La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 27 avril 2019

Prana  :  pour Anne Le Maître

L'air tisse  l'univers, le souffle, l'homme.
Atharva Veda

Ruah...
L'air est chaud. Je viens d'installer,  une flottaison sur une langue d'eau s'introduisant en terrain sec. Sensualité reptilienne d'une eau,  tiédie au soleil, qui donne la vie sous les aulnes. Les arbres se parlent, frémissent.
Je fait silence. J'avance en terre sacrée.
Des centaines, voire, des  milliers de  menhirs couvrent la région. Le sol  n'est que vibration, mémoires,  à fleur de  peau. Le sol recouvert d'aiguilles de  pin,est  craquant comme du pain  frais, souple, sous mes pas. Les fougères expriment leur  joie de côtoyer ces ancêtres de  pierre. Elles donnent de la fraîcheur  à  mon regard qui se  pose sur  un camaïeu de verts, divin.
Dans ce territoire situé entre Plouarnel, Erdeven, Carnac et Crucunio,se trouve un  menhir qui  porte le nom de : Chaise de  César. Je me dois de le trouver, de  m'asseoir sur ce trône,, comme  on  le fait sur celui de Sarah Bernard,  à la Pointe des poulains de Belle-Île.
N'y  ont droit que les rêveurs, les autres passent  à côté de  tellement de choses  !
Il est difficile d'installer dans de tels endroits sacrés. Si chargés  d'histoire, de corps défunts, déposés, à même ce sol, devenus, humus.
Sans respect, tout ce que tu fais là-bas,  n'a aucun sens.
 Après avoir choisi,  une superbe allée couverte, c'est  à genoux,  au  plus près du sol et des ces habitants éthérés, que je trace  une spirale avec  mon doigt,  à  même me sol du  grand dolmen. Je rejoins ainsi,dans ce  mouvement, toute cette force  puissante que  m’envahit et que je partage dans ce signe de vie.
Je ne ferai pas  plus.
Le retrait s'impose, digne.
Il est  impossible de quitter ces  lieux, sans  remercier, sans empreinte au cœur.
Vous comprenez cela ?
Roger Dautais

 Photo  : création land art de Roger Dautais
" Prana " :  pour Anne Le Maitre
Région de  Plouharnel  - Bretagne

***

Grand garage blanc

De quel  pays abandonné me parles-tu, Gaby?
Tant de  mémoires abandonnées, comme ds chalets aux volets fermés,tant d'histoires vécues,entendues, racontées, sur le chemin de halage qui  menait  à  l'écluse. Tant de  non-dits, enfouis sous  l'humus de ta pensée, sur lequel  pousse ton arbre.
Mais, tu ne le vois  plus cet arbre de vie qui te procure de  l'ombre en été. Tu ne le vois  plus celui que tu as aimé,  puis rejeté,  pour ne garder que ta jeunesse. Tu  n’entends  plus tes voix  intérieures, belle adolescente, que tu  me confiais, sous les étoiles de Lehon ? Toutes ces mémoires refermées sur elles-mêmes  et que tu refoulais  pour être  tranquille.
Toutes ces  petites choses qui faisaient de toi,  un être éclairé, dont tu ne tenais  plus copmpte, je les ai ressenti comme ta part d'ombre qui  grandissait, qui  allait nous éparer, au  moment  où  tu  m'a  lâché la main, cette nuit.
.
 Roger Dautais
Les écluses de Pont Perrin.


P.S
Ce texte qui évoque  mes  premières amours adolescents, j'avais 14 ans et qui durèrent  une année scolaire, m 'a été donné, sous  morphine.
Un beau rêve qui  m'aura probablement accompagné dans ces grandes douleurs qui furent les  miennes après l'opération.
Dès que j'ai  pu  prendre des notes sur mes visions,  mes rêves, mes délires,, soit 5 jours après cette  opération du coeur,  je l'ai fait.
 J'ai attendu d'être,  plus en forme, mais toujours hospitalisé  pour entreprendre  un travail d'écriture pendant 19 jours.
C'est  pour moi,  une expérience  unique qu rejoint, celles d'écriture automatique  ou sous emprise de stupéfiants, menées  dans les années 70-75,  où je recherchais à  incarner ces états de conscience modifiés, décrits par Castaneda  pour créer, expérimenter,surtout en arts graphiques. et en  musique . J'ai  pratiqué seul  ou en groupe.
R.D.

10 commentaires:

  1. Quand le poète écrit ce qui lui passe par le cœur
    L'amour n'a plus de religion ni de couleur

    Enrico Macias

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    1. Merci Marie.
      Tu t'y connais,chère Marie.Je le vois comme ça aussi.
      Je t'embrasse.
      Roger

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  2. Bonsoir Roger
    Encore François Cheng:
    Parfois, ce qui se murmure en nous
    Devient audible. Nous entendons
    Alors tant et tant d'autre smurmures
    Chez les vivants et les morts,depuis
    La nuit des temps, disant un secret
    Lancinant, jamais éclairci, basse

    Continue de la Voie qui seule sait.
    *
    Tu relates des expériences personnelles passionnantes, émouvantes.
    Tu as battu la campagne, façon de parler, remonté le temps, visité des lieux de mémoire, peut-être vécu une décorporation, assemblé les bouts, tissé des liens d emémoire
    et en plus, de la photo de ce lieu choisi, émane quelque chose d'étrange et de parlant.
    Une sorte de médiation ayant choisi son homme de confiance, son homme de cœur.
    Je t'embrasse.

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    1. Maïté-Alienor.
      Parler de décorporation fait rire beaucoup de monde. C'est comme les pauvres, ça fait rire. Les malades, ça fait rire, les migrants,ça fait rire. Les vieux aussi, ça fait rire, ah, j'oubliais, les ploucs , ça fait rire.
      Ce qui me fait rire,ce sont ces hautains qui se déguisent en marin breton,, pour un week-end à la Tinité sur mer,descendant de leur 4X4 flambant neuf, avec le savoir universel de celui qui domine, qui possède le la tune et tient le pays en main. La connerie dépasse les limites. Les voilà les élus de la banque, les branchés, les connectés. Les éternels,ceux qui vivront deux cent ans.
      ça me fait rire,ce peuple de petits personnes sures d'elles qui ne connaissent, ni la mort ni la décorporation, jusqu'à ce que, jusqu'à ce que, la mort s’occupe de leur carcasse. Auront-elles assez de sagesse pour tout quitte, tous;. Comprendront-elles ce qui leur arrive ? Elles verront bien.
      Bien loin de François Cheng, chère Marie-Thé !
      ¨Dans le Grand Garage Blanc, j'ai
      vécu plusieurs décorporations pendant quatre jours, en
      salle de réa et même pendant ma longue opération. J'hésite à publier tout ça.
      Je t'embrasse.
      Roger

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  3. À propos de Castaneda, en recherchant 'LHerbe du Diable et la Petite Fumée" dans les rayons surchargés de ma bibliothèque, je suis tombée sur un bouquin offert par ma fille (il y a de ça une bonne vingtaine d'années) et que je n'ai jamais eu le temps de lire en entier.
    En le feuilletant à nouveau, j'y ai pêché cette citation de Jim Morrison dans "Wilderness" :
    Je sais ce que tu veux.
    Tu veux l'extase
    le désir et le rêve.
    (...)
    Recréons le monde,
    Le palais de la conception brûle.


    Bon dimanche Roger, à bientôt

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    1. Tilia,
      Merci chère Tilia, même si je ne pratique plus les Paradis artificiels, ils furent dans ma jeunesse mon univers extatique. Combien d'amis y ais-je perdus ?
      Je ne suis toujours pas persuadé que d'avoir échappé à cette mort, par overdose, fut une vraie chance. Je n'aime pas les pères la morale et garde toujours une certaine tendresse pour mes frères et sœurs Junkies.
      Je suis passé très souvent sur la tombe de Jim Morrison, noblesse oblige.
      Je n'apprécie pas les gens qui veulent me redresser, me sauver du chaos. Cela me regarde en premier.
      Laissez-moi avec ma douleur du " revenir ". Une opération du cœur n'est pas une histoire de parlotte.
      J'ai encore à aime r le monde, qui est toujours là, à ma façon.
      Je t"embrasse.
      Roger

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  4. it seems you are with the world all at once and the world with you.

    may the birds keep on singing, singing))

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    1. erin
      Aller,sur le chemin qui travers mes forets, t’emmener écouter le chant des oiseaux. Pourquoi pas.
      Je t'embrasse.
      Roger

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  5. En faisant un tour sur ton blog, je comprends mieux les mots laissés sur le mien. Je trouve très intéressante ta spirale de vie,
    une belle renaissance, j'espère que ton coeur va te porter loin.

    Très belle journée

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  6. Là où on se rejoint de façon extraordinaire et mystérieuse, Roger : merveille de ce cadeau que vous me faites, moi qui fut en cette allée, entre ces dolmens, avec l'homme aimé, au moment même où la maladie s'installait et déchirait nos vies, et nous poussait dans nos retranchements de mortels et d'amoureux.
    Ce même jour nous avions, pensant à vous, disposé une spirale de cupules et de feuilles devant la stèle de Guillevic.
    Stèles, et souvenirs...

    Il n'est plus et mystérieusement, il est encore.

    "Que soit sobre de lignes
    ton paysage dernier."

    En amitié,

    ANNE

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.