La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 27 octobre 2009

C'est l'infinitude qui fait lien entre l'art et le réel..*.


Lorsque Christina Barolo nous parle du regard infini, elle dessine les contours de son âme, simplement et permet à celui qui l'approche de la pénétrer.
Il est bien entendu, disons, sous-entendu, que toute œuvre de création implique son créateur. En l'occurrence, sa vision holistique de son être, projeté sur le support miroir de l'âme, une toile, va suffir au déplacement sémantique.
La virginité de l'objet, sa "platitude" même, engage l'artiste dans un process qui met en œuvre un transfert d'ordre psychanalytique.
Christina Barolo, qui peint le cheval, nous parle de son regard, et prend comme alibi Descartes, pour nous parler de la passerelle possible entre le monde animal et le monde des humains, touche au sublime.
Le subliminal s'incarne, et le mot amour prend tout son sens, car Christina Barolo, est une grande amoureuse.
Amoureuse, femme dans sont épanouissement, bien sûr, mais non sans cette faille, cette fragilité qui lui permet d'être une artiste majeure. Sa palette lui ressemble, diaphane, élancée, aristocrate et ses nuances la rendent d'une humanité touchante.
Si la femme existe, elle est, berceau de l'humanité dans son accomplissement de mère. La création est une maternité et qui s'arrêtait au visible et serait à mille lieu de l 'entrée des possibles interprétations. Après, il faut encore la clé. Elle pend à son cou.

Comprendre Christina Barolo, se fait dans un regard, le sien.
J'y ai lu comme dans un livre ouvert et la limpidité de sa souffrance m'est apparue d'une humanité incontestable, tant le doute était présent. Cette humanité, je l'ai retrouvée dans ses toiles.
Voyons le catalogue en ses titres révélateurs :

Le doute évoqué par " Break"

L'intuition se dégage dans "feeling3
La raison s'inscrit dans " Duel3
La pensée se reflète dans " cogito ergo sum"
La connaissance appelle le "Tête à têtes"
Le tryptique de la passion " Coramespri"
ainsi que celui u "bBaptême"
et enfin "l'infini"

et voila ce que Christina Barolo écrivait en exergue de son œuvre peinte :

"Au cours de mes escapades d'enfance, mon REGARD avait déjà croisé celui des chevaux. Je l'ai retrouvé, je n'ai pu par la suite le porter ailleurs, tant leurs yeux avaient à me dire. J'ai été stupéfaite par la profonde et intense réflexion qui se dégageait de tous ces regards. Comme s'ils me renvoyaient à mes propres tourments de fragile humaine. Ces regards miroirs m'ont bouleversé jusqu'à me demander qui d'eux ou moi appartenait réellement au monde animal"...




Humble jeu de cartes, tarots de Marseille ou véritable connaissance de la nature profonde de l'homme, l'œuvre de Barolo est emprunte de la Renaissance Italienne mais aussi d'une modernité issue de l'univers cosmopolite de New York.
Les références flagrantes, sont de l'humanité et porteuses d'archétypes. Elles sont le reflet d'une humilité, je le répète , socle de toute œuvre majeure, face au mystère de l'homme, de sa relation à l'animal, au cosmos, à sa finitude.
Si les Jésuites ont choisi comme devise Perinde ac cadaver, c'est bien que la construction de toute oeuvre passe par la mort, quelqu'en soit son degré de connaissance ou d'initiation. Cette humilité nous rattache en son passage obligé, au retour à la terre-Mère, comme le sabot du cheval au galop, qui malgré sa puissance a lui aussi besoin de cette présence , de cette complicité, de cet accouplement avec la matière qui nous compose.
Tout envol présomtueux mènerait l'artiste,comme Pégase à se brûler les ailes.
A chaque fois qu'elle entreprend une toile, Christina Baroso, va chercher au tréfond de son âme, cette force de tout recommencer, inlassablement, comme un enfant qui balbutie devant sa mère, à chercher le langage pictural qui unira, le cheval-passion au spectateur-passif, qu'elle saura animer par un commentaire judicieux. Le" je ", est présent, le" nous " se conjugue au présent et le" jeu" du casino, de la roulete au black Jackincarne ce qu'elle nous offre à voir sur ses toiles. Une émotion de l'ordre de la Renaissance.
Je n'ai pas d'images à vous montrer de cses toiles, car je n'avais pas prévu d'écrire ces lignes nées d'une conversation téléphonique, mais on doit pouvoir parler de peinture à un aveugle. Si vous pensez que Christinas'était contée de montrer au Casino de Cabourg, pendant les equidays de l'automne 2009, une anatomie du cheval, déclinée en couleurs, ce qui est partiellement vrai, tant elle " possède " le cheval, dans son trait, vous aurez maintenant l'envie de découvrir l'oeuvre à Paris dans une galerie que je vous indiquerai plus tard ou à la galerie artioli Findlay 11east 94th Street New York NY10128.
Vous comprenez mieux ce qui peut me relier à Christina Baroso, lorsqu'en 2006, je créais la série des" Gisants de Sallenelles". Un lon cordon ombilical reliait le défunt à la Mère-Fleuve. En ces temps l'Achéron,fleuve des enfers, chariait des eaux boueuses et le passage d'une rive à l'autre s'effectuait sur la barque dee Charon.
Le land art est "Terra incognita". Le land art est "vibration" et non, ratiocinations de petits vermicaux présomptueux et pédants. C'est une oeuvre d'homme, ni en dessous ni au-dessus, encore faut-il trouver la bonne longueur d'onde. Pour moi, elle s'appelle, l'amour de la vie.

Roger Dautais
" en revenant de Balbec avec Marie-Claude"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

* William T.Vollman
Chronic 'Arts Septembre 2009

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.