La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 18 septembre 2012

Aux quatre vents
Première approche
Cueillir, signer, partir
Cairn des quatre vents
Cardinaux rouges
Résumer  un été qui s'en va
Remember
Écrire dans le silence de la plaine
Territoire d'oubli
Rayonnement
Rappel
Bois flottés

Colère de métallos
Viver não é necessário; o que é necessário é criar."
 Fernando Pessoa


Demain sera un autre jour...


Marcher, cueillir, tracer, partir. Je vis dans ce rythme depuis trois jours dans cet été finissant. Peur de le perdre, angoisse de la prochaine saison...et si c'était le dernier. Cela me sert de moteur et j'avance. Je vais visiter trois sites : la grande friche industrielle de la SMN ( Société de Métallurgie Normande) qui domine la ville depuis son  plateau, la zone d’embarquement d sur l'Orne, de ce même site et l'ancien emplacement des silos à grain d'Hermanville et sa vue imprenable sur la mer. Par beau temps, je vois le Havre qui se trouve  à 60 km à vol d'oiseau. 
J'ai choisi ces lieux déserts parce qu'à première vue,  ils n'offrent pas de quoi travailler sur la couleur et que la matière est rare.Je vais donc, dans un rayon d'une dizaine de mètres, cueillir de quoi constituer  une petite installation qui rassemblera, baies, fruits, ou végétaux. Exercice long et difficile, mais intéressant.(Photo 6) d'autant plus que je le réalise  à quelques mètres de l'Orne où les foulques s'en donnent  à cœur joie et me tiennent compagnie.
Le deuxième jour, je monte sur le plateau puis après une marche de mise en route, je pose mon sac non  loin d'un étang où j'ai parfois travaillé.Ce plateau qui domine l'Orne accueille de nouvelles entreprises, ayant pris la place de l'ex-SMN, présente encore de très grands espaces déserts où le vent, quand il souffle ne fait pas de cadeaux. Aujourd'hui, tout est calme. Après la cueillette qui s'impose, je trace une sorte de roue  à laquelle je vais ajouter quatre pointes orientées, Nord, Sud, Est ,Ouest.Je ne suis pas très satisfait du résultat. Je me déplace  un  peu et trouve un os d'animal, avec lequel j'avais déjà composé, enfoui sous les herbes et  j'imagine  un  signe de protestation  contre la fermeture de ce site industriel.(Dernière  photo)
Le troisième jour, j'arrive sur un des points dominants au nord de la Plaine de Caen où s'élevaient des silos  à grain, servant aux paysans de la région, au moment des moissons. Il reste un tout petit bâtiment et les vestiges de la bascule  où les tracteurs tirants d'immenses remorques, venaient peser leurs chargements. Le vent est au Nord Ouest, un léger crachin, limite la vison sur le large et, aujourd'hui, je ne verrai  pas le Havre.
Ici, c'est encore  plus désert que sur les deux précédents sites et il faut avoir de l'imagination  pour trouver  une idée de départ. Un grand plateau de fer rouillé, dont la couleur et le graphisme sont intéressants  me servira de fond. Je trace  un premier signe ( photo 3) qui  me vient  à  l'idée, sorte d'offrande aux vents. Puis, je vais travailler sur  la forme d'un carré auquel je vais donner  un premier aspect,  puis un second, en composant avec ce que j'ai sous la main, c'est  à dire, peu.(Photos 1et 2)Un cairn terminera cette sortie, avec le sentiment que demain sera  un autre jour...


Roger Dautais




  Voici  le billet que j'ai reçu  un jour de Serge mathurin Thebault:
" Je baguenaude en ce moment dans l'oeuvre de Ferando Pessoa. Il m'en est venu un poème que je vous soumets en ce dimanche, et surtout une invitation si vous ne connaissez pas d'aller vous baigner dans les terres de cet alcoolique céleste, diamantaire des mots et des émotions. Moi, j'y trouve une joie intense dans son livre de l'intranquillité (éditions Bourgois)"
J'ai trouvé le texte si beau que je lui ai demandé  l'autorisation de le  publier, ici Autorisation aussitôt accordée.
Merci Serge





On ne râle pas avec ces mots

On fait avec c’est tout

Et si l’exercice est périlleux

On s’en sort bien malgré tout

D’évacuer avec une certaine élégance

Les remugles qui vous dévorent l’intérieur



Il y a un gouffre entre cette énergie

De création et le résultat qui en découle

On enragerait presque si par mégarde

On oubliait la place de l’homme en son individu

Dans le conglomérat de la matière :

Rien est bien le substantif qui convient



Pour encourager le galérien

- Ce moi en ses chaînes empêtré-

Je volète parmi les feuillets hypnotisant

De Fernando Pessoa

Dans le livre de son intranquilité



Je note cette phrase dans l’œuvre sœur

« Je gis la vie. Rien de moi n’interrompt

   absolument rien »



Mes doigts glissent  alors sur le clavier

Enthousiastes, portés

Par une  volonté d’exister

Au sein du nihilisme qui la crée.





Serge mathurin THEBAULT





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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.