La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 31 août 2009



à Nolwenn de Queven





Ged Ahalenn 'vel eun hordenn a diarzou
Trouz penn-da-benn ar bed-man Petra wél ar gedour war hed ?

Lanneier awalc'h 'vid al baboused 'Lec'h ma loj neizion ha geizou
O daoulagad sklêrijennet gand ar gliz
?

Troell ha glazou hag eienn ive Bevennou a razer
O vond war-zu sekrejou ar rouantelez ?

Hunvre ar mor-braz

Ha ne grog ket ennan an enoe

Pa zeu an avel da ziruill ?

Ahalenn e wél ar pez a c'hell beza gwelet
Kan glaz ar sklêrijenn
Ha kannded ar zioulder


Jean Pierre Boulic
Kan glaz ar sklêrijenn ( Le chant bleu de la lumière)

Le réel, parfois, nous aveugle, comme une langue étrangère, inconnue. Les pierres ont un langage qui peut atteindre le coeur de beaucoup de monde

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
à Marie-Claude



L'horizon



Chaque jour le veilleur s'endort
et par son souffle seul s'accorde à l'horizon
des grands bois bleuissant, des pâtures.
Longtemps, il résiste au sommeil : à ce prix
il met la dernière main au paysage
un instant achevé, bientôt repris.

Paul de Roux
" Paysages en cours "

"Je vois le monde comme ce serpent d'eau, libre et fragile. Je vois le monde comme un support de rêves à réaliser. Je vois la nuit comme un voyage d'essai vers l'autre monde et quand tu dors, je te regarde avec inquiétude lorsque ton souffle devient ténu. Vas, je veille, à mon tour".

Roger Dautais
" Les nuits sans sommeil "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche 30 août 2009


C'est un petit jardin, entouré de pierres, avec un homme couché dedans et endormi depuis des années. Le temps a rempli sa bouche de terre, ses yeux se sont creusés. Le temps est long quand on ne bouge pas de chez soi. Les voisins sont silencieux, résignés , alignés. Leurs dernières paroles ils les ont dites quand ils habitaient ensemble, au-dessus, dans la mêlée des jours. Lejb, il ne pensait jamais finir ainsi. Personne ne pense cela. Avec le temps, c'est normal, on est moins courtisé, moins intéressant. C'est exactement ce qui s'est passé pour Lejb. Les années ont passé depuis son départ d'en haut. Son jardin a perdu de son assurance malgré l'aulne voisin et son ombre agréable, l'été. Alors, quand je vais le voir, je lui parle et je remets en place les pierres de son jardin, pour bien fermer le cercle, comme j'avais vu faire à Matmata, lieu sacré de retour à la terre, en Tunisie. Mais je suis le seul à y passer, dans son jardin. Lorsque René, le pianiste de jazz de Montmartre est devenu son voisin, j'ai fait connaissance avec Lejb. C'est moi qui lui ai fait son entourage de pierres comme je l'avais fait pour René, avec des pierres du bord de mer qu'il aimait tant. Ils se connaissent, maintenant. Dans le grand silence blanc, ils parlent du lierre qui envahit le jardin de René et de l'oubli qui décore celui de Lejb. C'est comme ça, quand on est pauvre, on le reste même après le grand départ, dans le carré des indigents, au cimetière des oubliés. Cet été, un if venu du ciel par oiseau, a poussé et grandi, planté bien solidement sur le côté gauche du jardin de Lejb, côté coeur. Un signe qu'il est bien vivant dans ma mémoire de vivant, avec son jardin de proximité. Un signe qui me dit " Il faut continuer tes visites". C'est comme ça, il n'y a rien à comprendre. Un tel lien, ça vaut son pesant d'or. C'est un rappel.

Roger Dautais
Le jardin de Lejb

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Installation land ar : Gisant de pierre (L. 2m x l. 0.70m)
Plage de Luc sur Mer Normandie R. Dautais 2006

samedi 29 août 2009


à Cécile Dalnoky...


D'ici Ou d'ailleurs
Mais déjà sur terre

Ce n'est pas si mal
Ils ont élevé des murs

Barricadé des cours
Posé des fils de fer barbelé

Pour emprisonner l'herbe des champs

Ils ont formaté

Interdit, défendu

Ils ont chassé loin d'ici

Loin des yeux
Ils ont oublié

De lever les yeux
De temps en temps, les mains crispées

Sur leurs cassettes d'or
Et la mort est venue

Âpre, goulue, subite
Comme un orage d'été

La liberté est ailleurs
Hors les murs


Hors frontières
Hors saison.

Ils sont là, mes amis, loin des clans partisans. Qui les écoute encore. Ici, c'est l'envie de partir toujours. Ailleurs c'est déjà trop loin. Il reste la vie, telle qu'elle est.

Roger Dautais
" La vie, telle qu'elle est "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo et Création Land Art : Plage de Porz Pin ( Région de Paimpol. Bretagne) R.Dautais août 2009

Cécile Dalnoky est une illustratrice qui vit à Caen, dont le travail et la personnalité m'ont intéressés. C'est avec plaisir que je vous invite à prendre connaissance de son travail. Passez par Google et faites :Ville de Caen-culture-lesartistescaennais puis entrez dans un monde de rêve et de poésie.

à Jocelyne Bof

Je voudrais être cette pierre polie par la mer, noire de peau, perdue, anonyme dans l'immensité minérale d'une plage. Je voudrais être paysage, muet de solitude parmi la foule des autres pierres. Je voudrais devenir, tambour du monde, écho des profondeurs, musique sacrée, battant la chamade au rythme des vagues me passant sur le corps. Je voudrais être pierre blanche dans la poche de Shulamit, écoutant la Chaconne d'Auschwitz. Je voudrais être son message, trace de son passage sur la tombe Lejb. Je voudrais connaître la lenteur du lierre à me recouvrir. Je voudrais la brûlure du soleil de Casablanca, au zénith de sa course. Je voudrais rejoindre Porz pin à la fin de l'histoire et renaître en pierre.

Roger Dautais
" Au nom des pierres "

Photo :
création land art :" Au Nom des Pierres"R.Dautais août 2009
Plage de Porz Pin.
Région de Paimpol Bretagne nord
.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Jocelyne Bof est une artiste peintre, née au Maroc de parents Sicilien et Russe. Elle vit et travaille à Montreal, au Canada. Découvrez son oeuvre ( www.portrart.com) défini comme étant la conjugaison d'un savant mélange de figuratif, de surréalisme et de maniérisme.


à Marie-Claude...


Elle,
Dans le cimetière

Les yeux bleu de mer
Elle

Sa robe comme une djellaba
Dans le vent

Elle
Pieds nus sur les gravillons

Dans l'allée des morts
C'est la vie

Qui passe et ravit
Ce monde horizontal

Entre le ciel
Parcouru d'oiseaux

Et la terre
Habitée

Elle
Est la vie

Elle
Est dans l'aber

La plus belle des femmes
Aimée

Avec les yeux bleu de mer
Et sa robe comme une djellaba

De djerba
Elle

Que j'aime
Depuis toujours ...à jamais

Roger Dautais
" Celle que j'aime "

Le CHEMIN DES GRANDS JARDINS
Nous allions à Landévennec, retrouver deux amies, Gwenola et Marie. Blottie au fond de l'estuaire de l'Aulne, leur maison bleue nous attendait. Nous avons revu Gwenola, et parlé de Marie, absente, avec sa grand mère, et Yvon le compagnon de Gwenola. Il ne faudrait pas parler de tout ça, bien sûr, pour les puristes, juste du Land Art. Qu'ils restent où ils sont. Ma vie est un chemin sinueux, très sinueux et non une autoroute à payage, règlementée. Avec Marie-Claude, nous vivons des bonheurs, nous le disons, les coups durs, on essaie de le digérer. Nous sommes allés, sur leurs conseils, visiter les environs. Le paysage incite au silence et à la contemplation, loin de l'agitation du monde. L'abbaye de Landevennec, l'ancienne, dont le mur d'enceinte est aussi celui du jardin de Gwenola, est plus intéressante, même en ruines,je parle d'architecture , que la nouvelle. C'est un simple avis.
Dans la boutique de la nouvelle abbaye de St Gwénolé, c'est son nom, j'ai acheté un livre d'Yvon Le Men, poète né du côté de Tréguier, dans les années 50. Je l'ai connu, il avait 20 ans. Je ne l'ai jamais oublié sans l'avoir pourtant, rencontré depuis. Il habitait alors, dans un minuscule appartement, très sombre,sur la place de la préfecture de Saint Brieuc, en face de la cathédrale. Nous parlions, dans sa cuisine, à même la toile cirée. On faisait la révolution. C'était un être engagé, enflammé, passionné. De ce côté là, il n'a pas changé, malgré un réel succès littéraire. Il signe une quarantaine d'ouvrages chez une vingtaine d'éditeurs.
Par exemple :Aux Editions Flamarion
, un roman, Si tu me quittes je m'en vais .( 2009)
Aux éditions Paroles et Silences : Toute nuit finit dans la nuit (2007)
et puis celui que j'ai acheté :
Yvon Le men vingt ans édité par La Passe du Vent (2009).
Je ne cite que des ouvrages récents.
Depuis, 10 jours, ce livre est dans mon sac à dos ! Dans notre voyage en Bretagne, en dehors d'une pratique intensive du land art, je voulais ramener deux ouvrages de deux auteurs que j'apprécie particulièrement. Cet achat me console un peu de ne pas avoir réussi à trouver "An diri dir" de Youenn Gwernig, au Huelgoat, son propre pays ! Un type m'a dit dans une boutique du Huelgoat, " allez l'acheter à la FNAC " ils ont tout. Oui, ils ont out, mais ils n'ont pas encore acheté la Bretagne et c'est là-bas que je rêvais de le trouver, pas à Caen,en Normandie.
Bref, ne disposant que de peu de temps, je n'ai pas eu le loisir de parcourir cet immense estuaire de l'Aulne qui s'ouvre sur la rade de Brest, pour y pratiquer le land art plus longuement. J'y ai dont élevé symboliquement, une porte ouverte sur un avenir qui nous ramenerait sur ses rives.
C'est ce que vous voyez sur la photo.
Dans les prochains jours, la suite de notre voyage.

Euz aman

Sellit ouz ar mor braz
Gand e vleuniou kaer

Ar c'horv braz-se gwisket ar vister
O teurel nerz zoureier

E zoureier
Gand dillad lugernuz

Euz druillad on aochou
Sellit piz ouz ar sklêrijenn-ze

Eun êzenn en he c'hichenn
A zivouch didrouz.

Jean Pierre Boullic

Traduction :

D'ici

Regardez l'océan
Sabelle efflorescence

Ce grand corps drapé de mystères
Lance la force des eaux

Ses eaux
En vêtement resplendissant

De l'amas de nos côtes
Scrutez cette lumière

Un souffle à son chevet
Se dévoile sans bruit.

J'ai découvert Jean Pierre Boulic, grâce à nos hôtes de Crozon, la semaine dernière. Cet auteur ne signe pas moins de 14 ouvrages, mais je vous conseille le dernier Le chant bleu de la lumière édité en 2009 chez Minihi-Levenez 29800 Trevelenez.
Ce livre est une invitation au voyage, une rencontre avec l'âme Celte, un bonheur d'écriture. Le lire, c'est comprendre un peu mieux le pays d'où je viens.

Installation Land art Morgane Cairn Normandie 2007 .photo R.D. non libre de droit.

Roger Dautais
"La-bas, la mer d'Iroise nous appelle".

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 27 août 2009


à Marie-Claude...

Notre chemin sera, mais nous n'en savons rien. Ni cicatrices ni blessures ne serviront puisqu'il faut inventer, chaque jour, plus d'amour, plus de vie. Au diable les aveugles. Ils nous voudraient en enfer, condamnés, bannis. Nous sommes d'un pays dont on ne revient pas. Nous sommes d'un pays où nos pas ne nous conduiront plus jamais. N'appartenir qu'à soi et partager le peu qui reste. Aimer jusqu' à la limite et puis, au-delà, tel est notre lot. le reste ne regarde personne.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

" L'enfant "Création land art
et photo de Roger Dautais
Région de Paimpol. Bretagne nord Août 2009

Retrouvez LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS sur http://www. land art.fr et sur www.landarts.info
présenté en compagnie d'excellent autres artistes professionnels et amateurs du land art.


à Marie-Claude


Elle me dit
Le chemin

Elle me tend
La pierre

Elle me montre
La mer

Elle me sourit
Elle dans sa vie

Proche de la mienne
Elle, regarde l'avenir

Et panse mes plaies
Avec amour

Elle pleure en silence
Mais je l'entends

Quand ses larmes, bleu de mer
Roulent sur ses joues

Elle m'aime
Comme je l'aime

Depuis si longtemps

Roger Dautais

L'exil, on peut en parler avec des pierres, surtout à ceux qui nous demandent d'expliquer notre condition. L'exil, c'est, quand tu montes un cairn, savoir que ton pays n'est plus celui où tes pieds foulent le sol. L'exil, c'est regarder le soleil se coucher en pensant à l'ouest, où sont tes morts et les tiens, vivants. L'exil, c'est le vent qui t'apporte des cris de mouette, la pluie drue, le froid sec. Comment expliquer cela quand le monde ne pense qu'à prospérer, oublie de vivre et marche sur le voisin pour mieux gagner sa vie. L'exil, est une couleur de peau, un regard, une étoile à porter, le souvenir de colons, la parole qui blesse à la caisse du supermarché. Alors, il me reste les pierres pour monter des cairns, sur les îles du Ponant, sur les plages et sur les grèves de Bretagne, sur le Menez Hom et Saint Michel de Braspart. Horizontalité du regard et verticalité des pierres, souvenir minéral d'un cairn élevé aux quatre vents pour dire notre révolte d'exilé, notre joie de voyageur, et notre force d'être d'un peuple fier de son identité.

Roger Dautais dit "An Eostig "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 17 août 2009




à Marie Claude




La petite seconde
Fût bleue

L'autre
Éternité

Nous avions franchi
L'explosion d'amour

Anéantis
Plissés

Les draps chauds attendaient
L'ouverture de la fenêtre

Peut-être
Se disaient-ils

Aurons nous l'oxygène

Il était deux heures,
Le soleil n'attendit rien

Nous étions en nage
En âge d'attendre... L'autre éternité

La petite seconde
Fût bleue

Mortelle randonnée
en morgue

Cet été là
Bossa nova

Les étincelles de ton corps
Mort d'amour

Nos rectitudes parallèles
Elles

Furent séparées
De clous cuivrés,

De pin vernis
Puis enfouis

L'autre petite seconde
Fût bleu nuit.

An Eostig


18 décembre 1991

samedi 15 août 2009





à Patricyan, prêteresse et veilleuse aux frontières de l'inconscient












L'imaginaire et le réel sont les deux lieux de la vie
Jacques Lacan.





Il y avait cette marche longue, dans les sables et puis sur la grève. Il y avait un espace vert, entre les dunes et le fleuve, dans l'estuaire. Il y avait, la mer retirée, le soleil de plomb, l'eau salée et la solitude. Au début des travaux, nous étions deux pour casser le silence. Je parlais. l'homme mutant avait cessé de parler. Ses paroles ont sèche, l'enveloppant d'une croûte blanche et cassante.Je répétais:" Il faut sauver sa peau" pendant que les oiseaux de mer intrigués par la scène tournaient dans le ciel au-dessus de nous.
L'homme mutant, la tête tournée vers la mer, était devenu blanc comme je l'avais imaginé. Alors, j'ai commencé la récolte d'algues séchées. Longtemps après, sous le même soleil, j'ai fini ce tapis-linceul, réalisé pour son départ. Je me suis mis debout à ses pieds et je l'ai regardé. Je me suis éloigné un peu puis j'ai repris la route. La mer a monté. La mer est passée engloutir le gisant de Sallenelles. Il n'y a plus rien en place, mais tout est mémoire en ce lieu.

Roger Dautais
Le gisant de Sallenelles

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

vendredi 14 août 2009



Une fois, nous étions partis si loin, derrière les murs, que tout le monde avait oublié notre amour. Le moulin avait battu de l'aile et sur le banc, nous nous étions juré...Aucune fête n'était digne de nous recevoir et l'avenir était sombre comme un ciel d'orage. Puis tu m'avais embrassé avec ta douceur juvénile. Tu m'avais dit des mots pour tenir la semaine. Eux, dehors, continuaient à ne rien comprendre à prédire un avenir aussi noir que le ciel. C'était, c'était, voyons...en 1970 et, tu es toujours là, fidèle. Les hauts murs conservent toujours la mémoire des cris et les hommes continuent d'y être précipités. L'oubli est la pire des choses.


à Marie-Claude


Parfois les cris,
L'allongement des murs
Avant celui des pas

Parfois rien
Le grand blanc
Et l'odeur de l'éther
Si près

Parfois
Ton visage
Mais, très peu
Dans les brumes d'insuline

Parfois l'envol
Vers la mort
Et le retour
Assommé
En fauteuil à roulettes...

Il faudrait
Oublier tout...

Tous
Ces instants de folie
Qui me traversent
Encore ce jour
Malgré toi
Qui m'aime
Et me porte
A vivre


Roger Dautais
" derrière les murs la mémoire persiste "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo : Identité N °750 Création land art Roger Dautais Bretagne 2007
Les photos et les textes de ce blog ne sont pas libres de droit renseignez-vous sur roger.dautais@numericable.fr

jeudi 13 août 2009




Photo 1 Identité
Photo 2 l'oiseau Yael
Photo 3 Vue du ciel pour Hava S.

Emporte-moi avec toi, crie l'enfant
Emporte-moi avec toi, au train, ici j'étouffe
Prends-moi avec toi
Crie l'enfant du fond de la tenèbre.

Porte-moi au bateau qui vogue vers le bonheur!
La boule de soleil, la-bas, m'attend.
Emporte-moi, ici j'étouffe
Dans tout départ, il y a de la mort
Murmure la mère
Dans tout départ, il y a une naissance
Crie l'enfant de son rêve.

L'enfant, lui, regarde en avant !
l'enfant a peur de devenir une statue de sel,
Comme Papa et Maman...

Emporte-moi avec vous
Crie l'enfant aux oiseaux
Je suis lourd comme une pierre, ici j'étouffe.

Emmène-moi avec toi, dit la mère à l'enfant,
La fin du monde est à la porte
Tu viens d'arriver ! Tu t'en vas, déjà ?
Dans tout départ, il y a de la mort
Dans tout départ, il y a une naissance.

Hava Alberstein


Roger Dautais
à Yaël, petit homme en devenir sur les routes de Haute Provence

mercredi 12 août 2009

"Angèle Arsenault, demande aux artistes, dans sa chanson Grand Pré de l'aider à écrire une histoire singulière pouvant se conjuguer avec celle de l'Acadie. Je pense le faire tous les jours en pratiquant le land art et ces images en sont la preuve. Qu'elles deviennent l'illustration de son rêve et signe d'amitié pour le peuple Acadien".
Roger Dautais


video

On porte toujours en soi un peu de son pays et moi, je n'oublie pas que je suis d'Acadie
Si mon histoire est triste, ce n'est pas votre faute, mais soyons des artistes, écrivons-en une autre
Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique
Avec des arc en ciel, d'la danse et d'la musique .../

.../Nous avons survécu, nous sommes les invaincus
Nous nous sommes relevés, nous avons triomphé
Nous connaissions la guerre, la faim et la misère
Mais nous n'avons ni frontière, ni haine, ni regard en arrière
Nous marchons droit devant vers le soleil levant
Fiers de notre héritage, parlant notre langage
Marchant à notre pas, chantant Alléluia
Enfants d'Acadie, notre histoire nous a grandi.
Notre histoire n'est pas finie.

Voilà des paroles écrites et chantées par Angèle, qui resonnent sous le soleil Normand, comme une révélation de l'âme Acadienne portée et servie par le talent de ces deux femmes. Entendre l'instoire de Grand Pré nous rapproche de ce peuple qui nous envoie les meilleurs de ses ambassadeurs.


Afin de répondre à la demande de plusieurs personnes et avec l'autorisation d'Angèle Arsenault, auteur compositeur interprète Acadienne, qui donne actuellement des récitals à saint Aubin sur Mer, en Normandie,voici les paroles d'une de ses chansons préférées du public

Y'a une étoile pour vous

Y'a une étoile pour vous
Y'a une étoile pour chacun de nous
Y'a une étoile pour vous
Y'a une étoile pour chacun de nous

Y'a un chemin pour ton coeur
Y'a une route qui mène au bonheur
Si tu la trouves, continue
Rends-toi au moins au bout de ta rue

Y'a tant d'étoiles dans le ciel
Y'en a des milliers qui brillent d'amour
Choisi pour toi la plus belle
Et laisse la éclairer tes jours

Si tu te perds quelque part
Y'a toujours quelqu'un pour te trouver
Même s'il arrive en retard
Ne laisse pas ta porte fermée

Angèle Arsenault


La semaine Acadienne passe aujourd'hui par la communauté d'Emmaüs, nous y serons.
Roger Dautais

mardi 11 août 2009

Photo : Identité
Création Land Art 2009 sur la côte Normande
Roger Dautais



Pris par l'ambiance de la fête Acadienne à Saint Aubin sur Mer, nous enchainons les spectacles au hasard du programme. Hier,en fin d'après midi, nous retrouvons un nombreux public assemblé dans la salle des Fêtes de la ville(Salle Aubert). Nous allons assister à une conférence donnée par le Père Eloi Arsenault. Cet homme disert et cultivé, qui enchaine ITW et radios depuis sont arrivée dans notre région, pour parler de son Acadie, est entouré, ce soir de Théo Theriault, Claudette Thierrault,Marcia Enman, de la Voix Acadienne, seul journal fracophone de leur province. et d'une autre personne que je n'ai pas identifiée. Arnaud Blin, organisateur de cette rencontre, nous présente brièvement chaque invité. Ils sont tous des responsables, des leaders, à divers titres, dans le domaine politique, social ou culturel.
Dans leur discours, ils nous font un rappel constant de l'histoire du peuple Acadien, de ses souffrances endurées pendant les déportations, de celle encore vécue aujourd'hui. Ils sont encrés dans un combat pour la liberté d'expression. Ils mènent ce véritable combat contre la disparition de la langue française dans leur province, tant ils se sentent à juste titre, envahis par la langue anglaise. Tous, sans exception, nous ont montré, par de multiples exemples vécus, et par l'émotion qu'ils ressentaient à nous livrer ces fait de leur vie quotidienne, qu'ils s'engageaient pour leur vie entière. Ils élèvent, éduquent et incitent leurs enfants à rester des gens libres du choix de leur langue, fiers de leurs racine françaises et fires de parler français.
Eloi Arsenault et ses invités nous ont donné une grande leçon d'humanité et de fraternité, car, à aucun moment leur discours n'a été teinté de haine, de rancoeur ou de sentiment de revenche.
Ouverts au monde, ils nous ont dit la fièrté d'être reçus en France, sur la terre de leurs ancètres et à Saint Aubin, en particulier. Plus que jamais, c'est vers la jeunesse qu'ils se tournent et qu'ils ont lancé un appel à la vigilence dans ce combat. D'après eux, il doit être surtout mené sur le plan culturel, passer par des échanges entre l'Acadie et notre région, impliquer les écoles et les institutions territoriales, sans oublier la population. C'est un programme qui devrait assurer la pérennité du beau travail réalisé à Saint Aubin sur Mer par Arnaud Blin et toute son équipe.
Aujourd'hui, 12 août 2009, nous reprendrons la route vers cette fête Acadienne, en espérant d'un hasard qu'il nous fasse vivre d'autres belles rencontres.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Marcella et Angèle Acadennes de Saint Aubin




Foi de Breton, c'est à Saint Aubin sur Mer, en Normandie,belle province de France que j'ai rencontré la seule femme au monde à avoir chanté devant 16000 poulets. Si vous ne me croyez pas, achetez son CD " Le bon fricot", et vous comprendrez pourquoi. Bref, elle s'appelle Marcella Richard, belle comme le jour, chanteuse Acadienne de son état et fière de l'être. C'est un oiseau rare, de passage sur nos côtes, simplement durant la semaine Acadienne de la commune, pilotée de main de maître par Arnaud Blin et son équipe.
Et comme un trésor ne se découvre jamais seul, elle est venue accompagner Angèle Arsenault, elle même porteuse de l'Etoile Acadienne, rayonnante comme un lever de soleil. La première de ces chanteuses étant la nièce de la seconde, cette parenté for pourvue d'artistes musiciens( on compte 12 violonistes au moins chez les Arsenault) nous a , encore une fois, transportés. C'est bien de leur histoire, dont ils parlent et de celle de leur peuple Acadien, attaché à son identité, défenseur de la langue Française. Parfois, tendres, mélancoliques, le message passe, sensiblement orné de poésie, puis le rythme prend le dessus, une joie communicative envahit l'auditoire. Elles savent y faire, ces dames de la côte. Ces deux " pêchues" comme dit Marie-Claude, autre Bretonne en fête ont réussi à mettre le feu dans le coeur des Saint Aubinois. Je me suis encore, une fois laissé dire, que les poissons avaient dansé dans la mer.
Gaies, entrainantes, rythmées, singulières ou mélancoliques, leurs chansons trimballent parfois un blues qui déchire le coeur. Je vous l'avais dit, une partie de notre coeur bat en Acadie, Angèla Arsenault et Marcella Richard, sont venues nous le rappeler. Ne les oublions pas.

Roger Dautais
Semaine Acadienne de Saint Aubin sur Mer

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
L'hexagone polychrome..














à Angèle Arsenault et Marcella Richard pour le bonheur qu'elles nous apportent dans leurs chansons.

Roger Dautais 11 août 2009

***

La semaine acadienne bat son plein et la ville de Saint Aubin sur Mer que nous connaissions d' habitude, " plus sage" est prise d'un fièvre Acadienne. Tout est chamboulé par l'arrivée de nos cousins. Même les toiles de maîtres grimpent aux murs et s'accrochent aux fenêtres des villas. Je lai vérifié, jamais les poissons n'avaient tant dansé dans la mer au son d'une pareille musique, de pareils chants ! Cet après midi encore, nous prendrons la route, direction St Aubin sur Mer, nous perdre dans la foule et profiter de ces fêtes et vivre tous les possibles du monde comme l'écrit Jean Philippe Raîche dans ce très beau poème

C'est pourquoi, j'ai ouvert LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS afin d'y présenter des textes de poètes Acadiens.

Ne réveillez pas l’amour avant qu’elle ne le veuille, 2007

Mes lèvres faibles s’ouvrent, sèches.
L’empreinte de ta main,
le sang sec, sûr, secret
qui germe
ailleurs
en nous.

Souviens-toi des afriques
de ton absence, de ses tours,
dans ce qu’il reste.

Sache la pierre,
l’irréversible, que je garde,
et laisse-moi, veilleur seul,
te regarder.

Toi qui reviens
de l’océan, du bruit, de ses musiques
et ses voyages impossibles,
renouvelle ma joie.

La rue noyée de nuit,
les possibles du monde
où tu ne diras rien de moi,
de l’aube
qui s’échappe.


Jean-Philippe Raîche est né en 1971 à Petit-Rocher, au nord du Nouveau-Brunswick. Après des études universitaires à Moncton (où il a assuré la direction littéraire des Éditions Perce-Neige au début des années 1990), Montréal et Paris, il s’installe en 1996 dans la Ville-Lumière où il est responsable du livre et du cinéma au Centre culturel canadien. Paru en 2001 aux Éditions Perce-Neige, son premier recueil, Une lettre au bout du monde, a été remarqué par la critique. Il a ensuite publié Latitude des corps en 2002 dans la revue montréalaise de poésie Lèvres urbaines, dirigée par Claude Beausoleil. Puis en 2007, Jean-Philippe Raîche publie aux Éditions Perce-Neige un recueil étonnant, Ne réveillez pas l’amour avant qu’elle ne le veuille, dans lequel un dialogue mélancolique traverse le deuil sans y rester. Il compte parmi les jeunes poètes qui ont insufflé un nouvel élan à la poésie acadienne contemporaine.

dimanche 9 août 2009





L'art est avant tout, expression humaine tournée vers nos semblables. Il serait vain, à mes yeux, de continuer ce chemin emprunté dès mon enfance, si je n'avais, depuis longtemps compris que l'art ne servait à rien sinon à l'essentiel, mieux se connaître soi-même, créer des liens entre nous, rendre le monde plus humain, parfois aider des personnes en grande difficulté à reprendre pied dans la vie,faire reculer la barbarie.
Le hasard de mes voyages sur le terrain maritime, me fit choisir la plage de Saint Aubin sur mer pour y créer une spirale de sable, la semaine dernière. Toujours la même, faite de 24 tours et d'une circonférence de 46 mètres, tracées dans les sables de France, sur les iles, dans le sud du Maroc, aux portes du désert, à Tafraout ou en Tunisie, dans les montagnes sud de Matmata, ou les salines de Monastir. Symbole du temps qui passe, parole muette, comprise de tous, prière ou incantation, toujours offertes à la Nature, tracées plus de 1200 fois en onze année de Land Art . Et puisque, le hasard du calendrier, fait que nos "cousins Acadiens" sont dans cette même ville, c'est à eux, aussi, que je vais dédier cette spirale. Elle illustrera un très beau poème d'un auteur Acadien, Dyane Leger. Son texte semble convenir parfaitement à ma création.
C'est aussi, un hommage à tous les poètes et auteurs Acadiens, auxquels j'associe
les deux chanteuses Acadiennes Angèle Arsenault et Marcella Richard, présentes à Saint Aubin sur Mer, cette semaine pour quatre concerts et qui, à leur façon, défendent aussi la poésie de leur beau pays.

Roger Dautais

AVANT QUE TOUT ÉCLATE EN MORCEAUX

Avant que tout éclate en morceaux
j’aimerais écrire dans ta main
un tout petit poème
du bout du doigt.
Un tout petit poème plein de chaleur
de lait
de miel
et de lumière.
Un poème où tu voudras passer l’hiver.

Avant que tout éclate en morceaux.

Vivre. Écrire.
Regarder la rhubarbe monter en graine.
La poussière recouvrir les meubles.
Faire le point. Poursuivre.

Tout détruire pour tout recommencer
parce que rendue là où j’en suis
je n’aime plus tellement l’histoire anyway.

Revenir échouer
sur une plage loin de tout.
Se demander pour la millième fois
jusqu’où peut-on aller trop loin?

Dyane Léger

Comme un boxeur dans une cathédrale, 1996

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Les Acadiens ont débarqué en Normandie, nous avaient dit des amis, à Saint Aubin sur Mer. Nous avons pris la route pour rencontrer ces cousins, connus de nous pour leur joie de vivre.
Pélagie la Charette et Antonine Maillet nous accompagnaient dans notre conversation. Elle avait écrit, cette grande dame, de si belle lignes sur l'Acadie, son pays.
"Les Acadiens, sont un peuple, et un peuple est plus fort qu'un pays. Un pays est une institution, mais un peuple est plus fort qu'une institution, car il a une âme, il a des rêves, il est vivant."

C'est un point commun des peuples opprimés, tels que le furent les Acadiens, les Bretons, les Corses, les Basques, que de défendre leurs valeurs et de proclamer leur identité, par le chant, la musique, la danse et la culture populaire, entre autres.

En arrivant à Saint Aubin, ce dimanche 8 Août 2009, nous n'avons pas cherché longtemps où se donnait le tour de chant. Ainsi, l'Acadie nous avait envoyé deux charmantes femmes, Angèle Arsenault et Marcella Richard dont les voix nous attiraient depuis l'entrée sur la promenade du front de mer.

L'Acadie subit cette grande déportation qui mutila ce peuple et laissa des traces si profondes que leur coeur en saigne encore. Les hommes partent trop souvent en guerre, les femmes font des enfants, des chansons, chantent la paix, parlent de vie.

Si la musique vous parle au coeur, si le mot fraternité, réveille en vous quelque souvenir,
"Ya une histoire pour vous
Ya des histoires pour chacun de nous "nous chantaient ces deux artistes Acadiennes.

Parions que cette étoile portée sur le coeur d'angèle Arsenault et qui brillait dans le regard de Marcella Richard, nous aura décidé à la suivre pour bâtir notre avenir.

Vos chansons, Marcella et Angèle, racontent l'histoire de votre peuple, les Acadiens, mais aussi de l'humanité. Elles portent l'espoir en elles, sans rien oublier du passé et vos racines sont si profondes qu'uncun pouvoir ne les fera disparaître. C'est votre combat, votre force, votre beauté, dits avec beaucoup de poésie. Comment y résister.
J'ai aimé vos mélodies nostalgiques, jamais tristes, souvent très "pêchues", votre gaité communicative dans cette dans improvisée à quatre pieds. Vous avez fait danser les poissons et la mer Normande s'en souviendra.

C'est pour vous remercier de ce beau moment d'émotion et d'amitié partagés que j'ai voulu consacrer la chronique de mon blog, à vous d'abord, Angèle et Marcella, aux Acadiens qui ont fait le voyage, à tout votre peuple enfin, pour que vous leur apportiez ce message.
A tous mes lecteurs : Angèle et Marcella chanteront à nouveau le mardi 11 août à 16h, sur la digue de St Aubin, le jeudi 13 août à 16h30 au centre Juno Beach de Courseulles et enfin le vendredi 14 août, sur la digue de Saint Aubin à 16 heures.
De nombreuses autres animations sont proposée par la ville pendant toute la semaine, jusqu'au samedi 15 août inclu.
Avec mon amitié
Roger Dautais

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LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS est né à la fin du printemps dernier. Beaucoup de personnes sont déjà venues le visiter et je les en remercie. Je remercie également l'équipe de PORTAIL DU LAND ART ainsi que l'agence de communication BAOBAB qui ont contribué à ce lancement. Si vous voulez soutenir mon travail, votez sur www.landarts.info (à retrouver dans mes sites préférés). Ce blog ne vit que par vous . Faites le connaître à vos amis et autour de vous, ce sera la meilleure façon d'assurer sa perennité.


Roger Dautais

Les photos, les vidéos et les textes présentés sur ce blog, ne sont pas libres de droit. Pour tous renseignements adressez vous sur : roger.dautais@numericable.fr

samedi 8 août 2009

"Il y avait un bout de ficelle dans ma poche, la margelle du lavoir, le reflet du soleil dans l'eau. Puis étaient venus, les nuages, le ciel bas , l'ennui des jours gris et l'envie de jouer avec le mot reflet.
Il avait déjà disparu presque avant d' être né. Mais qui donc tirait les ficelles, là-haut, me disait mon grand' père".

Roger Dautais
" Reflet d'enfance "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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"Oui, je me souviens très bien, d'un champ avec des marguerites. C'était l'été, sans doute, mais qu' importe. Elle courait, pieds nus. Elle vivait pieds nus. J'ai tout oublié, sauf elle. Demain, une autre mémoire me racontera la suite de notre longue histoire".

Roger Dautais
" à force de mémoire."

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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à A.T.

Vous savez vivre seule, ces jours gris ensoleillés, cette transparence, cette cécité dénudée, vous me l'avez écrit. Cette poisse qui vous colle au coeur, ce besoin d'être ailleurs, éternellement, malgré l'été. Aucune fleur ne peut consoler ces instants de lassitude profonde, sauf peut-être...cette idée d'attachement à l'être cher. Autrement... il faudrait larguer les amarres. C'est ainsi, les jours gris de solitude, en plein été. Il faut que ça passe ou que ça casse.

Roger Dautais

" Lien carmin "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 6 août 2009



Plaines à blé
débordant
d'espoir vides
de tout sens
aux yeux des affamés.

La faim,
quand tu nous montres
ton ventre
replet
s'empare du monde.


Abolir
les courbettes
et résoudre
la quadrature du cercle...
retenir la vie
qui s'en va.

Hier
tu me demandais
de courber l'échine,
perché sur tes millions,
aujourd'hui, tu es l'objet des vers
et l'oubli te ronge
les os
dans ton linceul,
sous la Terre Mère,
triomphante.

Autrement...
je t'aurais dit
mon mépris
des puissants,
mais il fallait
le taire...
autrement...

Le Grand Duc
a cassé sa pipe.
Les enfants
se partagent
les plumes
et s'en parent...
L'enterrement
commence.


Roger Dautais
écrit sur les peintures de Jean Duquoc 28 juin 2006

"Il est faux de dire que je recherche l'esthétique lors que je pratique le land art. Si, dans un premier temps, je suis sensible à la beauté de la nature, d'un site, d'un paysage, j'abandonne très vite cet état d'admiration pour me consacrer à mon travail. Le lien entre la nature et moi est purement physique, mais l'échange est réel. Ce que je fais peut être beau mais pas que cela. L'histoire que je vis et raconte depuis 11 années, avant d'être écrite et dite à l'autre, emprunte d'autres routes d'autres chemins de communication. Les mots sont , de pierre, de sable, de terre, d'eau. Les instants sont éphémères, comme les rencontres autour de ces installations. Hier, encore, je rencontrais une inconnue sur la plage. Elle habitait Bilbao. Elle revendiquait son identité basque, je parlais d'une spirale dont le dessin dans le sable devenait , mon identité du jour. Il y avait eu beaucoup d'attente, de silence, d'observation. Nous avions parlé autour d'un évênement, pour elle, nouveau, pour moi, presque quotidien. Jamais elle n'a prononcé le mot, beau, par contre elle a évoqué l'exil en France de son mari et d'elle , ensuite, pour fuir le Franquisme. C'est plus intéressant à entendre que des banalités.
Avant hier, dans l'immense site de la Pointe du Hoc, à l'extrémité ouest d'Omaha Beach, et dont je reparlerai plus tard, j'ai vécu des émotions fortes en levant des pierres. Elles étaient "habitées". On aurait dit qu'elle parlaient. J'ai imaginé en rentrant que l'une d'elles disait un texte, comme celui qu'il y a sur cette page. J'étais seul et personne ne m'a rien dit de mes installations semées depuis l'anse de Cricqueville, en marchant vers cette Pointe du Hoc.
J'ai vécu des silences qu'il me faudra retrouver là-bas puisque mon histoire dans ces lieux ne fait que commencer.

Roger Dautais

lundi 3 août 2009

Spirale de la pierre seule.

"Plage de Saint Aubin sur mer. 3 août 2009 15h30 gmt. Coéficient marée 66. Temps couvert avec petites éclaircies. Léger vent de Sud.
Le sable est très compact et rend le tracer de la spirale, difficile. A mi-parcours, j'abandonne le sillon à la recherche d'une pierre seule pour en faire le centre de la spirale. Je la trouve, un peu plus à l'est, sur l'estran. Elle est presque blanche et se détache sur les algues sèches. Elle est assez lourde à déplacer, mais, comme elle me convient, je fais l'effort de la transporter et je l'installe à sa place. Je reprends mon tracer. Quelques personnes s'intéressent à mon travail, nous échangeons quelques paroles. Je rencontre alors, Olivsteen, un artiste parisien en vacances. Graveur, dessinateur et graphiste, très sympa et en plus vraiment doué( voir son site www.olivsteen.net). En vacances à Saint Aubin, et sur la plage, il a été attiré par mon manège.
Quelle idée de tourner ainsi en rond. Il a vu, notre conversation a été des plus intéressantes. C'est ça aussi, le land art. Aujourd'hui, direction Omaha Beach, où j'ai rendez-vous avec l'histoire de ces sables sanglants".

Roger Dautais
"Spirale de la pierre seule"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Tu me voulais ici, ramassant les cadavres, j'étais, ailleurs, parti, je récoltais la vie. Monts d'Arrhée, Menez Hom, Mene Bré, sentes sacrées Bretonnes, sous mes semelles usées, j'ai gravi vos pentes, perdues de pluies et de vents. J'ai attendu Orion, dans des ciels improbables, rencontré Andromède, la tête dans les bruyères. J'ai cueilli les blés d'or, foulé le lin, tissé mes rêves. J'ai bu l'eau de nos fontaines en granit, agitée par trois salamandres d'or, qui suivaient ma course. Ta voix m'est apparue, soudaine, présente. Il faisait nuit. Je récoltais, encore. L'aube venue, j'ai rejoint les cadavres et l'étoile fleurie, tombée dans les marais. Le piano des anges s'est accordé une pause, puis, nous a fait danser, dans les marais de Brénilis.

Roger Dautais
" Rêves d'hier pour demain si proche "

Mein blaues klavier

Ich habe zu Hause ein blaues klavier
und kenne doch keine Note.

Es steht im Dunkel der Kellertür
seitdem die Welt verrohte.

Es spielten Sternenhände vier
- die Mondfrau sang im boote -
Nun tanzen die Ratten im Geklirr

.
Zerbrochen ist die Klaviatür...
Ich beweine die blaue Tote.

Ach liebe Engel öfffnet mir

- ich ab vom bitteren Brote-

mir lebend schon die Himmelstür-

auch wider dem Verbote.

Else lasker Schüler

Mon piano bleu

J'ai chez moi un piano bleu
et dire que je ne connais pas une note.

Il est dans l'ombre à lacave, derrière la porte
depuis que le monde s'est détraqué.

On le jouait à quatre mains d'étoiles, - en bateau chantait Damae lune-
Maintenant il résonne d'une dans de rats.

La porte est brisée, mort
le piano : je pleure le bleu perdu...
Ah cher ange ouvre pour moi
-j'ai goûté au pain amer-
de mon vivant ouvre la porte
du ciel en dépit de l'interdit.

Else Lasker-Shüler (Poètesse et auteur dramatique Allemande. 1875-1945)


Installation Land Art : Destins croisés de Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 1 août 2009
























"Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance...Essaime la passion, nul ne décèlera votre union".

René Char
"Commune présence"

"Il fallait la pluie du mois d'août, dans tes yeux bleus, un ciel bas, sur la mer, nos rires emmêlés, nos deux corps mouillés et nos bras assemblés sous un parapluie de fortune, pour vivre ce petit bonheur du jour, celui d'être ensemble, pour toujours, encore pour aujourd'hui. Nos rêves ne peuvent être encadrés, ils nous entrainent à vivre, ailleurs"

Roger Dautais
" Pour elle, seulement"

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.