La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 5 novembre 2013

Émergence : à Marie-Claude
42 : Pour Raymond, Édith et Maud, seulement
Âmes en peine de Kerdaniel: Pour Ana Minguez Corella
Liaison en Ria d'Auray : Pour Uuna
Les  muets et les autres :  To Sasa Saastamoinen
Fontaine de Brec'h : hommage aux sourciers.
Partition  pour le chant du Loc'h :  Pour Joelma
Le retour au pays : Pour Sayada
La ligne rouge : To Erika
Le  guetteur du Loc'h :  Pour Marité
Les Dominicales :  pour Serge Mathurin Thébault

Le pré carré des rouges : To Teca

L'aide  mémoire: pour Inès
Finitude : pour Guy Allix



 Travailler  pour des nèfles...


La fontaine se situe à cinq  ou six  mètres en contrebas de la route,  non  loin d'une chapelle,  à la sortie Est du bourg. L'été dernier,  j'ai fait la rencontre d'un  marcheur de la région qui  m'a indiqué ce  lieu,  parlé de cette fontaine et d'un chemin creux menant  à  un  pont romain, situé  à quelques centaines de  mètres  plus bas, au sortir du bois. Dans  un  premier temps, je découvre, avec plaisir une petite fontaine de granite,  incluse entre deux talus. 
J'ai toujours aimé les sources,  les fontaines, probablement  guidé en cela  par  mon grand-père paternel qui était  sourcier et possédait, me racontait  mon  père, quelques dons de guérisseur qu'il emporta avec  lui, en disparaissant de cette terre. Il se prénommait, Pierre et j'en suis le gardien de sa mémoire lorsque, découvrant une source  ou  une fontaine, c'est  à lui que je pense en premier. Pour cette raison, et pour cela seulement, j'emploie le coudrier dans mes installations, car  il est le bois préféré des sourciers. Cette  fontaine  blottie dans la pénombre  m'attire par son  magnétisme,  me fascine comme les autres, au point d'y faire une halte. Après  un glanage de végétaux alentour, je réalise  une installation flottante et éphémère que je dédie aux sourciers . Une heure est très vite passée dans ce genre d'exercice et je reprends  la marche vers la rivière du Loc'h. 
Ce chemin creux traverse  un bois tapissé de fougères qu'un pâle  soleil d'automne caresse  avant de terminer sa journée. Sans  trop savoir  où je vais, je tourne sur ma droite, vers la lumière dans un espace planté d'aulnes et je débouche très rapidement sur  un petit lac. 
Surprise, le point de vue est magnifique, bien que la lumière décline un peu, car le ciel pommelé se reflète parfaitement dans  cette eau immobile.
Je découvre enfin le  pont romain que je franchis  avec émotion  pour la première fois. La voie qu'il  porte et  lui sert de voûte est dallée de très grosses pierres. Les arches sont parfaitement conservées et laissent l'eau de la rivière, s'écouler d'amont en aval, pour remplir le lac. Je suis seul,  quelques chants d'oiseau colorent ce silence où je suis bien, contemplant cette belle nature. Il est trop tard pour que je me lance dans une exploration des rives du lac, aussi, dans un  premier temps, je vais élever un cairn sur  une très grosse souche de chêne, couchée dans l'eau  à un  mètre de la rive. L'exercice est périlleux. Je dois aller chercher  mes pierres,  une  à une sur la rive, les approcher de l'arbre  mort, me tenir en équilibre au dessus de  l'eau, un pied sur le tronc,  un  pied sur la rive, déposer la pierre sur la souche, recommencer et trouver un équilibre  à tout cela. Je l'avais imaginé plus facile  à faire, mais en bon Breton, je mets  un  point d'honneur  à terminer ce que j'ai entrepris. Mon seul soucis est de terminer avant que la lumière ne soit trop faible car je n'aime pas   prendre des  photos au flash. Je réussis mon  pari et termine  à temps. Il est magnifique, émergeant du lac comme un  trait-d'union entre le ciel et la terre.
Je ne suis  qu'à une vingtaine de  kilomètres de la mer , de la  pointe de Kerpenhir, marquant l'entrée du Golfe du Morbihan où je travaille régulièrement,et pourtant, c'est  un dépaysement total dont je me réjouis.
Porté par cet enthousiasme, je remonte la rivière du Loch qui ressemble  à  un petit torrent de  montagne. Je tombe sur  un passage  à gué et une réserve de pierres suffisante  pour élever quelques cairns. Pour la première fois depuis bien des semaines, je suis accompagné par le chant d'un merle et je pense aussitôt  à mon  Père. Si vous suivez  mes chroniques, vous saurez  pourquoi.
 Très rapidement, je prends  un bain de pieds et je me promets de revenir avec  une paire de bottes ( ce que je ferai deux jours  plus tard), car sans être frileux, ce n'est pas  vraiment la saison et puis mes chaussures  m'ont dit ne pas aimer.
Je termine  mon avancée sur la rive droite du Loch' et je débouche sur  une immense  prairie qui s'étend au pied d'une petite falaise de granite d'où sont tombés d'énormes rochers qui auraient fait le bonheur des éleveurs de Menhirs. Je décide de faire demi-tour et en chemin, je tombe sur  un néflier sauvage dont je prélève quelques fruits qui vont me servir pour des installations réalisées en Ria d'Auray.
Cette période n'est  pas clémente, ni le vent, ni  la pluie ne nous épargnent et comme je n'ai pas encore de santé  à revendre, je me suis contenté de travaille dans la proche région qui me donne  toujours autant de  plaisir. Bien sûr, je rêve  à la mer, aux grands espaces, aux dolmens et aux menhirs  mais j'attendrai encre  un  peu avant de les rejoindre..

Roger Dautais







Aucune balle



Sur  l'ardente fièvre des  mots

s'élève une clameur

Que nul ne pourrait faire taire

Aucun couteau

Aucune balle


***


Simple


Il est simple de vivre

Faire comme la terre

Fermer la main
A toute possession

Glaner du parfum
Dans  un chemin

Arrimer ses épaules
Aux  portemanteaux 
Des branches.


Cécile

Ma mère
la simple l'ordinaire
agence le quotidien
de la parcimonie
des actes  humains

Il  pleut de  l'averse
sur les toits d'Amsterdam

Il bruisse un  poème
de mes doigts qui se damnent

Ma  mère
pose
son cou
de dame
à la surface
de  l'écrit

Serge Mathurin Thébault
" A A "
Editions@rt.chignaned 2009
Collection Alréenne

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.