La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 17 juin 2011














A Sarah
Anna, Anne, Choulamite, Hanna,
Merav, Tsila, Eliora,
Emouna, Liora, Noâ,
Yehoudite, Youite,, zohara,
et à vos descendants. Le rêve est le berceau de l humanité. La femme porte le rêve, neuf mois en elle.En vous sacrifiant, c'est l'humanité entière qu'ils firent disparaître.

Un jour, nous ne serons même plus un souvenir, juste un souffle de vent. Qu'il vienne te caresser et te faire l'amour, ô femme mon éternel tourment
.

Je navigue dans les cinquantièmes rugissants et la mer est carminée. La perte ne se rattrape pas, elle se vit.
Nous sommes tous des radeaux de la Méduse en devenir. La désespérance me fût donnée en cadeau de naissance et l'étoile, par dessus le marché. Mon cœur est barbelé et mes pensées de mirador. Ma clandestinité se vit au grand jour et ma peau brune en atteste.
Que voulez vous chanter après...

Je suis bercé par la Chaconne de Bach. J'aimerai ce soir les retrouver dans les cendres, mes obsessions d'amour en pyjama rayé.
Ô, mes Juives tant aimées, ô mes cadavériques obélisques. Que ne m'avez vous englouti de vos lèvres bleuies par la mort dans un dernier cri et saigné à mon tour, comme une histoire d'amour impossible.
J'ai tété vos seins flétris avec autant d'amour que celui de ma mère parce qu'un peuple était, en tas, en os brisés, la bouche béante sous la voute étoilée, sacrifié sous un ciel vide et gris, devant une Europe endormie..
Auschwitz et puis quoi depuis... sinon cette douleur., cette peur d'un retour annoncé, avec les mêmes foules aveugles et sourdes.
Je ne vis pas, j'avance et je pleure, plus mort que vivant.
Comprendrez vous donc, aveugles de naissance qu'il est impossible de réduire l'esprit.
Arrêtez vos crachats. Plutôt la mort que de rendre l'étoile.
Femmes Juives, je vous aime à en mourir.

Roger Dautais
17 Juin 2011
"Le tambour du Monde"





Messages de l'au-delà




Message N°I

L'Arc en sable

Je voyage dans cet arc en ciel. Le dos cassé par l'effort, je pense à elle. Je veux une courbe parfaite qui épouse le sable et la mer, le vent et le cri des oiseaux. L'arc en sable vient affleurer la spirale. Il fait très froid, je suis seul avec ma chienne Morgane sur cette plage de Ouistreham.
L'infini de cette courbe sera recouvert dans peu de temps par la mer.Avant de quitter mon installation, je dédie cet arc en sable à ma fille :

TO FANNY

Tout est dit, je peux partir



Message N°II

à Sophie W.


La fontaine Ty Moon.

Il ne s'agit plus d'entasser ds pierres mais bien de les inviter au voyage et non de m'en servir comme de simples cailloux.
Elles deviendront route, aqueduc, pont reliant entre elles les collines de pierres ou bien encore, petits muraille de Chine, rivières souterraine née d'une fontaine à soleil, dans le chaos d'un terrain vague où personne ne veut s’arrêter bien longtemps.
Lieu d'oubli où règnent l'informe et le chaos, mutant d’abord et enfin chantier, lieu de travail ordonné, comme un signe d'une trace, d'un passage éphémère, en mémoire de Ty Moon*.

Ty Moon ( Petite Lune) était un chat sauvage noir et blanc, né dans une cave de HLM, adopté par Fanny et terrassé par un cancer à l'âge de 3 ans. Ce cairn, de 9 tonnes , je l'élevais à sa mémoire, l'année de sa mort.
il fut détruit 3 jours après son achèvement par les vigiles du magasin Carrefour. on continue de faire croire aux hommes qu'ils sont des hommes en leur confiant des tâches bien suspectes.


Message N° III

aux descendants de Youenn Gwernig


Ici et maintenant la Terre ou La Femme d'Argile

Est-ce ma mémoire qui défaille, est-ce la terre qui souffre...
Que me disait-elle au fond de cette carrière déserte : Tout se craquelle un jour et retourne à la terre, même les illusions.


Roger Dautais

Ces trois textes sont des légendes d'installations que volontairement, je ne présente pas ici. Je rassure le petit détective de service qui me dit voir toujours les mêmes photos sur mon blog, que je ne montrerai jamais les quelques 30 000 clichés en ma possession mais, qu'en plus, je ne donne pas des cours de land art familial, à tout ce qui bouge.
Heureux sont ceux qui pratiquent le land art le Dimanche et n'emmerdent pas les autres avec leur prétention, leur philo à 50 balles et tout le toutim...Un peu d'humilité les gars. En tous les cas ici, sur la belle plage d'Omaha beach, faut pas venir avec son costard de lin et son chèche bobo, en ce moment, car ça mouille même les Auvergnats. On a du mauvais temps depuis trois jours.
Au fait, j'ai avalé mon téléphone pour ne plus être appelé à des heures indues, les jours fériés par les zépouses de fâchés. Compris, coco ?

lundi 13 juin 2011

















à Jacques Moraïm




Nous ne sommes pas morts,
certes,
juste des survivants,
mais il faut si peu
pour que cela devienne réalité.

Moïse Clément




Propriété privée.
Ici, tu arpentais quelque terres noire que tu croyais stériles.
Ici,
ta sueur fît pousser des chênes.
J'ai gratté au pied des arbres centenaires, le bon terreau.
Je te l'ai mis sur le ventre, mon Papa.
Ton pays, je le porte tout seul. Si mes ongles sont noirs, ils ne sont pas en deuil, ils sont la preuve de mon travail.
J'ai suivi ta boîte vernie. J'étais devenu, à la seconde de ton départ,le vieil orphelin.Maman était si profonde, si délitée. J'étais heureux de vous retrouver enfin réunis dans ce même lit de terre. Lucien-Moïse au nez d'aigle, Léone, la brunette dont le regard portait la mort de toute une famille et le sourire, un amour de mère jamais remplacé.
J'ai de moins en moins envie de vivre. Je vomis souvent le monde. Il m'étouffe. La part des anges, dans les celliers du Bordelais, représente l'esprit du vin. J'aspire à cette transparence ,cette fragrance enivrante et capiteuse. Je n'aime plus guère. C'est bien mon drame. La vie est grave et les faux clowns m'ennuient.
Oui, bien sûr, je réalise avec passion mon deuxième film sue la maladie d'Alzheimer, bien sûr, mon premier film est un succès. Mais je ne donne plus d sens à ma souffrance physique depuis mon accident de voiture, à ma douleur, à ma peine, à ma désespérance.
Je ne suis que plaie béante. Cela fait tant rire.
Je ne sais mieux trouver comme réparation que sourire de femme. Le plus beau des sourires, il est deux mètres sous terre, à Dinan, carré 34.
Je vis sur une île.
J'entends la mer.
Tout est bien ainsi.
Passez, passantes du sans souci...

Roger DAUTAIS-CLEMENT

Rab.

La voici donc, cette chienne de vie qui fait la part belle à l'immonde clinquant . La voici, tous crocs dehors , défendant la démocratie. Dépouillés, dénudés, face à Dieu, l'homme se révèle sacrifice ultime pour le bien du monde. Dans la rue, il est dévoré par ses chiens. Qui peut croire qu'une prière nourrit son homme, qui peut faire croire au peuple des affamés, sinon les hommes à qui cela profite, qu'ils sont dans le droit chemin.
Il faut des murs de plus en plus hauts, ds musiques de plus en plus braillantes, des stades houleux pour calmer la douleur des crevards pendant que les festins apoplexiques gavent les oies royales..
J'aurai cru plus de révolte, plus de dignité dans les blogs ouverts à l'expression. Nous y croisons beaucoup de profs cadrés, encadrés, conformistes. Ils nous corrigent nos fautes. J'avais imaginé plus décalé, ici encore, cette pâleur gentillette, ce grand concours de confitures, ces monstrations d'appartement de luxe avec table débordant de victuailles quand ce n'est pas les petites culottes affriolantes offertes par le chéri que l'on paiera en nature.
Très drôle ces poules en chaleur!. C'est vrai, le numérique a sauvé le monde.
"Oh combien de Rimbaldiens ascensionnels ..." A-ton le droit de sortir des sofa sublimes et qu'est la guerre de Libye que nous entretenons pour l'avenir de nos enfants dorés ?
J'ai perdu toutes les cocottes, les roucouleuses parfumées qui sentaient bon le fayotage. C'est ma faute, j'avais oublié de fermer la porte du poulailler. De tout temps, les apaches ont attiré la poulaille de luxe, pâmée.
Lorsque j'étais musicien de balloche on appelait les chansons d'amour, la roucoule. Ah, ce que j'ai aimé aller danser aux deux Hémis, de Nancy, du temps ou l'armée américaine colonisait l'est de la France et nous faisait le spectacle gratuit à la sortie ds bordels de la place Stanislas. Les ébénistes lorrains firent fortune à remonter des bar. Nous , bidasses, regardions ces marmules de M.P. bastonner les leurs avant de les charger sur les Jeep, complètement bourrés.
Nous nous consolions dans les bras des filles à soldat.
C'est vrai, après cela, nous sommes damnés et ne devrions pas aborder, le sexe, ici. Le blog esst guimauve, mauvais goût, poésie parfois, mais là ausi, la borgeoise qui flaire l'apache ne tient pas la route.
Je me demande où sont passés les hommes. J'aime assez la route empruntée par mon frère, Patrick Lucas, mais elle est tellement vide cette route.
Il est plus facile d'écrire que de vivre, parfois. La vie se conventionne de toute part. C'est le règne des banques et des assurances. Les marchands de parapluie, m'amusent. Les politiques, aussi.
Je voudrais associer à la joie d'écrire librement, les noms de quelques femmes créatrices et lectrices qui m'ont bien marquées par leur culture, leur cœur, leur sincérité non calculée.
Les voici :
Bhags(Indes) Teressa (Etats Unis) Maria Mariana Eliuterio( Brésil) Katura (Russie) Valentina Bragan,Leena,
Vico Gonz, Lau Milesi, Lu, Lee et pour terminer, Marie des plages d'ici.
Elles m'ont fait rêver, réfléchir à cette condition féminine, au fait d'être des femmes qui m'attirent et que je ne comprends pas.
Je pense que la poésie se trouve, là, dans ce mystère et, rien que pour cela, il fait bon vivre.

Moïse Clément

dimanche 5 juin 2011

















à Judikaël, Maud, Édith, tonton Raymond, tata Suzanne,
morts sur le tas, les yeux pleins du ciel de Pologne...


à Jacqueline, étoile cachée,
à Raymond,
mon frère de La Cambe...

à vous les bourreaux disparus,
que les chacals dévorent vos mémoires.



Aux petits enfants de Pitchipöi *

Ils disaient aujourd'hui
Que ce n'était pas vrai
Que nul ne respira
Sous les cieux d’Auschwitz
Ou ceux de Treblinka
Le Ziklon qui tuait.

Mais que sont devenus
Poursuivis par la mort
Tous ces enfants perdus
Qu’ils aillent en pleurs
Une médaille d'or
Accrochés au cœur.

Parfois en cauchemar
Je les vois s'avancer
Leurs menottes crispées
Par l'angoisse et la peur
Ivres de désespoir


Et regardant blafards
Jaillir du crématoire
La sinistre lueur.

Où-sont-ils aujourd'hui
Que ce n'était pas vrai.
Dites, mais dites nous,
Que sont-t-ils devenus ?

Giselle Guillemot.
des mots contre l’oubli.

Germinales 2004
à Colombelles en Normandie.

* Note de l'auteur : Les enfants qui attendaient leur départ vers l’inconnu dans les camps de Drancy, de Pithiviers, etc...appelaient cet ailleurs mystérieux "Pitchipoï "






Nouvelle :

Demain, j'étais déjà ailleurs...


Nous voici chez l'épicier et ma fois, je me dois de satisfaire tout le monde.
J'ai ouvert le magasin dès six heures, ce matin. Je lis mein Kampf dans texte original. C'est le père de Titi qui me l'avais montré. Après son départ, je lui avait volé.
Rien à dire, les juifs, on est comme ça.
On aime nos ennemis pour mieux les avoir.

Son père à titi, un vieux rouquin Breton, était dans les S.A.S.. Il avait commandé le premier camp de harkis de l'après guerre. Il était avant dans les services spéciaux en Algérie .
Il en avait fait causer, puis il les avait balancé vivants, enfin seulement quelques uns, par la porte de l'hélico. Pas plus de 6OO mètres à cause que ça coûtait cher en kérosène. Mais comme il était menteur, je lui ressemble en cela, on avait jamais su exactement la vérité.
Les melons, il aimait pas en 63.
Ex- O.A.S. il était capable de boire beaucoup, comme tous les Bretons, putain de leur race!
Il leur avait serré la vis aux Algériens. Et pendant ce temps, comme Édith, la mère de Titi était restée pour élever le gosse, en Bretagne, mon père la sautait, par vengeance divine.
Le père à Titi, il était capable de boire 25 Ricard d'affilée au bar du camp, puis de sortir et ensuite, de tirer dans le tas.
C'était quand même des hommes. Ils en avaient en ce temps là.
Si j'avais pas été Juif, j'aurai aimé être comme lui.
Dire que maintenant, on disait que dans la famille, certains étaient capables de faire pire. Tu parles, un chaud lapin, oui. D'ailleurs, merci Papa, j'étais pareil.
Dans ce monde d'extralucides des bloggers, il m'est demandé très souvent d'épurer mes images. Puisqu'ils sont collectionneurs d’Étoiles de David, ces exterminateurs architectes,je leur cède à 300 euros pièce, sans dédicace pour eux.
Pour ce qui est du nettoyage ethno-photographique, qu'ils fassent une demande en trois exemplaires et me l'envoient.
A l'heure ou l'élu, mal payé en est rendu à manger les doigts de pieds de ses propres secrétaires, je propose des stages d'aération des la calebasse à 600 euros par jour, avec initiation au land art à spirale puis, sortie au Casino , le soir.
Vous aimez la bonne musique, apprenez le biniou ou la cornemuse le soir soir ou encore, l'harmonica qui se ranger aisément dans la pochette de poitrine. ça détend.
Je n'ose vous conseiller la Chaconne de Bach qui vit tant de corps suppliciés se balancer, tels des métronomes au bout des potences nazi ds camps d'Europe de l'est. Laissez-nous ça pour nous.
L'abjecte se vend bien en ce moment.
Hâtons nous de nous moquer de Stéphane Hessel, comme de grands penseurs que nous sommes, pour nous indigner sur la longueur du concombre qui tue, puis ne tue plus.
La puanteur se répand qui ne dit pas son origine. Mépris, inhumanité, irrespect, indignité tapissent les discours politiques haineux prônant le retour à l'ordre nouveau.
Alors, nous irions cacher nos Anne Franck et nos chers voisins, les dénoncer. Alors , les trains de vacances pour Pitchipoï se reformeraient et les rafles se feraient à Roland Garros, puisque le Vel'dHiv n'est plus disponible.
Moi, ce qui me choquait dans ces tas de juifs au corps malingre et blanc, aux bouches insanes, aux yeux qui ne comprenaient rien, c'est qu’ils choquaient avec l'architecture voulue par le Reich, sobre, sombre, catatonique et rectiligne.
Jouez nous du Wagner, que diable et que ces eunuques en uniforme vert de gris , pissent dans leur froc.
L'infâme, il est dans ces cerveaux brisés des nouveaux penseurs. Ces fermeurs de frontières, ces pourfendeurs de droits de l'homme, ces" on s'arrange entre soi".
T'as vu ça, toi, dans le manuel du parfait soldat, qu'il fallait ouvrir en deux, une femme enceinte, au couteau, en public, pour gagner le ciel.
Coupez vous les texticulent ( c'est de la poésie) et laissez vous vider comme des lapins si vous pensez cela. Pourquoi pas Sabra et Chatila ?
Soyons fou, apportez nous le meilleur des champagnes , le meilleur des caviars, et laissez nous avec votre femme, Bertrand, quand elle aura goûté au singe, elle ne voudra plus de l'homme. Vous voyez, comme vous êtes, ingrat, je m'occupe de votre gentille femme et vous vous vexez.

Mes mots ont dépassé l'horreur de Buchenwald. Vous les entendez gueuler, mes morts ? Non...
Alors, pleurez sur votre sort, car jamais vous ne reposerez en paix.

Moïse Clément


Photos de personnes

1 Groupe international de land art PLAGES DE LIBERTE, un 6 juin sur la plage d'Omaha Beach
2 Roger Dautais ,
fondateur de l'asociation internationale PLAGES DE LIBERTE
et leader du groupe.

2 Gérard Bourdet(Casquette de marin)
fondateur et Président de VOILES ECARLATES.
C'est une Association de réinsertion de délinquants par la mer.
Après une traversée de deux jours à la voile sur le Croix du Sud III, entre Cherbourg-Octeville et la plage d'Omaha Beach, et après la cérémonie de l'hommages aux victimes de la Shoah et aux victimes civiles et militaires du débarquement du 6 juin 1944, il remit la médaile de la ville de Cherbourg au Maire de Saint Laurent sur Mer, lors d'une cérémonie très émouvante, et ce malgré quelques moqueries et mots déplacés envers la communauté Juive de Basse Normandie présente sur cette immense du souvenir( bloody beach).

Un documentaire court existe de ces instants sacrés.

lundi 30 mai 2011











Nul ne ment autant qu'un homme indigné.

Nietzsche



à Servanne, Younes, mes amis du Maroc,

à Oxana, Marty,Magda,Isana.g. Nirit K. Marisa, Johanna, Elfine, Josepha, Judith, et toutes les femmes, passagères, non sans souci, du Chemin de Grands Jardins

et aux femmes violées, abusées, à qui l'on jette des pierres...

Roger Dautais






Le chant de l'eau était rouge...


Il pleuvait des cordes.
Daniel, l'idiot du village, les ramassait.Il aimait la pluie, car,en ces temps bénis des gnomes,les enfants du village étaient gardés dans les maisons et ne lui jetaient plus de pierres.
Il est bien normal de jeter ds pierres à qui n'est pas , au moins, propriétaire. Il porte es stigmates de Dieu.Parler de liberté et la souiller ensuite ne dérange personne,surtout l'année de la communion solennelle.Les enfants de Marie, rassemblés en enfants de chœur, autour du curé, rêvaient de vengeance.

Daniel, l'idiot du village, était fils de Meuyot et, disait-on, de fille de Vendest. Allez savoir, les Bretons sont si fourbes. Pas comme ces Normands, leurs voisin, limpides et innocents de tout péché originel.

Une belle garce que cette Vendest, comme on l'avait très vite surnommé. Grande, brune, les yeux noirs, es hanches à porter une douzaine d'enfants, et toujours pieds nus, avec ça. Un peu comme Esmeralda,avait dit le Notaire, alors que personne n'avait encore rien écrit sur elle. Un intersigne je vous dit.
Quatorze ans, des seins pareils, c'est une injure, un sacrilège dont elle aurait à rendre compte devant le très-haut, pensait Letronc. Défier tous les hommes du village était malsain. Elle finirait par se faire violer. Alors, Letronc s'en était plaint au curé du village pour qu'il la fasse bannir par le châtelain qui avait des relations.

En fait, c'est Letronc qui l'avait eue le premier. Dépuceler, était sa spécialité de notable.Après tout, un bon notaire se doit aussi d'inventorier le patrimoine et c'est ce qu'il fit.
Il l'invita, le soir de Noël, à partager sa table à la place du pauvre.Après la messe de minuit, les oranges distribuées aux enfants de sa femme, Mathilde, une laideronne épousée en seconde de noce pour sa dote, il les avait fait couchér tous les trois dans leurs chambres respectives et soufflé les bougies en leur souhaitant , belle nuit de Noël.
Mathilde avait encore parlé de la Roumanie avec Vendest en sirotant de la prune, jusqu'à environs deux heures du matin et demandé à montre se coucher.
Letronc, bon chrétien,avait proposé d'accompagner Vendest jusque chez le Meuyot, un vagabond d'une vingtaine d’années qui travaillait avec les charbonniers depuis deux ans à la sortie du village, sur la route de Rennes. Il dormait dans l’une de leurs cabanes.
Letronc avait fait un détour avec la fille, par le Moulin aux Ducs. Il prétendait que, passant par ici, on arrivait plus vite aux cabanes. Elle marchait devant et le mouvement oscillant de son bassin,excitait le notable. Au diable Mathilde et sa jambe trop courte,ses robes longues et ses cols de dentelle. Au diable son chignon sitriste et ses seins plats. Ctte sauvageonne devait encore être vierge. Un bon coup, en somme.
Il l'avait fait entrer dans l’appentis qui jouxtait la roue à aube. Il l'avait culbutée et violée, dans le chant de l'eau, parmi les râteaux, les pelles et les pioches du cantonnier. La petite avait pleuré en se débattant comme une diablesse et mordu Letronc au visage.
Pensez, à quatorze ans, on ne comprend pas pourquoi,un notable, ça vous lèche les pieds, pareil à une chèvre, comme un pervers,en faisant béé...Béé.

Elle s'était bien débattue sous le Notaire lorsque ses mains longues et blanches portant chevalière en or, qu’elle avait admirées à table, pendant le réveillon,avaient atteint sa petite culotte. Elle avait bien crié, pleuré, supplié, mais elle avait fini par céder à la force du mâle triomphant lorsqu'il viole pour perpétuer la tradition.

L'enfant arrivage dans la cabane, neuf mois plus tard, difforme.
Elle le regardait comme une malédiction du ciel, avec ses jambes arquées et son œil gauche, torve.
Le notaire sermonnait Vendest.

- ça t'apprendra à te faire sauter par les gitans. Ce sont les fils du Diable.

Vendest pleurait, mais comme cela ne suffisait pas à calmer l'ardeur du Notaire,éconduit après l’accouchement, il la fit arrêter, avec la complicité du curé et de Monsieur de Saint André, le châtelain, pour un crime sordide dont elle n'était nullement coupable.
Il faut bien de temps en temps que la justice se fasse.

Rapidement jugée à Rennes, puis condamnée au bagne après un procès bâclé, auquel assista le Notaire, elle disparût à tout jamais.Ce qui est moral.
Quelques mois plus tard, le notaire qui trainait vers le moulin aux Ducs, alors qu'il venait de violer une servante, se fît écraser par un puissant attelage de bœufs blancs. Il pleuvait des cordes, ce jour là et le sang de Letronc fût vite lavé.

Les lavandières du village, au repos forcé à cause des intempéries,trouvèrent le corps du notaire au milieu de la route, à cinq cent mètres de l’appentis. C'était l'endroit où Jean-Jean enterrait ses chevaux debout, après leur mort. Tout le monde disait que la nuit, des cavales blanches sortaient de terre pour de monstrueux galops autour du moulin.
Un endroit dangereux, bourré d'intersignes!
Le Bretons boivent beaucoup et bien évidement, ils inventent.C'est d’ailleurs le seul peuple du monde à être plus menteurs que tous les politiques du pays.

Malgré la pluie, elles lui avaient craché dessus,riant comme ds folles, en souvenir de Vendest. Elles lui avaient arraché ses souliers , défait sa veste et souillé sa belle chemise blanche avec la boue du chemin. Puis elles l'avaient débraguetté et sorti la verge en riant comme des enfants après un mauvais coup, car elle était molle... On aurait dit, une scène de viol.

Trempées jusqu’aux os, les cheveux défaits, elles avaient fait silence puis craché dessus, une dernière fois, ensemble.
Marie sortit une serpette d'entre ses deux énormes seins, car elle était aussi nourrice. Elle s'agenouilla au bout du corps et trancha les deux gros orteils avant de les jeter aux chiens qui les accompagnaient dans cette triste scène. Puis se furent les oreilles et la queue, comme dans les arènes de Séville.

Elle trainèrent le corps du supplicié jusqu'au lavoir, sous les yeux du gnome qui regardait la scène sans rien dire.

- tu dis pas au revoir à ton père, lança Marie, la nourrice.
Daniel attrapa une de ces cordes divines qui tombaient du ciel et la tendit à Marie.

- Pierre...pierre... se mit-il à hurler, en désignant un gros caillou dans l'herbe.

Les trois femmes le roulèrent dans la boue jusqu'au corps du notaire. Elle lui installèrent sur le ventre et la ficelèrent, comme on le fait pour fabriquer l'andouille de Guémené. Jeanne, la sœur cadette de Marie aux seins lourds de pluie et de vengeance,attrapa le corps par la jambe droite. Marie, par la jambe gauche. Les deux autres lavandières du groupe, Louise et Risette, l'empoignèrent par les bras.
Le visage maculé de salive et de boue, ressemblait à son âme boueuse.
Ainsi, les hommes ayant perdu pouvoir et attributs devenaient-ils faibles comme de femmes?
Non, ils rejoignaient la race des chacals.

- Dis, le gnome, ça te dirait de faire un tour, une ballade à cheval sur ton père ?

La bestialité s'exprimait, en-deçà du viol.

- Allez, monte.

Daniel s'assit à califourchon sur la grosse pierre, les pieds posés sur la panse du notaire.

- Vas-y, le gnome, hue cocotte, fouette ce salaud...

Et le gosse fouetta la bête morte au sexe flasque, en criant " salaud...salaud...tel un mal élevé, le nez morveux . Il avait le le visage inondé de larmes et d'eau de pluie.
Arrivé au bord de la rivière, le groupe de femmes entoura le gosse ainsi perché. L'une des trois femmes, à ce jour non identifiée, se signa puis elle trancha la gorge du nabot, fils de Vendest et du notaire.
Il se vida tel un lapin, sans une plainte. Son petit corps s'affaissa. Dans sa main droite, un fouet, un exutoire pour solde de tout compte.
Comme il pleuvait toujours des cordes,elle en saisirent une et attachèrent le corps de l'enfant avec celui de son père.
Elle jetèrent le tout à la rivière.
La vengeance exécutée, chacune des lavandières garda le silence.
Quelques mois plus tard, les gendarmes du canton vinrent les arrêter, une à une. Elles furent emprisonnées à Rennes, jugées, puis guillotinées. Elles reposent toujours dans le carré des suppliciés.

Cette histoire se passa dans le village de Bécherel, non loin de Rennes, en mille sept cent quatre vingt treize.
Vendest fût enterrée au carrefour des Ifs, non loin de la Chapelle de Lucien. Un sorbier des oiseaux poussa dans la bouche de la sauvageonne aux pieds nus.
Les gens du Voyage ont toujours été les amis ds oiseaux et de la Liberté. Ils l'ont payée cher.


Roger Dautais

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.