La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 3 octobre 2009






Le land art, est une discipline qui intègre totalement le concept de l'entropie, du périssable, de la fragilité de la vie, de l'éphémère. Montrez l'archétype et l'on vous bombarde, écrivez dans le sable et l'on vous enferme. Il faut de l'authenticité dans l'installation. J'y dépose ma vie en caution.
Je jette un regard lucide et modeste sur mon travail, quoique vous en pensiez. Il me reste tant à découvrir.
Il y a quelques années, j'avais préparé un travail commun avec une artiste Américaine, Michèlle M. Nous n'avons pas poursuivi les travaux, seulement l'amitié. Il me restait aussi ces photos présentées ci-dessus l'occurrence.

Roger Dautais .
Nuit du 2 au 3 Octobre 2009 en Normandie.



à Lucien, Moïse Dautais
mon père...


C' en est fini
de compter les étoiles
Elles peuplent mon firmament.


à Leone Clément,
ma mère...

Trois
ritournelles blanches
Gwenn ha du
Le Dimanche,
elle aimait rire sans vin.

à José Matouch...

Trop de vin
Trop de blé, trop d'argent
Elle mentait, cette vie.
Elle n'était pas mienne.

à Toff....

Terres, de loin,
Je vous vois
Qui m'attendez.
Ouvrez
le sillon
qui portera mes cendres.

à Maria Cécilia de Huloa Flozé...

Mondo cane,
Sur les trottoirs de Montmartre,
Pauvre folle,
Elle vascille, ma mémoire.

à Guy Allix...

Ici,
Au moins,
Les choses sont
Claires, ici
Le café est bon, avec l'ami.

à Marie-Claude Sévenec...

Bredouille,
Je rentrais, mouillé de toi.
Tu m'attendais, sous l'étoile.



J'ai brûlé des pierres
ma vie durant.
Je l'ai noyée dans ton regard.
Le feu et l'eau
rassemblés.



Il faut beaucoup
jeter
De regards pour pêcher
Si peu.
N'exister que dans ton regard, enfin...


Roger Dautais


" Si j'évoque, dans ces poèmes, l'Espagne, le Brésil, l'Allemagne, la France, le Nord, la Bretagne, sous les mêmes étoiles, c'est qu'il y a bien une raison, autre que la folie dont vous me parez. Je suis issu de l'amour, en doutiez-vous. Le reste me regarde. trop de langues de P... s'occupent de ma nécro. Laisse-moi mourir à mon rythme.
Les nuits sont longues, je me lève chaque matin, vide, bien reposé, neuf au regard du monde, accouché par elle qui bée sur le monde. Chaque matin, enfant, aussi naïf, chaque soir, après, jurant, vociférant le point levé, petit moucheron posé à la surface du globe, pareil au Président, pareil au Clochard céleste... humain.
Nous gesticulons et puis un jour, quelqu'un passe et éteint la lumière, au bord d'une autoroute, ou dans une chambre d'hopital. Dites, l'infirmière de garde, ce jour là, ne vaut-elle pas tout l'or du monde, son regard dans le vôtre, votre main dans la sienne quand elle vous dit :
" dormez Monsieur, c'est l'heure, la Grande, la Vrai, la Dernière heure".
*
"Ecrire, n'est pas de mise, ici. Je parle de l'ailleurs, pas de ce lui que vous connaissez, non, de l'ailleurs.
Il faudrait comprendre pourquoi, mais je n'ai jamais eu le temps de faire autre chose que de suivre l'étoile. Mais cela en vaut-il le coup. Pensez-en ce que vous voulez. Le sang coule dans mes veines comme dans celles de François, le Camerounais de Tailleville, de la même couleur. Fraternité. Ah, oui, je sais, ça fait rire les gens "intelligents". Fraternité, malgré tout, hors les murs et dedans. Comprenne qui le peut.
L'essentiel n'est plus dans cette page qui se termine en cette fin de nuit. L'essentiel est dans cette vie qui m'irrigue et permet d'être au monde, le plus beau des cadeaux, je le dois, avant tout à Maman et Papa. La suite ne fut que péripéties".

Lisez Roger Munier, Guy Allix,Myriam Montoya, Joel Bastard, Erri de Luca, Nan Aurousseau, lisez Jean Rivet, Yvon Le men,Françoise Ascal, Jacqueline Clément-Tanner, Dominique Fourcade, Mahmoud Darwich.


à ceux qui, tombés des fenêtre, trop jeunes, nous crient : gare !

"Le mondes est beau, vous savez,
quand s'arrête le compte...Tic...tac...Tic...Tac...Tic...Tac...
Sans moi, sans, toi, sans nous, sans vous.
Il tourne , le monde et nous emmène,
tous ensemble ...Tous ensemble..."

Vous avez entendu cette chanson,
mais si, bien sûr, à la télé, avant les résultats du loto.
*
Nicoloz Baratachvili termina sa vie à 28 ans, en Georgie. Il écrivit :

.../Mourant, je ne verrai
Les larmesde mes proches
Mais l'azur m'enverra
Sacéleste rosée.../

Il reste un des plus emblematiques poètes de ce petit pays du Caucase . Dénichez ses oeuvres chez les bouquinistes des quais de Seine, à Paris et lisez-les, aussi.

Le Dimanche reste un jour sacré, pour moi,vivant. Je vais, je respire, regarde, goûte, écoute, sens, touche le monde. La vie est en moi, je vous l'ai dit, pour toujours, jusqu'à la dernère seconde, comme je l'avais expliqué à Yvonne Guégan, ce peintre disparu à plus de 80ans, à l'oeuvre jusqu'à l'ultime. Reconnaissance et respect. Je pense à vous, ce matin Yvonne en terminant cete page quotidienne, à vous et à votre oeuvre humaniste.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

aux premières nuits d'automne,

elle sont si longues...


Vivre un éternel décalage
Dans le regret
De ne rien regretter.


*

à Miguel Angel Estrella

Es-tu si las
Que ton visage ne le dit
Ou me parles-tu de ton voyage...


*

à Guy Allix

Dire ce chemin
Et partant, oublier de marcher
C'est, manquer écrire.

*

Je n'ai rien dit
de la sorte
Partir était compris dans mon silence.

*

Il est trop tard
Pour mentir
Trop tôt pour mourir.
Il est temps de tout vivre
Comme avant.

*

à Myriam Montoya

Ne rien regretter
Ni le gel, ni le sol rugueux
Ni le dos cassé au travail
Se courber,seulement,
Devant la Nature.

*

à Roger Munier

L'idiot bavait
sous les coups.
L'insane vérité, C'était moi.

*


J'aurais dû...
Je n'ai pas su
Mourir à temps.

Chasse le jour
De mes pensées
Laisse moi
Dans le noir, Papa.

J'irai le
retrouver
Ce père.

Je n'avais pas
de cris, Simplement des larmes,
Comprenez -vous.


Roger Dautais


Oui, je sais, la photo, ce n'est pas du land art.Oui, je sais, il faut que je foute ce cadre en l'air. Merci aux conseilleurs en art contemporain de leur célérité. Moins de zèle, sil vous plait, laissez moi finir ma petite vie.
Toutes les personnes citées ci-dessus, font partie des poètes que je lis en ce moment, avec grand bonheur. Quant au grand Miguel Angel Estrella, je vous ai déjà expliqué le rôle qu'il avait joué dans ma vie. Cherchez bie, vous trouverez cela dans mon blog.



à Claude Lelouch, pour son talent...



Après la tempête, tout redevient calme. En apparence, rien n'a changé. La mer est mer, la côte, côte. Seul un oeil averti, en descelle les conséquences.
Seul, un homme cultivé de la vie se met en alerte devant un bouillonnement intérieur révélé. Sur les crêtes des falaises à désespoir, se promène toujours le malsain badaud attiré par l'odeur du sang et la "possible" photo du cadavre.
Il en est de même pour la poésie, certains s'arrêtent aux mots et le photographient, d'autres, envisagent le pire.
Ce n'est que dans le pire envisagé que l'on peut entrevoir un semblant de vérité.
De mon talent, ils n'ont retenu que la folie et c'est cela qui m'a sauvé.

Roger Dautais

Il faudrait peut-être arrêter de pousser les gens au suicide et tout mettre sur le dos des cremones de fenêtres. Dans la photo, c'est le cadre qui est ennuyeux, dans la vie, certains le sont, aussi. Tout le monde n'a pas son parachute doré et les condoléances formatées ne ramènent jamais le mort.

Sur mes photos land art, je représente la vie, en ce qu'elle a de beau, lorsqu'elle apparaît sur terre, puis le rideau tiré sur une grand partie de crèves la faim, et ensuite, la maîtrise d'un geste qu'il faut acquérir pour tracer ces spirales de 46 mètres de circonférence. Pendant l'heure et demi que dure cette création, j'ai le temps de penser à la folie du monde contemporain et à ceux qui la génèrent. Pour en arriver là, il m'a fallu beaucoup travailler le "hors cadre". Il me faut, c'est absolument nécéssaire, être en vie chaque jour.
Le land art est une discipline exigente, qui demande à comprendre, pour celui le pratiquant, le sens du geste, l'entropie naturelle des matériaux, des végétaux, de la vie, tout simplement. Le land art demande à être servi par une bonne technique de prise de vue, mais ce n'est pas l'esentiel. Il faut privilégier le travail " in situ", rechercher l'harmonie d'un lieu, s'y retrouver, développer ses sens, appréhender les silences, la fragrance de l'air, le frémissement de l'eau, le parfum des terres labourées, le sucré de la fraise des bois, des myrthilles, la fluidité du sble du désert Tunisien quand il passe entre les doigts comme le bonheur, parfois. Nous sommes dans les deux cas, en face d'un phénomène " éphemère".
En cage, un homme ne chante pas juste. En prison, il rêve d'évasion et c'est bien naturel. Dans un cercueil, toutes ces fonctions ne servent plus à rien. C'est pour cela qu'il faut arrêter de pousser les gens à se défenestrer. Pensez à ceux qui restent, vous pousserez moins fort.

Roger Dautais

Je suis obligé de signer plusieurs fois mes textes, car je ne pratique pas le copier-coller, ou si cela m'arrive, je préviens et rend à César...
La ligne bleue (qui n'est pas des Vosges) apparue sous mes deux lignes, n'est pas de mon choix et je n'arrive pas à l'enlever. Nous sommes peu de chose sur terre!!!!!!!




vendredi 2 octobre 2009

à Lejb Grinbaum, à son voisin, à Sylvie
et à Manue, si sensible...


Nous sommes déjà
Faits
De ce néant qui nous attend.


*


à Emmanuelle Hattu...

Un peu d'hier
Un peu de demain
Entre les deux, l'incertitude.


*

Longue histoire
Longue plainte
Courte destinée.


*


Personne derrière
Pour faire crisser les graviers
du cimetière...L'abandon.


*


à Lejb et René...

Tombes jumelles
Que le lierre retient
De glisser dans l'oubli



*



à Sylvie...

Elle, dans sa gangue,
Boîte fracassée,
Les os, à même la terre.



*



à Guy Allix...

Ici se termine ma nuit
Limès ténu
Ici sera toujours mon pays.



Roger Dautais

"Carré des indigents"


Cette page est née d'un lecture nocturne d'un livre de poèmes paru, en 2008, chez Le Nouvel ATHANOR, sous le titre de Guy Allix. Nous passons notre vie à côté de si beaux paysages, sans même les voir. Ici, je vous parle d'un de ces paysages. N'y cherchez pas la paix, il n'y a que la vie. Allez vers ce livre.
J'ai aimé croiser cette lecture avec la mémoire d'un ami, de deux, de trois, promis, j'arrête ici, qui reposent au carré des indigents d'une grande ville de l'ouest,connue sous le nom de Caen. Je suis le gardien de leur mémoire. Allez leur rendre visite, regardez-les dans leurs yeux remplis de terre et reprenez votre route, elle vous amènera vers moi.
Je ne désespère pas de la mort, c'est la vie qui m'effraie dans sa forme actuelle. Le monde est fou..
A mes frères qui coulez lentement, tombez des fenêtres, à mes soeurs qui vous balancez au bout d'un corde, que ne vous ai-je connus, aimés, nous aurions parcouru, ensemble, ces plages Bretonnes où, l'enfant que j'étais, vécut l'abandon. Je rêvais déjà, d'en finir, j'avais cinq ans. Ce n'est pas un aveu pour faire bien, c'est la réalité d'une vie écrite, ainsi. Je ne regrette rien, j'ai pardonné.
La parole est donnée aux hommes pour qu'ils s'en servent, non pour qu'ils la perdent. Les morts, parfois, me le rappellent. Seuls, les Bretons me comprendront, et quelques autres aussi, bien sûr.
La nuit m'enveloppe. Je suis bien. Quand le jour se lèvera, ce sera encore, la vie, ma vie...Pour combien de temps...
J'ai aussi dédié cette page à une jeune prof, Manue, pour le travail d'écriture qui surgit de sa nuit. Elle est en lien dans mes blogs préférés. Elle y a sa place.
Voici comment la retrouver : http://jaime-pas-les-blogs.blogspot.com/
Merci à toi, Guy, tard venu et apparu dans ma pauvre vie, pour tout ce que m'a déjà apporté en quelques lectures. Tu sais bien, toi, que le principal n'est pas là. Allons...comme on dit dans le beau monde qui n'est pas le nôtre, allons, faisons quelques pas dans cet avenir inconnu dont nous devinons la fin.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Création et photo land art Roger Dautais Titre de l'installation " Le grand silence ", fait partie de la collection EXPO MANTES 2006. Elle comprend 50 photos encadrées 50x60 qui peut être louée à la semaine.

Les photos et les textes de ce blog ne sont pas libres de droit. Pour tous renseignements, vous pouvez m'écrire à roger.dautais@numericable.fr

jeudi 1 octobre 2009




Sara con sus cabellos de heroïna
Busca a intervalos
Entre los guijarros y las estrellas
Un destello del infinito
Entregada a la vvibracion del balajo
Explora en el Sueno ciudades sumergidas
Regresa con bestiarios y frutos
De nombres comicos
Tal vez su vientre
Conoce el secreto del helecho

Myriam Montoya


Sara et ses cheveux d'héroïne
Cherche par intervalles
Entre les cailloux, les étoiles
Un éclat d'infini
Livrée à la vibration du battanElle explore des villes submergées dans le sommeil
Elle revient avec un bestiaire et des fruits
Aux noms cosmiques
Sans doute son ventre
Connnaît le secret des fougères.

"La poésie n'a jamais changé et ne changera pas le monde. La poésie ne se réduit pas à rendre plus supportable, la réalité, elle est l'énergie qui traverse la réalité, qui la remue. Alors, pour quelques uns, la poésie devient essentielle".
Myriam Montoya

Vengo de la noche

Del rudigo de fieras
acechantes
De la huida por mil puertas
de la oscuridad


Vengo del fuego
De los latidos del corazon

Vengo de los cantico
Del sueno


Del culto de los muertos

De los ninos ocultos

Entre los arbustos del crepusculo

Vengo sola

Agitando ramos
Invocado rayos

Vengo de la noche que al fin

arroja sus languas fosforescentes

Vengu sola

Cruzando la linea del tiempo

con el aleteo vibrante
De mi hermano
en el espacio
.

Myriam Montoya

extrait de Vengo de la Noche

Myriam Montoya est née en 1963 à Bello, en Colombie. Elle a vécu en Floride, puis à Paris où elle a publié Fugues/Fugas et Déracinements/Desarraigos. Par ailleurs, Myriam Montoya, est marionnettiste.


"Cette page est dédiée à Olivier, parisien et fidèle passager de l'été, à Saint Aubin sur Mer, dans le Calvados( Nord -ouest de la France). Pour son talent certain, d'illustrateur, de graveur et de bien d'autres expressions artistiques, sa belle âme et sa simplicité."

Roger Dautais " Occurrences nocturnes "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



à Jean-Yves, Marie-Claude, Michel, José, Sylvain et Christiane,
Résident au Bastidou et sur la route du land art.



Le land art est un langage, une expression artistique qui participe au bien être, au même titre que l'écriture ou le chant. C'est un art en trois dimensions, comparable en cela, à la sculpture. Les installations " in situ " tiennent non seulement compte du paysage, mais aussi de la place du corps dans ce paysage. Marche, démarche, gestuelle, invention, création, mille mots pour dire que l'instant "l'éphémère est vécu par chacun à chaque seconde. Seul le présent est réel qui s'efface à chaque seconde. Le passé est achevé, nous n'y pouvons plus rien, le futur n'est pas encore réalisé. L'expression "éphémère" colle parfaitement avec le land art. Le éléments constitutifs de la Nature sont "convoquée et les occurrences réalisent des instants comme par exemple, sur la 2 ème photo, cette sphère enfermée dans ce corps de paille et qui représente à mes yeux, la maternité. En cherchant bien dans ce blog, vous retrouverez l'historique de cette installation.
Je peux facilement expliquer ma démarche d'artiste, sans tomber dans le jargon abscons de certains spécialistes. Il n'est pas nécessaire d'être obscur pour être compris, mais cela aide à construire son piédestal. Je ne vénère ni ne hait les critiques d'art qui continuent à m'ignorer, je pratique le land art.
Je rends hommage à l'équipe de PORTAIL DU LAND ART( il est dans mes liens favoris)qui m'a invité dans ses pages de ses sites. Hommage à leur professionnalismes, sobre, direct, ouvrant la porte à qui le mérite, offrant ainsi une chance aux artistes. Je n'ai pas leur style de rédaction, ce n'est pas mon but. Mes chroniques sont le reflet de ce que je suis, les personnes qui me suivent, me démontrent que je n'ai pas tout a fait tort. Je ne cherche pas à plaire à tout le monde.
Le fait de soulever une pierre, n'est pas du land art, mais cela commence parfois avec ce geste.
Je termine ici, avec cette troisième page, consacrée à Christiane et à ses " protégés de la Bastide" ( près de Dieulefît). Je leur souhaite de découvrir les joies du land art, mais aussi celle "d'être et d'aller " dans la Nature. J'attends des nouvelles de leurs travaux.
Bien amicalement à tous, aux résidents de cette bastide,


Cette joie de vivre, je la retrouve dans ce poème bilingue, Breton-Français de Lan Tangui. Je vous renvoie à son oeuvre et je vous conseille de le contacter pour lui dire ce que vous pensez de son travail. Pour ma part, si je l'ai invité dans ma maison, c'est pour sa qualité de poète bilingue. Il défend un identité Bretonne qui come toutes les identités échappant à la masse, doit se battre pour exister.

Roger Dautais



Swingan a ra, valsin a ra

E Ti Fanch Goll
En e-unan o kas jabadao -
Komz krenv a reer
C'Hoarzhin ha oalvata
Tomm eo an ti
Ur banne gwin ruz all yafe a-walc'h ganin
" Mar pliiiij ! "
Huchal a ranker ober
( Pounnerglev eo an ostizez)

Ca swingue, ça valse
Chez Fanch Goll
- Et c'est lui-même qui mêne la danse-
On en parle haut.

On rit, on se tripote
Il fait chaud
Il y a du feu dans la cheminée
Je prendrais bien un autre rouge
" s'il vous plaiiit"
Il faut crier
( La patronne est dure d'oreille).

Lan Tangui ,né en 1951 à Carantec dans un environnement bretonnant, Lan Tangui ets un représentant de cette génération d'écrivains en langue Bretonne apparus dans la lignée de Youenn Gwernig. Hanté par les Monts d'Arrée, il a habité à Scrignac. La feuillée, Botmeur, Berrien. Aujourd'hui enseignant de breton à Huelgoat, ce poète et nouvelliste est notamment l'auteur de recueil Mousafir. Son dernier ouvrage publié en Bretagne des hautes terres-Monts d'Arrée offre des poèmes en breton et en français sur des photographies extraordinaires de Gilles Pouliquen.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Tous les anges n'ont pas d'ailes.

Je ne suis pas en état de lévitation comme pourraient le prétendre certains "amis". Je parle aujourd'hui du drame absolu le handicap mental, la dépendance. J'ai rencontré Christiane sur ce blog et nous avons parlé. C'est ainsi qu'elle m'apprît sa proximité professionnelle avec ceux que j'appelle respectueusement "les anges" et aussi avec un peu d'humour. Je n'accepte de leçon de personne en cette matière. Beaucoup écrivent sur le sujet, c'est comme pour les prisons,d'ailleurs, pour gagner leur vie. Ca se respecte. Mais ce qui se respecte moins, c'est leur discours "off". Les murs ont des oreilles. La cupidité fait faire des chôôôôses, ma pôv'dame §
Donc, ces anges suivent Christiane dans des promenades où elle aimerait les initier au Land Art. Pourquoi pas. Je vais donc l'aider, par mail, privé et par ces pages de blog où ils trouveront, des images, le texte est pour les autres et même pour eux,s'ils le peuvent. Difficile de savoir ce qu'atteint le coeur d'un homme dans ces états limite, border line, j'y suis passé, j'ai le droit d'en parler. Ecoutez le discours de Gérard Garouste, cet artiste peintre de grand renom est aussi un homme, il met cartes sur table pour parler de son parcours dans la maladie. Ce n'est pas la célébrité qui doit rendre les gens malades sympathiques, c'est parce qu'ils sont avant tout, des humains et la maladie n'a jamais donné du talent, seulement de la douleur.. Garouste a fait beaucoup et continue d'oeuvrer dans son lieu d'accueil pour enfants autistes, dans l'Orne. Mais il ne cache pas non plus, ses difficultés, ses démons. Il faut avancer, pour ceux qui suivent, prouver que l'on peut faire avec, car les conditions de soin ont évolué. Des grands médecins aliénistes comme Lucien Bonnafé, celui-là mËme qui me fit l'honneur de préfacer mon livre Fol'Art, réalisé avec le peintre Normand, Yvonne Guégan, Lucien Bonnafé, libéra la psychiatrie, permettant aux malades de vivre dans la société. Il y a toujours, dans ces avancées, des contre courants qui se mettent en marche pour revenir à des valeurs, précédentes, sans penser à ce que vivent les malades, dans ces longs enfermements. Certes, les cas les plus graves y sont contraints, mais les autres, n'est-ce pas une meilleure solution que de les intégrer dans la société. C'est sans prosélytisme, sans attache à quelque religion ou politique, juste un courant de pensée humaniste, laïc, une libre pensée que j'essaie de rendre simple, accessible, fraternelle une action partagée autoutr d'une expression artistique. Si j'ai encore à donner, je préfère le faire à ceux qui n'ont pas, ont perdu, sont tombés. Pas de sainteté là-dedans, simplement, une expression humaine, artistique, sans prétention autre que de bien vivre " à fond" sans rien attendre.
Pour cette deuxième journée dédiée à ces Anges de la Bastide, là-bas, loin de la Normandie, dans le sud de la France, je propose 3 images , quelques haiku écrits cette nuit. Le reste sera pour demain
Bonne journée à tous

Roger Dautais
La route des anges

Haïku

Ici,
Tout est dit qui referme
La terre sur ton corps froid.



J'avais faim de terres gelées
Mes yeux
Se sont fermés sous elle.


Plus la peine d'appeler
J'ai rejoint
Le silence des mots.


Absolue blancheur
D'une mémoire,
Elle est partie sous la neige.





lundi 28 septembre 2009






Ce jour est celui appelé " Le neuvième jour du Cairn". Il initie une petite série de travaux dédiée aux residants d'une bastide située dans le sud de la France. C'est un geste d'amitié envers des personnes dont la vie n'a pas été particulièrement clémente pour elles. Il est de bon ton, de cacher le handicap ou de n'en point parler, comme s'il n'existait pas. Cette population en difficulté , reste humaine, sur tout les plans et je ne fais rien de particulier dans ce choix qui ne me rappelle de très nombreuses initiatives envers elles, sur le plan du partage artistique, mais pas simplement.
Par ce blog, j'ai connu une personne, Christianne, soignante dans ce milieu. Nous avons sympathisé et comme je suis de ce même milieu, que je connais le dévouement des milliers de personnes qui s'occupent et soignent tous ceux qu'il est gênant de voir, des jeunes aux vieux( je fais partie de cette catégorie, dite " les vieux") j'avais promis à Christiane S. de faire quelque chose pour les personnes dont elle s'occupe, en particulier, la nuit. C'est aussi en pensant aux, soignants, veilleurs de nuit, qui affrontent les derniers instants de voyageurs en partance, et qui voient le monde tel qu'il est, indifférent, très souvent, que je vais réaliser ces quelques pages, sans savoir à l'avance ce qu'elles contiendront, comme je le fais chaque fin de nuit, avant de commencer ma journée de travail diurne.
Que cela serve de porte d'entrée à tous ces nouveaux visiteurs, qu'ils découvrent le Land Art, professionnel, pour ma part, qu'ils aillent à la rencontre de cet art, sur leNet, qu'ils découvrent mes nouveaux amis, Emmanuel Prunevieille, Vincent Arbez, Grégory Goffin, Richard Shilling, tous, artistes, landartistes et fous de land art. Si vous leur demandez, ils vous aideront.
Qu'ils s'y lancent, dans de petites choses, avec leur coeur, avec leur corps, telqu'il est, qu'ils aillent à la Nature par ce moyen et qu'ils me le racontent.
Il n' a pas d'argent, pas d'enjeu mercantile, pas de religion , pas de secte, derrière tout cela, juste la volonté de vivre et d'emporter la partie sur cette putain de maladie, cette chienne de vie.
Il faut y croire, il faut vivre, vivants, jusqu'au bout. En participant à ces échanges amicaux, vous m'apporterez aussi, beaucoup. Le monde n'est pas fait que de promesses et de discours, il est fait aussi de pierres, donnez leur la parole.

Ce cairn est un moment de mémoire, depuis longtemps disparu dans la Manche, comme est disparue, Morgane, noire et feu, telle qu'elle fût, compagne de 11 années, fidèle et amusante,vive et rebelle, chasseuse de souris et contemplatrice de la Nature qu'elle aimait comme moi. J'avais cette peine de la disparition et des tonnes de pierres me furent livrées sur une plage, après une tempête. D'énormes vagues avaient cogné et cogné sur les falaises, jusqu'à ce résultat.
Alors j'ai commencé à élever un cairn, qui s'est écroulé, puis un deuxième, sur les ruines du premier. Je voulais qu'il restât debout, 15 jours. Vous avez ici les photos et la vidéo du neuvième jour du cairn. Et ça a duré, duré. J'en ai élevé 7 en tout, avant d'abandonner. Des cairns de 2.20 m à 3.40mètres de haut pour le plus grand. C'est massif, très beau quand le soleil vient les balayer, épique, dans la tempête. Cherchez bien dans ce blog, la vidéo de la tempête y figure.
Pendant tous ces 15jours, Morgane, la Bretonne, m'accompagna. Je la voyais gambader comme une chèvre, sur les rochers. Une fois le travail terminé, les cairns détruits par la mer, j'ai mis très longtemps avant de retourner à cet endroit. Morgane est toujours dans mon esprit. Je lui rends cet hommage de la garder vivante comme on fait avec ceux que l'on a aimé et qui sont partis .La condamnation à mort par abandon, ne devrait plus exister. Je ne sais pas si cela est politiquement correcte de l'écrire, mais après tout, j 'ai des yeux, ils me servent à voir. Je pratique un art, pour m'exprimer expliquer, parfois, mes intentions et aussi mes réflexions.
Si si, la vie est un long fleuve tranquille. Seulement, il y en a qui sont dans le bateau de croisière, d'autres, c'est du style , canoë, et puis, les autres,c'est la nage, la brasse coulée, ou carrément au fond et sans tuba.

Joyeux anniversaire Fanny ( Je t'ai souhaité ton annif' avec un jour d'avance, hier, tant pis, ça fait une bise sur chaque joue) , et bises à ta ménagerie. Papa.

Roger Dautais
" Le neuvième jour du Cairn "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Les visages de la vérité.

La vérité est une femelle métaphorique
Quand l'eau se mêle au feu
Dans sa forme

La vérité est relative
Lorsque le sang se mêle au sang

Dans la nuit

La vérité est immaculée limpide
Lorsque la victime
Pieds tranchés
Va lentement


Et "la vérité est personnelle"
dans un poème.

Elle n'est ni ce qu'elle est
:
Ni son contraire.
Elle est ce qui a perlé de son ombre.

Mahmoud Darwich 1942- 2008
La trace du papillon


La vie, comme une trace dans une cour à charbon.
Jardin nu, stérile, porté par l'oubli
il propose
des festins de roi aux obèses
des os rongés aux ascètes.

L'embarquement
pour Cythère est encore un mirage de plus
et l'image
de la folle délirante, aux pieds nus courant dans les vagues
un renvoi à la case départ.

Boire, n'est plus de mise,
les peines sont lâchées
les probations proposées, et les molosses habillés de noir,
aboient après la caravane
annoncent l'ordre nouveau.

L'égérie s'ébroue dans le sperme et le lucre
Salue la dérive
à la Romaine,
avant de rejoindre sa couche,
éreintée par tant de compromis

bave à la commissure des lèvres bleues
collapsus annoncé,
écrit dans le sable

Vengeresse, elle tressaute,
se redresse,
va jusqu'au balcon,
respirer le parfum enivrant des roses qu'elle n'a jamais eues.

.Illusion, ou jardin d'Eden,
trois géraniums nains suffiront à l'affaire
pour tromper la belle,
jusqu'à la prochaine crise .

Roger Dautais
28 septembre 2009

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Ce poème a été composé après l'assemblage des ces trois photographies. Il est la résultante d'une recherhe de l'oubli ou comment accélérer l'amnésie d'une rencontre avortée. Il est compagnon de route du poème de Mahmoud Darwich, né comme moi, en 1942, décédé en 2008. Sa vérité est ma compagne de route.

dimanche 27 septembre 2009




à Fanny, ma fille,

Le monde des blogs est surprenant. On y fait des rencontres, amusantes, sympa, surprenantes, inattendues. Ca va de l'aristocrate écrivain à particule, avec la partie tête moins développée que l'autre, de fins lettrés rasoirs, d'autres passionnants, des artisssssssssssssssss, des artistes, des saltinbanques, des aveugles, de réels talents, d'excellents photographes, des chroniqueurs emportés ou passionnés ( je dois être là-dedans) qui manquent de mesure, forcément, des femmes, des hommes, enfin, on y trouve même ce que l'on ne cherche pas. Si bien, qu'à la longue, je me suis pris au jeu et petit à petit, écarté du tout land art, c'est à dire, photo land art et littérature qui va avec. J'ai trouvé ça plus drôle de mélanger le tout avec un billet d'humeur. Si on me l'avait demandé, je ne l'aurais pas fait, par esprit de contradiction, sans doute, et de liberté, aussi. Les liens, j'aime pas.
Le choix des photos que je vous présente résulte d'un voyage hasardeux dans mon grand fichier qui fatigue le P.C.
Aujourd'hui, retour en arrière sur un travail que j'ai réalisé le long de l'Orne, petit fleuve côtier de Normandie, l'Orne qui arrose la ville de Caen, et se jette dans la mer, à Ouistreham.
Une couronne, de baies, graines, comment dit-on,de ce fruit poussé au coeur de la Rosa Rugosa, après que la fleur se soit fanée. Une couronne offerte à la tranquilllité des eaux du fleuve, avant de reprendre la route.
Et puis, dans un autre lieu, la friche industrielle de la SMN, autrefois s'y élevait une usine métallurgique ayant compté plus de 6000 ouvriers. Brutalement fermée, 90 ans après sa construction, par décision politique, cette friche, après dix années, se transforme en zone industrielle. Il y a encore beaucoup de pollution dans le sous-sol. On le voit sur une photo.
J'ai creusé deux cercles dans la terre, j'en ai rempli un et laissé l'autre vide. Le trop plein, le désespérément vide, les ventres replèts, les ventres affamés, le trop d'amour qui étouffe et le manque d'amour qui assèche, le trop vite dit, le vide de paroles.
Voilà, ça voulait dire tout cela.
Un jour que je présentais ces photos dans une expo pour des enfants sourds, l'un d'eux m'interpella pour me demander : pourquoi tu as fait un fauteuil roulant ? Je ne sais plus ce que je lui ai répondu, mais j'étais content de le voir se poser une question.
Et puis enfin, le guetteur solitaire, que je suis, devant la pollution de certains sites, certaines plages, avec des décharges sauvages d'immondices. Le land art, pour moi, n'est pas un art où l'on marche avec des échasses et des lunettes de soleil, à la mode, pour ne pas se compromettre. C'est un corps à corps, un corps à coeur avec la nature, une acceptation des lois de la nature, de l'entropie naturelle, mais du refus des grands pollutions scandaleuses. L'Amoco Cadiz, quand on est Breton, ça vous parle, ça vous tatoue la peau. Je ne pratiquais pas le land art quand cette catastrophe écologique est arrivée sur nos côtes, mais j'habitais dans les Côtes du Nord. Et il y a eu d'autres livraisons ! Les pétroliers sont des gens extrêmement généreux.
Le land art, réduit à 3 photos dans un centre d'art, c'est vraimant pas suffisant, fûssent-elles des chef d'oeuvre, ces 3 photos. Ca se démocratise, mais il faut encore beaucoup ramer, quand on est come moi, landartiste, et l'eau se fait rare sous la coque.
Exposer, montrer des films, parler, rencontrer des publics, c'est mon job, depuis 11ans. Je peux bien en parler un peu, même si la forme de ce discours enagace quelques- uns.
Ils s'en remettront.
Il y 34 ans naissait une petite fille dans notre famille, nous l'avons appelée, Stéphanie, mais pour moi, c'est Fanny et je l'aime, autant que vous le sachiez, aussi.

Roger DAUTAIS
Jour Anniversaire
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 26 septembre 2009



à Yannick...

Trop simple, trop vert, trop tordu, trop droit, pas assez de lumière, aucune expression, inintéressant, trop prétentieux, trop modeste, trop " à côté", trop débile, trop pauvre, trop riche, trop sensuel, pas assez modeste. Enfant, je me disais
qu' il n'y aurait jamais de place pour moi dans ce monde savants. Comme j'avais raison. Enlève ton pathos, lit Bégodeau, tire toi de là, va chez ta mère, mouche ton nez, ne rigole pas, sois sérieux des fois, pauvre petit moucheron. Oui, mais le land art, il est où là-dedans. Justement, on en parle. Ca ne se voit pas, n'est-ce pas. Tire tes étoiles juives, dégage tes obus ( cairns) supprime tes gisants, n'emploie pas le feu, prosterne toi devant les spécialistes.
La fragrance de l'air m'importe plus que ce flot d'injurieux propos à mon égard. Mais il faut les entendre, les lire, les vivre pour comprendre ce mépris affiche qui ne se fonde que sur un passage de leur vie au pouvoir.
Lorsque je me promène avec mon épouse dans les rues de Honfleur et qu'à table sur le vieux port, les riches dégustent à la terrasse, ça me fait le même effet, cette envie de trop plein accumulé pour nourrir les poissons, quand tu as le mal de mer à bord d'un bateau. Pourtant, en en rêve du restaurant, alors, on y va parfois, oh, pas si souvent que ceux passant leur temps à me souhaiter une vie plus modeste. Car il faut se la jouer modeste, "comprenez-vous", marcher à l'ombre, ne pas déranger, dire bonjour à la dame, être poli. C'est comme ça que l'on mange au restaurant sur le port de Honfleur. Mais alors, et les crève la faim, les "qui font la queue au restau de coeur ( au quoi ?), les SDF, les ombres de Sangatte.
Ben ( c'est une expression normande, enfin, je crois, je n'suis pas d'ici) Ben... S'ch'ais pas...Y z'ont qu'à se s'dém....(dans un livre, j'écrirai le gros mot, mais sur le Net).
Pardonnés, tous ces pauvres, qu'ils continuent à se promener sur les quais de Honfleur, je leur en donne la permisssion, et je défilerai avec eux devant les plats de langoustine(Bon dieu, que c'est bon, avec de la mayonnaise)
Moins on en a, plus on en rêve, vous connaissez.
J'ai eu le temps de rêver, dans mes placards, d'apprendre la vie, aussi, mais pas comme à l'université. Ça change quoi? Ça change tout dans le regard des gens et c'est pour cela que je ne m'y arrête plus. Je choisi mes regards et là, je m'y noie.
Pratiquer le landand, pas plus qu'écrire des livres pour enfant, avec illustrations, s'il vous plaît, je n'en ai pas le droit. Il faut donc faire, sans le droit. S'autoriser soi-même et dire ce que les gens lisant ce blog ne savent pas obligatoirement. Achetez le livre d'artiste Fol'Art ( aux Editions Syllepse Paris) vous y trouverez en plus un film qui raconte mon parcours du combattant, dans la vie. C'est une grande artiste, aujourd'hui disparue, Yvonne Guégan, qui a permis ce sacrilège. Elle est venue me pécher dans l'ombre du cachot. Elle trouvait anormal que je ne sois pas connu, reconnu avec ce que je faisait. Mais elle était bien la seule. Depuis, hormis la crise, bien sûr, qui
n 'atteint pas les artistes - difficile de tondre un oeuf- ça va mieux. Il suffisait d'attendre 60 ans. Les prolétaires, c'est toujours impatient et comme me dit mon beau frère: " leur donnez pas d'argent, ils vous le rendent jamais". Il plaisante, beaucoup.
Je suis dans la lecture du dernier livre de Guy Allix,
Maman, J'ai oublié le titre de notre histoire*. C'est ce qui m'a" déclanché" cette page .
Vol de nuit ? Non, fraternité...
Salut, Guy,
à
bientôt.
Roger Dautais
"Les langoustines à la mayo"

Photos et création Land art Roger Dautais
" Autour de la mare aux oublis " May sur Orne. Normandie.

* Maman, j'ai oublié le titre de notre histoire Librairie-Galerie Racine-Paris 2008

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Il y a des gens qui enjambent ce que j'écris comme on enjambe un clochard sur un trottoir, et ne me parlent que des photos, même pas de land art. Tout est dans le même paquet, Messieurs, Dames et je n'attends aucun compliment. Quand ils arrivent, sincères, ils me mettent en joie, mais ça dure pas longtemps.

vendredi 25 septembre 2009




à Jeanine H. dans sa nuit éclairée...

Si j'aime Jeanine, bien évidemment. Je n'en parlerai pas ici, autrement.
Elle est arrivée dans notre Maison de Retraite de Rivabel'Âge, il y a deux ans. Notre établissement est situé dans une petite ville du nord-ouest de la France, le port de Ouistreham.
Elle venait de la région Parisienne où elle vivant avant d'être atteinte de cette maladie d'A.
Jeanine est soignée,entourée d'un personnel compètent et dévoué. Il le faut pour travailler avec de tels patients. Elle est suivie par son médecin, notre psychologue et consulte des spécialistes quand il le faut. Depuis quelques mois, j'ai observé une dégradation de son état général. Il faut dire que Jeanine est l'une des patientes accueillies dons mon atelier d'art thérapie, situé au sein même de la Maison de Retraite. Je vais vous décrire ce que j'ai vécu avec elle, hier, enfin, une partie.
Après être allé chercher chaque patient et les avoir accompagné jusqu'à l'atelier,tout en parlant, le long du parcours ( c'est important, ces préliminaires) nous arrivons tous les cinq dans l'atelier d'art thérapie.

Jeanine - Oh, c'est beau,ici
moi-même - Vous trouvez ?
J- Oui, toutes ces couleurs.
M- Ça vous fait plaisir, Jeanine
J- Oui, je n'étais pas revenue ici depuis mon enfance, alors, vous pensez.
M- ...
J- Bon, alors, on fait quoi ?
M- je vous l'ai dit, Jeanine, on va peindre ensemble.
J- Ah ! mais je n'ai jamais peint. .../
J'installe tout le monde à sa place et verse de l'eau dans les gobelets. C'est le signal de départ. Nous allons peindre, ensemble. Les rituels sont des repères très importants dans ce genre de thérapie, ils aident à deshiniber, recentrent sur le sujet, amorcent le lien entre le thérapeut et le patient qui entre dans un cadre particuler d'attention.
Deux patients continuent le travail de la séance précédente et deux vont en commencer un. Pour une fois, je vais dessiner devant eux, le modèle proposé.
Là, il faut le dire, y a un avis par personne, concernant la pratique. Peint-on, après avoir dessiné, ou directement, ou pas du tout, ou sur une feuille carrée, du journal, debout, assis, bref, ça alimente surtout le débat de ceux qui ne font rien.
Je dessine devant elle ce qui la ravit et la passionne. Elle rapproche son fauteuil de la table.

M- On y va, Jeanine
J- oui,
( on s'appelle par nos prénoms et on s'embrasse au moment de se quitter. Les patients apprécient cette proximité mais je ne le fais que s'ils l'acceptent. Après quelques semaines,c'est naturel,chez eux et ils le demandent.
M-...
J- On y va...où ?
M- Peindre,
J- Peindre quoi ?
M- Ce que vous avez devant vous, un paysage d'automne.
J- Ma mère ne voulait pas que je peigne...Elle va me gronder
M- Elle va être heureuse, au contraire.
J- Vous croyez ?
M- Oui, je crois.
J.- Alors, on y va.
Je la regarde, malgré ses 83 ans, c'est une toujours jolie femme, pleine de charme, mais elle en perd chaque semaine, du charme, car sa maladie la ronge. Aphasie, agueusie, agnosie, vous savez les 3 A de la Maladie d'A et tout ce qui va avec, confusion, troubles spacio-temporels, fugues, agressivité, dépression, perte de l'estime de soi, perte de la notion d'être. Elle est devant sa feuille mais rien ne se passe. Trop inhibée. Je l'aide. Nous entonnons la Taccatacatic du gendarme, de Bourvil, et je fais le clown. Elle rit aux larmes, entraînant Léa qui est sourde mais me voyant, se met à rire à son tour et Germaine qui du haut de son 1.58m et ses 93 ans, rit comme une petite fille. Il n'y a guère que Henri, dûr d'oreille qui ne goûte notre petite récréation.
Je recentre le travail Le ton de ma voix, change, plus directif, mais contrôlé.

M- Jeanine ?
Elle sursaute et me regarde.
M -On y va ?
J- Oui, on va où ?
Il y a un tel lien de confiance et d'amour humain entre nous qu'elle me suivrait partout ! C'est le résultat d'un travail recherché et atteint qui permet de mètre en oeuvre tout le processus thérapeutique de la séance. Comme le précisait un médecin spécialiste de la Maladie D'Alzheimer, le Docteur O.L., donnant une conférence à laquelle j'assistais hier, à la Maire de Caen, " thérapeutique ne veut pas dire guérison, mais la thérapie est un soin". Elle répondait ainsi à un détracteur estimant que, pratiquer de pratiquer l'art thérapie, ou la musico thérapie, par le chant, s'il n'y avait pas guérison, il ne fallait pas faire de frais avec ce type de malades( L'eugénisme n'est pas loin). Mais enfin ni elle ni moi, ne referons le monde,nous passons de notre temps auprès de ces patients, chacun avec ses compétences , parce que nous les aimons , avant tout et que notre vision holistique de la personne, je me répète, est une des bases de cette philosophie humaniste dont ces techniques sont inspirées.

Je demande à Jeanine:

M- De quelle couleur allez-vous peindre cet arbre d'automne ? ( volontairement, je décris une saison avec ses couleurs chatoyantes car nous en avant parlé au début de la séance)
J- Ché pas.
Elle s'avachit et prend une allure d'enfant molle. Elle se couche sur son dessin.
M- Jaune...Rouge...?
J- Jaune
M- Il est où le jaune , Jeanine?
J- Là.
Elle prend le pinceau que je lui tends et le trempe dans la couleur rouge. Puis elle va peindre l'arbre pendant deux minutes avant de me demander en me regardant :

J- Mais pourquoi c'est rouge, pourquoi j'ai fait une tache rouge ?
Elle a oublié qu'elle peint, elle a tâché son papier et sort un mouchoir pour nettoyer la tâche. Je l'arrête.
M- Jeanine, on va peindre l'arbre ensemble et puis je vous donnerai un chiffon pour effacer la tâche.
J- C'est moche
M- Qu'est-ce qui est moche, Jeanine ?
J-...
Elle regarde Germaine .
J- Vous trouvez pas qu'c'est moche ?
Germaine - Non, j'aime bien le rouge
M - Jeanine, on reprend, vous allez peindre votre arbre rouge, tranquillement.
J- ça n'existe pas les arbres rouges.
Germaine - Si, les érables...et toc

Germaine dit souvent et toc, avec un air malicieux dans les yeux.

J'arrête ici en précisant que Jeanine a terminé sa séance d'une heure, apaisée, heureuse et qu'elle s'est perdue, aussitôt en quittant mon atelier pour se rendre au restaurant avant que je ne la rattrape et la ré-oriente dans la bonne direction.

Me vient en tête cette publicité ou l'on voyait une jeune femme sortant d'une piscine et marchant sur un dallage bouillant sous le soleil du midi. Elle laissait la trace de ses pas sur les dalles mais ceux-ci s'effaçaient au fur et à mesure de sa marche.
Ce que vit Jeanine est comparable à cela et sa mémoire défaillante efface sa vie, pareillement.

C'est une passion de pratiquer l'art thérapie qui dépasse de bien la technique apprise. C'est un engagement; un contrat pris avec la vie, une course contre l'oubli.
Il n'est que de constater l'affluence des gens durant cette semaine consacrée à la Maladie D'Alzheimer, par laVillede Caen et ses nombreux partenaires, pour prend conscience de ce phénomène d'inquiétude entourant ce mystère. En parler comme l'on fait les intervenants, c'est dédramatiser sans minimiser, c'est redonner un sens humain à cette disparition de l'être qui reste vivant et différent devant nous.


Comment sortir de ce tunnel ? La science nous en donnera-t-elle les moyens , l'immortalité passera-t-elle éternellement par l'Académie Française , ce qui réduit considérablement mes chances et l'humour persiste-t-il quand on est Alzheimer. J'ai simplement une partie de la réponse.
Oui, l'humour accompagne ses personnes,assez longtemps, alors, n'en déplaise aux comptables de la rentabilité à tout crin, l'humain, l'artistique, l'amour, auront toujours une place dans cet acompagnement.

A ceux qui me lisent tous les jours, je peux dire qu'il reste encore toute cette journée pour assister à des animations et spectacles autour de ce thème , à la Mairie de Caen.
Respect à Philippe Bertin, photographe, plasticien , Olivia Rosenthal, auteur et comédienne, et Nicolas Devos, réalisateur, pour leur création commune accompagnant cette semaine où chaque initiative aura permis au grand public de trouver quelque réponses à son inquiétude ou son besoin de savoir.

Roger Dautais
Quelques pas dans ta nuit éclairée...

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Créations Land Art et Photos : Roger Dautais

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.