La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 18 juillet 2009


"Elles étaient tombées de mes mains, à peine cueillies. Le destin des fleurs, qui pouvait bien s'en soucier dans ce monde de noirceur. Frémissant sous le vent qui entrait dans la carrière, au dessus des acacias, elles prendraient bientôt le large, rejoignant un ciel, lui aussi tombé dans cette mare diabolique".

Je n'ai jamais cherché autre chose que d'essayer de revivre des petits instants de bonheur, dans ma pratique du land art. Mon enfance n'est jamais loin dans ces moments là. Le jeu est présent au moment de l'installation, qu'elle soit toute petite, comme ici, ou immense, sur les plages. L'eau, sous toutes ses formes, a toujours été présente, quand cela était possible. Qu'elle soit libre et sauvage, ou bien encore, éphémère et prisonnière, je la retrouve, compagne et complice de mes installations. Dans la petite vidéo( en cours d'installation) ci-jointe et réalisée au coeur de la Suisse Normande, en France, c'est le chant de l'eau qui m'a attiré et son mouvement joyeux a fait le reste. J'ai, après un temps d'observation, choisi l'endroit pour y élever ce guetteur, avant de quitter les lieux.

Roger Dautais
" Histoire d'eaux "


LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 16 juillet 2009

"aux oiseaux sans ailes"...

Sami, Hans, Nina,Jean-Paul, Elie, Jacob, Egon, Maurice, Liane...

Nue
La mémoire
Sous les pierres chaudes

Crie à l'abandon
Réclame

Les tourbillons du vent
Pour épandre les cendres du souvenir.

Roger Dautais
" cairn à feu "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Les photos et les textes présentés sur ce blog, ne sont pas libres de droit. Pour tous renseignements me contacter sur roger.dautais@numericable.fr



à Paula, Malva, Halina, David, Irène, Ella, Sigmund, Esther, Nina, Irène, petites étoiles devenues cendres, un jour d'été 1942.

Les champs et pyjama
Les rêves deviennent réalité
Courir n'est plus suffisant
Mourir est le verbe à conjuguer au présent
Par chance...
Mais, là-bas, au Vél d'Hiv
Il n'y avait ni chance, ni rêve, ni champs de lin Seulement, l'étoile
A porter
Et la faim dans tes yeux,
Mon frère
Trop grands pour être fermés

Avant le départ.

Roger Dautais
" Rafle d'étoiles, un jour d'été "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


Le 16 et 17 juillet 1942, a lieu, la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France, pendant la seconde guerre mondiale, par le gouvernement de Vichy. Le 17 juillet, en fin de journée, 13152 hommes femmes et enfants ont été arrêtés à Paris et dans sa banlieue, dont plus de 4000 enfants. Déportés vers Auschwitz, la plupart y seront gazés et brûlés dans les fours crématoires.
L'Association Nationale des Enfants et Petits-Enfants des Evadés et des Rescapés du VEL'D'HIV 16 juillet 1942, présidée par Raymond Anisten, garde bien vivante cette mémoire en témoignant, comme le fait personnellement son dévoué Président, dans les milieux scolaires, et aussi dans tous les médias qui veulent bien lui ouvrir leur porte.
Ces installations, photographiées et présentées sur ce blog évoquent ce drame.

mercredi 15 juillet 2009


" Est-ce la chanson du vent où l'air de la mer, est-ce une passion adolescente, revenue, pour les poèmes de Garcia Lorca, ou simplement le hasard d'une lecture qui m'aurait amené ce texte pour l'illustrer d'une spirale. Ici, les sables ont des secrets enfouis, qu'une seule vague d'étrave du premier Ferry, revenant d'Angleterre suffit à faire émerger d' outre-tombe. Mais il faut aussi, une part de hasard, de la curiosité, et la chance de découvrir un territoire nouveau, pour ramener à moi, cette mémoire amnésique, comme on ramène à bord, le nageur en perdition. Un lien se tisse, ténu, entre deux existences, comme les premières lignes d'un roman. Demain, je retournerai les sables de mon pied en oubliant cet instant, et j'écrirai, auprès de ma spirale To The Sea, comme au premier jour.

Roger Dautais


Et la chanson de l'eau
Reste chose éternelle
Toute chanson
Est une eau dormante
De l'amour
Tout astre brillant
Une eau dormante
Du temps
Un noeud
Du temps
Et tout soupir
Une eau dormante
Du cri.

Federico Garcia Lorca

mardi 14 juillet 2009


Pour Akiko Yosana,

"élever des cairns dans l'indifférence, pour qu' ils deviennent utiles et servent de perchoir aux oiseaux de passage est comparable, pour moi, à l'écriture d'un haïku. Ces fulgurantes images doivent être d'éphémères vues de l'esprit avant d'apparaître au monde. Tout est présent que rien ne dérange et puis...

Roger Dautais
La pierre et le Haïku

HAÏKU

Hier est déjà le lointain passé
Mais aujourd'hui l'est aussi
Comme advenu en plein rêve.

Akiko Yosano

Poétesse féministe(1878-1942) principale figure de la littératutre japonaise, a écrit de nombreux recueils de Tanka.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


Pour Ai Qing,

Le premiers nuages blancs courent dans le ciel. Au dessus de ma tête, deux petits rapaces se livrent un rude combat. Les plumes volent. Qui a violé le territoire de l'autre... Ils s' éloignent. Le silence se rétablit. Je descends au fond de la carrière. Monde minéral, silence, pierres et soleil, tout ici amène à la méditation. Je pense au poème de Ai Qing*, REVE. Je vais lui élever trois rêves de pierre dans cet endroit avant de descendre encore, laissant l'horizon s'élever et continuer mon travail.

Roger Dautais
"In Mémoriam"

Au réveil
Ce ne sont qu' illusions
Le rêve lui, vient au moment du sommeil
Compagnons de jeux de l'enfance
Peut-être amis de longue date.../
Ai Qing,( 1910-1996)

Ce poète Chinois a connu l'emprisonnement, l'exil et la tourmente de la Révolution culturelle et n'est autorisé à publier ces écrits qu'en 1978.

samedi 11 juillet 2009





Cette masse verte qui me barre la route me fait penser à une agglomération de barreaux de cellules. Je décide d'y créer une petite installation, très géométrique.Le rideau de bambous s'écarte. J'entends les bruits de la ville. Les poules d'eau font un raffut dans le ruisseau qui borde la bambouseraie. Il fait lourd, ça sent l'orage. les moustiques ont fait leur apparition. Je pose mes "angles" dans différentes souches de bambou. Après la séance de photos, je m'assois sur l'unique banc du parc. Je tire de mon sac à dos, le petit livre rouge de Ricardo Gonzalès Alphonso et Maria Elena Cruz Varela, tous les deux, poètes, tous les deux prisonniers politiques et je lis ceci :Siempre en del norte/quince barrotes/ con vocucion de puerta/ y un candado/Siempre en el sur/una claraboya/Empejada/indiscreta/como una anciena soltera. Traduction de Jacobo Machover Toujours au nord/quinze barreaux/en guise de porte/cadenassée. Toujours au sud/une lucarne/grillagée/indiscrète/comme une vieille fille(Extrait du poème : Croquis.)
L'été, dans toutes les prisons du monde, les femmes et les hommes rêvent d'évasion.


Roger Dautais
" Points de vue pour un rêve d'évasion. "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



"Les gisants font parti de mon univers. Ils reviennent périodiquement bouleverser mes habitudes, remettre en question ma pratique du land art. C'est une pause, une "déconstruction" de mes certitudes, un face à face avec un avenir certain. Parfois, les rêves me les font rencontre et je me souviens de ces instants de création très personnels. Dire la finitude de l'homme en quelques poignées de laisse de mer et une couronne de bois flottés, tel était le propos muet de ce travail installé, quelque part en France. C'était en novembre 2005".
Note : Le gisant est fabriqué avec de la laisse de mer et la couronne est en bois flotté. Le territoire qui apparaît ici semble être bien au sec et pourtant, à chaque grande marée, il est recouvert par la mer, quand elle est haute. Celle-ci se faufile, entre les dunes, suit de petites filières et déborde sur ce glacis.
Roger Dautais
" Impossibles rêves "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 9 juillet 2009

Arrivée sur site, à 10 h 15' le jeudi 9 juillet 2009, plage de JUNO BEACH à Bernière sur Mer.Normandie. France.
Coefficient marée 75 ( selon SHOM 2009). Un léger vent de nord-ouest balaie la mer, couverte de petites vagues courtes. La température est fraîche, avec 12° seulement. Le ciel est couvert avec quelques apparitons du soleil.
A l'endroit choisi, tout en haut de la plage, à 30 m à peine de l'ancien blockhauss servant de lieu mémorial
des troupes Canadiennnes ayant débarqué sur cette plage le 6 juin 1944, je dispose d'un endroit presque déserte Habituellement, sur cette plage , touristes et vacanciers s'y pressent. Après les observations d'usage, j'estime qu'il me faudra tracer cette grande spirale ( elle atteindra les 13 mètres de diamètre) en une heure maximum, si je veux l'avoir terminée avant l'arrivée de la mer. Le sable est meuble, mon pied s'enfonce et creuse ainsi, un large sillon. La course commence. Je me concentre et trace la spirale en respectant au mieux la parallèle entre deux tours. C'est la régularité qui donnera toute la force cynétique de cette figure géométrique et permettra à la mer de la recouvrir, harmonieusement.
7 tours, léger déséquilibre, la tête me tourne. Je stoppe quelques instants, respire et regarde l'horizon.
15 tours , la mer approche, je ne peux faire des pauses comme habituellement, je continue. Mes jambes me font mal.
20 tours, la spirale exprime déjà toute sa force. La mer est à 5 mètres de moi . Une personne s'approche pour me demander des renseignements. Je lui réponds sans m'arrêter et continue le tracer. Sur la partie haute de la spirale, je rencontre une zone de sable beaucoup plus dense qui me ralentit. Difficulté que je connais bien avec ces différences de configuration, densité, humidité, sècheresse, granulosité, pierres, varec'h, plage en pente, je dois m'adapter et passer tous ces obstacles.
24 tours, la spirale est terminée. La mer est à un mètre. Je la remercie de m'avoir permis de terminer et signe mon travail TO THE SEA. Une autre dédicace : cette spirale est réalisée pour une artiste peintre Américaine Gwen Gordon.
Maintenant, la mer joue sa partition. J'assiste à l'effacement de cette grande spirale, déjà marquée par l'érosion du vent qui a blanchi le sillon. Le flot s'approprie mon travail, reprend son territoire. Sous la respiration lente des vagues à l'assaut du sillon, le sable retrouve son aspect naturel et la plage redevient elle-même. Ephémère victoire sur le temps, cette spirale rejoint toutes les mémoires Canadiennes enfouies, rappelées à nous, par le seul claquement des drapeaux du mémorial.

Roger Dautais
"Spirale Juno Beach"
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



mercredi 8 juillet 2009


" Aujourd'hui, je ne sais plus dire, où, dans quel pays ni pour qui, j'élevais ces pierres. Je me souviens, tout simplement, de la couleur du ciel et du bruit de la mer, arrivant sur cette plage.Instant unique et éphémère".
Roger Dautais
" Cairn parmi les cairns "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

mardi 7 juillet 2009


"Rien ne me consolait de cette soudaine solitude, pas même le cri des petits rapaces au dessus de ma tête, ni ton souvenir. Je décidais d'élever un cairn, dans cette zone rocheuse de la carrière abandonnée. Une fois élevé sur une de mes " pierres de silence" , le cairn avait fière allure. Il garderait le souvenir de mon passage, ici, et serait le gardien des lieux, pendant plusieurs années, probablement, si les chasseurs le laissaient vivre sa vie . Je me suis mis à ramasser des brindilles sèches. Je les ai disposées au pied du cairn, puis j'ai allumé ce feu de solitude.
Autrefois, à Brest, dans la lande qui surplombait la Penfeld, en compagnie de Lola, tu pratiquais le même rituel, Fils, pour que la nuit soit moins longue, pour qu'elle revienne vite, cette femme aimée, pour combler ton attente, aussi.
Rien ne changeait donc, sous ce ciel plombé. Il me fallait, encore et encore, renouveler ce rituel. J'ai suivi des yeux, cette fumée s'élever dans le ciel, traverser le territoire des petits rapaces et monter à la rencontre de la nuit. Bientôt, elle m'envelopperait,jusqu'à la cécité, sur le chemin du retour.

Roger Dautais
" Murène des falaises "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 6 juillet 2009



"Une plage, la mer, un port, des ferries, un cordeau, deux cannes pour me servir de piquet,une spirale, une ligne tangente de 90 mètres, voici ce que j'ai à offrir aujourd'hui aux lecteurs du blog d'Emmanuel * puisque cette création a été réalisée pour eux".
Lorsque j'ai filmé cette installation, la mer commençait à monter et sur la photo , on voit bien que la tangente commence à être recouverte par les eaux.
* Voir dans Sites recommandés : Land art environnemental
Roger Dautais
" Land Art in France "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

- Dis, Raymond, l'hiver, tu penses à elles ?
- Oui, surtout quand il neige.
- Et la nuit ?
- Oh ! Oui, la nuit je pense à elles
- Et en automne, Raymond, lorsque les feuilles des érables, sont rouges, dans le parc ?
- Pareil !
- Pareil, quoi ?
- J'y pense aussi.
- Et quand les primevères sauvages recouvrent les talus, en Normandie, tu y penses aussi ?
- Bien sûr, j'y pense !
- Raymond, dis moi, lorsque les coquelicots poussent parmi les blés, tu y penses à tes étoiles tombées du ciel ?
- Oh !Oui, j'y pense même en regardant les coquelicots.
- Tu y penses toujours, après tout ce temps passé, Raymond ?
- Oui et j'y penserai jusqu'à la fin de ma vie.

Roger Dautais
" Raymond, fidèle mémoire "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Si les pierres pouvaient parler, elles te diraient, ici, ce que j'ai voulu enfouir de moi même, sur cette petite plage Normande, bordée de falaises. Je me souviens, lors de la construction de ce gisant de pierres, d'avoir parlé des constructions Inuït, appelées "Inuksut"avec un inconnu. Cet homme les avait vus dans le grand nord Canadien. Il me disait la chose suivante : Celui qui croise un Inuksut sur son chemin, il ne voit pas simplement un tas de pierres destiné à cacher de la viande ou bien encore, à servir de piège pour la chasse, il y voit aussi la preuve d'une présence de pensée humaine l'ayant précédée à cet endroit
J'ai eu la chance, il y a quelques années, de parler avec un Inuït, sculpteur , venu en Normandie pour élever un Inuksut à la mémoire de ses frères combattants, morts sur une des plages du Débarquement, au Mémorial Canadien de Courseulles sur Mer. Nous avons échangé autour de la symbolique des pierres. Nous étions étonnés, en regardant les photos de land art que je lui présentais de voir combien nos deux pratiques artistiques, pourtant si différentes par nos cultures, comportaient des points communs. Nous parlions bien de ce questionnement autour de la disparition.
J'ai repris ce thème du gisant, je l'ai réalisé, accompagné de véritables rites de crémation dont je parlerai plus tard. Mes gisants, ont été de pierres, de sable, de papiers, de laisse de mer, de bois flottés, de brindilles ou de feuilles, toujours porteurs de cette même question, pourquoi mourir ? Et j'ai toujours ressenti le même respect, la même gêne à leur côté. Je montrerai, un jour, la série des Gisants de Sallenelles, accompagnée de textes expliquant bien ce grand passage qui dans leur représentation, en ces lieux déserts ont rarement laissé indifférents les quelques spectateurs de cette scène. Bien sûr, elles sont loin de mes compositions à base de fleurs ou de végétaux mais elles procèdent de la même démarche : traduire, dans un lieu donné, à un instant donné, des sentiments nés d'une émotion, avec les matériaux trouvés sur place. Le mot éphémère s'applique ici à la représentation d'une fin de vie et me renvoie à ma condition humaine.

Roger Dautais
" Le gisant de Pierres"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche 5 juillet 2009


.../
J.D. - Combien de cairns aviez-vous construit pendant ces 3 semaines du printemps 2007 ?
R-D. - Sur la côte Normande, sept ou huit, je crois.
J.D.- à quel endroit ?
R.D- à 15 km au nord ouest de Caen, dans le Calvados.
J.D. - C'est un gros travail. Quelle dimension faisaient-t-ils ?
R.D. - Entre 2.20, pour le plus petit et 3.30 mètres, pour le plus haut, après il y a eu encore une série de plus petits, mais dans un autre lieu. Il faut compter 2,5 tonnes de pierres par mètre élevé, ce qui veut dire, pour le plus grand, 8 tonnes et demi de pierres charriées. Et, dans ce cas, je dois me servir d'une échelle pour bâtir au dessus de 1,70.
J.D - Ou avez vous trouvé toutes ces pierres ?
R.D. - Sur place, dans un rayon de 30 mètres. Cette année là, de grosses tempêtes avaient provoqué des éboulement de falaise. J'ai exploité ce phénomène naturel d'érosion.
J.D. - Que voulait signifier cet énorme travail ?
R.D. - Il me servait à marquer le souvenir de Morgane, ma petite chienne, noire et feu. Je venais de la perdre. Elle me suivait partout dans ma pratique du land art. Après sa disparition, je n'ai plus travaillé de la même façon. Tous ces cairns ont porté son nom.
J.D. - Que sont devenus tous ces cairns ?
R.D. - Les fortes marées et le mauvais temps ont fait que la mer les a tous abattus, un par un.
J.D. - Vous le regrettez ?
R.D. - Non, pas du tout. Le land art est un art éphémère. Il est normal d'accepter la loi de l'entropie naturelle. J'ai tellement fait de choses depuis trois ans. Et puis, je ne sais plus si, physiquement, j'en aurait encore la force, aujourd'hui. C'était une chose à faire, au moment de sa disparition, je l'ai faite.
J.D. - Avez-vous vu beaucoup de monde pendant que vous construisiez cette série ?
R.D - Pas tellement de monde...Des marcheurs. Ils s'arrêtaient pour me demander des explications. Ils voulaient savoir si cela était solide, quelle hauteur cela faisait, terminé et les prendre en photo. Cela se passait très simplement, vous savez, ce n'est pas un numéro de cirque.
J.D. - Après cette série "côtière et maritime" avez-vous continué, ailleurs.
R.D. - Oui, j'ai continué, différemment, en France mais aussi en Afrique du Nord, dans le Sud du Maroc, le Sud et le Nord de la Tunisie.
J.D. - Avez-vous des préférences entre ces pays.
R.D. - Non, je n'ai pas de préférences, chaque création, chaque rencontre avec les berbères, par exemple, m'ont marquées et ont fait évoluer ma façon de voir le monde de façon, plus fraternelle, encore.
J.D. - Voulez-vous ajouter quelque chose ?
R.D. - Pour ceux qui lirons votre interwiew, je leur dirai d'essayer de pratiquer le land art, là où ils sont, en comprenant bien ce qu'ils font, en respectant la nature. C'est un art universel, un moyen de communication extraordinaire, une façon de s'exprimer, spontanément, qu'il faut expérimenter. C'est une recherche d'équilibre qui, dans notre monde survolté et pressé, apporte calme et sérénité. Enfin, pour moi, voilà plus de 10 ans que celà dure, alors pourquoi ne pas essayer.
J.D. Merci à vous, Roger Dautais, et bonne route;
R.D. Merci. Kenavo !

J.Dubois
" Interview de Roger Dautais sur sa série
des MORGAN'S CAIRN réalisée au printemps 2007 "

samedi 4 juillet 2009


"Telle une fontaine élevée sur tes pas, entre vents et marées, dans l'estuaire de tes escapades.
Qui de l'un ou de l'autre attendait l'heure du retour ? Nous avons arpenté les herbus, couru les grèves, longé les rives du fleuve, du matin au soir, partageant le territoire des oiseaux de mer et notre vie s'est construite autour de ce voyage en commun, jusqu 'à ton départ. Après, vint le temps de cairns en mémoire de toi, Morgane".

Roger Dautais
Morgan's cairn N° VIII

mercredi 1 juillet 2009


Il fait très chaud ce matin. J'ouvre l'un de mes carnets rouges. Je lis.
- Won Kar Wai, vous connaîssez ? - Non. - Mais si, écoutez.
Elle écoute.
- Ah ! Oui , In the moon for love
- Ca vous évoque quoi ? - Je ne sais pas, la pluie, peut-être, des fleurs, aussi. - et puis encore ?
- La nuit, une lumière au néon...Un très joli film...Oui
Elle ferme les yeux.
Dans le marais, trois triangles s'en vont flottant, comme des souvenirs.

Roger Dautais
" Carnet rouge "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


à Marie-Claude.

L'air vibre de chaleur, un zeste d'orange frôlant les vagues, suit la marée descendante. Au bout des suspentes, un parapentiste joue à l'oiseau avec son aile colorée. Il a un moteur à hélice dans le dos. Il m'aperçoit, fait un quart de tour à droite et me survole. Bientôt, il est est à 20 mètres au-dessus de ma tête. Il décrit des petits cercles pour mieux voir la spirale que je termine de tracer sur la plage. Il joint le pouce et l'index de sa main droite et me fait signe que c'est bien. Je le salue d'un geste. Il reprend de l'altitude et se dirige à nouveau vers le bord de l'eau. Mon esprit s'envole. Il ne faudrait pas. C'est toujours comme ça, les rêves éveillés. 1967, 1er juillet en Bretagne, tu es si belle sous ton voile de mariée et tes yeux, bleu de mer... Je trace 12 étoiles sur le sable et je nomme quatre mois, Février, Juillet, Septembre et Décembre. Un carré d'as envolé. 2009, 1er Juillet. Je suis seul, sur cette plage. Tu m'attends, là-bas. Aujourd'hui, encore, pour la circonstance, la mer a pris la couleur de tes yeux. Je t'aime.
Roger Dautais
" jour anniversaire "

mardi 30 juin 2009




"Le miroitement des ombres nues qu'habillait la présente pensée d'un ailleurs proche, m'ouvrait les portes d'une mémoire amnésique"

Roger Dautais
"Mémoire amnésique"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 29 juin 2009




Le PORTAIL DU LAND ART présente cet été LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS, visitez le et découvrez avec lui" Le voyage de la sphère ".
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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.