La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 30 mai 2011











Nul ne ment autant qu'un homme indigné.

Nietzsche



à Servanne, Younes, mes amis du Maroc,

à Oxana, Marty,Magda,Isana.g. Nirit K. Marisa, Johanna, Elfine, Josepha, Judith, et toutes les femmes, passagères, non sans souci, du Chemin de Grands Jardins

et aux femmes violées, abusées, à qui l'on jette des pierres...

Roger Dautais






Le chant de l'eau était rouge...


Il pleuvait des cordes.
Daniel, l'idiot du village, les ramassait.Il aimait la pluie, car,en ces temps bénis des gnomes,les enfants du village étaient gardés dans les maisons et ne lui jetaient plus de pierres.
Il est bien normal de jeter ds pierres à qui n'est pas , au moins, propriétaire. Il porte es stigmates de Dieu.Parler de liberté et la souiller ensuite ne dérange personne,surtout l'année de la communion solennelle.Les enfants de Marie, rassemblés en enfants de chœur, autour du curé, rêvaient de vengeance.

Daniel, l'idiot du village, était fils de Meuyot et, disait-on, de fille de Vendest. Allez savoir, les Bretons sont si fourbes. Pas comme ces Normands, leurs voisin, limpides et innocents de tout péché originel.

Une belle garce que cette Vendest, comme on l'avait très vite surnommé. Grande, brune, les yeux noirs, es hanches à porter une douzaine d'enfants, et toujours pieds nus, avec ça. Un peu comme Esmeralda,avait dit le Notaire, alors que personne n'avait encore rien écrit sur elle. Un intersigne je vous dit.
Quatorze ans, des seins pareils, c'est une injure, un sacrilège dont elle aurait à rendre compte devant le très-haut, pensait Letronc. Défier tous les hommes du village était malsain. Elle finirait par se faire violer. Alors, Letronc s'en était plaint au curé du village pour qu'il la fasse bannir par le châtelain qui avait des relations.

En fait, c'est Letronc qui l'avait eue le premier. Dépuceler, était sa spécialité de notable.Après tout, un bon notaire se doit aussi d'inventorier le patrimoine et c'est ce qu'il fit.
Il l'invita, le soir de Noël, à partager sa table à la place du pauvre.Après la messe de minuit, les oranges distribuées aux enfants de sa femme, Mathilde, une laideronne épousée en seconde de noce pour sa dote, il les avait fait couchér tous les trois dans leurs chambres respectives et soufflé les bougies en leur souhaitant , belle nuit de Noël.
Mathilde avait encore parlé de la Roumanie avec Vendest en sirotant de la prune, jusqu'à environs deux heures du matin et demandé à montre se coucher.
Letronc, bon chrétien,avait proposé d'accompagner Vendest jusque chez le Meuyot, un vagabond d'une vingtaine d’années qui travaillait avec les charbonniers depuis deux ans à la sortie du village, sur la route de Rennes. Il dormait dans l’une de leurs cabanes.
Letronc avait fait un détour avec la fille, par le Moulin aux Ducs. Il prétendait que, passant par ici, on arrivait plus vite aux cabanes. Elle marchait devant et le mouvement oscillant de son bassin,excitait le notable. Au diable Mathilde et sa jambe trop courte,ses robes longues et ses cols de dentelle. Au diable son chignon sitriste et ses seins plats. Ctte sauvageonne devait encore être vierge. Un bon coup, en somme.
Il l'avait fait entrer dans l’appentis qui jouxtait la roue à aube. Il l'avait culbutée et violée, dans le chant de l'eau, parmi les râteaux, les pelles et les pioches du cantonnier. La petite avait pleuré en se débattant comme une diablesse et mordu Letronc au visage.
Pensez, à quatorze ans, on ne comprend pas pourquoi,un notable, ça vous lèche les pieds, pareil à une chèvre, comme un pervers,en faisant béé...Béé.

Elle s'était bien débattue sous le Notaire lorsque ses mains longues et blanches portant chevalière en or, qu’elle avait admirées à table, pendant le réveillon,avaient atteint sa petite culotte. Elle avait bien crié, pleuré, supplié, mais elle avait fini par céder à la force du mâle triomphant lorsqu'il viole pour perpétuer la tradition.

L'enfant arrivage dans la cabane, neuf mois plus tard, difforme.
Elle le regardait comme une malédiction du ciel, avec ses jambes arquées et son œil gauche, torve.
Le notaire sermonnait Vendest.

- ça t'apprendra à te faire sauter par les gitans. Ce sont les fils du Diable.

Vendest pleurait, mais comme cela ne suffisait pas à calmer l'ardeur du Notaire,éconduit après l’accouchement, il la fit arrêter, avec la complicité du curé et de Monsieur de Saint André, le châtelain, pour un crime sordide dont elle n'était nullement coupable.
Il faut bien de temps en temps que la justice se fasse.

Rapidement jugée à Rennes, puis condamnée au bagne après un procès bâclé, auquel assista le Notaire, elle disparût à tout jamais.Ce qui est moral.
Quelques mois plus tard, le notaire qui trainait vers le moulin aux Ducs, alors qu'il venait de violer une servante, se fît écraser par un puissant attelage de bœufs blancs. Il pleuvait des cordes, ce jour là et le sang de Letronc fût vite lavé.

Les lavandières du village, au repos forcé à cause des intempéries,trouvèrent le corps du notaire au milieu de la route, à cinq cent mètres de l’appentis. C'était l'endroit où Jean-Jean enterrait ses chevaux debout, après leur mort. Tout le monde disait que la nuit, des cavales blanches sortaient de terre pour de monstrueux galops autour du moulin.
Un endroit dangereux, bourré d'intersignes!
Le Bretons boivent beaucoup et bien évidement, ils inventent.C'est d’ailleurs le seul peuple du monde à être plus menteurs que tous les politiques du pays.

Malgré la pluie, elles lui avaient craché dessus,riant comme ds folles, en souvenir de Vendest. Elles lui avaient arraché ses souliers , défait sa veste et souillé sa belle chemise blanche avec la boue du chemin. Puis elles l'avaient débraguetté et sorti la verge en riant comme des enfants après un mauvais coup, car elle était molle... On aurait dit, une scène de viol.

Trempées jusqu’aux os, les cheveux défaits, elles avaient fait silence puis craché dessus, une dernière fois, ensemble.
Marie sortit une serpette d'entre ses deux énormes seins, car elle était aussi nourrice. Elle s'agenouilla au bout du corps et trancha les deux gros orteils avant de les jeter aux chiens qui les accompagnaient dans cette triste scène. Puis se furent les oreilles et la queue, comme dans les arènes de Séville.

Elle trainèrent le corps du supplicié jusqu'au lavoir, sous les yeux du gnome qui regardait la scène sans rien dire.

- tu dis pas au revoir à ton père, lança Marie, la nourrice.
Daniel attrapa une de ces cordes divines qui tombaient du ciel et la tendit à Marie.

- Pierre...pierre... se mit-il à hurler, en désignant un gros caillou dans l'herbe.

Les trois femmes le roulèrent dans la boue jusqu'au corps du notaire. Elle lui installèrent sur le ventre et la ficelèrent, comme on le fait pour fabriquer l'andouille de Guémené. Jeanne, la sœur cadette de Marie aux seins lourds de pluie et de vengeance,attrapa le corps par la jambe droite. Marie, par la jambe gauche. Les deux autres lavandières du groupe, Louise et Risette, l'empoignèrent par les bras.
Le visage maculé de salive et de boue, ressemblait à son âme boueuse.
Ainsi, les hommes ayant perdu pouvoir et attributs devenaient-ils faibles comme de femmes?
Non, ils rejoignaient la race des chacals.

- Dis, le gnome, ça te dirait de faire un tour, une ballade à cheval sur ton père ?

La bestialité s'exprimait, en-deçà du viol.

- Allez, monte.

Daniel s'assit à califourchon sur la grosse pierre, les pieds posés sur la panse du notaire.

- Vas-y, le gnome, hue cocotte, fouette ce salaud...

Et le gosse fouetta la bête morte au sexe flasque, en criant " salaud...salaud...tel un mal élevé, le nez morveux . Il avait le le visage inondé de larmes et d'eau de pluie.
Arrivé au bord de la rivière, le groupe de femmes entoura le gosse ainsi perché. L'une des trois femmes, à ce jour non identifiée, se signa puis elle trancha la gorge du nabot, fils de Vendest et du notaire.
Il se vida tel un lapin, sans une plainte. Son petit corps s'affaissa. Dans sa main droite, un fouet, un exutoire pour solde de tout compte.
Comme il pleuvait toujours des cordes,elle en saisirent une et attachèrent le corps de l'enfant avec celui de son père.
Elle jetèrent le tout à la rivière.
La vengeance exécutée, chacune des lavandières garda le silence.
Quelques mois plus tard, les gendarmes du canton vinrent les arrêter, une à une. Elles furent emprisonnées à Rennes, jugées, puis guillotinées. Elles reposent toujours dans le carré des suppliciés.

Cette histoire se passa dans le village de Bécherel, non loin de Rennes, en mille sept cent quatre vingt treize.
Vendest fût enterrée au carrefour des Ifs, non loin de la Chapelle de Lucien. Un sorbier des oiseaux poussa dans la bouche de la sauvageonne aux pieds nus.
Les gens du Voyage ont toujours été les amis ds oiseaux et de la Liberté. Ils l'ont payée cher.


Roger Dautais

samedi 28 mai 2011







aux tribus YAKA et YAPUKA de la région Ile de France



Je dédicace mon travail du jour, à ceux qui meurent en tapinois, seuls, au fond de leur misère,
à cause du système de vie actuel...
à ceux qui sautent dans le vide,
à ceux qui se pendent,
à ceux qui se tirent une balle, sans que ce ne soit la faute de quiconque.




Bonne fête Maman que j'aime...


Arrêtez de vous prendre pour ce que vous n'êtes pas. Un peu de simplicité, de vérité dans vos vies, un peu de modestie. Ici, je ne croise que des génies du Blog, des premiers de la classe des exégètes du land art, des professeurs de maintient et des donneurs de leçon.
C'est pour cela que le monde va mal. Il y a trop de chefs et pas assez de courage. Pas assez de mains et trop d'enfants crevards maltraités, d'employés esclavagés oui, j'ai inventé ce mot, il est moins scandaleux que ce qu'il prétend dénoncer. Je reviens de loin après cet accident et me reconstruis petit à petit.La mort comme la misère, les accidents, la maladie, ça rassemble pas autant que le football. ça fait pas rêver comme le loto ou le journal de Jean pierre apéro. Où sont les gens, à Carrefour, au foot, sur les autoroutes, bientôt sur les plages, mais ça représente pas la France, juste ceux qui en ont. Et alors, ceux qui en ont pas, on en fait quoi ; des blogers géniaux lol ? Des petits profs de land art à cent balles, des je ne sais quoi qui décoiffe.
Marrez vous bordel. Déridez vous avant d'y aller dans le trou. Lâchez vos confitures. Je donne quatre ans de ma vie pour réaliser trois films documentaires sur la maladie d'Alzheimer? Vous croyez que ça intéresse les grosses TV ?

L'autre jour un patron de chaine TV me dit, faut pas passer ça, LA MÉMOIRE AMNESIQUE ça fait fuir l'auditeur, un mec qui palpe des centaines de milliers d'euros. Il a raison ? non et il faut lui dire quite à ne pas voir son film acheter et résister à cette mafia du multimédia. Et tant pis pour les patients, es familles, il s'en fout dans sa belle auto avec sa poule de 25 piges qu'il trimbale partout pendant que bobonne elle torche les chiards.
On a toujours le droit de réfléchir et de bâtir au lien de détruire ce qui gène le facile. Flatter l'égo du populo,c'est toujours plus facile pour gagner du pognon, ça c'est une réalité et faire des blogs qui racontent rien avec des belles photos volées partout, c'est facile aussi. Signez les au moins nos photos. Ayez au moins ce courage. Aujourd’hui, fête des Mères. La mienne, elle suce des pissenlits par la racine en Bretagne, ma terre lointaine, pendant que je me morfonds ici.
Je ne serai jamais normand, surtout mort.

Roger Dautais




à Sylvie...

Royaume


En ce temps là,
j'avais détaché mes entraves

J'allais vers mon Solstice
J'allais vers ma Liberté

Alors il y avait
Tant d'oiseaux dans mon Arche

Que j'étais comme un arbre
au milieu de l'été

Claude Vaillant
Dans l'incendie,
tout à brûlé



à Manue,

disparue dans sa vie de brumes
et que je n'oublie pas...


Passage

Je suis votre cri d'angoisse
au soir des grands nuées
bouches ouvertes, l'autre saison,

Je suis votre colère
entre l'Olympe et Amsterdan
ce jour de novembre, tous feux éteints

Je suis votre outremer
au lever des soleils de minuit
recul du temps et ds enfers

Je suis votre mémoire
cuissardes de nacre et blouson doré
appelez-moi Mâdâme

Je suis vos juin et vos décembre
ailleurs...une autre année
Che Guevara chantait encore

Je suis pierre et fumée
et dans mes cheveux
ma mère a déposé ses trésors.

Jacqueline TANNER
Aurore pétrifiée

Lausanne 1979




Nouvelle inédite, à ne lire que si l'on aime...

Après l'accident...


J'ai fait le tour de mon quartier, vu qu'après l'accident, on avait laissé la voiture en Angleterre, vers Polperro. A pied, on voit mieux les voisines. C'est Sarkome qui me l'a dit.
Sarkome, dit talonnettes, c'est mon beau-frère des douanes . Il s'est classé 2ème du département des Vosges en triplette, derrière l'équipe à Sylvain, le peintre.Il fait équipe avec Nono et le gros Simar. Sa paire de boules est célèbre dans tout le quartier. Toutes les femmes l'adorent. C'est exagéré à mon goût.
Simar, dit trompette, à cause de sa grosse bouche, il est sympa. Un peu bronzé, mais sympa.
On est des potes. On va tous ensemble à la syna pour déconner en sortant,,après l'office religieux.
Nono qu'est arabe, le pauvre, il tient le ZANZI, un rade avec trois flippers, années 60 et une assiette kascher à 9,95, le midi. Des fois, on mange là.
Son vrai blase, c'est Ahmed. Impossible de vivre en France avec ce nom là, c'est comme si il s'appelait Moïse. Alors il s’est mis à la Kro tirette et il va plus à la mosquée. On lui dit:
- NoNo, tu vis dans l'péché.
Mais lui, il s'en fout.
L'été dernier, Sarkome, il s'est fait défriser et teindre en blond vénitien, dans le sentier, par la sœur à Nono, Judith.
Elle est psycho. elle a des poteaux, énormes, si bien que ce con de Nono, il l’appelle psycho-pâtes. Tu parles, ça lui plait pas. Elle est mariée avec un Italien. Bref, avec ses gros nibards,, je dis à Sarkome, un jour:
- C'est pas étonnant qu'elle a une clientèle de goy friqués, avec ses boops
-Elle met pas de bottes, Josiane, qu'il m'a répondu ce con.
Sarkome, en blond, il croyait emballer sec et puis, il s'est fait emballer par une bande de travelos de Clichy. En revenant, huit jours plus tard, il marchait entre parenthèses.
Il est redevenu brun et frisé et maintenant, il tient la boutique,sérieux.
J'ai vendu mon étoile de David à Pompon, pour cent dollars américains. Après, j'ai acheté une gourmette en or et une autre étoile en plaqué, à Salomon. Rien que pour emmerder, David, je lui ai piqué son étoile et je lui ai refourgué l'autre, avec la gourmette pour 300 dollars.
Moi, les potes, ils m’appellent Long Noze ou, Pif.
je m'en fout, vu que les gonzesses, elles croient toujours ce qu'on dit sur les longs pifs.
Et en plus, c'est vrai.
En traversant le parc, je me suis arrêté chez Roger, le Juif Tunisien. Il a bien grossi.On dirait Moati.
Je me suis acheté un string pour la piscine. Il m'a apprit comment laisser dépasser les frisettes et installer le peigne. Comme y’avait une ficelle qui pendait entre mes jambes je lui ai demandé ce que c'était et à quoi ça servait. Tu sais pas ce qu'il ma dit ?
-Laisse, c'est pour amuser les chattes.
Il est sympa, Roger, mais franchement, il est un peu con, comme tous les Séfarades. Nous les Ashkénazes, on a du savoir vivre.
Tiens, par exemple, Sarcome, lorsqu'il a gagné sa grosse somme au loto, à Clichy,il acheté une grande propriété de 1500m2. Il a fait une piscine et au bord, il a fait construire une tour de 8 étages, par des arabes de Ménimontant.
Ensuite, il a entouré la pelouse de murs de 3 mètres de haut. Il a élevé quatre miradors et embauché 1é matons à la retraite, à cause des 35 heures et des R.T.T. il leur a bâti un local syndical dans un chalet de jardin, désigné un chef et il le paye 750 euros par mois. Si tu voyais comme ils sont heureux.Bon, ça picole, hein,mais faut pas déconner, garder une tout vide avec des fusils à lunette, ça déprime.
Au-dessus du portail d'entrée, il a fait peindre, sur l'arc : Le Roi...avec trois points de suspension. Des petites frappes d'arabes, à ce qu'on dit, da,ns les pavillons,ont bombé:
...des cons.
-Moi, qui m'a dit Sarcome, je nettoierai tout ça au Karcher.
Je lui ai répondu:
- Tu te rends pas compte que tu assèches la France, en pleine sécheresse. C'est pas citoyen...
Et vlan !!!
Y'a des mecs qui l'appellent Charles martel. Je sais pas ce qu'ils veulent dire, ces cons de Normands émigrés, pourquoi pas Charlesmarteau.

N'empêche que les Anglais ils me réclament 200 livres
par jour passé derrière leur grillage des douanes. Pour l'épave de ma bagnole, c'est trop et pour moi, aussi. J'ai calculé, depuis mon accident,400jours à 200 livres, ça fait 8O 000 livres.
J'ai dit au Rabbin,:
- ça fait combien 80 000 livres. Im m'a dit
- ça représente plus que les livres de la bibli de l'agglo.
Ils sont fous,ces Anglais. Me faire payer en livres. Mo qui ne lit pas.

Un jour, Nono, pendant qu'on sifflait des jaunes yaourt, il m'a dit que les livres, c’était comme ça qu'on appelait le pognon Angleterre. Mois j'y suis allé, je sais que c’est pas vrai, on appelle leur petit fric des pinces,de pounedes, mais pas des livres. Je lui ai conseillé d’arrêter de boire le pastaga, vu déjà que le Rabbin, il voulait pas non plus pour nous. Je l'ai traité de sale jaune et de Zimer. Je lui ai dit:
- Tu finiras comme Aloïs le Zimer.
Si fallait tout écouter, avec lui, où on irait donc-t-il ?
- Va en Angleterre chercher ta ferraille, qu'il a crié ce con et ne nous fais plus chier, ici.
Je lui ai mis un pain et là, bagarre générale avec les goys du quartier. J'aime pas trop me faire traiter de youpin. Les bicots, ils nous ont aidé. Nono a sorti son Karscher pour siffler la fin de la partie. Si t'avais vu le Zanzi.

Je pensais à ça, ce matin, en traversant le parc, dans la rosée. D'habitude, à cette heure, toutes les baies vitrées des appartements sont allumées et avec un peu de chance, tu mates des anges déplumés. Là, rien aucune gonzesse à loilpé. Dommage, ça me rappelle toujours Amsterdam. Pendant que les femmes se fadaient les champs de tulipes, qu'est-ce qu’on s'est tirés comme coups avec Salomon. Faut dire qu'il y avait du choix dans les vitrines, rien que des belles gonzesses. On avait dépensé toute la caisse de l'amicale de foot et puis après on avait dénoncé la racaille du quartier.J'avais chopé une chaude lance. Putain, ça fait mal. Depuis, je mets ds capotes.
En plein désarroi,certes,d'être bredouille,j'errais dans les allées de sable.
Mais oui,j'errais.
vous me faites rigoler, à mon âge, on aime bien se tenir au courant ce ce qui se fait chez les voisine, des fois qui faudrait rendre service. Ou a du temps librs à la retraite.
J'ai croisé Dédé la Canne.Je l'ai interpelé.:
- alors, vieil escroc, vieux grigou, t'es pas avec ta Juliette ?
- Non, qu'il me dit, elle retapisse l’appartement avec Roger.
- Encore, mais le mois dernier, elle l’avait déjà fait.
- Je sais, mais Roger, il a dit:
-faut tout refaire.
-Et alors.
Alors, on refait et Roger, il lui donne un coup de main.
Tu parles, je la connais, Josiane, une chaudasse, oui, comme toutes les maroco revenues en France dans les années soixante. C'est pas son âge qui l'empêche d'aimer se faire encoller l'intérieur. Mais son con de Mari, il ne voit rien.
Rien de rien.
C'est con, les facteurs, comme les poissons rouges ou es oiseaux et presque autant que les douaniers.
Tu sais, comme dit Sarcome:
- les fonctionnaires, il faut les diminuer.
Je pense qu'il dit ça, à cause de sa taille, le nabot.
Enfin, il ne dit pas que des âneries.

En passant de l'autre c^té du pont,, j'ai vu Sissi., la petite à psycho. Vingt trois ans et rien à jeter. La pouliche sur qui tu paries les yeux fermés. Une beauté avec des cheveux noirs jusqu'au cul.Et puis, y'a du monde sur les étagères. Elle soutient ce qu"elle avance. Bien dardée qu'elle est, la mignonne, montée sur ses échasses. Parait qu'elle aurait une carte du Parti de Gauche en plus et qu'elle est de la pelouse. Quel gâchis. La Mélanche, il doit être ver, lui qu'aime bien tout ce qu'est jeune? à partir de 22ans. Il en aurait fait son attachée.
Les mecs de la politique, y sont tous de la pointe. C'est ce que dit mon beau-frère.

faudrait pas vieilli. On arrive par sentir le vieux et puis pour emballer, c'est gênant.
Je vais me racheter une caisse.Un genre Nissan Almera, années 2000, version coupé, avec vitres tintées, gentes alu et cendrier au centre. Je ferai poser un klaxon italien et je me paierai une paire de Rayban. Après j'irai voir le cousin Raymond à Deauville.
C'est bientôt la saison. Paraît que les pouliches commencent à descendre de Paris vers la côte.
Nono, il dit: les paripatétiennes, non péri...Péripatéticiennes. C'est ça. Je crois que ça veut dire: coiffeuses Parisiennes. Cette année, elles seront encore belles.
Malgré mon âge,que je fais pas,j’arrive quand même, j'arrive à m'en faire, une par semaine. Mais j'ai un truc.Duras.
Atendez, j'explique.
J'ai acheté un bouquin de poche Yann Andréa Steiner. C'est une histoire de Juif, écrite par Marguerite, six ans après La Pute de la Côte Normande. Bref,j'aborde les meufs sur les planches, le livre à la main. Je baratine. Je dis que j'habite aux Roches noires dans l’appartement de Marguerite Duras. Puis je dis :
- J'ai roulé dans la R16 de Marguerite Duras.
Ca plait toujours. Elles aiment le mensonge, ces intellectuelles de Paris. Alors je me fais des intellos qui cachent leur envie de sexe basique et hors champ, derrière une curiosité littéraire exacerbée. Je feins de les croire. Nos mensonges entrelacent. Je leur dit :
Venez, je vais vous montrer l'I.M.E.C., à Ardennes, près de Caen. Nos passerons par Balbec. Ils y conservent tous les manuscrits de Duras.
Alors elles me suivent et montent dans mon auto blanche, une Mercéces des années 8O, aux sièges parfumés au Patchouli. Dans la côte de Villers sur Mer, pour ceux qui connaissent, j'attaque.
A Cabourg, je couche. je ne dépasse jamais Cabourg, à cause du prix du carburant. Un scandale.
J'ai dégoté une petite pension cosy, pur V.R.P. lubriques, face à l'église. Ils me font des prix et saluent toujours la dame sans demander pourquoi, ni comment.J'aime pas les fouineurs chez les hôteliers.
Je dérouille mes clientes. Elles ne sont jamais déçues vu que je repasse les plats pour les plus gourmandes... Ma spécialité reste la brouette chinoise qui permet de lire le journal en cas d'ennui, mais c'est rare. Il y en a beaucoup qui en redemandent.
Quand elles ont payé les 400 euros, je leur paye une pizza, dans la rue de la mer, face au casino de Cabourg. La boutique est tenue par un de chez nous et elle est juste en face de celle du Fils du PÔvre. . C'est trop compliqué de vous raconter la saga. Trop compliqué pour vous, cette vie de commerçant. Le Pôvre Dany, c'était le mec le plus courageux de toute la rue de la mer. Un peu comme le patron des Blancs du Nil, que j’appelle l'Ibis. Des mecs qui font les 35 heures en deux jours alors que mon beau-frère, il les fait en un mois.
Il a cédé sa boutique au fils, y'a rien à redire. Pas devant moi,e,n tout cas.

Moi, il faut pas me forcer. J'ai une nature généreuse. J'aurai du bosser au F.M.I.
Dommage que je sois basané, avec ds cheveux crépus et que je ne mesure, au grand dame de ma femme,qu'un mètre soixante quatre, sans mes bottines.
Un jour d'été, je me suis fait une suédoise de 1.92, parfaitement trilingue. Ce qui aide.Je lui arrivais sous les nichons. Oh ! La crise.Notez qu'à l'horizontal,elle a dérouillé comme les autres.J'ai pas repassé les plats. Elle chantait trop fort et dans les hôtels, ils aiment pas. Ils préfèrent la discrétion de faux-cul. Si j'avais insisté, je perdais ma remise. Et vous savez bien, je suis cupide et très attaché à l'argent.
Elle a payé comme les autres, 400euros et en plus, elle m'a offert la pizza. Y a du savoir vivre dans les pays Nordiques.
Ce jour là, je sus entré à 12heures40. Ma femme a gueulé et j'ai rien dit, vu sa taille.
Je la maudit. C'est comme ça. On est faibles, nous les hommes. Dès qu'il y a un coup dur, on se barre. Encore une fois, elle m'avait traité de sale juif pied noir et elle m'avait lancé:
-ils avaient raison de t’appeler la teigne, tes frères, car t'en es une, une merde, une serpillère.Moi, j'aime bien la teigne, ça fait espagnol.
Vous trouvez pas ?
Non?
Bon, allez vous faire foutre et comptez pas sur moi pour dire du mal de la communauté, bande de goy.

Moïse Clément.

mardi 24 mai 2011



















à Saint Emilion
que je prie à chaque occasion...


a nanou B973 pour ses délicieuses cerises.

à Marie, voisine de Caen,

à Florence Aubenas, que j'adore,

à mes lectrices,

à Patrick Lucas,
l'homme libre qui marche dans sa tête,

à Jacques Dautais,
mon frère

à Marie-Claude que j'aime tant...




La vérité six juments(?)

J'adore pochetronner.
Je vous entend: il picole.Attention. Je dis stop. Eduquons les masses, camarade. Pochetronner veut dire " faire le roi". Pourquoi ? Mais dites donc, incultes,faites latin-grec comme moi, pendant sept dans la même classe et revenez-y, me voir.
Vous me croyez royaliste...effectivement, je suis sur la liste des courses.
Les femmes m'ont toujours étonné par leur grand intelligence. Si j'avais pu choisir, j'aurai choisi de naître fille.
Pourquoi me dires-vous,adeptes de Freud ? Pour être enceinte et pour donner la vie. En fait, je ne me suis jamais guéri de la séparation de ma mère. J'ai pourtant consulté Winnicot. Rien à faire. Cette permanence perdue m'obsède, me détruit, me construit, m'instruit, me libère et, comme Patrick Lucas, mon frère, je continue la route.
Me voila donc petit Poucet, perdu, non loin de la caverne vulvaire, parti à l'assaut de ma vie.
J'ai liché de bonne heure, comme tout Breton. 2levé à la gnôle dans le biberon de lait, j'assumais ma consanguinité royale.
J'ai liché de très bonne heure, je vous répète. Après ces années lactées, ce fût le cidre de Quimper, le gwenn ru, le muscadet sur lie, le guewurstraminer, le pineau des Charentes, le chouchen, puis à l'âge d'homme, vers 14 ans, le pastage servi en yaourth( c'est pour les Bretons seulement)le Whisky, l'aguardente,, la volga( je sais, mais moi, je l'appelle la Volga, car j'adore les défonces russes et les nuits de Saint Petersbourg) et le sirop de rue.
Autodéterminé et complètement abruti d'alcool, je suis devenu poète puis fonctionnaire, ce qui est pareil. Un jour, je vous expliquerai, pour les énarques métissses.
Après, mes pauvres amies blogeuses, j'ai appris à écrire et pas à la maison de l'image.C'est là que tous mes ennuis ont commencé.
J'ai rencontré Annie Girardot. Je lichais sec et cela mit fin à notre relation malgré une carrière bien commencée de pianiste de bar. J'avais, pourtant, une belle caisse, la fameuse jaguar type E. J'avais 23ans. Nous étions en 1965. Elle faisait du cinéma. Elle était belle comme le jour, courtisée par tous les mâles et elle fumait avec une grâce infinie.Je draguais. Les voitures, ça aide, mais il faut pas être con. Or je l'étais.
En plus, il paraît que plus le capot de la voiture est long, moins le matériel de l'homme, l'est.
Elles savent toutes, cela, les femmes. Elles épousent des homes à grosse voiture et prennent des amants à longue queue. Pardonnez le mot, mais cela s'appelle comme ça, même au gouvernement.
Bref, avec Annie, ce fût court. Très bon, mais ...bref.
Après, je revendis ma caisse et j'achetais une petite Austin Cooper. Allez savoir pourquoi, j'emballais plus facile.
Ah, les nuit folles à Saint Germain des Prés, quand on danse en pattes d'eff et col pelle à tarte.
je portais des chemises à fleurs, comme Antoine de Saint Exulpéry, des chemises très équivoques. Je me cherchais sexuellement.Les mecs touchaient la soie et me disaient
- t'as piqué le chemisier de ta femme ?".
Et boum, patatras. Bourre pif. Raisiné. Coton. Terminé. Rideau.
Il faut dire que mon nez de Juif n'arrangeait rien.
A cinquante ans, je lichais toujours et commençais mon tour du monde, à Brest chez De Kersauson, dans son restau des Moulins blancs. Je partis avec la photo d'Anie dans mon larfeuil.
Cinq continents en dix ans et rien à faire, je lichais et la lichette me perturbais vu que j'avais attaqué le rosé.Et c'est là que j'ai rencontré Dieu.
Putain,ça m'a fait mal. Parait que la sodomie, ça fait mal aussi.
Je me suis emplafonné un pilier en béton armé qui sontenait le parking aérien de Mantes la Jolie. Assommé.
En me réveillant, je me suis pris pour Paul Claudel. C'était assez désagréable. N'est pas schizophrène qui veut.
Lors de mon précédent tonneau,avec mon Austin, c'était ma quatrième, avec les deux bandes blanches rallye sur le capot, le klaxon italien 3 tons,je compris ce que voulait dire être fonctionnaire. Je tirai, six mois à l’hôpital Necker sans regretter mon travail ni mes collègues de bureau qui ne lisaient jamais LIBERATION. Atteint de fractures ouvertes, je m'enfonçais dans le fonctionnarisme aigu, thème que j'aborderai en Sorbonne le mois prochain, pour mes élèves de psycho master V.
Sur mon lit de douleur, partageant ma chambre avec un goy du Front National de Carpentras,, je criais, paraît-il:
- Je suis Jean d'Ormesson....Je suis Jean d'Ormesson.
Je ne m'en suis jamais remis lorsque, quelques années plus tard, regardant la télé dans un bar de la Place des Abbesses, non loin du bobinard ou je ma faisais éponger l'excédent. Je vis, une espèce de créature extravertie, mi-m^le mi je ne sas quoi,un chanteur gothico-médiatico-ringardien, sympathique au demeurant, car il me resemblait,arborer un tatouage au non de jean d'Ormeson.
Il s'appelait, Julie Doré et je l'ai adoré. Mon taux de créatinine en prit un coup.
Je me suis remis à lapompe, direct, couché sur le bar et vas-y Charlot, envoie les Leff, Kro,1664.
J'avais un bide, on aurait dit Môrouat, le chetimi à la Rose au poing.
Aujourd'hui, je fais du 64 de pantalon et pour les chemises, mon épouse m’interdit de porter du pose.Elle me dit que ça fait P.D.
La différence entre un home et une femme ?
Je raconte une histoire de rencontre par exemple.
Je rencontre mon premier marteau. je vois mon père s'en servir. J'attends qu'il soit parti. Je prends un clou et je frappe. Putain, c'est con , un marteau. Premier pinçon.
La femme, elle, rencontre son premier marteau. Elle le regarde, l observe...manche...tête...elle apprend.
Elle saisit le marteau, prend un clou délicatement entre le pouce et l'index, auriculaire levé, le pose sur la planche et frappe sur la t^te à petits coups répétés, jusqu'à ce qu'il tienne tout seul. Puis elle frappe plus fort. Elle sourit et pense aux homes dont les doigts sont ornés d'un pinçon. Mais il faut avoir fait le tour à pied de l'Ile aux Moines, dans le golfe du Morbihan et visité les chantiers du Gip, pour comprendre cela, comme Fanny, par exemple...
Voilà donc la différence homme-femme et moi, ça me sidère d'être aussi con pour une erreur de gamètes. J'aurais aimé finir Ministre de la Culture pour entre dans mla Mittérandie par la petite porte.. C'est rappé. Ne voyez là, aucune allusion, bande de malpropres, d'incultes.
Si j'avais été moins con, j'aurais été architecte en Auvergne, pas archi facho qui n'aime pas les juifs ni les étoiles de Daved, non, un architecte normal, qui aime bien les Juifs.Mais voilà, je ne suis qu'un homme et malgré mes nombreux stages à Castorama, je reste désespérément con ds doigts.
Si au moins, j'avais un cerveau.
Il le sait bien,ce con de Siné. Il me l'a dit et répété:
-laisse tomber le muscadet du matin.
Je ne peux pas.
Alors j'ai arrêté la lichette. Je me suis autoproclamé gros consommateur.
Maintenant, je bois. Au cubi, direct et comme je tâche facile, ma femme qui a le sens de l'humour ce qui est rare chez les femmes, l’acheté une chemise en éponge.
Je sais, les femmes ,avec leur sixième sens, comprennent tout, comme Freud. C'est bien là mon drame. Je les aime tant. C'est pour cette simple raison qui j'ai entamé, c'est bien le mot, une psychanalyse didactique.

Le roi des con...
Moïse Clément dit Roger Dautais

j'ai écrit cette nouvelle dans la nuit du24 au 25 mai 2011, à Hérouvile Saint Clair entre 4 heures et 6heures 25

PS. L'illustration est de Christophe Huet pour un de mes livres en chantier LE DEROULEUR DE REVES. Le pianiste, c'est moi, sur le Ferry le Mont St Michel, le jour de la traversée en Angleterre, A12 heures avant notre terrible accident de la route. Je vous ai épargné la musique mais, je peux l'envoyer sur demande. Les dedux danseuses, des amies de la Bibliothèque de Caen la Mer, dans une cr&éaton sur une musique Marocaine. Superbe, et les filles et la musique.
Pour le reste, les dessins des géniaux Caennais de Mur Mures et mes élucubrations landartistiques

samedi 21 mai 2011











à Gwenaël Méziani,

La beauté de Béatrice Dalle n'a d'égale que son insoumission...


aux insoumis...


Je n'ai jamais regardé le ciel comme un trou. Je l'ai regardé comme tout prisonnier, avec envie. Alors le jour, où ils sont venus tendre des filins anti évasion, qui le découpaient comme des carrés de chocolat, mon âme a pleuré. C'est le pasteur qui m'a appris le mot âme et c'est beau.
J'ouvrais la fenêtre de mon atelier pour fumer un petit joint. Je voyais les pédo* se promener de long en large et puis, Jacquot,mon pote arrivait et c'était terminé pour eux. Il reprenaient leur place, longeant les murs comme des zombis.
Jacquot, il avait buté deux mec, il y a trente ans de ça, du côté de Marseille et depuis, il tirait sa perpet* en Normandie.
Fallait pas l'emmerder, c'est tout. Deux nazes qui avaient joué avec ses nerfs, et pas payé la came. Il les avait buté. Normal.
Il tirait perpet. Normal, pour les matons, pas pour lui.
Jacquot était mon pote. Était parce qu'ils avaient fini par le lâcher, un mardi matin qu'il pleuvait comme vache qui pisse.
La Normandie!!! les cons, ils m'avaient tiré de mon soleil pour me foutre au trou dans ce pays de pèquenauds.Moi aussi, je connaissais bien Mosché, dit Momo le Breton. un petit teigneux âgé qui nous visitait. Un juif, vous pensez si ça nous avait fait bien marrer, Jacquot et moi, un juif. Je croyais qu'ils les avaient tous cramé, l'hiver dernier.
Momo, il avait pas ri du tout vu que 38 des siens de frères, sœurs, tonton, tata, papa et maman, ils avaient été raflé au Veld'hiv le 16 juillet 1942, puis mis dans des trains, puis gazés et enfin brulés dans les camps de concentration.C'est pas humain tout ça.C'est pas un détail de l'histoire comme dit Leborgne.
Nous, on savait pas tout ça et puis, on était devenu un peu dur, derrière les murs gris.ON voyait jamais un arbre.
Notre cage, elle était maintenant en l'air. Faut vraiment être frappé pour avoir des idées pareil. Mettre le ciel en prison. C'est comme si, ils voulaient emprisonner notre cafetière.
Tiens, va dire à la Dalle qu'on va lui emprisonner sa cafetière.
J'ai eu un mot de Jacquot, six mois après sa libération. Il attendait à la sortie de la Mala, avec son balluchon et 5OO euros en poche. Mosché, il était passé avec une tire, Nissan Almera, un truc comme ça qu'il m'avait écrit. Il avait garé sa caisse . Il était venu le voir.
- Ben, mon Jacquot( attention, Mosché c'était pas une fiotte, il appelait Jacquot "mon" Jacquot parce que c'était un homme de bien. Pas un maton.
-Ben mon Jacquot, qu'est-ce que tu fout là?
-Y m'ont libéré
-Quand ?
-là.
-Tu pouvais pas le dire, pauvre con ?
-Non.
-Tu vas où ?
-dans l'Sud. Ah bon?
-Et c'est par où le sud?
-Chez pas.

Mosché avait repris sa Nissan Alméra gris métallisé puis il avait fait faire le tour de la centrale à Jacquot. Puis le tour de la ville et enfin, il l'avait conduit à la gare de Caen.Jacquot, il ouvrait ses quinquets, et pleurait de joie. C'est beau, les églises. Dire que ce con, il avait jamais foutu les pieds à la Messe, m^me pas pour voir le petit Jésus dans la crèche de Noël. Là d'sus, on était pas d'accord, le petit Jesus, quand même. Ben non. Il voulait pas. Un borné. Il devait être Breton exilé en sud-ouest. Moi, j'ai une théorie la-dessus, le Breton pur, consanguin, il est trop con, faut un peu de mélange, de l'arabe, du portos, du rital, du Corse, enfin du truc qui le rende explosif. Autrement le breton pur, ma doué Beniguet, c'est comme le beurre sans sel, ça existe pas.

Ils avaient bu un café ensemble. Il lui avait dit de pas sortir tout son oseille d'un coup, devant n'importe qui, dans un bar, vu que des petites frappes lui auraient fait la peau, de nos jours, pour moins que ça, puisqu'ils refroidissaient des vieilles pour leur tirer leur sac. Il lui avait même conseillé de le diviser en quatre et de le fourrer dans 4 poches.Tu vois ce qu'on devient, un mec fiché au grand banditisme, ben, il perd sa noblesse en tôle.Trop bon.

Le Jacquot, il faisait la loi chez les pedo,à la centrale, mais dehors, il était décalé de 30 piges. Rigolez pas, bande de caves, z'avez qu'à tirer 30 piges et vous verrez.
Après, le Mosché, il avait accompagné Jacquot qui avait fini par lui balancer l'adresse de sa vieille mère, créchant près de Bordeaux, un peu en dessous.
Elle était Zimeur.

La Zimeur, c'est une maladie que si tu l'attrape on peut pu te mettre en cage vu que tu y es. Tu deviens un insoumis comme la Dalle, une beauté que j'ai épinglée dans le placard de mon atelier.Même les matons ils ont ps le droit de la regarder. Ils se branleraient dessus.

J'avais essayé de la faire en sculpture dans la pierre de Caen. Trop belle, la Béatrice, et son homme est un béni ds Dieux. Moi, j'ai jamais astiqué le petit rose devant, par respect et pourtant tu sais, je soulève encore du lourd avec mon cric.
La Dalle, c'est la Zimeur du cinéma Français, libre, insoumise, belle, amoureuse de qui elle veut, c'est à dire de son homme et y a pas à discuter.
Mais la vieille à Jacquot, la Zimeur de Bergerac,ben elle se tirait tout le temps de chez elle et ils la retrouvaient assise au bord de la rivière à regarder le ciel.
Ils l'ont mis en tôle, dans une Maison de Retraite spécialisée, un EHPAD je crois, une boîte à Zimeur.
Jacquot, il m'avait écrit que sa vieille Mama, elle réussissait à se barrer malgré les serrures et qu'ils la retrouvaient toujours au bord de la rivière. Alors, ils donnaient l'alerte comme ici et ils partaient la chercher, comme ici, pour la remettre au mitard, comme ici.
A la fin, la vieille elle a claqué.
Jacquot, l'avait fait enterrer près du cimetière des chiens.
Ça faisait un peu plus loin, pour les visites, a cause du car, mais au moins, dans ce cimetière, quand elle se barrait de sa tombe, elle avait pas loin pour aller voir Kiki, son dernier compagnon.
Oui, je sais, vous croyez que je tire trop et que le Shit, il fait son effet. Parait,m'a dit Jacquot que dehors, les gens sont complètement speedés et abrutis. Y pensent qu'au blé et aux vacances, ils abandonnent leurs vieux. Ils disent que ça pue, les vieux, que ça sert plus à rien, comme les taulards. Tu peux crever , avoir des emmerdes de santé, et tout et tout, ils s'en tapent.
Ben, c'est du beau. Y peuvent tous crever que je m'en fout, sauf la Dalle. Elle au moins, c'est une vraie femme, bien Zimeur, libre, insoumise et fidèle à son homme.
Il est comme moi,son homme , il aime pas qu'on mette le ciel en cage et il a bien raison.
Mosché, il vient plus nous voir, nous les enfants de la balle. C'est pas qui nous aime pas. Il est mort Zimeur, le pauvre Moshé.Quand j'ai su, j'ai demandé à Michaël, un maton un peu moins con que les autres, bien qu'il soit juif, d'aller mettre une fleur sur la tombe à Mosché dans le cimetière Saint Gabriel de Caen.Il m'a dit qu'il avait prié à la Syna, pour lui.C'est un mec presque bien, faut qui démissionne et trouve un vrai travail d’homme.
J'aime bien les Juifs, moi, et puis j'aime bien aussi la Dalle et son homme à qui j'envoie le bonjour depuis ma cellule du Centre de détention de Caen, où je purge une perpet qui n'en finit pas.

Moïse Clément


Les mots difficiles :
pédo : pédophile/ Perpet: Peine de prison à perpétuité/
Zimeur :Alzheimer / EHPAD : Établissement pour personnes âgées dépendantes( Je travaille comme art-thérapeute dans un EHPAD en Normandie, loin de ma Bretagne natale/
Syna :synagogue/ Leborgne :Jean Marie de la Trinité sur Mer/ Veld'hiv : vélodrome inhumain / Rafle: Invention de Pétain/ Fours crématoires:tout sauf un détail. Béatrice Dalle : actrice Française et géniale de cinéma. Françoise Marie- 2011Santucci: journaliste de Libération ayant fait un portrait de Béatrice Dalle dans le N°35 Libération NEXT.


Billet de mauvaise humeur

Dans ce monde de virtualité soporifique, de meilleurs que tout le monde en photo, de génies délaissés de l'écriture( mon Dieu, ayez pitié d'eux) de cons à roulette qui vous sifflent, vous taclent, vous demandent si vous êtes bon Juif pratiquant, ou simplement arabe bâtard, dans ce panier de crabes racistes et haineux, dans cette grande famille de créatifs qui écrit ceci:

-t'as vu mon papillon,lol/Oui, il est bô/lol/t'es la plus grande des photographes du monde lol/oui, c'st vrai avec mon APS qui me suit partout.Lol...je me rentre.Lol, je suis malade/ Moi aussi/Pas tant que moi.

bref, il faut combien de temps pour se débarrasser de tout ça. Rien.
Une masse bien assenée sur le P.C. et voila, tous les chef d’œuvre au placard comme si était passé un Tsunami.
On n'a m^me plus le droit de déconner sur le Web. Alors, il faut le prendre, se libérer de ces carcans de petit bourgeois de la toile et vivre la vie telle qu'elle est, dehors, avec les autres, les malades comme les bien portants.
Ceux qui se trouvent moche dans les photos dessus,qui sont des photos du tournage de mon film LA MEMOIRE AMNESIQUE en 2009 et 201O, ils m'écrivent et j'enlève le moche.

LES 26 et 27 MAI 2011 puis les 6 et 7 JUIN je présenterai le matin à 9 heures,AU CAFÉ DES IMAGES D'HEROUVILLE SAINT CLAIR en Normandie, ce film qui dérange tant de monde
LA MÉMOIRE AMNÉSIQUE.

Je suis l'auteur de ce documentaire qui vous plongera au cœur d'un atelier d'art-thérapie, le mien, parmi les Alzheimer que je soigne avec une technique non médicamenteuse, humaniste, douce, et efficace.
Du temps où ce blog recueillait entre 8O et 100 commentaires par page, beaucoup d'entre vous me demandèrent comment acheter ce film.
Deux l'ont fait. dont mon ami Sylvain Arbez, land artiste de talent et Jurassien, que je site car il faut visiter son site.
C'est vrai que 15 euros, c’est cher pour défendre une cause. Vaut mieux baver sur le Web , démonter tout ce qui se monte, lécher tout ce qui se lèche, pomper joyeusement les autres créatifs et se les approprier.

Il est en vente maintenant dans tous les magasins de la FNAC en France. A vous de me montrer que vous avez une parole.
Soutenez la cause ALZHEIMER.

Roger Dautais
art thérapeute
à l'ARDAPA EHPAD RIVABEL'AGE de Ouistreham


P.S.


Mes photos présentées ci-dessus :

Il faudrait dire, ma vie d'artiste.
Melting pot de personnes aimées ou haïes, vivantes ou disparues, de pratique land art, de prise de vue, de création, de doute pour faire quoi?
Pour vivre tout simplement. maintenant loin des lazzis et des cons jolis s'étant occupé de ma judéité de trop près
A 69 ans,bientôt vécus, une claque dans la gueule suffit pour vous mettre à terre. Je les attend de pied ferme et retourne à la réalisation de mon second film du triptyque consacré à la maladie d'Alzheimer qui porte le titre de
J'AI OUBLIE MA MER .
Le monde des Alzheimer est sur-réel, irrationnel, c'est pour cela que je m'entend si bien avec eux, si mal avec mes ennemis jurés.

samedi 14 mai 2011















à Anne des Ocrerie et Michel Piccouli





Nouvelle...


Les bateaux de papier.



Le permanenté, caquetait, vêtu de noir, parmi ses poules. Peintre longiligne et sub-Saharien de l'est, il savait prendre la pose, lui qui, peintre génial, la demandait aux autres. Jambes légèrement écartées, bras croisés, le buste balancé en arrière, il argumentait en se tenant le menton à la manière du penseur de Rodin. Sa chevelure mi-punk aisé, mi blaireau cancéreux, louvoyait entre les regards énamourés des pucelles. Il poinçonnait à la demande, parfois même, il" égoïnait avec soin, les bourgeoises de chaque ville. Sa passion pour lui n'égalait que sa connerie mais à ce niveau, on appelle cela du talent.



- She as so blue ayes and me, alone... She death.
Ils ont tué mon oiseau des Îles.
Fucking english
Polperro s'endormait, vidant ses derniers pubs à poivrots et il y en avait en Angleterre, comme ailleurs. Mary avait suivi la scène depuis sa petite voiture et s'était précipitée juste après le choc. Anglais contre Français, cette putain de guerre de cent ans ne finirait donc jamais. Les deux voitures éclatées, fumantes, retenaient quatre corps en vie, mais dans quel état.
Elle appela les flics.



- Voyez vous, très chère, j'admire votre 95 B et votre bouche purpurine.
- Retenez-vous, Maître...votre femme.
- Ma femme, je l'emmerde..Ah..ah... et vous, votre femme ?
La bourgeoise rougissante se crut percée dans son homosexualité et lui glissa dans l'oreille
- Demain, au Hilton, 17 heures.
Le maître pris son agenda électronique et pointa la date en ajoutant.
- C'est bien pour vous dépanner. Au fait, égoïne ou poinçon ?
- salaud..
- décidez vous.
- les deux.
et elle tourna le dos au groupe de pucelles.
- Beau cul, tout de même, hein, mes demoiselles.

La basse cour caqueta devant le con joli. La peinture, après trois couches alourdit le tableau et lui, des couches, il en avait tellement que beaucoup prenait cette armure pour de l'intelligence. Il avait fini par s'en persuader. Voyez un peu, si l'homme est con. Il suffit de lui souffler dedans par le bon trou et hop, il gonfle et s'envole vers le très-Haut.
Daniel Ju, finassait, minaudait, croquetait, époustouflippait ses proies avec son arrogance d'épicier qui a réussi. Son œil vif allumait même l’homme viril au penchant de gauche. Que voulez-vous, les bi, c'est ça et comme lui disait le bon docteur La Fourre, un p'tit coup sec entre les deux fesses, ça ne peut pas faire de mal à l'homme honnête. Ainsi, notre peintre,qui se pensait honnête se faisait un beau CRS de temps en temps, histoire de se faire rentrer dans le garage et remettre en place , côté fondement, sans prendre de P.V.



Les flics étaient arrivés en même temps que l'ambulance. Moïse était sorti de son tas de ferraille, le visage tuméfié, mais, vivant.Augustine Sévec était morte sur le coup.
Son oiseau, c’était Augustine, une belle Bretonne, genre pouliche qu'il avait mariée à 20 ans et tiré de son milieu de marins durs à cuir. Encore ce matin, sur le port de Polpreeo, elle riait en voyant les mouettes se sauter sur le quai. Une santé, à plus de 6O ans, belle comme le jour, tuée par ce con.



Le Préfet entra dans l'exposition de Daniel Ju. Celui-ci se plia en deux. Belle occasion de perdue pour un P.D de passage, mais enfin, passons sur ces idées insanes non dignes d'un bon Juif.
- Dites donc, mon cher, quel Ju !
Le con permanenté , ébloui par la casquette du Préfet, pensa que le vieux demandait du café et sortit de sa poche un blackberry pour commander deux cafés au bar du commerce.
-Ainsi, vous faites poser le tout Paris, mais, connaissez-vous ma femme, Angelina ?
Pour la connaitre, il la connaissait et sous toutes les coutures, car elle lui avait fait prendre ses mesures si souvent, arguant même qu'avec un pareil double décimètre, il ne pouvait se tromper, ce qui avait flatté Ju.
- Angélina, ma chère, approchez que je vous présente Ju.
Des coups de Ju, elle en avait tellement pris qu'elle était passée du 220 au 110, c'est dire si l'autre permanenté mondain avait une belle boîte à outils dont savait se servir la belle qui ne voyait en cet étalon, qu'un con bien monté.



Le vieil homme marchait seul, vers le cimetière aux croix celtique. Il pensait sa vie terminée.
- Ils ont tué mon oiseau des Îles...
Dans le restaurant Thaï d'Est Looe qui servait un excellent chicken and curry,Moïse dreamait Augustine et ses yeux bleu de mer.
- pourquoi tu ris, chérie ?
-Je ris à cause des mouettes
- des mouettes ?
- Fucking birds, fucking females, always fuck..Fuck...Fuck et nous...nada...rien...
- i am not a fucking bird...Fucking shitt
Kill away, mouettes de merde, criai Moïse, debout devant sa table. Les clients du restaurant appelèrent le patron.
Le patron ventru et dégargaté, arriva.
- Monsieur désire ?
- another bottel of fucking wine Thaï...et rapido.
Il jeta un billet de cinquante livres sur la table.
-Pour le service.
le patron empocha et le calme revint.



Daniel Ju avait tant picolé dans sa jeunesse qu'il en avait gardé un sourire chicoté. Normalement, toute femme du monde aurait du s'en écarter mais il compensait par un don de la nature, son coup de pinceau. Elles se précipitaient toutes pour recevoir un coup de Ju comme on va à Rome pour recevoir une bénédiction des pigeons sur la Place Saint Pierre. Parce que les pigeons, c'est comme les politiques, ça ne respecte rien pour réussir son vol. Mais peut-on reprocher aux femmes, même du MLF de profiter de la connerie d 'imbus insanes.
Non.
Ju savait écrire et pomper dans les livres des copains aussi, mais les trois quart des visiteurs ne lisaient pas ce qu'il présentait,dans cette exposition, mi-peinture mi-littérature. Son beau-frère, un esthète, lui avait dit, en entrant:
- ça ne se sent pas.(sic)
Chez les Ju, les poètes étaient boucher, charcutier, primeur quatre saisons, paysan, médecin de campagne, maire, viticulteur, cantonnier, boueux. Tous des Jus étaient bien bas du plafond, mais roulaient en en Mercédes, R 19, R5, vélo,tous cocus et fiers de l'être. Enfin, ce que l'on appelle des vrais hommes.Ju qui était végétarien boudhiste, vengeait la famille comme il le pouvait.
Ils prenaient le peintre pour une fiotte, un évaporé, un fou, un barré, mais ils venaient toujours au vernissage pour se saouler la gueule au champagne en compagnie de belles gonzesses. Car leurs femmes, mon Dieu...! Nous étions dans l'indescriptible et par respect, je n'en dirai rien.


Moshe, né à Brighton, d'une mère Juive et Anglaise et d'un père de passage, avait porté ce prénom jusqu'à ses18 ans. Mais comme les gens du quartier n'aimaient pas les Juifs, sa mère l'avait appelé Moïse, ce qui n'était pas mieux.
Il tenait son nez d'aigle non à sa race,comme aurait dit le borgne, aujourd'hui, mais aux branlées successives prises dans le quartier pour lui faire comprendre que: les youpin, dehors. On apprend très vite ce que c'est qu'être juif. Il y a a des choses qui ne se font pas dans la vie.
Moïse avait oublié sa religion et avait épousé Augustine. Ils avaient eu deux beaux enfants. Ils s'engueulaient tout le temps mais vivaient un amour passionnel, comme Rocard et Mitterrand( humour Juif)



Ju senti la douleur dans la poitrine, et puis le sol de la galerie de peinture l'accueillit, raide mort. La femme du Préfet,syncopa et le Préfet donna ds ordres pour que les secours arrivent. Rien n'y fît. Ju était mort, comme Molière, devant ses poules et en plein boulot. Son enterrement fût digne d'un don, celui de Préfet, qui au nom de la reconnaissance publique, paya des obsèques très honorables pour un petit pays, à ce pauvre malheureux. Il y avait beaucoup de femmes à suivre le cercueil ce qui fait tomber une légende. Non, messieurs, vos efforts ne sont pas vains, non, c'est faux de dire que les femmes nous oublient(enfin...) aussitôt. Même les plus grands dont on connait la performance douche comprise, par la presse poeple ont tort de négliger leurs maitresses car c'est au moment du jugement dernier et dans les allées du Père Lachaise que se reconnaissent les vrais hommes et le vrais cons, aussi.


Sur le petit aéroport d'Exeter, Moïse passa la douane avec un morceau de ferraille à la main. Un tout petit bout de la Nissan Alméra qui avait servi de dernier domicile à son oiseau de iles .Elle reposait maintenant dans ce cimetière de campagne aux croix celtique, à mi-chemin entre Polperro et West Looe , en Cornouailles. Ce seraient les oiseaux du ciel qui viendraient jardiner sa tombe et la pluie d'Irlande, pleurer sur cette terre Anglaise, après avoir survolé le mont Snowdown. Catharina ne louerai plus jamais la chambre trois et ne regarderait plus jamais vers l'ouest sans penser à son rire, ses yeux bleu de mer, sa joie de vivre, son amour pour Moïse. Mais voilà, la vie était cette merde qui honore des paons permanentés et tue des grand-mère en voyage.
Moïse ne croyait plus en Dieu depuis Auschwitz et le Pape l'énervait au plus haut point, surtout le dernier, avec sa nationalité provocante. Moïse, il aimait cette femme morte, c'est tout. Les autres, elles pouvaient aller se faire sauter ailleurs, cesser de lui cavaler après parce qu'il était pianiste. Moïse, il aimait dessiner des spirales sur les plages du débarquement et pissait au cul de tous les architectes, comme ça, par provocation. Car la vie, était une provocation, avec ses débordements de richesse, ces maisons en double, en triple, ses propriétaires couperosés, ses comptes en banque, ses bourgeois qui se gavaient de bonnes choses pendant que les trois quart de l’humanité regardait passer le train du blé, du fric, du flouze, comme les vaches tout en crevant de faim..
Moîse,sa rage, elle coulait dans ses veines et elle cesserait de couler le dernier jour de sa vie. Mais en attendant, il les emmerdait tous.
L'ATR quitta le seuil de piste et le cola au siège. Il vit la terre sous ses pieds et le petit cimetière ou reposait Augustine.
Moïse pleura, comme toujours, seul et but ses larmes. C'est sa mère, Shara aux longs cheveux frisés et noirs qui lui avait appris cette technique pour que les autres ne voient pas sa peine. Elle disait aussi :
- Si t'as faim, mange une main et garde l'autre pour demain. Ah, c'est pas une vie de Prince, ça, et le Charles d’Angleterre il n'aurait jamais appris ça. Mais il est ben puni avec es chapeaux de sa reine de mère.
Moïse traversa la Manche comme autrefois son ancêtre, le Nil, mais sans brailler au miracle. Il arriva à Roissy Charles de Gaulle.
Il prit un taxi :
- Place des Abbesses, s'il vos plait.
Une heure plus tard, il était dans son lieu, sa mémoire, son rêve. Il admirait l'entrée art déco de la bouche de métro .Il prit la rue des Trois Frères. Il s'arrêta en face du 22. C'était l'ancien bordel à Mado. Il s’assit sur la marche de l’hôtel d'en face.
Mado le regardait,comme il y a longtemps, avec son maquillage de femme du monde et son cul moulé dans une robe de soie.
- Salut Mado
- salut, tu deviens quoi?
- Je débarque deCornouailes. Et toi?
- Je bricole, tu sais.
- Quand est-ce que tu auras fini de te faire grimper par tous ces vicelards, Mado, tu sais bien que je t'aime;
- Je sais et tu as tort.
- Pourquoi ?
- Parce que on n'aime pas une pute.
- Tu n'es pas une pute, Mado, t'es une femme du monde.
- Je sais, mon chéri, perds pas patience, après on se mariera.
Il n'y avait jamais eu d'après. Mado était partie d'une overdose et c'est Moïse qui l'avait trouvé dans les chiottes du gros Nini, bleue, raide morte. Ses frangines étaient toutes à l'église et son julot aussi, ce qui était rare.

Moïse essuya ses larmes d'un revers de manche. Il avait 69 ans. Il était veuf de sa femme et de sa mémoire. Il se leva et remonta la rue des Trois frères. Il s’engouffra dans le métro. Une pluie dense et froide transforma les caniveaux de la rue des Trois frères, en fleuve jaune. Il y a soixante cinq ans,en 1947, des bateaux de papier, passaient devant le bordel à Mado,comme des messages d'amour d'un enfant à la femme de sa vie. Mais la vie, elle veut jamais comme les enfants. La vie,c'est une garce,une pute,et c'est pour ça qu'il faut la respecter.

Moïse Clément

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.