La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 2 juillet 2011











à Oxanna,

sur le route de Saint Saint-Pétersbourg
Swing Mama joue du Boris Vian




Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux:c'est le suicide. Juger que la vie ne vaut ou ne vaut pas d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Albert Camus.





Eh, Fanch,
t'en as perdu combien cette nuit ?
- sept.
- Putain...Y'avait du brouillard sur Brénnilis ?
- Oui, et puis le temps était à l'orage.J'étais descendu du Menez Hom, où j’attendais l'orage et je les avais trouvées bien agitées dans l'enclos. Quand c'est comme ça, il leur faut du large.
- T'as vu le départ?
- Oui, c'est la Louison qui emmenait. Elle a éclaté les planches de l'enclos avec ses sabots. J'ai vu son regard menaçant, comme si elle ne m'avait jamais connu. Elle s'est cabrée en hennissant.Elle a faili me tuer.
- Putain, tu crois que ça recommence ?
- Quoi ?
- Ben, ta malédiction ?
- Je crois. J'ai vu les intersignes. Aussitôt, j'ai arraché deux grands poignées d'herbes longues. Je les ai croisées puis nouées puis jetées sur le sabot des autres...Rien à faire. Elles sont toutes parties vers la mer, vers le soleil levant.
- T'as retrouvé les talismans de l'Africain.
- Un seul.
- Putain, un c'est tout! Tu sais pourtant qu'il ne reviendra plus, l'Africain. Il t'avais dit de bien les nouer autour de leurs cou.
- J'ai retrouvé Sido sur la tombe des sa mère. Tu sais bien, Fanch, que j'enterre mes chevaux debout et que je cache les tombes.
- Je sais.
- Sido, elle avait retrouvé l"endroit. Elle grattait la terre avec son sabot. Ils sentent des chose , nos chevaux.
- Après , elle parlait...
- t'avais bu ?
- ouais, comme d'habitude, un ou deux litres. J'sais pas au juste.
- C'est pour ça que t'es allé trainer sous l'orage, mon pauvre Youenn. Alors, il s'est passé quoi, après, au juste.
-
- Je me suis approché de Sido. Elle pleurait.
- Ça pleure pas un cheval !
- Mais si, ça pleure.
- t'as pas de chance Fanch, toutes tes juments blanches, en une nuit. Et les autres, alors ?
- Lulli, elle était remontée à la chapelle sur le Menez-Hom.
Maximine l'accompagnait. Elles étaient entrées dans la chapelle, elles avaient forcé le tabernacle et elles étaient en train de bouffer les hosties, comme si ça avait été du foin.
- Oh, la vache...T'a fait quoi
Ben, j'ai bu un coup de pinard, histoire de me remettre les yeux en face des trous.
Après, j'ai laissé faire,vu que le Bon Dieu, je le connais pas de trop, mais je sais qu'il aime pas qu'on s’occupe de ses affaires. Je les ai laissé faire leur communion solennelle en me disant que peut-être après....Il pleuvait dru. J'ai fini mon pinard et je suis redescendu vers l'étang maudit de Brennilis.J'en ai retrouvé trois, nouées, noyées, les yeux exorbités, la langue bleue, comme le petit Bagotin de Kergrist, qu’était venu de Paris, en vacances chez nos voisins. C'est terrible les noyés, encore pire que les pendus.
On avait eu les bleus pendant huit jours à emmerder tout le monde,dans le village, a foutre leur nez partout. Moi, à l'époque, je fricotais avec la bande à Gilles Gounez. On était sympathisants de FLB et l'attentat du Roc Keruon. Ils nous l'avaient tous mis sur le dos.
Les gendarmes en avaient profité pour se rencarder sur les milieux autonomistes. Le gamin, il était remonté du fond, au bout d'une semaine. C'est moi qui l'avait découvert en allant soigner mes juments. Je l 'avais choppé avec ma fourche et remonté sur l'herbe. Tu connais, Fanch, je parle toujours en regardant les morts, et bien là, j'avais pas pu. J'avais regardé ma Lulli, une de mes juments blanches. Après j'avais parlé au gamin.
Bon, j'vois bien qu'en a rien à foutre. Tu m'écoute pas.

Youenn, ne l’écoutait pas. Il imaginait ce petit corps flottant dans la mare qui depuis était devenu la mare aux diables. Déjà avec cette putain de Centrale nucléaire qui empoisonnait le pays, après le petit Bagotin et puis maintenant les juments de son cousin. Pour sûr que le Bon Dieu, il se trompait la-haut et que jamais il ne foutrait plus les pieds dans ses putains d'églises pour écouter ces putains de curés.
L'africain, je l'avais amené ici. Il avait conjuré le mauvais sort et empoché beaucoup d'argent. Ça avait marché jusqu'aux très fortes pluies. Je crois que son truc, ça ne marche que dans son pays sec.
Ici, la mare elle s'est rechargée de maléfices avec les premiers orages. C'est normal. Il y a trop d'électricité à tomber dans ces eaux noires. A chaque orage, la mare, elle brille et elle attire mes juments. Cette fois encore, elles sont arrivées à triple galop. Elles sont entrées dans l'eau jusqu' au ventre et elles sont mortes debout, les yeux grands ouverts.
Pourquoi on meurt les yeux ouverts, vu qu' après ça sert plus ?
- J'sais pas. Moi, j'ai peur de la mort. Je touche jamais un mort.Il parait que c'est froid.
Youenn regardait son cousin avec un sentiment d'étrangeté. Aurait-il été lui-même un peu sorcier, ou bien, un ami des morts.
- T'a fait quoi ?
- J'ai descendu dans l'eau glacée. Je leur ai parlé à mes juments, vu qu'elle étaient déjà au pays de l'Ankou. Je leur ai demandé des poils de leur crinières blanches et elles m'on dit de couper. J'ai coupé trois poignées de poil avec mon couteau et puis, je leur ai fermé les yeux, pour pas que leur âme, elle descende dans l'eau.
- Oxana, le plus ancienne, m'a dit : au revoir, petit homme. Puis elles se sont enfoncées toutes les trois dans les eaux brillantes et irradiées de l'étang de Brénnilis.
Aux Cavales blanches, il faut des champs de rêves, de grands espaces et des avenirs larges come des nuits de buveurs. Même mortes, elles continuent leurs courses et certaines deviennent des licornes..
Tu es trop croté, cousin, pour comprendre tout ça. Trop crotté et pas assez fou.
Pas assez fou!

Comment pouvait-on parler ainsi. Des fous, il en avait entendu parler, Youenn Gwernig, Glenmor, Angela Duval, Xavier Graal. Tous d'inutiles personnes qui ne faisaient rien de leurs dix doigts, qui écrivaient, qui chantaient, qui parlaient et mon Dieu, c'était bien que ces gens là soient morts. Encore, pour Angela, il voulait bien lui pardonner un peu d'écrire des poésies, du coté du Mené Bre car on lui avait dit qu"elle travaillait la terre. Mes les autres...des anges maudits!
Si tout le monde avait été pareil, qui c'est qui aurait ramassé les foins , curé les vaches, vidé les fosses à purin. Et ces bons Parisiens, comment auraient-ils été servis dans leurs belles maisons de vacances. Pour sûr,ce cousin là méritait ce mauvais sort à dire des méchancetés pareilles.

- Tu sais Paletot, je sais pas si j''aurai du te dire tout ça.
- J'aime pas quand tu me dis " paletot", ça me rappelle que j'étais mal habillé à ma petite communion.
- Tu sais, paletot, repris Fanch, mes juments, elles devaient rejoindre le grand Tout. C'était écrit et Malika, la fille du Meuyot me l'avait prédit en Août. Elle étaient désignées. D'ailleurs aucune de devait s'en tirer. La septième de mes juments blanches, je l'ai retrouvée dans le lavoir à Marie-Annick. Etalée de tout son long, vidée de son sang et baignant dans une eau rouge. Elle avait le ventre gonflé et la tête posée sur la pierre plate des lavandières, naseaux écartelés, yeux grand ouverts, mon petit livre de Camus entre les dents.
- Quoi ?
- Une coïncidence sans doute, un truc sur le suicide.
- Tu vas me dire que tes juments lisait, aussi ?
- Écoute ça. Il jour, je les avais vues rassemblées, dans la plaine, et assises sur leur derrière, faisant cercle autour d'Oxana qui leur lisait du Camus.
-
Tu dois boire beaucoup, cousin ?
- forcément !
- Forcément quoi ?
- ça aide.
- alors voila ce que j'ai vu et entendu :

Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux:c'est le suicide. Juger que la vie ne vaut ou ne vaut pas d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Albert Camus.

- T'as entendu ça ?
- Ouais, j'ai entendu.
- Et t'en penses quoi ?
- J'en pense que j'ai plus de chevaux, Youenn. Je suis dans l'errance, je bois beaucoup. Et quand je bois beaucoup, ils sont tous là, mes morts blancs.
Je voudrais partir sans revenir ici. Je voudrais retourner au pays de Michelle, à Los Angeles. Je voudrais retrouver les vieux house-boat de Sausalito. Il faut que je retrouve Malika et sa horde de chevaux sauvages.
Je ne suis plus fait pour vivre en Bretagne. Je suis fait pour la route, pour les désert de Matmata Tunisiens, les canicules de la Vallée de rois, en Egypte, ou pour me perdre à Tafraout dans le sud Marocain.. Toi, tu fais partie de ceux qui restent mourir où ils sont nés. Moi, je suis déjà mort, c'est pourqui tu ne me comprends plus.
Au large, un canot de la SNSM se battait centre la forte houle pour sauver deux vies dans les roches de la pointe du Raz.

Roger Dautais
.

dimanche 26 juin 2011


















Aux vents,

à qui donc pourrais-je mieux m'adresser à cette heure de solitude?



Lorsque sera terminé la chevauchée fantastique

voilà donc mes vœux pour les temps à venir...





Il s'est couché
sur le petit côté de sa vie
de banc public
Il ne regarde plus
il n'écoute plus
le chant
des étoiles.
Sa main pend
vers le sol
les gens passent
devant l'endormi
la soirée
s'avance
il meurt doucement
dans l'indifférence
d'un monde
délité.


Elle m'a ouvert la fenêtre du douzième. En bas, un parking fraîchement repeint. Allez-y Monsieur Septime, nous vous attendrons en bas pour souhaiter vos soixante dix ans. Ce qu'Ana Mendieta avait fait, je pouvais bien le faire, après tout, autant connaître l'univers d'un oiseau. Le sol noir est monté très vite. Ils ont nettoyé au karscher et fait des retouches de peinture blanche sur les N° de place du grand parking.
Vous comprenez, je lui avait déjà dit de ne pas se pencher. C'est terrible lez vieux, ils n'obéissent plus à rien.
Ils m'ont emmené vers la morgue et lavé comme il faut puis recousu. Cette année, je suis le troisième oiseau à quitter la cage.
La directrice vient de recevoir les palmes académiques. Il faut dire que c'est mérité. Les temps sont durs pour elle. On vient de lui annoncer une pénurie de graines pour ses pensionnaires. La vie est trop injuste pour les gestionnaires.



Je veux me retirer comme la mer se retire, sans cesser d'exister. Je veux expérimenter l'espace, l'estran, le vide supposé qu'une telle disparition engendre.
Petite mort aux enfers des vivants autistes et sourds. L'orchestration de notre vie par des inconnus ayant volé la barre du navire, ne me convient pas.
Les navigations hauturières m'importent d être vécues en homme libre comme la simple descente de caniveau par un bateau de papier, semblable à mes rêves de gosse pauvre .
Il faut, chaque jour, garder le cap malgré la tempête, malgré le encalminements.
Nul bravo ne doit m'atteindre plus que le plus vil des crachats.
Être libre libre de vivre nu, habillé d'une seule vie. Dire et puis se fondre dans le bruit du monde qui va bien et consomme à gerber. Redire ma même chose que le monde n'est pas que cela. Voir revenir les Oies sur le Saint Laurent, observer la sieste des truites, à l'ombre. Comprendre ceux à qui la Place appartient. Ne pas être dupe du mensonge de Saint Étienne. Croire que la sècheresse des bénitiers est due à la canicule. Voir mourir un vieux. Cueillir une poignée de roseaux et en faire un nid. Dans ces courants d'air et de vie, savoir que sa cigüe se répand pour sauver les apparences et le déhanchement sexy de la directrice ouvrant les fenêtres du douzième étage.
Plus que dix et nous auront atteint le quota


Moïse Clément

mardi 21 juin 2011
















à Elena Nuez

en toute amitié



Nadie es profeta en su tierra


Bicocacolors...et puis tu te réveilles en ce monde à part qu'est celui des femmes. Matrice universelle, mécanique sensuelle du rêve masculin, mystère attirant que je ne comprends toujours pas . J'ai cherché la solution de bicocacolors. Je me suis perdu dans un arc en ciel. Mon rêve est une absolue dissolution de l'âme.
Je me suis laissé bercer par la mélodie des harmonies proposées par Elena. Je me suis dit : qu'elle me parlait d'ailes. Tel Pégase, je me suis envolé. On connait la suite de l'histoire. Les passions ne sont pas faites pour vivre mais pour mourir.
L'enchantement s'est incarné, pourquoi le nier. Le jour se lève, Elena travaille et charme sans le savoir. C'est pourquoi, je lui dédie mon travail de ce jour, pour l'honorer, bien humblement.

Roger Dautais



Bicocacolors


J'ai dansé sur ton ventre, douce amande rose. Tu as ouvert les yeux. Ta peau noire d'être née sous les tropiques, irréelle caresse hantait mes nuits héroïne. Caresse illusoire entre tes lèvres, appelée par de longues sucions de rêves insanes, ma sève devint réalité. La terre s'est ouverte sous mes pieds. Un cimetière entier marchait" tombes ouvertes et courants d'air fétichés."
Des os les plus blancs aux trépassé bleuis du fond des abers, cette danse macabre célébra nos noces d'or.
Un ibis célébrait les dieux du Nil.
J'ai porté l'anneau d'or à mon oreille en signe de serment. J'ai épousé la route noire, celle qui saigne, cogne et tape. Le tambour du monde a donné le départ de la sarabande sous la voûte étoilée. Orphique négritude, sous quel tropique le cancer m'envahissait de ses remords? Je devins le clochard céleste de Jack K.
Nu comme un nouveau-né, j'ai appris l'amour sans frontières, sans couleurs de peau.
Demain, je serai sans doute vivant, puisque tu me l'as demandé, mon frère. Les soleils noirs ont brillé toute la nuit d’errance et j'ai donné mon corps supplicié à l'asphalte de Dakar. J'étais mendiant, gargouille statufiée, néant incarné. Le gouffre de la descente vertigineuse, en apnée. D'amour ou de haine, puisqu’il fallait mourir, autant l'abîme du plaisir dans les veines.
J'ai éclaté les frontières du désert de Matmata, repoussé les rêves de magrébines charnues et marché plein sud, vers la perdition.
Ma peau est devenue noire. J'ai vu les fauves dévorer la gazelle et le sage se taire sous le baobab pour que règne la loi de la nature.
J'ai choisi le plus beau de mes rêves. J'ai allumé le feu. Je suis tombé dans un profond sommeil éveillé. Initié, je me suis levé , yeux hallucinés, brandon brûlant en main. J'ai percé la plus belle, la plus improbable, la plus rebelle des nuits, comme une femme qui s'abandonne et se donne.
Ô paroles divines sorties de cette bouche ourlée. Il n'y avait plus qu'à mourir, traverser
l'Achéron, rejoindre les morts-vivants.
Il est temps d'éveiller les morts, frères Marabouts. Il est le jour de crier aux couleurs du temps, revenues danser dans les braises des passions. Il est l'heure unique de la plus belle des nuits africaines. Brisez vos chaines qui vous rattachent au vieux continent. Aimez le monde dans sa diversité.
Douze sébastes en vol ouvriront les portes de l'Orient et l'étoile guidera mes derniers jours.

Un vent de sable recouvre lentement, jour après jour, les crimes des blancs, mais la mémoire ensile les âmes des disparus.
Puisses-tu en safari,ne plus jamais fouler le sable autrement qu'un grand cimetière où dorment tes frères de couleur.



Roger Dautais

vendredi 17 juin 2011














A Sarah
Anna, Anne, Choulamite, Hanna,
Merav, Tsila, Eliora,
Emouna, Liora, Noâ,
Yehoudite, Youite,, zohara,
et à vos descendants. Le rêve est le berceau de l humanité. La femme porte le rêve, neuf mois en elle.En vous sacrifiant, c'est l'humanité entière qu'ils firent disparaître.

Un jour, nous ne serons même plus un souvenir, juste un souffle de vent. Qu'il vienne te caresser et te faire l'amour, ô femme mon éternel tourment
.

Je navigue dans les cinquantièmes rugissants et la mer est carminée. La perte ne se rattrape pas, elle se vit.
Nous sommes tous des radeaux de la Méduse en devenir. La désespérance me fût donnée en cadeau de naissance et l'étoile, par dessus le marché. Mon cœur est barbelé et mes pensées de mirador. Ma clandestinité se vit au grand jour et ma peau brune en atteste.
Que voulez vous chanter après...

Je suis bercé par la Chaconne de Bach. J'aimerai ce soir les retrouver dans les cendres, mes obsessions d'amour en pyjama rayé.
Ô, mes Juives tant aimées, ô mes cadavériques obélisques. Que ne m'avez vous englouti de vos lèvres bleuies par la mort dans un dernier cri et saigné à mon tour, comme une histoire d'amour impossible.
J'ai tété vos seins flétris avec autant d'amour que celui de ma mère parce qu'un peuple était, en tas, en os brisés, la bouche béante sous la voute étoilée, sacrifié sous un ciel vide et gris, devant une Europe endormie..
Auschwitz et puis quoi depuis... sinon cette douleur., cette peur d'un retour annoncé, avec les mêmes foules aveugles et sourdes.
Je ne vis pas, j'avance et je pleure, plus mort que vivant.
Comprendrez vous donc, aveugles de naissance qu'il est impossible de réduire l'esprit.
Arrêtez vos crachats. Plutôt la mort que de rendre l'étoile.
Femmes Juives, je vous aime à en mourir.

Roger Dautais
17 Juin 2011
"Le tambour du Monde"





Messages de l'au-delà




Message N°I

L'Arc en sable

Je voyage dans cet arc en ciel. Le dos cassé par l'effort, je pense à elle. Je veux une courbe parfaite qui épouse le sable et la mer, le vent et le cri des oiseaux. L'arc en sable vient affleurer la spirale. Il fait très froid, je suis seul avec ma chienne Morgane sur cette plage de Ouistreham.
L'infini de cette courbe sera recouvert dans peu de temps par la mer.Avant de quitter mon installation, je dédie cet arc en sable à ma fille :

TO FANNY

Tout est dit, je peux partir



Message N°II

à Sophie W.


La fontaine Ty Moon.

Il ne s'agit plus d'entasser ds pierres mais bien de les inviter au voyage et non de m'en servir comme de simples cailloux.
Elles deviendront route, aqueduc, pont reliant entre elles les collines de pierres ou bien encore, petits muraille de Chine, rivières souterraine née d'une fontaine à soleil, dans le chaos d'un terrain vague où personne ne veut s’arrêter bien longtemps.
Lieu d'oubli où règnent l'informe et le chaos, mutant d’abord et enfin chantier, lieu de travail ordonné, comme un signe d'une trace, d'un passage éphémère, en mémoire de Ty Moon*.

Ty Moon ( Petite Lune) était un chat sauvage noir et blanc, né dans une cave de HLM, adopté par Fanny et terrassé par un cancer à l'âge de 3 ans. Ce cairn, de 9 tonnes , je l'élevais à sa mémoire, l'année de sa mort.
il fut détruit 3 jours après son achèvement par les vigiles du magasin Carrefour. on continue de faire croire aux hommes qu'ils sont des hommes en leur confiant des tâches bien suspectes.


Message N° III

aux descendants de Youenn Gwernig


Ici et maintenant la Terre ou La Femme d'Argile

Est-ce ma mémoire qui défaille, est-ce la terre qui souffre...
Que me disait-elle au fond de cette carrière déserte : Tout se craquelle un jour et retourne à la terre, même les illusions.


Roger Dautais

Ces trois textes sont des légendes d'installations que volontairement, je ne présente pas ici. Je rassure le petit détective de service qui me dit voir toujours les mêmes photos sur mon blog, que je ne montrerai jamais les quelques 30 000 clichés en ma possession mais, qu'en plus, je ne donne pas des cours de land art familial, à tout ce qui bouge.
Heureux sont ceux qui pratiquent le land art le Dimanche et n'emmerdent pas les autres avec leur prétention, leur philo à 50 balles et tout le toutim...Un peu d'humilité les gars. En tous les cas ici, sur la belle plage d'Omaha beach, faut pas venir avec son costard de lin et son chèche bobo, en ce moment, car ça mouille même les Auvergnats. On a du mauvais temps depuis trois jours.
Au fait, j'ai avalé mon téléphone pour ne plus être appelé à des heures indues, les jours fériés par les zépouses de fâchés. Compris, coco ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.