus juste une chanson entonnée sous les bombes il y a si longtemps. J'ai côtoyé des tombes que seules les mousses fréquentent et je les envie.


Roger Dautais

samedi 16 juillet 2011











à Anna Berg, Madeleine Schlivka, Madeleine Rosenblat,
Gila Najler, Chaïm Porecki, Smul Pulka,
Kalo Abeni, Joseph Kusmanas,
Blanche Grinbaum, Rachel Chaoul...

et aux vents de Pologne qui sont devenus leur mémoire.






Échos...

Éteins ta voix en ce jardin d'Eden. Aux lisses peaux, des liens du sang, tu pares, comme un bateau sans voile, des bras, des mains, des seins.. Viens chuchoter à mon oreille au tympan éclaté des églises. Nues, tes poupées, nus les morts.L'accent aigu de tes nuits s'enfuit déjà. Tu es exsangue.
Feins de ne recevoir la visite des anges. Sur le pavé mouillé ont roulé des têtes. Fines mouches à la bouche bien ourlée, marmots à jabots et dentelles de Bayeux.
Ici les cris de la foule assassine, là, épars, les corps ficelés de tes poupées vaudou. Aimer, ici
face au danger, c'est vider les tombes, pour la danse macabre.
A bientôt,
Je n'attends plus.

Roger Dautais






Ce texte renvoie à cette place saint Sauveur de Caen où la guillotine était dressée pendant la terreur. On ne refait pas l'histoire, je dis simplement que les pavés de cette place laissent encore parvenir des murmures auxquels je suis sensible. La barbarie ne semblait pas avoir de limite et les hommes se sont mis en devoir d'inventer le pire. La shoah. Vivre sans y penser,est devenu pour moi, impossible depuis si longtemps. Je consacre une partie de mes créations à exprimer cette mémoire amnésique.





Land art.

Je reprends doucement le chemin du land art avec des blessures en réparation , mais l'accident ne remonte qu'à deux mois et je suis très limité dans mes mouvements. Je sens pourtant revenir ce désir d'exprimer avec le peu. Me promenant dans une friche urbaine, j'ai joué la partie en une petite heure, déjà bien difficile à tenir physiquement pour moi.
J'ai joué, comme dans une cour d'école et puis mes symboles sont revenus, si présents. Ne croyez pas en voyant ces étoiles de David que j'ai en moi, des armées de guerriers sanguinaires, mais juste une impossibilité de choisir d'autres images, d'autres mots, d'autre histoire que la mienne. Il n'est en moi aucune volonté d'anéantir quelque peuple que ce soit. Je suis avant tout, un pacifiste et un homme blessé qui continue à se soigner. Je rêve qu'un jour, mes forces reviennent pour à nouveau tracer mes spirales de sables dont je suis très loin, aujourd'hui. Une fois encore, je vois combien cet accident de la route, dont nous avons été victime, Marie-Claude et moi, pendant un tournage en Angleterre, et ses conséquences, ont fait fuir, famille et amis, à quelques exceptions près.

Roger Dautais

mercredi 13 juillet 2011














à Valentina Dragan,
Roumaine passionnée par la vie
et par la photographie.

aux Roumains...



Les pensées racistes ordinaires ne vont en général, pas très loin, mais il n'est pas nécessaire
de voir loin pour y être entrainé.


André Frossard






Square Lupin



La veille du premier mai, deux hommes à l'élégance bedonnante, se rencontrent autour d'un cadavre, square Lupin. Ils parlent.

- Ah! Vous voilà!
- Comment, me voilà ?
- Je dis ça comme je dirai...bonjour. Vous comprenez, avec elle

Un corps de femme gît sur une pelouse, près d'un bosquet, les jambes sur l’asphalte du chemin.

- C'est arrivé comment ?
- Je ne sais pas, je me promenais dans le square.J'y viens souvent pour lire.
- vous lisiez quoi ?
- un bouquin de Marguerite Duras.
- remarquez, ça ne me regarde pas. En plus, je ne lis jamais.
- Enfin , comme je vous l'expliquais, je me promenais dans le parc, lorsque j'ai vu ce corps allongé. Je me suis approché pour voir.
- Je vous comprends...Dites donc, elle est jeune.
- La vingtaine, je pense .
- Morte ?
- Elle n'a pas bougé depuis une demi-heure.
- Vous avez appelé la police ?
- Avec quoi ?
- Votre téléphone.
-Je n'ai pas de téléphone. J'ai horreur du téléphone.
- Ah bon ? Des fois, ça rend service.
L'homme au panama, s'essuie le front. Le temps est à l'orage. Il sort un paquet de Camel.
- Vous fumez ?
- Jamais devant un mort.
- Oui mais là, quand même, vous pourriez.
- Je pourrai mais je ne fais pas.
L'homme chauve s'éponge le front et lève la tête. Les temps d' orage le font transpirer. Il marque facilement sous les bras et ces auréoles de sueur le mettent mal à l'aise devant l'inconnu au Panama.
Les deux hommes se penchent sur le visage de la victime.
- Je crois que c'est une étrangère. Asiatique ?
- Vous croyez mais il n'y a rien de sûr.
- Si, regardez, ces yeux bridés. Elle vient de là-bas.
- Chine ?
- Non, plutôt, Vietnam. ou m^me, Corée. Oui, c'est ça, Corée. Je déjeune chez Lee tous les mardi, place de la gare. La patronne est Coréenne, avec les mêmes yeux.
- On ne sait jamais ce qu'elles pensent, cs filles là.
- Non, c'est vrai, mais celle là...elle ne pensera plus.
- Vous l'avez touchée ?
- Mon Dieu, toucher un mort. Il parait que c'est froid et raide.
- Exact, glacé, même.
- Vous avez remarqué, ce filet de sang qui a coulé de sa bouche ?
- Pulpeuse...
- A quoi vous pensez ?
- Je pense à sa bouche, alors je dis, pulpeuse...comme toutes les files d'Asie.
- Voue en connaissez un rayon, n'empêche que ce filet de sang... Je pense qu’elle aura reçu un mauvais coup derrière la tête, comme à la télé.
- On pourrait peut-être déplacer le corps et le tirer sur la pelouses ? Le jambes sur l'asphalte, je ne supporte pas.
- Moi, je ne touche à rien. Imaginez, le garde, il survient, il nous voit tous les deux porter un corps inanimé.
- J'imagine. Il appelle Police secours et puis nous deux.Hop ! dans le panier à salade.
- Et les titres dans les journaux : deux quinquagénaires en voyage à Paris assassines une jeune Coréenne, square Lupin.
- Moi, j'ai un avocat. Et vous ?
- Moi, non, je sais mentir tout seul. Et puis, j'accuse toujours les S.D.F. ou les clodos. Je dis que je les ai vus. Les flics les emballent à coup sûr. ça fait de la place pour les bons citoyens comme nous.
- Je ne vous donne pas tort, mais, aujourd'hui, là, cette jeune femme, personne ne l'a vue, a part nous . On est seuls, on, pourrait quand même garder un souvenir. Vous la montre et moi le collier. Vous avez bien une maitresse. Pensez à lui faire plaisir !
- Vu comme ça, c'est vrai et de plus, elle n'en a plus besoin de ses bijoux. ça lui apprendra à venir mourir au Pays des Droits de l'Homme.
- Vous n'aimez pas les jaunes, ça se sent. Et les Blacks?
- Pareil.
-- Les Arabes ?
- Pareil.
- Mais vous aimez qui, alors ?
- J'aime tout le monde,du moment qu'il est blanc.
- Vous êtes raciste ?
- Oui.
- Et vous ?
- Pareil.
- Alors, on la déleste ?
- Et puis si quelqu'un demande...on ne se connait pas...hein !
- Moi, c'est Jean- Marie Le peigne, coiffeur, et vous ?
- Moi, c'est Philippe Pétin , raffleur.
- Qu'est-ce que vous faites le premier mai ?
- Je défile avec des copains, derrière la Louve. On va honorer Jeanne d'Arc. Sympa, non ?
- j'irai voir, si j'ai le temps.

Le lendemain, France soir titrait: un crime crapuleux, square Lupin. Deux S.D.F. agressent une jeune Coréenne et la tuent pour lui voler ses bijoux. Les deux criminels sont sous les verrous.

Moïse Clément


Valentina Dragan http://brasov-photography.blogspot.com/

mardi 12 juillet 2011






à Patrick Lucas ...

"de mon talent, s'il en est
ils n'ont retenu que la folie et c'est cela qui m'a sauvé".
R.Dautais



Après la tempête, tout redevient calme. En apparence, rien n'a changé. La mer est la mer, la côte, un trait de côte. Seul un œil averti mesure les conséquences du séisme intérieur. L’homme cultivé de la vie se met en alerte devant ce bouillonnement intérieur devenu invisible, perçu, révélé, présent. La sirène aux yeux d'amande est devenue, Orient, au zénith du raz Blanchard. Sur les crêtes des falaises à désespoir, se promène toujours le badaud attiré par l'odeur du sang caillé et la photo du cadavre à prendre, ici ou là. L'impossible rapt d'une âme en partance, qui s'agrippe au rocher et attend que la mer efface l'outrage.

Il en est de même pour la poésie. Certains s'arrêtent aux mots et les photographient, d'autres envisagent le pire.

Ce n'est que dans le pire envisagé que l'on peut trouver un semblant de vérité. "de mon talent, s'il en est, ils n'ont retenu que la folie et c'est cela qui m'a sauvé".

Je ne désespère pas de mourir un jour. Patience.

Et voici que je découvre simplement, ton monde. Et voici que rien n'a changé. Une guerre chasse l'autre. Les enfants meurent toujours d'injustice sous les bombes. Nous parlons. Une longueur d'onde commune, une solitude qui ne se partage pas, une fraternité" naturelle", reconnue, une angoisse née de la lecture et l'envie d'aller voir ailleurs. Il faudrait attendre que ce bouillonnement cesse. S'ouvrir les veines n'est pas la solution. Juste la route, toujours...


Roger Dautais


dimanche 10 juillet 2011







Tout est vanité et poursuite de vent
l'Ecclésiaste





à Gilgogué,
homme debout dans la tempête



Les apnées du cœur sont mortelles. Sur la route du matin s’enroule, seul, le destin ouvrier. Il déchire et décolle la pulpe. Il mord la chair rose et s’en va sous la lune. L’errance est commencée. Bleu, jaune, rouge. L’ornière annonce le virage. Orange, c’est le quartier des amours prolétaires aux fronts couverts de sueur. L’indigo des yeux a frappé au fronton et le poing s’est levé sur l’arc en ciel. Le jour se lève, violet, dans les âmes en peine.

Les « hier » ont rejoint la toile blanche. La chouette effraie lit le journal de bord. J’ai su parler, autrefois.

Ils ont fermé le moulin à gueule. Ils ont suivi le cortège et jeté une poignée de terre sur l’indifférence. Une veuve d’usine pleure. Au quatrième, une lucarne jaune veille sur la ville en pleine nuit. Elle repasse seule. Elle est femme et ne sait plus choisir.

Trois coups ont sonné au tympan. Le coq a chanté. Aussitôt, les soleils se sont levés, les aurores, aussi. La nuit n’est qu’un rideau, une vie à boire. Ton sourire se remplit de terre. Tes orbites sont des pots de fleurs. Il est, l’éternité, ici. Les marguerites poussent un soupir.

Le printemps tourne la page et les Roms en errance, poussent sur les trottoirs les enfants de l’enfance sacrifiée.

Aux frontières labiles, une fraternité en lambeaux fredonne l’internationale : C’était le genre humain.

Voilà demain et son cortège de mémoires amnésiques. Les cerisiers du japon, en fleurs annoncent de belles jeunes filles.

Il faut peindre pour espérer vivre.

Roger Dautais

Le moulin à gueule

En Normandie, 0h01, le 31 Mars 2011



Les images Land Art sont pour Stéphanie S

et le texte ci-dessous, aussi



tout petit livre comme ça

Elle griffonna deux lignes au dos d'une carte de visite :le bonheur , désespérément d'André Compte-Sponville. Je la regardais écrire, et lu, rapidement.

-Lisez-le.

ajouta la jeune femme en me souriant

Elle aussi, me dis-je. Pourtant si jeune. Je ne comprenais pas.

J'ai hésité quelques heures puis je suis allé l'acheter dans la première librairie qui se trouva sur mon chemin.

- Un tout petit livre comme ça

me dit la vendeuse, en faisant le geste de le tenir entre pouce et l'index. Je la suivi machinalement dans les rayons. Elle parlait.Je ne l'écoutais pas

J'étais à nouveau dans le bureau de S.

Je la voyais, grande, élégante, attentionnée, cultivée, secrète, avec des mains faites pour l'écriture. C'était aussi cela, l'humanité que de continuer à montrer le chemin.

J'ai gardé l e livre une semaine dans ma sacoche. La philosophie, ce n'est pas fait pour les ouvriers, d'emblée. J'ai laissé le désir monter et je me contentais du plaisir d'avoir acheté quelque chose d'important qui m'échapperait dès que j'ouvrirai les pages. Et si je ne comprenais rien. Je lui dirai quoi?

Guy, me parlait aussi bien de Caton que de Camus, où d’Annie Ernaux et le fait qu'il soit agrégé de lettres ne m'impressionnait pas, puisque nous étions frères dans la tourmente. Sa façon de raconter la littérature m'enchantait. J'avais l'impression de revivre ces parenthèses d'enfant, entre les coups de mon père et les contes de mon Oncle, celui qui conduisait des gros camions. J'aimais écouter, apprendre, répéter les histoires. J'aimais écrire. Jamais je ne fus fait pour subir, être enfermé, privé de nourriture, humilié ni courber l'échine, mais quand on est si petit, où se trouve la solution ?

Je n'ai jamais été un hercule. Aussi mal nourri, je me développais mal.

Je grandissais lentement.Mes attaches de bras restées très fines, mes mains, également, bien que calleuses, du temps de la terre dure et du pain sec.

Parfois, je pleurait de rage en poussant des brouettes de fumier dans ce jardin maudit de l'école normale. Je rentrais le soir à la maison, si brisé que je ne pouvais même pas lire une ligne du journal. Je pleurais de me voir détruit ainsi, physiquement, par des gens qui méprisaient tout travail manuel au nom des Droits de l'Homme. Une vraie honte.

Je suis resté ouvrier lorsque je pénètre dans un bureau, avec le besoin de m’essuyer les pieds avant d'entrer, lorsque la rencontre est belle, et celle de tout casser lorsque l'interlocuteur vaniteux n'a d'autre chose à partager que son savoir de crapaud abâtardit par les conventions.

Je lis Comte-Sponville avec délectation et garderai ce livre, probablement aussi longtemps que durera en moi, la mémoire de ce geste d'amitié souriante et ces quelques mots d'accompagnement "lisez-le".

Parce que notre été reste de douleurs, de mémoire d'accident, d'impossibilité de faire mieux, dans cet océan d'indifférence argumentée, il convient de plus en plus de poursuivre cette route, à la manière de Kerouac, Gwernig, Grall, Glenmor, sans se soucier de savoir si nous sommes là pour plaire. Vivre est tellement difficile dès que l'on s’éloigne du troupeau bêlant.


Roger Dautais




Tu me voulais ici, ramassant les cadavres, j’étais, ailleurs, parti, je récoltais la vie .Monts d’Arrée, Menez Hom , Mené Bre, sentes sacrées Bretonnes, sous mes semelles usées, j’ai gravi vos pentes, perdues de pluies et de vents. J’ai attendu Orion, dans des ciels improbables, rencontré Andromède, la tête dans les bruyères. J’ai cueilli les blés d’or, foulé le lin, tissé mes rêves. J’ai bu l’eau de nos fontaines de granit, agitées par trois salamandres d’or. Ta voix m’est apparue, soudaine, présente. Il faisait nuit, je récoltais, encore. L’aube venue, j’ai rejoint les cadavres et l’étoile fleurie, tombée dans les marais. Le piano des anges s’est accordé une pause puis nous a fait danser dans les marais de Brénilis.

Roger Dautais

« Rêves d’hier pour demain »

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

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Qui êtes-vous ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.