La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 18 janvier 2016

Le veilleur du temps :  pour  Pastelle
La déchirure  :  pour  Tilia
Objets trouvés :  pour Maïté- Alienor
Signes perdus de  l'Île Stuhan :  pour rêveuse de mots
L'attrapeur de  lumière :  pour  François Esperet
Le guetteur de silence :  pour  Mémoire de silence
Le veilleur de l'aube :  pour Bob Bushell
La question de la route  à  prendre  : pour Véronique Brill
Les errants de Lampedusa :  Pour Guisi Nicolini, Maire de cette Île *
L'échappée rouge,  pour Kenza
Buchettes et lichens dorés : pour Dina Brito
Dedans-Dehors :  pour  Synnöve Schneider
Le giron rouge:  Isabella Kramer
Le rappel en hiver :  pour Marie-Josée Christien
Cairn en Loc'h :  pour  Louise Browaeys
Rencontre  à marée haute :  pour Luce Lapin
Dernier feu : pour Patrick Lucas
Le permis :  pour France
Zen   :  pour  Marie-Claude


Ne te rassure pas trop vite. Ce n'est pas  une  photo de plus qui changera le monde. Et  même, si cela était, ce changement durerait combien de temps ?
Le Net est une grande gueule béante qui avale tout, en redemande,  insatiable. Toujours  plus, dit le  public et le  monstre avale...
R.Dautais 





Route 73


Les  prémices de  l'hiver ont fini  par apparaître,  puis par s'installer. Vent, tempêtes,  plies à répétition, grêle,  l'eau s'est imposée  partout. Pas une lande qui ne soit colonisée par les dormantes  noires et piégeuses. Lorsque rien ne vient altérer ces premières  impressions,  on se croit prisonnier du mauvais temps  pour toujours.
Les  semaines  ont passé,  m'écartant durablement du land art,  à en croire une fin de  pratique. Les  loups  ont  hurlé autour de  moi : trop vieux, trop blessé, trop  prétentieux, trop malade. 
J'ai remis la machine  à rêve en  marche, jusqu'à ce que je retrouve au  moins,  une partie de mes  moyens physiques. J'ai  pris la route 73 à parcourir, vaille que vaille,  pour une  longue année.
J'ai renoué avec cette vraie  jubilation, née de ce retour au vrai mien, au cœur de l'inconfort des saisons. Cette résonance  viscérale de la nature en  moi, c'était la preuve que l'indispensable retrouvé, valait le meilleur des viatiques.
J'ai pris la direction de cet océan atlantique trop  longtemps  négligé. Le départ du voyage serait fixé au grand  menhir se tenant  à proximité de la porte de Kerpenhir, porte du golfe du Morbihan. Grand témoin  muet du retour des  oies bernaches. Après, ce serait, cap  à  l'Ouest, La Trinité sur Mer, plage de Kerbihan, le Men Du,  l'île de Stuhan, Carnac, les falaises de Ty Bihan, les petites falaises de Légénèse. Je connaissais ces lieux par cœur, mais jamais ce qu'ils me réservaient comme surprise.
Un beau programme  pour  un convalescent. Et si jamais  mon dos  me  lâchait à nouveau, en route? Je n'y ai pas pensé.
J'ai croisé les  premières bernaches en nombre,à  à  l'est de l’île de Stuhan et  j'ai pris beaucoup de temps  à  les  observer. Certes, je n'irai jamais en Sibérie, mais elles était  ici  pour  m'y faire rêver. Ces oiseaux appréciaient la Mor Braz, ses  côtes et le Golfe.
D'un site  à  l'autre, j'ai trouvé des  milliers de  pierres dont certaines  maintenant,  m'étaient  interdites  à soulever parce que trop  lourdes. 
Les cairns sont nés, les  uns après les autres, comme les premiers jalons sur cette route 73 et  j'ai senti revenir ce désir de vivre dans ces  lieux,  inspiré et sensible à la création qui s'était retirée.
C'est sur une des ces  plages que  j'ai rencontré  une personne curieuse de mon  manège. Elle me demandait qui  j'étais, perdu dans  l'immensité d'une plage vide, pratiquant le land art. Qui  m'obligeait à tant d'efforts physiques, alors que personne ne me  l'imposait ? J'aurais du lui  parler de cette urgence ressentie,de cette recherche de dépassement, des  limites  à atteindre,  moi qui les avait dépassées si souvent, et que, maintenant, je vivais dans ce no man's land, inquiète, attentif, heureux. Mais j'ai préféré garder le silence et passer mon chemin.

J'ai toujours su saisir le moment  où la musique de  l'amnésie s'installe, avant que tout ne disparaisse. Il est contenu dans ce que je fais.Mais les possédants, les sachant , les experts ne nous  imaginent  pas comme ça. Ils nous veulent, comme  le dit Alexandre Jollien, " pauvres et muets, sans paroles et sans rêves ". Reprendre la route 73 c'est donner  tort à ces ratiocineurs, c'est goûter l  l'averse, la giboulée, c'est sentir le froid engourdir mon corps, c'est attendre l’éclaircie, avec le  même  bonheur.  Pourquoi  m'en priver puisque je vais  un peu mieux ? Et  puis, tout cela ne durera pas longtemps, maintenant.

Repartir au creux de cette saison brutale qui  n'est pas  là pour  plaire mais  pour dérouler sa  musique au  juor le jour, c'est me proclamer vivant et vivant, je le suis  mieux dehors.

Roger Dautais



Toi debout

Tout debout, tu vas  au bout de  l'exploit
Sans rien demander  à  l'écume
Tu confies  un voilier de  papier
Au flot de  l'Histoire
Qui  l'emporte comme  une lettre
Sous la  porte de  l'éminente trajectoire

 Ahmed Ben Mahmoud *

* Dernière parution du  poète    http://www.letemps.com.tn/tags/ahmed-ben-mahmoud

Toi debout, tu vas au bout de l’exploit.
Sans rien demander à l’écume
Tu confies un voilier de papier
Au flot de l’Histoire
Qui l’emporte comme une lettre
Sous la porte de l’éminente trajectoire. - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/ahmed-ben-mahmoud/toi-debout#sthash.FxnIRxSr.dpuf
Toi debout, tu vas au bout de l’exploit.
Sans rien demander à l’écume
Tu confies un voilier de papier
Au flot de l’Histoire
Qui l’emporte comme une lettre
Sous la porte de l’éminente trajectoire. - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/ahmed-ben-mahmoud/toi-debout#sthash.FxnIRxSr.dpuf
A lire  un article du Monde sur La Maire courageuse de Lampedusa :
* http://www.telerama.fr/monde/le-prix-simone-de-beauvoir-a-la-maire-de-lampedusa,136908.php

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.