La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

dimanche 27 mars 2011



à Lucien, Moïse, mon père,

Cette dernière série choisie dans les 25000 images de land art, représentant,une partie de mon travail de land artiste, réalisé depuis 1998 en France et à l'étranger.




















Depuis le mois de juin 2009,
27340 personnes ont visité LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
4524 personnes ont écrit des commentaires dont certains m'ont profondément blessé. J'en suis la cause principale puisque ils ont été la réponse à ce que je montrais à voir, à ce que j'écrivais. Aujourd'hui, j'ai pris la décision de fermer ce jardin, de ne plus venir y écrire comme chaque jour et de prendre la clé des champs. Ce n'est pas tout à fait un abandon même si cela y ressemble un peu. C'est une pause pour réfléchir.
Vous pourrez laisser des commentaires si vous le désirez. Je laisse la place aux censeurs de tout poil pour me consacrer à ma vie.
Merci à vous, amies et amis. Vous pouvez m'écrire sur mon e mail si le cœur vous en dit.

Bonne route et que le Printemps fasse pousser beaucoup de fleurs dans vos jardins.
Très amicalement,

Roger Dautais
27 MARS 2011 015H03, en Normandie

Roger Dautais

jeudi 24 mars 2011
















au docteur Claudine H.D.
la maman de Niak
en souvenir de notre pays commun, la Bretagne...







Et voilà les donneurs de leçon qui s'avancent drapés dans leur toge romaine, dignité en sautoir, breloque de gloire posthume annonçant ma fin.
Mon Dieu que j'aurais tort de me mettre à leurs pieds et couper le laurier pour ceindre leur front. Les caciques ont bavé sur leur belles chemises blanches et des jeunes filles insanes essaient vainement de leur redonner un brin de virilité perdue. La femme est supérieure, à l'homme elle qui n'a pas à soutenir ce qu'elle avance pour prouver sans cesse.
Y-t-il un âge pour être rayé de la carte ?Le bon sang bleu suffirait-il à justifier une présence sur terre, et le reste à enfourner dans les bouches noires du "détail".
Le bétail se convoie. Les trains sont prêts et qui parle de mémoire lorsque les vociférations ont été remplacées par le charme blond... Mais les chefs de gare sont prêts et les képis aux ordres.

- Monsieur, je ne vous permet pas, ôtez-vous de ma table, ici ne déjeunent en ma compagnie que des agrégés de lettres,
disait le professeur de terminale B, vêtu d'un costume trois pièces repoussant là un jeune prof qui arrivait pour déjeuner , plateau en main , le repoussant vers le box des factotum.
Dans les années 40, cette scène ? Non, il y a 14 ans seulement, dans un lycée Français. Et moi qui croyait que l'homme agrégé...
Plutôt désagrégé aussi, ce poète imbu, devenu imbuvable tant on lui avait gonflé la tête. Dame, comme on dit chez moi, en Bretagne, il avait fini par croire qu'il était le seul sur terre et bourré de talents. Bourré seulement, et tous les soirs à rouler sous son lit vide.

Nous ne sommes autorisés à rien, strictement à rien, ni à dire, ni à penser dans ce bahut, en 1997 où mon chef hiérarchique m'indiqua for généreusement :
Ici, mon gars, c'est pas la peine de penser, on pensera pour toi
.
Grandeur humaine. Avec une telle ouverture d'esprit, cet homme ne pouvait être qu'un génie et il l'était.
Je ne ressors pas mes vieilleries ni mes pleurnicheries liées à ma race, non, non, je dis simplement que de fachos, il y en a partout et qu'ils se cachent de moins en mois. Être artiste n'est pas une sinécure mais au moins, en ce qui me concerne, cela me structure et donne un sens à ma vie. Cela à fait de moi, un résistant.
Mais ne croyez pas que cela vous sauve d'une balle dans la tête, en principe, dans des régimes dictatoriaux, on passe à la casserole en premier. Ils n'aiment pas les gêneurs, les fauteurs de trouble. Que ce soit dans les pays de l'Est, d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Nord au Sud, cela est prouvé.
Découvrez la vie et le destin funeste du peintre Normand,André Daligault, ce curé génial qui fut aussi le maître à penser, le maître dans le domaine de l'art et de la peinture, pour Yvonne Guégan, elle aussi géniale et femme libre. Je crois que son sacrifice a laissé des traces au Mémorial pour la Paix de Caen. J'ai eu l'insigne honneur de travailler une semaine entière sur ses archives . Des œuvres arrachées à la mort, peintes sur des petits bouts de papier dans les différents camps de concentration où les Nazis l'internèrent jusqu'à sa mort par exécution. Ces petites œuvres clandestines furent sauvées de l'oubli par un kapo lui aida à sortir ces preuves de son existence pour ensuite pour les donner un jour à sa famille.
Quelle force, quelle résistance à la brutalité humaine instituée par le régime fasciste, dans les geôles allemandes, pendant qu'il était torturé, pour se garder en vie et, comme il l'a dit, échapper à la folie provoquée par l'enfermement, la torture, la douleur . Que lui reprochait-on à lui qui avait été dénoncé par de bons Français Pétainistes, on lui reprochait des faits de résistance, et aussi d'être un curé atypique, artiste peintre ! Tout pour plaire .Quelle leçon pour sortir de sa nuit, cette nuit, Nacht und Nebel, par la pratique d'un art pour ne pas sombrer dans la folie et crier jusqu'au bout sa haine du nazisme.

Les gommes à histoire sont ressorties et il convient pour nous, de nous ranger sur le bas-côté, de nous effacer sans cesse, jusqu'à la limite de la vie. Amnésie pour tous et profonde, noire. Votez, rangez-vous, taisez-vous, on s'occupe du reste.

Je continue le voyage seul., caméra au poing, vers cette contré qui vous est étrangère, ce pays, le miens, des terres noires caressées par le gel et le vent, cette contrée où la mousse accueillit mes premiers ébats, où le voisin du dessus de chez nous, lisait Mein Kampf, alors qu'enfant, je jouais sur le trottoir devant les bordels militaires d'après guerre, au bar de l'Étoile! C'était en 1947S.Comme quoi, une bonne guerre n'avait pas suffit pour faire comprendre quoi que ce soit à notre voisin, puisque cet homme était persuadé que seule, l'extrême droite pouvait sauver la France. C'est vrai, je n'invente rien. Ce lecteur avisé devint un des premiers chefs de camp pour Harkis, dans le midi.
La littérature forme quand même les esprits et donne à penser aux les imbéciles heureux. Dire que c'est une réussite, je n'irai pas jusque là. Mais je comprend bien aussi que tout le monde ne peux pas être artiste. La France deviendrait ingouvernable.
Il me faut marcher ma vie, l'inventer, la rêver comme me l'a appris le poète Youenn Gwernig, et rejoindre ces plaines balayées par les chants du vent d'Ouest et l'insouciante légèreté d'une vie délitée par l'âge. Il faut encore abandonner la dernière valise pour entrer nu en ce jardin des souvenirs perdus qui me redonnera l'envie de jouer la création.
Fasse que les Hespérides me tendent une pomme pour épancher ma soif, et qu'elle ne soit pas celle de la discorde. La marche vers mes origines n'est pas une reculade, ni une recherche de preuve à donner au premier petit con qui devient le comptable de mes gênes. Elle n'est pas non plus, un passage d'examen devant une poignée de savant cacochymes et morveux. Elle n'est pas la quête du Saint Graale, en loge. Elle n'est pas le rachat d'une jeunesse perdue ni celle d'un amour décadent. Elle est ma réalité, d'homme seul, entouré d'un monde que j'aime malgré lui et qui ne me le rend pas souvent. Les jeux du cirque sont revenus, les arènes sont ouvertes et les beaux candidats aux cravates rutilantes et aux implants dentaire impeccable nous vendent leurs idées. Dans cette kermesse, cette foire à tout, cette foire aux greniers, subsistent des lambeaux de démocratie et de justice, de liberté et d'égalité. Il en manque une, oui, la fraternité. C'est vrai. Les combats sont très fraternels, aujourd'hui et classieux.
Mais, les mots, voyez vous, pour bien les choisir, il faut au moins être agrégé et des agrégés il n'y en a pas 68 millions en France, alors, forcément, nous les ignares, nous nous trompons souvent.
Il faut aller voter...sans se tromper, Dimanche.

Roger Dautais







pour Marie-Claude

Mon amante a les vertus de l'eau : un sourire clair, des
gestes coulants, une voix pure et chantant goutte à goutte.

Et quand parfois,- malgré moi-du feu passe dans
mon regard, elle sait comment on l'attise en frémissant:
eau jetée sur les charbons ardents.


Victor Segalen
Stèles
Extrême-Orient 1929

samedi 19 mars 2011











Je ne pense pas que l'écriture nous donne une nouvelle identité. Nous n'en avons qu'une et c'est déjà très lourd. Par contre je vois bien cette écriture comme une arborescence dont nous serions incapables de voir les ramifications dans leur entier. Tutoyer le ciel vide comme un aveugle et sentir les nuages nous rafraîchir les idées me semblerait alors possible sans sombrer dans la folie, dans le déni du monde, dans la perte d'autre ou de soi.

Je me sens très artisan, très manuel, lorsque j'écris et cette dualité ne me gène pas. Je ne suis ni pour la dichotomie de l'âme ni pour la partition des mondes. Le magma me va.

Roger Dautais

Terrible, le vide alentour et pourtant, il faut vivre avec. Aux portes des églises, sur les pavés des rues froides, elles explosent le monde, ces femmes artistes. Nous ne faisons que passer dans leur ombre. C'est bien ainsi.

Visiter une exposition fusse-t-elle bouleversante, n'est pas sans danger. Après, on s'arrange avec les souvenirs. Il faut écrire vite. Le temps passe, les souvenirs aussi. La vie mange la vie. Les bribes de mémoire ne font jamais bon ménage avec les souvenirs effilochés. Que reste-t-il, une fois le temps de l'écriture passé ? Deux expositions à voir. Mais où, dans quelle ville ? Dans celle que tu voudras. N'oublie pas. J'ai refermé les portes de l'armoire à souvenirs. C'est le Printemps aujourd'hui, n'est-ce -pas, même pour mes morts, si lointains en terre Bretonne. Je vous aime.

Ici commence ton pays

Il ne suffit pas d’inviter les pleureuses, de déchirer le voile opalescent. Il ne suffit pas d’injurier les parjures et de repousser les grands prêtres dans le Saint des Saints.

Il ne suffit pas d’arracher la mauvaise herbe pour en faire d’exquises salades que des bouches fines goûteront avant l’extase.

Les tabernacles ont laissé s’échapper une envolée d’angelots pilleurs d’hosties. Les tombes sont ouvertes, il suffit d’y entrer, d’attendre le froid de la longue nuit et du délitement de l’âme.

Au cœur brisé, il faudra dire que cent poupées ne font pas le monde. Ton regard acéré de petit mâle n’arrive pas à la hauteur du nombril de ces femmes offertes.

La femme exulte, flotte, sombre.

L’homme croit qu’il est.

Ainsi naît le trouble.

Ainsi soit-il en ce lieu

Pour les mécréants

Comme pour les canards boiteux

Happés par la bouche noire

Urbaine et religieuse.

Ici, la beauté se mange

Des yeux.

Ici commence ton pays.

Roger Dautais Hiver 2011


Les évidentes

Viandes évidées, elles éructent en silence. Ça me parle. Les poupées entre elles, n’ont pas la clé des églises et la pluie ruisselle jusque dans ton cœur. Un regard jette un œil et le borgne regrette ce geste.

Ici nous irons, de chapelles et crimes, de prisons en sévices, pour exploiter le regard comme une carrière de granit, froid, distant, surgelé. Au château d’Ô les princesses au aux pieds nus, peignent des pensées insanes et les poissons rouges campent dans les cages à serein ;

Les pantins s’alanguissent, les bourgeois bavent sur le sarrau. Les yeux exorbités comme des pendus, ils perdent leur semence. La mandragore poussera au travers des pavés.

Les têtes roulaient à deux pas d’ici devant les foules sanguinaires et le bourreau ficelait, déjà les mains derrière le dos..

Il faudrait les tuer toutes, ici, pour obtenir un bain de sang, puis traire l’animal pour préparer le bain d’ânesse.

Apaisante transition des peaux laiteuses en fin d’hiver, sacrifiées pour le plaisir des yeux.

Quel enfant n’as-tu jamais pour proclamer ainsi le sacrifice et le crime, toi l’inconnue scandalisée de voir.

Ici, nous souffrons d’être.

Roger Dautais Hiver 2011

Je m’en vais


De la bouche grande ouverte sortent des maux. Ils sont femme-enfant, fille-torture, bandage-bondage, non-dits et les cloches des églises se sont tues.

Païenne aux yeux de mer, prêtresse de divines enlacées, tu exultes aux portes d’Airain. Vulcain t’embrasse à pleine bouche. Tu suffoques et rends l’âme sous la cendre du pilori.

Les vents d’ouest ont amené les papillons dans ta lumière. Gorgone, tu suces leur sang et tu lapes les gouttes sur le pavé. Louve, tu les séduis dans la mort et les allaite.

Les peaux s’irritent, rougissent, meurtries sous tes liens sadiques. Les histrions pérorent et montrent les étoiles jaunes épinglées sur le cœur. ;

Voici, par là, le ci-devant et e divan approchés, accouplés dans un orgasme sismique, symétrique et végétal. La tombe carrée te sert d’entrepôts. Ici l’on tue et dehors, d’accortes servantes nous servent du café noir aux terrasses voisines.

Ventre gris, ventre mou, la vie se prélasse et toi, ta jeunesse passe dans les courants d’air irradiés.

Mystique, tu regarde passer le jour, tu me regardes aussi, mi-ange, mi-démon.

L’heure sonne.

Je m’en vais.

Roger Dautais Hiver 2011


Ce triptyque a été écrit après avoir visité l'excellente exposition BROKEN DOLLS *de l'artiste Caennaise Annlys BONIN , installée en ce moment au cœur de la ville de Caen, dans l'église du Vieux saint Sauveur. A voir et revoir sans modération.

* http://www.anxiogene.com/

jeudi 17 mars 2011

















à tous ceux qui savent et se taisent...
Aux Sarah




La brèche s'ouvre. Je tombe. Il est un cimetière d'idées blanches comme des os de poulet sans la lune. Il est des quatre nations. Je gratte la terre et es ongles sont plein de morts. J'ai le blues. A quatre pattes, j'ai quitté ma tanière. Je suis dans les allées juives. Elles sont là, mes belles Sarah, l'œil charbonneux des grands amoureuses, l'œil enterré, le sourire plein face, aux étoiles.
Les hyènes hurlent à nouveau aux portes de la ville. Un sang épais coule dans les caniveaux. Je flotte, carmin.
J'écarte le rideau à rêves. Douche froide, effroi, ils ont entassé les corps. Ils me trainent, raide et froid, dans l'hiver Polonais, un crochet dans l'œil. Ils sont mes frères et je pardonne.
Il neige, je pleut, tu froids, vous aimez, nous. Ils s'en vont se tenant par la main, les enfants sacrifiés.
Nul whisky n'éclate plus ma tête, nulle coke, nulle héroïne, fini...pire, maintenant...des hantises. La brèche s'ouvre, le monde tombe. Une vague noire l'emporte. Ne ferme pas ta porte, cette nuit, Sarah. Je suis le nu, le mort, le vivant. Ni vivant, ni rien! Transparent comme le chant tzigane, comme l'appel du muezzin, comme la brise légère frisant le Pacifique.
Les stigmates laissent trace dans l'humus au pied des érables pourpres. Les lichens ont rosi de honte. Une perle de rosée s'est déposée sur tes lèvres purpurines, au creux de ta bouche, en morgue, emballée d'une bâche bleue au pays du Soleil Levant. Tes yeux en amande me récitent le Kaddich.
Quelle est-elle ? Comedia Del Arte? Où sont les corps raidis et glacés, des cours et des arrières cour, les roitelets, les rois ?
Qui trône ou détrône, sinon l'Océan.
Douleurs océanes, sang mêlé qui coule en mes veines, étoiles jaunes ou barbelés du détail borgne, cris d'horreur derrière les hauts murs, ou cris d'amour ? Quel est la différence lorsque le corps exulte !
Orion et Cassiopée, Papa, tu me donnais la main en ta nuit et je t'aimais ainsi, aveuglé de vengeance. Étoile du bar à putes, trottoir et talons hauts, enfances, mes enfances, sous un ciel d'orage, je subissais l'outrage pour qu'advienne une destinée, la mienne. Qui donc, aujourd'hui peut me donner des leçons? Personne, personne sauf la vie qui est une leçon.
Je suis Seul, maintenant, avec les cancres.. Je suis seul et j'ai un jour, quitté le volcan, rejeté à la vie. Je me suis fracassé la tête contre les barreaux du lit d'amour. A qui la faute. A personne. Bombardements, morts dans les rues, sang. Trauma d'enfance. Je serai Alzheimer. Tu sera Alzheimer, il sera Alzheimer...
Il est toujours midi quelque part. Je suis l'enfant-sang, l'enfant saigné à blanc. Bâtard.
Je cherche votre noblesse, égorgeurs d'enfants au nom de la Paix et de la Liberté. Je cherche votre courage. Vous êtes pires que des bêtes et voila que l'on vous décore !
Oser l'espérance sans Dieu. Blasphémer et piller les églises comme un petit sauvage. Partir toujours plus loin, franchir la frontière et marcher vers le volcan rouge puis définitivement rentrer dans la terre-mère.
" Mes dents sont tombées, mes bras, aussi, devant l'horreur. Ils ont tondu mes cheveux de femme infidèle et gravé la croix gammée au fer rouge sur mon front, les faux-héros. J'avais aimé..."
J'entends ta voix , Sarah la brune, Sarah la Juive, Sarah la belle aux baisers suaves, dans les bras de tes amants. J'entends ta peine et je te cherche dans les allées juives.
Je suis un chat blanc, chat noir. Je lape le lait de la Mère dans l'écuelle gelée posée sur la tombe de Sarah qui n'existe pas.
Mes yeux pleurent et le ciel, aussi. J'ai le bues. Il est trop tôt. Il est trop tard. Il est l'heure, amour et je te veux morte comme moi je suis mort ici, sourd aux paroles apaisantes qui ne seront jamais ma vie. J'écoute cette valse de Satie, elle me trotte dans la tête :Je te veux veux.
Ma nuit m'appartient. Je marche. La brèche s'ouvre, c'est tout. Je regarde le ciel, au fond. Il est vide.
Il est océan Pacifique. une vague noire emporte tout. Dieux, enfants, femmes, hommes coupables ou non. Dieu est mort, encore une fois et je vais à son enterrement dans l'allée des tombes Juives. Au Pays du Soleil levant, des yeux en amande se sont fermés et des corps glacés alignés en morgue, répondent au mensonge assassin des hommes. Le nucléaire n'est pas dangereux !


Roger Dautais



Enfant, je fuyais l'école, lieu barbare et de sévices. Je n'ai jamais appris à écrire dans leurs écoles. Elles n'étaient pas pour moi. Je ne suis ni écrivain, ni poète, ni photographe, ni landartiste, ni réalisateur, ni art-thérapeute. C'est ce qu'ils disent et répandent. Est-ce grave ? Oui, pour eux, qui sont du bon côté du manche. Je préfère la liberté de créer et la compagnie des accidentés de la route. Avec eux, la vie est belle, la vie a un sens.
J'ai commencé le tournage de mon second documentaire. Lorsque je le terminerai, je serai dans l'année de mes 70 ans. Je trouve cela plutôt bien.






Nous cheminons tous
oubliant que nous fûmes bercés
sur des chemins de terre
éclairés de néons

La route familière
s'efface sous une brume intense

Nous marchons cependant
car il faut bien aller
quêtant des étincelles d'amour
dans le flux des saisons

Les tombes s'ouvrent une à une
sur les défunts revenus
de la caverne claire
où s'écoulent leurs jours

Les morts n'épargnent aucun effort

pour trouver des paroles de consolation

Ils nous attendent avec patience


Eliane Biedermann


Oui, je sais, c'est plus facile avec le printemps, les petits oiseaux, les belles tables nappes, les belles maisons, mais nous existons aussi comme ça. Le monde ds blogs est un monde qui ressemble à l'autre, il suit les modes. J'ai entendu une belle ânerie cette semaine: la Maladie d'Alzheimer est à la mode. C'est vrai, être intellectuel ne nous met pas à l'abri de la bêtise. Il faut le savoir.
R.D. 20 Mars 2011Ajouter une image








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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.