La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 22 octobre 2009



à Marie-Claude Sevenec
pour l'amour qu'elle me donne



Je ne sais regarder l'infini d'un geste, la beauté d'un regard qui se dérobe, ou le mouvement de la mer qui, fidèle au rendez-vous, revient sur la plage chaque jour, sans partir dans un rêve. Et le rêve n'est plus permis.
Si je m'écarte de la ligne de conduite, si je franchis la ligne médiane, si je passe la frontière, si j'exagère mes sentiments, je déclenche les foudres divines. Les moustaches de Pandore frisent, le radar scintille, le garde barrière me court après.
Tout est forcément carré, rond ou rectangulaire, bien rangé dans des cases, bien propre, avec des balayeurs pour les rognures; les raclures, les souillures, les épluchures.
La société aime le formatage, l'alignement, l'obéissance et la soumission.
Je ne sais pas où se place ce que je fais et si le land art est bien utile là-dedans.
Mais l'art est transgression, faux semblant, subvertion, révolte, révolution. Aurions nous commencé à mettre le couvercle sur la marmite. Tout est-il perdu...Non car fort heureusement, il existe encore un espace de liberté, certes, restreint, loin des préoccupations de ceux qui classent, répertorient, découpent en carré, en rond et en rectangle de toute sorte et tamponnent rageusement avec des sceaux Marianisés.
C'est mon pays, c'est mon espace, mon rêve et j'y vais retrouver un peu d'équilibre. L'eau m'est aussi nécessaire que l'air et le fleuve m'apporte ce compagnonnage pendant mes longues marches sur les berges. Un jour, je pensais à elle qui termine toujours ces lettres par Peace and Love. C'est rare quand même, de nos jours, c'est vrai qu'elle est Américaine, libre et Hobo.
Je me mis à l'écrire, ce slogan des hippies pacifistes dans les années 70. J'ai trouvé une pierre plate et un peu de boue pour écrire avec mon doigt. Puis je mes suis mis à confectionner de petits bouquets offerts au fleuve, comme ça, en prenant mon temps. Il prenait bien sontemps pour couler dans son lit de fleuve, avec beaucoup de grâce. Mon geste n'était ni rond ni carré, ni formaté, simplement , beau.
J'ai remarque aussi, que certains artistes ont perdu leur liberté. Moshu est une femme libre dans sa t^te et dans ses créations.
Certains autres s'il y a un truc qui marche et ils se mettent tellement à ressembler au truc, qu'ils ne font plus que ça. Et le public, il les encourage dans leur prison. lLe public, il aime bien que ça ressemble.
Je n'ai ni barreaux dans la tête, ni méthode, ni artiste-dieu à vénérer, adorer comme un phare de la pensée contemporaine. Non, je vais, libre, j'attends beaucoup de la Nature, des hommes, beaucoup moins, de certains au cerveau carré, rond ou triangulaire, je n'attend rien, plus rien.
C'est toujours difficile d'être libre. C'est souvent trop tôt ou trop tard, si on attend les autres. Alors je tourne mes spirales sur l'estran et je dessine des chemins de pierres sur l'estran. Je rêve à mon aimée, qu'elle va sortit de la mer , qu'elle va s'approcher de moi pour m'embrasser. C'est à ça que je rêve lorsque je pratique le land art et à tout ce que je vous ai déjà dit : l'infini d'un geste, la beauté d'un regard...



Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

mercredi 21 octobre 2009



à K.B et D.J.

Plus connus sous le nom de Katia B et Daniel J. de Reviers
parce qu'ils sont en vie, parce qu'ils vivent libres,
et me donnent envie de continuer à vivre libre...


RAK RET EO
DA BEP HINI
SEVEL
BARZHONEG
E VUHEZ.

Youenn Gwernig




à Sylvie,
capable de me comprendre
...

Je connais bien des chiens mouillés. Transit de froid, j'ai traîne dans les rues en leur compagnie, attrapé des puces à la porte des églises. On me cassait des manches à balai sur le dos. Les porches gothiques appartiennent encore aux croyants. Je dormais d'un oeil, comptant les heures creuses comme mon estomac. Alors, j'ai quitté ma peau d'homme et je suis devenu chien enragé. Normal qu'ils balisent au bout du bout de la rue du bout. Les puces, va encore, mais la rage, putain. Déjà qu'il va falloir ne pas mourir avec la h1H1, s'il faut en plus, dévaliser les bourses à Pasteur.
Je les comprends. Je les comprends, vous comprenez ?
Les livres, maintenant que je suis devenu chien, je les mange. Je fais gaffe aux gens bien habillés avec des souliers pointus. Ce sont tous des anciens du football, ils tires des penalty dans les chiens de ma race. Vous connaissez ma race ? Rat ? non pourquoi rat , à cause de la BD américaine ?


à Daniel J...

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Confucius



à Chaunu *
dessinateur de rêves et briseur de barreaux de prison...


Je me suis permis de citer ce célèbre poème de Confucius qui enveloppait l'os à moelle, trouvé hier devant chez le boucher de la rue froide. Enfin, je crois que c'est de lui, vu que je ne lis pas l'allemand,à cause des bergers éponymes
Je reprends ma vie de chien.
Non, je suis Espagnol-Breton, par mon père et Breton-Espagnol, par feu ma mère. Je dis feu, ça me réchauffe la carcasse, en attendant d'aller la rejoindre dans son sous sol de Bretagne, un deux mètres par un, avec un petit jardin de terre sur le ventre.
Ils ont raison, ces braves, je suis extrêmement riche, extrêmement con, mais chaque jour j'en trouve des pires que moi. Ça console. On se croit le seul de son espèce dans sa race seigneuriale et artistique et puis, pan, tu vois pire, même, multispires.
J'aime la culture, la vraie, la seule qui remplit le ventre et calme la douleur de la faim, la culinaire.
L'autre, je la laisse pour ceux qui digèrent.
Vous ne savez pas, j'ai fait des petits et ils ont fait, pareil. C'est pas beau, ça ?
Non, c'est pas beau ?
Il faudrait leur couper le matos aux pauvres chiens, ils se montent dessus, sans arrêt. Voilà ce que j'ai entendu l'autre nuit à la porte du bordel de la rue Froide. J'ai approché(oui, je sais, je me suis approché) donc, j'ai approché et ils m'ont foutu une bassine d'eau bouillante en criant, ça va te décoller, sale chien. J'ai pas compris.
Depuis, je vais plus au bordel, mais c'est le monde qui vire au bordel. Vous avez vu, ils ne veulent plus de lévriers Afghans en France. Y parait qu'ils les renvoient en Afghanie, vers la Turki, la Gorgy la Serby,L'Iraki aussi, je crois, j'ai entendu ça dans le bistrot des intellos de la Rue froide. Oh, putain qu'elle est froide cette rue quand je fais la manche à côté de la gargouille, oui c'est comme ça que je l'a pelle, mon pote de misère, qui mendie...Il a toujours faim, ce con...un peu comme moi et on le vire aussi de l'église. On le fout à la porte de dehors. Y sont forts, les hommes de charité, hein.
Bon on va pas se fâcher avec tout le monde, autrement, plus d'os et direction vers un pays en y ou bien en i ou encore hi, hi,hi, comme me l'écrit Sylvie, une amie des chiens de rue.
C'est pas le tout, faut que je remonte vers Reviers, et avec la pluie, y vont dire que je suis un pouilleux, un chien mouillé, un douteux, un bâtard.
Ah, c'est des sacrés, ces deux là, il n'y en a pas deux comme eux deux.
C'est un peu comme moi, avec ma femelle, une corso-bretonne. C'est pas facile tous les jours. Vous comprenez, le sang du sud, c'est chaud, et dans un pays du nord comme ici, y z'aiment pas. Y nous disent des mots, des gros mots, ils nous traitent de horsains. Sais pas ce que cela veut dire, mais rien de bon, vue qu'ils nous ferment la porte au nez.
Après Reviers ou ils me nourrissent les deux asticots, je file vers Ouisterham, 15 bornes à travers champs, pour rejoindre un mec qui fait des ronds avec du sable. Non pas de l'argent, ça c'est les banquiers qui le font. Je vous l'ai expliqué, ceux qui ont des chaussures pointues qui sentent l'eau de toilette, qui sont chauves et bedonnants. Non, c'est un petit vieux qui fait des spirales de sable pour les voyageurs des ferries. Drôlement chouette.
Déjà vu, tout ça, qui disent les savant de Marseille, mais c'est chouette aussi le déjà vu. Tiens, vous avez déjà vu le soleil se lever ? Hein? Non...Ben c'est à voir et revoir. T'en a, tiens, Han San Su ki, en Birmanie, elle aimerait bien voir le soleil se lever en se promenant, les pieds nus dans le sable, sur une plage. Pourquoi, elle le fait pas ?
C'est la bande à Bono ,avec leurs casquettes de généraux qui ne veut pas la laisser sortir de sa maison. Parait qu'elle a eu un prix Nobel de la Paix et y veulent pas que ça se sache.
J'irai jamais en vacances en Birmanie. Ils doivent pas aimer les chiens de mon espèce.


Moïse Clément
Histoire d'en parler, de la liberté



* Chaunu est un dessinateur de presse,( entre autre dans Ouest France, mais bien ailleurs, aussi) un carricaturiste, plus que cela, un humaniste.
Nous nous sommes connus dans un Centre de Détention, non en qualité de détenus pour peine, mais parce que, administrateur d'un espace culturel, intra-muros, je l'avais invité à une émission de TV réalisée par les détenus,eux-mêmes. Ce fut un très grand moment.
Ardent défenseur de la Paix et des Droits de l'Homme, il poursuit une oeuvre et puise dans le désespoir du monde, de quoi alimenter sa dérision son humour décapant, sa philosophie humaniste, que l'on retrouve dans ses carricatures dont le trait et la maitrise ne ressemblent qu' à son auteur, à l'homme qu'il est, beaucoup moins fantasque et fantaisiste que ne le disent ses détracteurs. Je l'écris parce que j'ai eu la chance de parler assez longuement avec lui, et parce que je le pense.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Comment l'absence...
quelle absence,
celle des étoiles communes
qui brillent jour
et nuit,
pour nous pauvres
aveuglés...
J'ai levé le voile
noir
du deuil
j'ai vu le monde en pleurs
et la guerre revenue
j'ai vu
douze Sébastes
quitter le nid
et l'horizon basculer
aussi
J'ai vu le
cercle rouge
de tes incertitudes
menstrues sacrées,
torrent carminé
et tes lèvres,
pareil,
j'ai pansé
tes poignets rubis,
je t'ai cherchée
sur le carreau du temple
exangue, livide...
Ton beau visage,
ta peau brune,
tes cheveux collés
par le sang
et la vie qui s'écoulait de tes yeux

Qui parle de mort,
d'absence,
d'abandon
si ce n'est l'infidèle
l'incroyant
Qui parle d'amour
de vie cachée
d'étoile du berger
de petite communion
aux lèvres suturées
qui soulève
le voile
de tes insomnies.
Fille,
petite,
si femme déjà
dans la souillure
dans le regard lubrique
de l'homme bourreau,
Tu débattais avec la mort
contortions de vermicelle
insoumission et révolte,
du haut
des tes cinq années.
Il faut hisser les voiles
embarquer
maintenant
et franchir l'Acheron
dans la barque des morts
...vivre
Attache-moi à la vie,
je sens le vide
sous mes pieds
Le jour se lève
tu n'est pas là,
mais nos étoiles
de jaune se parent
nos mains d'enfants
de la guerre,
retrouvent la fuite,
l'ombre du sauveur
la peur aussi.
Dieu que la vie doit être belle
sans ces cauchemards.
Visions nocturnes
D'un pays, l'autre...
En Méditerrannée
les Sébastes rejoignent la terre.
la grande migration
est éternelle,
comme
certain silences.
Si je pouvais dire,
je ne dirai rien
de plus
Si je pouvais aimer,
je n'aimerai pas
plus
qu'au bord du précipice
Le rien
ne remplace pas le rien
l'amour,
ne remplace pas l'amour,
la vie,
ne remplace pas la vie.
La vie
exulte et ne s'explique pas
sur tes pas de sable brûlant
j'ai posé mes pas,
sur ton étoile jaune,
j'ai posé mon étoile jaune,
sur ta bouche livide
j'ai posé ma bouche livide
et le ciel a rompu le silence.
Il pleut sur la mort,
comme il pleut en Bretagne.
Douze Sébastes
continuent de voler
vers toi
qui repose
au-delà de mon regard, cette nuit
Moïse Clémentger.d210a
21Octobre 2009utais
2009-10-21

lundi 19 octobre 2009





à Maria Clément...
Notre seconde Maman



La supériorité de l'homme s'arrête bien évidemment où commence celle de la femme et vice versa, comme en amour, n'est ce pas.Notre nature est labile.
L'étalon galope, puis le ventre vide, il revient à l'écurie. La jument invente le monde et le porte en elle bien avant de mettre bas, comme une promesse d'avenir. Si l'écurie est vide, elle galope et nourrit à la fois.
Je ne sais pas ce qui pourrait faire cesser la guerre.
Sans doute, la solution est tenue secrète par quelques hommes trop occupés à la faire pour relire l' Histoire. Ces centaures, ces éléphants amnésiques, ces lions à la crinière blanche, se persuadent et se congratulent au son du canon. Nous ramassons les débris des bombes assassines et anonymes dans le suaire de nos certitudes aveugles.
Il n'y a aucune sagesse à enrôler un en enfant-soldat, à le transformer en bombe, à le sacrifier, pour que le pouvoir de l'homme exulte. Il n'y a aucune foi digne de ce nom et les fous de Dieu le savent qui persécutent, enferment, exécutent pour terroriser et mieux dominer le monde, en commençant par les femmes et les enfants, avant de s'occuper des autres hommes supposés plus faibles qu'eux.

La Paix dans le monde, l' Adieu aux armes, est avant tout, une affaire de vie.
La liberté devrait être acquise à la naissance. Pourquoi cette scissiparité. Pourquoi ces discours lissés comme les pierres noires sur la plage de Brehec. Pourquoi ces mensonges, pourquoi les femmes meurent pauvres dans notre pays, encore aujourd'hui ?



Aux camarades du Parti communiste
restés dans leur brouillard...

Je n'ai pas lu Marx... ni Freud, comme me le disait Guy A. samedi dernier, mais je sens bien que la carence du monde, celle qui laisse échapper ses espoirs de Paix chaque jour, ne réside pas qu'en ses lectures, sans doute formatrices, ni dans sa volonté d'élever des mémoriaux de calcaire, de granit ou de belles paroles, pour des vétérans, des veuves, des orphelins et des touristes..



à Bernard F.
pied noir Algérien et ami,
qui mène son dur combat contre la misère à la barre de son navire CHRS...

J'ai lu dans le regard désespéré des pauvres hères, dans le regard suffisant du politique qui pérore, dans la ,elle aussi, suffisante de l'agrégé de lettres dont je balayais les chiottes, dans l'indifférence du médecin refusant de soigner un pauvre clochard parce qu'il pue. J'ai vu le monde car je le compose et je n'y échappe pas. Ma petite personne bien aimée qui se contente de ces lâchetés sans réagir sur le champ.


à Gwenola R. de la P.J.J. à son combat pour sauver une jeunesse désespérée, à sa foi en l'avenir, malgré tout

N'y-t-il donc que les femmes pour comprendre le drame de la condition humaine et les hommes pour l'inventer. Nous les hommes, symbolisons l'absence.

Il y a des courages médaillés, des courages de circonstance.


aux femmes du Monde...
Naître femme c'est être condamnée au courage.


Je le mesure tous les jours. Je comprends tout ce qu'il me manque pour être à leur hauteur, lorsque mon chant de petit coq célèbre le lever du soleil.Je déplore ne ne pas y arriver.
Il me reste sans doute quelques belles journées pluvieuse à vivre pour rencontrer la beauté d'un plage sous la pluie, pour y pratiquer le land art et pour vous l'offrir à voir.



aux hommes en soutane...cruels


Je n'oublie pas que mes censeurs furent des hommes et qu'ils brisèrent mon enfance.
Merci aux femmes qui ont adouci le regard que je pose sur ma pauvre vie.


à toi,
Marie-Claude, ces mots de la fin :

Je t'aime.

Moïse Clément

Cette explosion de carrefours du développement durable, des idées, des religions, des philosophies nous propose un monde idéal qui ne sais toujours pas pourquoi, une enfance doit plier sous les coups de trique...pourquoi le peuple doit aussi, ramper sous des dictatures qui ne sont pas toutes du tiers monde...Pourquoi les droits de l'homme ne sont pas appliqués.

Faut-il mouliner des bras à la tribune, maquillé comme une star de cinéma, passer à la télévision à la grand messe du 20 heures lifté, indigné, comédianisé, pour défendre des affaires, si étrangères...
Si étrangères... à nous les sans terre, les sans costume, les sans emplois, les désespérés qui se dé fenestrent des tours du système. Si étrangères à nous les sans culture, les sans amitié gouvernementale, sans couverture politique ou diplomatique, qui évite d'attraper la grippe H1N1 et de mourir de honte, comme nous dans nos rues froides et dire....Dire....encore dire, pour être "l'homme".
Être le phare, le sauveur, la référence. Mon Dieu, à qui je crois plus, vous croyez en lui , en l'homme ?
Bon Dieu, il est temps de se réveiller un peu et de larguer le folklore high tech, les montres clinquantes et les collections de Tours de la Défense.


Aux orphelins du système...

Il est temps d'offrir des parachutes dorés à tous les cadres qui se dé fenestrent et nous montrent en grandeur nature, ce qu'est la guerre économique.
Une miette de pain nourrit un moineau pour quelques instants. Un discours de trop avilit l'homme et le soumet , l'endoctrine, le rend con et dangereux, ouvre des camps de concentration, des geôles, enferme la parole, fait disparaitre au nom de leur liberté. Ajoutez à cela le marchand d'armes et vous voyez le résultat.
On m'a mis en dehors de l'école dès ma plus tendre jeunesse et tapé dessus joyeusement au nom de l'Évangile et de la Charité. Ces gens là m'ont sans doute libéré, mais à quel prix. Au prix d'une vie !
Je ne me plains plus, je me suis aguerri et libéré de ce côté là, mais ma colère, mon indignation sont présentes. C'est sans doute pour cela que je pratique le land art. N'en déplaise aux exégètes de ma " petite œuvre" qui à leurs yeux, n'existe pas.

Et c'est vrai qu'au regard du monde, de la faim, de la guerre, de mes morts, elle n'existe pas pas. Mais eux, les snobs, elle existe leur bêtise, leur complicité aveugle ?


Moïse Clément,
Nuit Normande et d'automne 2009



N'y-t-il donc que les femmes pour comprendre le drame de la condition humaine et les hommes pour l'inventer.
Nous les hommes, symbolisons l'absence, trop souvent.
Il y a des courages médaillés, des courages de circonstance. Naître femme c'est être condamnée au courage. Je le mesure tous les jours.
Je comprends tout ce qu'il me manque pour être à leur hauteur, lorsque mon chant de petit coq célèbre le lever du soleil.
Je déplore ne ne pas y arriver.

Il me reste sans doute quelques belles journées pluvieuse à vivre pour rencontrer la beauté d'un plage sous la pluie, pour y pratiquer le land art et pour vous l'offrir à voir. Je n'oublie pas que mes censeurs furent des hommes et qu'ils brisèrent mon enfance. Merci aux femmes qui ont adouci le regard que je pose sur ma pauvre vie. à toi, Marie-Claude, ces mots de la fin :

Je t'aime.


Roger Dautais




à mes sœurs et frères éparpillés de la vie...



Michel était mon ami. Ses parents tenaient une boulangerie. Michel était louveteau, comme moi. Un jour que nous étions de sortie de classe au bord de la mer,après avoir joué, Michel est descendu vers l'eau. A mi-chemin, il s'est couché pour dormir. On croyait. Les chefs, criaient dessus parce qu'il dormait en plein jour. Parce qu'il ne leur obéissait pas. Ils sont allés pour le gronder.
Michel était mort.
Ils ont porté Michel vers le haut de la plage et l'on recouvert d'une couverture. Je ne comprenais pas son visage livide.
Les chefs ne nous ne nous disaient, rien.

Maman était fleuriste.
Elle a beaucoup travaillé pour l'enterrement de Michel.
Quand je l'ai revu, sous une tonne de fleurs blanches, , il dormait, comme un ange dans une étroite chambre attenant à la minuscule boulangerie de ses parents, place Saint Sauveur à Dinan.
Sa maman pleurait et moi aussi.
Les scouts sont venus en bel uniforme. Michel a été enterré au cimetière de Dinan.
Il dort, sous son
ange, pas très loin de la fleuriste, pas très loin de Maman.
Je n'aime pas les gens qui m'aboient dessus comme des chiens de garde quand je n'obéis pas. Je n'ai jamais aimé obéir, même si, parfois, c'est nécessaire.
Si je l'avais fait, je serai mort comme Michel, depuis longtemps.
Dans ma petite enfance, les cimetières ont été pour moi, lieu de voyage, de jeu, de curiosité, de jardinage avant de devenir, lieux de recueillement, puis de grande douleur à partir du 10 janvier 1979.

Je rêve de retrouver l'infini dans l'anonymat de cendres épandues sous le vent, pour leur ressembler.

Moïse Clément.



A tous les Michel de la terre qui n'ont pas choisi de partir si jeune, à tous ceux, qui, n'ont pas eu les jambes assez solides pour échapper aux bourreaux.Aux enfants résignés, qui entendirent la Chaconne d'Auschwitz,monter a travers les barbelés, vers le ciel vide et qui croyaient à Dieu.
A ceux qui marchèrent dans les pleurs et la peur, avant de passer dans les fours crématoires;
A tous les Elie qui n'ont pas fuit et qui sont devenus mes anges, je dédie ces quelques lignes.

Je les dédie aussi à Sylvie, institutrice au grand coeur, qui a vu dans le regard de ses petits élèves, autre chose qu'un bulletin de salaire et que j'appelle, l'humanité.
Je les dédie à Elisabeth Brami et à Bernard Jeunet pour leur livre si émouvant

Sauve-toi ELIE !

que je viens, encore une fois de relire...

Roger Dautais
Nuit du 20 au 21 octobre 2009 en Normandie.

Sauve-toi Elie, est paru chez Seuil Jeunesse en 2003.
Il aborde le thème de l'enfance cachée durant la seconde guerre mondiale.
Enfance marquée du sceau de l'étoile jaune, enfance martyre par la volonté d'un tyran. Enfance rayée du compte par le système nazi.
Que ce soit le Elie, de l'histoire, le Raymond de La Cambe ou la Jacqueline de Lausanne, ils m'ont raconté leur histoire. Leur peine est devenue, ma peine et je marche parmi eux, maintenant.
Sauvés par une poignée de Justes ils les honorent, de différents façons. Ce livre en est une. Leurs cœurs continue de saigner.
Le miens, aussi, au cœur de ma nuit.

Roger Dautais

à Elisabeth Brami...



Porte moi au bateau qui vogue vers le bonheur.
La boule de soleil, là-bas,
m'attend.
Emporte moi d'ici,
j'étouffe.


Dans tout départ il y a une mort,
murmure la mer.
Dans tout départ, il y a une naissance,
crie l'enfant,
de son rêve.


L'enfant, lui, regarde en avant.
L'enfant
a peur de devenir statue de sel
comme
Papa
comme Maman.


Emportez-moi avec vous
crie l'enfant
aux oiseaux.
Je suis lourd
comme une pierre...Ici j'étouffe.


Emmène-moi
dit la mère
à l'enfant.


La fin du monde
est
à la porte.
Tu viens d'arriver
Tu t'en va,
déjà.



Roger Dautais


J'ai découvert le talent d'Elisabeth Brami en lisant son ouvrage

Sauve toi Elie


édité par Seuil Jeunesse et superbement illustré par Bernard Jeunet. Je vous en conseille la lecture

Photo Land Art :
Le silence des pierres,

installation de Roger Dautais,
plage de Pors Pin à Bréhec, Côtes d'Armor
.Août 2009




à Michel Fournier,
sous son ange, dans sa tombe...


Petit cheval
brun
cabré,
entre les barbelés,
tu provoques le kapo
et meurt.




à Roger Clément...

Hontes bues
toutes,
ils roulaient,
ivres
de vomissures
vert de gris,
les kapos.




à Maud, de la rue Kitchener

J'ai décroché
l'étoile
de sur ton coeur
petit frère,
tu respirais encore,
plus moi.



à Moshu...

Les morts
nous appellent fou

les vivants
nous croient morts

aimons nous .
Peace and love


Ce ne sont pas les étoiles qui me gênent,c'est l'obstination des nains à vouloir les atteindre jusque dans les cendres. Dormez en paix, enfants du sacrifice, je veille.

Ils ont rallumé les bûchers, le cristal se travaillerait de nuit et les vélodromes se rempliraient à nouveau si les enfants de la louve blonde prenaient la main, s'emparaient du pouvoir. Nous serions épouillés, lavés, douchés au Ziclon B. Nous serions exterminés comme des rats, à nouveau, s'ils revenaient.
La vigilance est au coin du coeur et land art ou non, c'est bien de cela qu'il s'agit, non d'un folklore apparent. En ces pays d'oubli et de fauristonnades, chaque voix compte qui barre la route à la louve blonde et à ses petits, nourris au lait de la haine et du racisme ordinaire.

Ce n'est pas une obsession que ces étoiles, c'est un témoignage," in situ" qui déclanche toujours autant d'animosité. Preuve en est que le mal est là, présent.
Je sais faire autre chose, mais je veux consacrer une partie de ma vie à cette mémoire rayée, cette mémoire de bure, cette mémoire partie en fumée, comme mon ami Edmond, à l'instant où j'écris . Il fut un de mes patients dans mon atelier d' art thérapie et je l'ai vu, mangé par cette maladie d'Alzheimer, mois après mois. Il est incinéré aujourd'hui. Paix à son âme d'humble artisan.
J'ai de la place dans ma mémoire pour me souvenir que le Monde, notre Monde est au bord du gouffre, et pour tenter de sauver la part d'humanité qu'il y a dans le pire des hommes, par l'expression artistique. Je ne cherche pas autre chose,ce matin.

Roger Dautais

samedi 17 octobre 2009










à Fanny, ma fille,

notre fille...




De l'art brut aux brutes épaisses, filles et fils de la louve blonde.



à Guy Allix

Il faut mourir avant de pouvoir prétendre à la vie. L'autonomie est une réalité éphémère. Nous donnons la vie et la mort en même temps.
Janus, nous avançons masqué. Mort, nous déambulons. L'écriture est un leurre, un mensonge.
Écrire, c'est trahir la parole. C'est donner son âme à Belzebuth,c'est croire qu' il n'y a rien.


à Yvon Lemen

Incubes et succubes dansent la main dans la main et tu ne vois pas la fin de la danse que déjà, ton tour à passé.
Dieu est mort. Il nous hante. Nous sommes donc bien, en pleine folie.
Sabra et Chatila, légitime massacre ou folie meurtrière...
Massacrer d'abord ,écrire, après, on verra bien. Le temps s' accommode des restes. Trouvons des Fauristonades.
Où se trouve la vérité , sinon dans le sourire de l'enfant mort. Nous cuisinons les mémoires chaudes et fumantes, au pied du mur, grand maître. Les maçons s'absentent quand gronde l'orage.
L'enfant bleu est mort. L'enfant mort mort est bleu, soudain. Soudan, soudain lointain, délaissé, si souvent. L'aristocrate à du sang bleu, des jambes longues, et joue de l'accordéon.
La méditerranée est bleue, Sidi Boussaïd est bleue, le ciel à gagner dans les yeux de ma douce, est bleu.


à Luc Moulanier.

Le nègre est noir. Le noir est l'encre. L'encre est écriture. Écrire c'est être nègre. La négritude est une aristocratie rare. La fraternité, aussi. Sangor,vivant ou mort reste un roi nègre et le proclame. Sangor, le maître, le frère en écriture.
La modestie n'est pas là ou vous la cherchez. Les mots ne sont que des maux.
Il faut gratter la terre à quatre pattes, déterrer le cadavre qui est en moi.
" Perinde ac cadaver".
oui, mais fuir le religieux et proclamer le sacré dans le silence des pierres et la myopie de toute vie qui se consume, sans même savoir le dire.
L'urgence est d'écrire debout, sans lunettes, l'urgence c'est la Pâques Juive, l'urgence est ici et maintenant, avec la part d'inconnu qui coule dans mes veines, qui m'offre une nuit blanche et ce texte, aussi...


Roger Dautais

Note :

Il faut payer pour voir au poker-menteur du pauvre. D'abord la chiourme avant le "déchaînement" des mots.
Les valets sont en carrosse et suivent le petit roi.
Les créateurs marchent à pied,font du stop, puis, montent dans le carrosse, et deviennent valet en rêvant d'être roi.


Il n'y a pas d'aide possible, ici.
Le land art n'et pas une question de cadre, ni de règles. C'est le contraire. La liberté est la plus contraignante des manières de vivre. L'exprimer dans un art,demande, humilité, maîtrise, distance, culture, savoir faire, savoir. Le land art est du domaine du possible, de l'éphémère, de la fragrance de l'air et non des défilés fascistes, de la marche au pas et du formatage des esprits sous le képi. Le land art est, respect de la nature, silence, communion, contemplation. Le land art est l'Orient quand une femme aux yeux de chatte aux aguets, l'inspire. Il devient Occident, si je plonge dans les yeux de mon aimée, lascive sur l'estran de sa Bretagne natale. Le land art est Chaman lorsque je pense à Peter Irnik, Inuit initié, au pied de son Inuksut du grand Nord Canadien. Il est fraternité,quand Peter me serre la main et me donne l'accolade, en normandie. Le land art est médecine du sud, soleil de pierres et sable des dunes,il est Douz, Sfax, Monastir, Matmata, il est Djerba, Tunis et Kairouan, tout à la fois, il est Carthage, folie et sagesse Juive, beauté et sérénité, partage et amour,lorsque je pense à Lilia, en sa Tunisie.Le land art est mon enfant, lorsque je pense à Fanny, lorsque je pleure en silence sur son incompréhension.
Vous êtes bien loin du compte, bien loin des morgues de mon enfance, petits experts en photo, qui me reprochez un horizon qui penche. Mon Dieu, quelle pauvreté. Pourquoi êtes vous tombés si bas. A cause de vos beaux numériques, ces engins qui vous font croire au talent que vous n'aurez, jamais. Mais un enfant des rues en a mille fois plus que vous, de talent, quand dans sa peine, il joue avec l'eau du ruisseau pour tromper sa faim, son manque d'amour, son trop de coups. J'étais cet enfant là. Passez votre chemin, continuez à vous gaver de bonnes choses et épargnez moi vos fadaises. Les brutes épaisses défilent pour vous et battent le pavé de leurs croquenots à clous, vous préparant un avenir radieux, débarrassés d'artistes dégénérés comme disait le moustache d'outre rhin, en 1936.
Klee, Miro, Picasso, Kandinski... retournez vous dans vos tombes..Ils reviennent les chacals, les enfants de la Louve blonde.
Il n'y a pas d'autre solution pour moi, que de continuer sans ne plus jamais rien attendre d'autre que l'envie de vivre, l'envie de voir se lever le soleil, l'envie de voir le sourire d'un enfant, l'envie de revoir ma belle aux yeux bleus.

Roger Dautais
D'une Nuit, l'autre, sans répit...




à Sylvie, Lilia, Manue

en cette nuit d'automne...





Je suis, homme libre
Mais les barreaux de ta prison
m'indiquent le limès




C'est le petit soir qui s'effiloche,
c'est le bout du bout,
C'est ton coeur qui saigne
la trahison des sens...



Les âmes noires vont par paquets de douze...
Aux portes des églises
les gargouilles
ont la foi
en l'homme qui paye.


Roger Dautais 18 Octobre 2009




"Ne me demandez pas le sens que prend ma poésie puisqu'elle est, avant tout, perte des sens. Elle en contient donc au moins cinq, avec un petit peu du sixième, si féminin et que l'on appelle le sixième sens. Trop de misère dans le monde pour être fier de ce que nous faisons à nos enfants.

Ils crèvent de faim sur les immondices de Bogota ou dans les cages d'escalier de nos H.L.M.
Ils ont aux mains de nos petites maîtresses déboussolées par les programmes abscons et sous le stéthoscope de la femme médecin qui encore une fois, constate la carence de l'homme absent.

Je ne fais pas dans le marronnier, ni Sylvie, ni Manue, Ni Lilia.
De l'Afrique du Nord à
l'Europe passe un vent de désespérance dont elles comptabilisent les enfants-graine qui pousseront, Dieu sais où et mangerons, une fois sur quatre.
La poésie n'est pas faite pour pleurer. Elle est faite pour déranger. Elle est faite de pleurs, d'amour, d'espoir,aussi. De cet espoir que vous me donnez chacune à votre façon et qui arrive à point dans notre vie, dans notre foyer. Pour cela, soyez en remerciées.

En Europe,nous recensons 78 millions de pauvres.


Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


Pour les esthètes qui me reprochent la qualité des photos, qu'ils passent à autre chose, par exemple Paris Match, qui en matière de photos, n' est pas mal du tout.
Ma démarche est ailleurs.
Merci quand même pour vos conseils avisés.

Comme me disait mon ami Pierre Dac :

"l'homme a son avenir devant lui et chaque fois qu'il se retournera, il l'aura dans le dos".
Evitez de vous retourner sur mon passage.

jeudi 15 octobre 2009






à Angèle Arsenault
à Marcella Richard,

Chanteuses Acadiennes
...

elles courent le monde pour nous enchanter






Ne me dérangez pas, je veille...

... sur les enfants du monde, sur ce que vous en faites, sur Lilia, Sylvie, Jacqueline, cachées, casher, étoilées.
Pas vous ?
Mais qui parle de vous...
Je veille sur Shulamit, sur le voyage de Jacques, sur la tombe marquée d'une pierrel blanche Encore une tombe ?
Mais la Terre est une tombe et ce n'est pas pour cela que nous arrêtons de nous entretuer. Le Grand Dérangement Acadien, consista à déplacer tout un peuple d'émigrés en Amérique du nord vers l'europe, leur pays d'origine, pour le mettre en de meilleurs dispositions de comprendre ce que voulait dire le mot domination.
Demandez aux enfants des Leblanc, des Ligères. Demandez-leurs à nos cousins partis de Bretagne, du Berry, de Touraine, du Poitou ou de Normandie. Ils étaient" ces piétons de l'atlantique", si bien chantés par Angèle Arsenault, dans sa chanson Grand Pré, la vie, l'avenir, la forte jeunesse. Ils furent sacrifiés. Demandez leur, à ces enfants d'aujourd'hui où sont les tombes de leurs ancètre. Ou sont leurs mémoires disparues...
Dans leurs tombes explosées d'oubli, ou de mémoire si présente dans le coeur de chaque Acadien, sans haine, ils survivent aux violences d'un peuple colonisateur aveuglé et cupide pour une poignée de livres sterling à mettre en plus dans la poche de quelques profiteurs aux coffres forts déjà bien remplis.

L'injustice est de l'homme, comme le besoin de présider, dominer, faire la guerre, emprisonner , déporter.

L'homme porte médailles, fièrement.

La femme porte la vie, comme elle peut dans cette vie de misère où un dixième de la population riche baise les quatre vingt dix pour cent du reste et se gave de bonnes choses, sous leurs yeux effarés.

Je veille sur l'amour pour qu'il ne s'éteigne pas . Je suis un homme, alors, je connais la chanson, la mienne,c'est moi qui l'écrit !

Je veille sur les yeux de l'amour, si beaux, si bleus, si bretons, si doux, si...humains et qui ont vu la mort de si prêt, jusqu'à l'accompagner. Vous ne me croyez pas. J'ai vu aussi cela, et de près.

Je veille sur la corde du pendu pour qu'ele ne s'éourte pas et sur le plaisir de l'homme qiu lui a vendu cette corde.


aux enseignantes...
à Manue,

Je veille sur la prospérité des ventrés replets, les pavaneurs d'estrade, les pavanants, les paons à la pourpre cardinale, les orgueillants, les fortitudistes de la fraternitude, les droiditudes traitres à la constitution, les arrivistochats, les petites institutoches, si belles si paumées, si seules face à l'ogritude de l'Edukazion Mammouthale, je veille sur les GéPés à paruchute doré qui sautent par la fenêtre des tours de la Défense et oublient de fermer la fenêtre derrière eux. Je veille pour les flaques de sang de la mémoire ne se fige pas trop vite.

aux équipages...

Je veille sur la météo marine pour qu'elle soit favorable aux marins Bretons de ma famille, aux équipages de Gérard, à Cherbourg.
Je veille à la mémoire de l'homme poussé dehors par notre beau monde de performance, qui cette heure, se pend définitivement.
Je veille sur les enterrements, sur les faux culs, les tueurs qui suivront le corps.
Je veille sur l'avenir, sur la Voix des femmes, sur leur détermination à être moins con que nous les porteurs d'honneur, les grandes gueules, les arrivistes de l' arrivitude.
Je veille à fermer la porte pour que le chauffage n'arrive pas jusqu'aux SDF. Je rêve à la gargouille de la rue Froide. Je rêve au soleil qui me réchauffera.
Je veille sur l'avenir.


à mes patients...

Je veille sur Jeanine, sur Germaine, Lea, Henri, tous entre 80 et 93 ans, atteints de plein fouet par la maladie d'Alzheimer et que j'accueillerai dans mon atelier d'art thérapie.Je veille sur leurs enfants, leurs petits enfants qu'ils ne reconnaissent plus.
Je veille sur la chanson de Bashung "Osez, osez Joséphine" que nous chanteront, tout à l'heure.

aux soignantes de nuit...

Je veille pour l'infirmière qui va quitter sa nuit, épuisée de mort et de délires.
Je veille pour Véronique et ses guetteurs de Pierre,
Je veille pour Patrycian, sur sa belle âme.
Je veille pour Patricia, Michelle, Lee, Elizbeth, Marie, Gwenla, Nolwenn,Fanny, Flo,Sissi, Annick, Gaelle, Françoise, Evangeline, Maria, Leone, Yvonne, Angela, Anne, Sylvie, Manue, Lilia...
Je veille et le soleil va se lever sur la misère du monde sur les immondices de Bogota, sur les Favellas de Rio, sur les taudis de Caen, les bidonvilles, les cimetières que sont devenues les entreprises.

aux résistantes et résistants du XXI siècle

aux survivantes...

à Simone...

Je crois au soleil, je crois à la vie...
Mais les enfants du monde, qu'en avez-vous fait en 1942 année de ma naissance. Pourquoi cette étoile de la honte...Pourquoi, les cendre, les os, les sourires de terre. La louve blonde est là qui convoque déjà l'orchestre de violons. Avez-vous oublié la Chaconne de Bach et la finesse des doigts de fée, qui à Auschwitz, accompagnèrent de larmes et de musique, le souffle de suppliciées, au pied du gibet. Un " détail" qu'il faut oublier ?

aux enfants du monde...

Mais les enfants du monde, ls vous regardent vous agiter dans le poste à la TV sur vos estrades et les enfants du monde, ls ne comprennent pas pourquoi leur papa il balaye la merde des autres. Pourquoi ils ont froid, pourquoi, ils ont faim. Pourquoi leur papa aimé, il a pas un beau costume, comme les messieurs de la Télé.
Les enfants du Monde, de ce monde là, de ce Quart Monde,vus croyez qu'ils croient encore au soleil, qand un beau matin, le 16 octobre 2009, devenus cadre ou encore ouvrier, ils écriront.

: "J'aime plus la vie.
Adieu, ceux que j'aime"

avant de monter sur la chaise, avant de se pendre.

aux Ponce Pilate...

Faut être fou pour faire un tel geste. Dérangé, malade, suicidaire, lâche, pauvre type. On entend ça dans les conseils d'administration, chez les " administrateurs". Ne riez pas, je l'ai été assez longtemps, administrateur.
Demandez à mon ami, Bernard F. pied noir Algérien et homme d'honneur, ce qu'il pense de notre belle société. Dans son restaurant, on n'est pas prêt de voir descendre un ministre. L'hiver arrive et il va ré-ouvrir ce lieu de perdition,plein de clochards affamés, plein de blessés,


la vie, au bout du rouleau et qu'il sert par 40 ou 50 repas chaque jour, offerts à leurs bouches affamée. Si vous ne savez pas quoi faire de votre amour de l'humanité, adressez vous au CHRS REVIVRE de CAEN ils feront suivre. Ils manquent de bras.


Je veille, sur la lie du monde, car cette part du gâteau qui a dépassé la date de consommation, et que c'est aussi, l'humanité.

L'humanité, elle n'a que deux frontières, la naissance et la mort
.Et encore, elles sont ouvertes, ces frontières. Le reste, c'est du remplissage. Le remplissage, c'est la vie, la votre, la mienne. Tous concernés, une fois là. Alors qui organise ce grand bordel ?


Souvenez-vous, nous faisons la guerre et nous portons les médailles
Eles portent les enfants, les mettent au monde, les élèvent, dans l'ombre.

Femmes, je vous aime chante Julien Clerc.

Depuis mon poste de veilleur de nuit, alors que le jour va se lever et moi, prendre ma casquette , ma veste, mon vélo et mes souvenirs, je pense la même chose que Julien. Puisse ce bon sentiment me remplir d'amour pour la journée.

Roger Dautais


à ceux, qui, portent chapeau et sauvent l'Art...

Le land Art, c'est bien plus facile que tout ça. Pour moi, ça fait douze ans que je m'en occupe et je croise parfois de sgens qui me disent d'arêter, ou bien que je ne fais rien de bon, de montrable. Faut voir leur tête à ces petits insanes,ces petits imbus, drappés dans leur petit savoir, bienau chaud sous leur petit chapeau. Comme disait Brel " avec mon ptit chapeau, j'avais l'air d'un con ma mère, avec mon p'tit chapeau, j'avais l'air d'un con.
Quel visionnaire ce Brel !


Le land art est colère , rebellion, liberté. Le land art, est le sang de la Terre nourrie des hommes qui y sont enterrés. Le Africains savent cette chose, les Celtes, aussi, les Basques, Les Bretons, enfin,la Terre entière le sait.
Qui prend le risque de le dire.
A nous de sortir des conventions si nous voulons découvrir nos propre codes de fonctionnement, si nous voulons créer en toute sérénité, au sein de la Nature.



Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS





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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.