La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 17 mars 2011

















à tous ceux qui savent et se taisent...
Aux Sarah




La brèche s'ouvre. Je tombe. Il est un cimetière d'idées blanches comme des os de poulet sans la lune. Il est des quatre nations. Je gratte la terre et es ongles sont plein de morts. J'ai le blues. A quatre pattes, j'ai quitté ma tanière. Je suis dans les allées juives. Elles sont là, mes belles Sarah, l'œil charbonneux des grands amoureuses, l'œil enterré, le sourire plein face, aux étoiles.
Les hyènes hurlent à nouveau aux portes de la ville. Un sang épais coule dans les caniveaux. Je flotte, carmin.
J'écarte le rideau à rêves. Douche froide, effroi, ils ont entassé les corps. Ils me trainent, raide et froid, dans l'hiver Polonais, un crochet dans l'œil. Ils sont mes frères et je pardonne.
Il neige, je pleut, tu froids, vous aimez, nous. Ils s'en vont se tenant par la main, les enfants sacrifiés.
Nul whisky n'éclate plus ma tête, nulle coke, nulle héroïne, fini...pire, maintenant...des hantises. La brèche s'ouvre, le monde tombe. Une vague noire l'emporte. Ne ferme pas ta porte, cette nuit, Sarah. Je suis le nu, le mort, le vivant. Ni vivant, ni rien! Transparent comme le chant tzigane, comme l'appel du muezzin, comme la brise légère frisant le Pacifique.
Les stigmates laissent trace dans l'humus au pied des érables pourpres. Les lichens ont rosi de honte. Une perle de rosée s'est déposée sur tes lèvres purpurines, au creux de ta bouche, en morgue, emballée d'une bâche bleue au pays du Soleil Levant. Tes yeux en amande me récitent le Kaddich.
Quelle est-elle ? Comedia Del Arte? Où sont les corps raidis et glacés, des cours et des arrières cour, les roitelets, les rois ?
Qui trône ou détrône, sinon l'Océan.
Douleurs océanes, sang mêlé qui coule en mes veines, étoiles jaunes ou barbelés du détail borgne, cris d'horreur derrière les hauts murs, ou cris d'amour ? Quel est la différence lorsque le corps exulte !
Orion et Cassiopée, Papa, tu me donnais la main en ta nuit et je t'aimais ainsi, aveuglé de vengeance. Étoile du bar à putes, trottoir et talons hauts, enfances, mes enfances, sous un ciel d'orage, je subissais l'outrage pour qu'advienne une destinée, la mienne. Qui donc, aujourd'hui peut me donner des leçons? Personne, personne sauf la vie qui est une leçon.
Je suis Seul, maintenant, avec les cancres.. Je suis seul et j'ai un jour, quitté le volcan, rejeté à la vie. Je me suis fracassé la tête contre les barreaux du lit d'amour. A qui la faute. A personne. Bombardements, morts dans les rues, sang. Trauma d'enfance. Je serai Alzheimer. Tu sera Alzheimer, il sera Alzheimer...
Il est toujours midi quelque part. Je suis l'enfant-sang, l'enfant saigné à blanc. Bâtard.
Je cherche votre noblesse, égorgeurs d'enfants au nom de la Paix et de la Liberté. Je cherche votre courage. Vous êtes pires que des bêtes et voila que l'on vous décore !
Oser l'espérance sans Dieu. Blasphémer et piller les églises comme un petit sauvage. Partir toujours plus loin, franchir la frontière et marcher vers le volcan rouge puis définitivement rentrer dans la terre-mère.
" Mes dents sont tombées, mes bras, aussi, devant l'horreur. Ils ont tondu mes cheveux de femme infidèle et gravé la croix gammée au fer rouge sur mon front, les faux-héros. J'avais aimé..."
J'entends ta voix , Sarah la brune, Sarah la Juive, Sarah la belle aux baisers suaves, dans les bras de tes amants. J'entends ta peine et je te cherche dans les allées juives.
Je suis un chat blanc, chat noir. Je lape le lait de la Mère dans l'écuelle gelée posée sur la tombe de Sarah qui n'existe pas.
Mes yeux pleurent et le ciel, aussi. J'ai le bues. Il est trop tôt. Il est trop tard. Il est l'heure, amour et je te veux morte comme moi je suis mort ici, sourd aux paroles apaisantes qui ne seront jamais ma vie. J'écoute cette valse de Satie, elle me trotte dans la tête :Je te veux veux.
Ma nuit m'appartient. Je marche. La brèche s'ouvre, c'est tout. Je regarde le ciel, au fond. Il est vide.
Il est océan Pacifique. une vague noire emporte tout. Dieux, enfants, femmes, hommes coupables ou non. Dieu est mort, encore une fois et je vais à son enterrement dans l'allée des tombes Juives. Au Pays du Soleil levant, des yeux en amande se sont fermés et des corps glacés alignés en morgue, répondent au mensonge assassin des hommes. Le nucléaire n'est pas dangereux !


Roger Dautais



Enfant, je fuyais l'école, lieu barbare et de sévices. Je n'ai jamais appris à écrire dans leurs écoles. Elles n'étaient pas pour moi. Je ne suis ni écrivain, ni poète, ni photographe, ni landartiste, ni réalisateur, ni art-thérapeute. C'est ce qu'ils disent et répandent. Est-ce grave ? Oui, pour eux, qui sont du bon côté du manche. Je préfère la liberté de créer et la compagnie des accidentés de la route. Avec eux, la vie est belle, la vie a un sens.
J'ai commencé le tournage de mon second documentaire. Lorsque je le terminerai, je serai dans l'année de mes 70 ans. Je trouve cela plutôt bien.






Nous cheminons tous
oubliant que nous fûmes bercés
sur des chemins de terre
éclairés de néons

La route familière
s'efface sous une brume intense

Nous marchons cependant
car il faut bien aller
quêtant des étincelles d'amour
dans le flux des saisons

Les tombes s'ouvrent une à une
sur les défunts revenus
de la caverne claire
où s'écoulent leurs jours

Les morts n'épargnent aucun effort

pour trouver des paroles de consolation

Ils nous attendent avec patience


Eliane Biedermann


Oui, je sais, c'est plus facile avec le printemps, les petits oiseaux, les belles tables nappes, les belles maisons, mais nous existons aussi comme ça. Le monde ds blogs est un monde qui ressemble à l'autre, il suit les modes. J'ai entendu une belle ânerie cette semaine: la Maladie d'Alzheimer est à la mode. C'est vrai, être intellectuel ne nous met pas à l'abri de la bêtise. Il faut le savoir.
R.D. 20 Mars 2011Ajouter une image








http://guyallix.art.officelive.com/surguyallix.aspx

samedi 12 mars 2011
















Sur la plage
Je regarde en arrière
Pas la moindre trace de pas.

Hosai.




Japonais, Chinoises ou coréenne, les artistes avec lesquels j'ai eu l'honneur et le plaisir de travailler, durant ces dernières années dans des performances land art m'ont fait approcher l'âme des peuples orientaux et j'ai gardé cette emprunte dans mon cœur. Elle réapparait parfois dans mon travail.

Cette page fleurie leur est plus particulièrement dédiée, alors qu'ils sont frappés par un Tsunami meurtrier, au cœur de l'extrême -Orient, pays aimé, en hommage à toutes les victimes.

Roger Dautais








Je suis prisonnier de la ville et le paysage urbain n'est pas lieu de création pour moi. Tout est géométrique, cadré, codifié, même la mort. Une sorte de poésie imposée, imposante qui me déstructure l'esprit. Je cherche des chemins de traverse, des traces d'humanité. La pluie d'hiver me les apporte et je renverse la tête à l'envers pour me laver les yeux. Je serai dans tes bras bientôt, camarde. Regarde-moi dans les yeux si tu l'oses et mets toi- au piano comme le fit Pennehk, un jour d'orage sur les quai de Honfleur.
Tu peux me prendre, je suis déjà mort.
L'avenir est dans le voyage comme le disait si justement Maria-Cécilia. L'avenir, c'est le voyage, le mouvement de la vie, la légèreté et non dans l'histoire figée des murs emportés par le premier tsunami qui passe.
Emprisonnement stérile qui rassure à bon compte et dégueule des modes. Les gens s'ennuient et moi avec dans ce magma de conventions. Rassasiés, ils pleurent pour avoir plus, et encore et encore, mais le ventre éclate. La faim me réveille et garde me garde en vie.
Je marche.
A quoi bon dormir , c'est une petite mort, le sommeil, pas blanche, celle-ci, non, une perte séminale de l'esprit qui nous échappe qui se remet au piano et s'en va rejoindre les noyés de Takahama, les yeux dans la boue, la bouche comblée, la faim rassasiée. Une fois intégrés au chaos de larmes,de sang , digérés par la terre ils deviendront érable pourpre dans les jardins Japonais de Natori.
Je marche .
Une valse m'emporte et je la vois dans sa robe de mousseline sur les quais de Honfleur. Elle remonte la rue . Elle va rencontrer le Maitre. Il lui ouvre sa porte. A l'étage, un piano blanc. Elle s'assoie devant . Nous sommes assis sur un petit banc juste derrière elle. La lumière diffuse un air d'hiver. Elle joue "Je te veux"d'Erik Satie. Ses yeux sont en amande comme ceux de Lee. Mon cœur se déchire lorsque je te prends la main je n'aurai plus jamais le temps. de t'aimer,assez Je t'aime, mon amour et cela ne regarde personne si je me noie dans ton regard de mer. Emporte moi loin de ce chaos.
Feu vert. Feu rouge. Stop.Feu vert. Stop aussi, car,..embouteillages.
Le charme est rompu.
Une pure perte de temps organisée.
Il faut aller y se perdre. C'est la seule façon de comprendre le magma. Mourir est une sottise mais qui n'en fait pas de sottises?
Je suis petit, enfant des rues et devant moi, les grands de ce monde. A partir de quelle taille fait-on partie des grands de ce monde et ont-ils la sottise de mourir un jour . La mort est-elle un privilège? Faut-il abolir tous les privilèges et que fera-ton des enfants de privilégiés en cas de Tsunami ?
Je marche.
Rue Froide, elle y tient boutique.Son esprit est en Corée, son amour ici, ses enfants aussi. Elle me dit que la Rue Froide est le monde d'Amélie Poulain et prie avec moi pour les morts de Corée, sur la plage d'Omaha Beach. Elle porte des tuniques de soie. Coréennes Aujourd'hui ses yeux en amende, pleurent sur les pavés de la Rue Froide.
Nous avons un employé de maison, en papier recyclé, depuis très longtemps. Son petit nom est Filtre N°quatre. Avant, c'était un filtre en nylon, inusable. Il a fondu sur le gaz, car nous avons le gaz à l'étage. Mal posé, par moi, sur le gaz et par inadvertance. Mal disposé aussi à nous suivre, servile, dans notre vie de buveurs de café noir.
Un cerveau permet tout cela, tout ce que vous lisez, homme équilibrés et puissants. Vous voyez comme c'est simple de dériver, de laisser son imagination faire le ménage et de partir en voyage. Je me retrouve à Dakar, parmi les noirs et les blancs. Je rêve que je suis expulsé vers la France dans un charter de Toubabs.
Ici, rien n'est fait pour nous, les horsains, ni l'accueil, ni les gens qui font la gueule sur les trottoirs, dans les boulangeries, ni la tradition qui n'est pas la nôtre, ni les trains qui n'arrivent plus à l'heure.
Les morgues se remplissent d'angelots et de vieillards à la peau livide et fripée. Le thanatopracteurs sont convoqué, Fragonards de la dernière chance. Ils pompent, vident, remplissent, colorient, peignent, et s'en vont. Les familles pleurent. Les casseurs de voitures récoltent les Jaguars à siège en cuir blanc, maculés de sang, sur le bord es autoroutes Une voix féminine, suave et absente annonce la couleur du weekend à la radio .
C'est la grande mutation qui évite les ville, les vide et les remplis, come le thanatopracteur : Noir, Rouge,Orange...Jamais de weekend blanc, de fin de semaine arc-en-Ciel, comme à Omonville la Petite, chez le frère Jacques. Les nuits blanches sont pour moi et pour celle que j'aime. Des nuits où l'on rêve de ne plus descendre en enfer. Des nuits sans sirènes de flics, et autres transporteurs d'affreuses nouvelles.
Le paysage urbain est une illusion de puissance et de force qui se balaie d'un revers de la main quand la vie se révolte et emporte riches et pauvres dans un même tourbillon. Demain le sachant, nous serons aussi cons , aussi dociles, aussi moutons. Il faut bien réussir, quand même, pour faire plaisir aux grands hommes!
Le paysage urbain contraint chacun de nous à l'anamorphose des idées et des comportements. Hier, j'ai lu Andrée Chédit chez Guy Allix. Il la connaissait bien, ce cher Guy. Il m'en parlait. Entre poètes, c'est normal, même en ville même dans le chaos, devant un café noir sans filtre.Je ne sais plus rien d'elle, sinon qu'elle écrivait merveilleusement bien et qu'est décédée un six février 2011, précédent en cela, mon propre père, Lucien, de neuf jours. Ils étaient dans leur quatre vingt quatorzième année de vie.
Mais il n'y a aucun rapport, sauf, peut-être qu'ils s'en sont allés dans les Jardins d'Alöïs et que probablement, nous ne les reverrons plus.
Les jardins,d'ALoïs, ça ne vous dit rien? Non? On m'appelle le jardinier des fleurs fanées, et c'est là que je travaille.
Je ratisse les gravillons blancs du sol de l'orangerie. Il fait très chaud. Papa est assis sur un banc. Maman est à côté de lui et je suis son enfant. elle me caresse les cheveux. Il s'aiment encore. Par la fenêtre de la serre ouverte sur le parc, je vois les autres enfants-jardiniers. Si, si je suis petit et grand à la fois, dans ce rêve.
Je veux tout oublier.
Tout sauf ces instants de pur bonheur vécus avec toi mon amour dans cette maison d'Erik Satie, qui jouai seul et pour nous : Je te veux.
Le jour s'est enfin levé, le rêve peut continuer.
Il pleut sur les quais de Honfleur. Je marche à la rencontre de Pennehk dans sa robe de mousseline. Elle ne me regardera plus. Elle est ailleurs, dans cet ailleurs que je recherche continuellement, dans ce pays habité par mes fleurs fanées et qui m'importe d'aimer comme elles le méritent. Pussiez-vous comprendre un jour que mon étrangeté à vos yeux n'était que cela.


Roger Dautais
Sur les quais de ta mémoire amnésique.





Ainsi les eaux les plus rapides d'un torrent
se brisent aux rochers,
même séparés, nous nous retrouverons.

Japon XIème siècle
auteur anonyme.


mercredi 9 mars 2011














à Monika Kafka.



J'écoute gymnopédie n°i d'Erik Sati, en boucle. Je pense à Rosy dans sa petite maison de pêcheurs de Honfleur, située à deux pas du musée consacré au musicien. Elle écrivait ce long poème en Anglais, dont elle était l'auteur, qui parlait de sacrifice, à même le sable, à partir de mes spirales. Cent mètres d'écriture pour les relier à la mer. Il n'y a qu'une femme pour avoir une telle idée poétique. La plage s'appelait Omaha Beach. J'avais allumé le feu sous l'étoile de David, en compagnie de Raymond. Aujourd'hui qu'il est parti, je porte cette étoile autour du cou. Les sables sont emprunts à jamais des mots de Rosy.
Cette musique de Sati m'entraine vers les corps tassées, sans vie à la porte des douches, tractés au crochet vers les fours. Je suis obsédé par ces images. Je ne supporte pas les cris des hommes enfermés. Je ne supporte aucun enfermement arbitraire. Tout se mèle qui remonte en moi, les mots les craquements des os, les mémoires amnésiques empilées, les enfants se tenant par la main, emportés vers les fours, vivants. Mon Dieu, comment croire cela possible...
Je quitte le cauchemar diurne. Il pleut, le vent recouvre les terres labourées, de feuilles éparses.
J'ai perdu l'horizon. Je ferme les yeux. Vision:
de trains en partance, de gendarmes, de chiens policiers. Tu me racontais Raymond, maintenant c'est ma mémoire qui me raconte, me raconte, me raconte sans cesse.
J'ouvre un de mes carnets de route
J'ai écrit ça dernièrement:

Répète-moi, elle est partie, n'est-ce pas ? Les blés d'or, c'est fini et le vent de la plage Saint Michel a balayé les sables blancs.
Filons, il n'est plus l'heure. Mon cœur se recouvre d'une brume de mer.
tu avais dit:
- "pas d'eau, plus de vent, papa. Il est tombé, regarde...ton cerf volant".
T'avais souri aux anges, tutoyé les étoiles au-dessus des blés mûrs. Tu avais, en regardant les pétales de coquelicot, prononcé le mot sang, évoqué la rafle du Veld'hiv en essuyant tes yeux. Tu avais tendu tes petits bras d'enfant et moi je t'avais dit :
- " écoutes les cris des hyènes, c' est le retour de l'ordre noir".
Tu étais venue à ma rencontre avec Massa, la reine. Tu avais le don pour la vie, le chant .la danse aussi.
Je n'ai plus qu'une immense peine, ici, près de la mer, parmi les loups revenus hanter mes nuits après ton départ. De mémoire, j'ai gardé la musique de tes yeux amnésiques, de ton regard vidé de sens, du mien, perdu. d'un souvenir posé au bord de la route sur l'asphalte, j'ai tourné les pages. Les anges sont venus écouter la chanson ds blés d'or.
Dort, petite. Dort, mon enfant au creux de mes bras, les marquis dorés et poudrés ne t'arracheront jamais l'étoile qui brille dans tes yeux.
Il est passé le marchant de sable et la louve allaite ses petits d'un sang vengeur sur les marches du Capitole.
L'heure est venue d'être seul sous les branches de saule.
Il faudrait allumer les feux de solitude, comme à Brest autrefois. Il faudrait retrouver nos ancêtres naufrageurs, égarer les navires chargées de mercenaires. Il faudrait les guider la nuit, les leurrer de nos cavales blanches, vers les falaises à suicide et les voir précipités sur les roches, cent mètres plus bas, au pas de l'oie.Il faudrait un bon vent d'amont pour gonfler mes voiles et m'emporter vers toi en faisant le tour de la terre s'il le fallait. Mais le vent est tombé.La corne de brume sonne l'heure des amants défunts. Je reprends la route entre deux rangs de chiens enragés qui veulent prendre mon pays en otage.
Ici, l'odeur fétide des hyènes, babines retroussées, gâche la beauté du paysage.
Je pars et ne reviens plus ici, ni ailleurs, je prends la route, je deviens la route, le chemin, la pierre.

Roger Dautais
" Le hyènes"
à Ouistreham, dimanche 6 mars 2011

Großväter

Der eine trug sein Kreuz

rot aufgemalt (man sagte mir)

nicht nur bis Stalingrad

Fern war dort Hippokrates

und längst gebrochen

der Stab des Äskulap

das Heil versickerte im Schnee

(wie klang danach

sein Lautenspiel?)

Der andere entkam

zunächst

hinter Reißbrett und

Maschinenträume so lang

bis sich dazwischen schoben

Bombenflieger

nicht nur in Tusche –

Ein vollbesetzter Irrtum

(der Geschichte, wie man spät erfuhr)

trug ihn schließlich doch noch fort

für immer

hinter ausgediente Fronten

ins neue Bruderland

voll von schwarzem Schnee

Väter

waren sie beide doch groß

bleibt nur die Frage

was hätten sie mir wohl erzählt?

© Monika Kafka, 2007

vendredi 4 mars 2011

















Maman, Maman, tu es partie si loin
...

Louis Chedit



à ma Fanny, le jour du départ

Il faudrait dépasser les souvenirs. Il faudrait tirer le rideau d'Ô, sur les os, rompus, ramassés au pied des falaises à suicide pour faire des flûtes de pan dans les fémurs blanchis par la mer et charmer le vent d'amont...
petite, après ton départ, et me fermer les yeux, enfin, sur une musique angélique, une mémoire amnésique. Roger Dautais,

Février 2011


à Hans Van Draden,
Peintre génial, à ses jumelles veuves


Les lampions pendent aux érables, comme boucles d'oreilles aux yeux aux lobes des femmes. Une merlette répond à l'écho d'une vie nouvelle. La tourterelle, lisse ses ailes. L'herbe pousse cependant, et le temps passe qui nous rappelle combien hier est déjà loin, comme demain est incertain.
Temps suspendu, au printemps des coeurs battants, comme les lampions aux branches des érables.

Roger Dautais,
fin 20ème siècle






à Charlus Demaison,
pour son franc parler...

Mots entendus : ambigu...il était ambigu
Des mots pour dire sa vérité.
La mort commence au premier jour du parcours. Elle s'approche lorsque, parlant seul et m'adressant à la Nature, j'exprime par des mots, un sentiment, une émotion que personne d'autre ne recueillera. Folie...lubie...liberté d'expression accordée pour combler le vide.
Quelles sont ces condoléances semi-officielles et ostentatoires, ces accolades, ces embrassades indécentes à la porte du crématorium ? Gestes d'apaisement d'un élu qui qui partage le poids moral d'une lettre écrite pour informer les foules bêlantes de l'ignominie, d'un ami qui se range du bon côté, de celui où l'on n' a pas de défauts, de cette rive d'où l'on voit les défauts des autres en se pardonnant les siens d'abord. Dieu est toute bonté avec ce genre de propriétaire de l'ordre moral.
Les troupes de loups sentent la chair fraîche mais ils mangent parfois une charogne et se mettent à puer de la gueule. Il ne faut jamais voter pour le loups, encore moins pour les louves !
Mais à quoi sert une colère de papier lorsque je sais l'hypocrisie des enterrements, fussent-ils civils.

Il fait beau le long du canal de Caen à la Mer. Les hyènes s'y sont abreuvées cette nuit, mais le temps est dégagé et Morgane s'est baignée en toute sécurité.

Ce matin, la fumée s'élevait du crématorium, emportée par un fort vent d'ouest, en direction de la mer, précédent les cendres de Jean-Pierre qui se consumait lentement pendant que nous pleurions.

Roger Dautais
24 septembre 2011
Abbaye d'Ardennes. en Normandie.






A Glenmor, à Xavier Grall, Youenn Gwernig
mes amis Bretons ...poètes et hommes libres dont je m'inspire.

Avec tout ça, je ne vous parle plus de land art, mais je sais que vous avez compris. Ah, si, je vous des des excuses si...si... pour les blogs à deux balles. J'en ai froissé quelques uns et je ne voulais pas.
La simplicité, l'expression populaire, le geste vrai, qui mènent au land art. J'aime, ne vous tracassez pas amis, vous me valez mille fois. Non je parlais des vrais blogs à deux balles, tenus par des bistrotiers de seconde zone, des parlotteurs, des pseudo philosophes par des pseudo artistes prétentieux , flatteurs et traitres à la fois qui donnent des cours au monde, se comparent aux plus grands et s'astiquent l'égo parce que le Portail du Land art, un excellent site d'ailleurs, les classe bien au devant de Andy Goldsworthy, par les votes. Je ri, je me gausse devant tant de grandeur d'âme. Le plus grave, c'est qu'il leurrent un grand nombre de gogo, de bobos, bardés d'APS, dont le Net se sert pour tisser sa toile d'araignée. Ces gars là, sont plus près de ma mygale que de l'homo sapiens lorsqu'ils me demandent si je suis juif ou Breton. Feraient mieux de réviser leur prétentions à la baisse. Ici, on n'aime pas les demi-portions, on sait se tenir à table, dire bonjour à la dame et moucher les morveux. C'est fait !
Bon Dimanche( ça c'est pour demain).

Roger Dautais



Pour la petite histoire, je viens de commencer mon second documentaire sur la maladie d'Alzheimer, dans mon atelier d'Art-Thérapie de Ouistreham et, si je travaille bien avec Marie-Claude, nous devrions le terminer fin 2011.
Pour le premier documentaire LA MEMOIRE AMNESIQUE, dont j'ai parlé dans ce blog il y a quelques semaines, il est disponible en DVD .Durée 1h07', vous pouvez le commander (contre 15 euros+ 2.50 de port soit 17.50 Euros) à mon association
Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
1913 le bois appartement 89
14200 Hérouville Saint Clair.
Mais bientôt, vous le trouverez dans les bacs.

Nous pouvons aussi organiser des débats après projection de ce film, autour de la prise en charge de personnes dépendantes, sérieusement atteintes par la maladie d'Alzheimer, grâce à l'art-Thérapie, qui est un soin non médicamenteux mais respectueux des protocoles médicaux mis en place par la médecine traditionnelle. Film+ débat durent 2h30. Nous nous déplaçons sur toute la France, il suffit de nous consulter pour les tarifs


Merci à vous tous, toujours plus nombreux à visiter mon site, 25000 en un an et demi, . Je ne saurai jamais vous rendre toute l'amitié dont vous me faites part, mais elle me porte à continuer
la route sans autre objectif que de la parcourir jusqu'au bout, et mourir vivant !

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.