La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 3 avril 2019

Les demoissellesde Loclariaquer :  pour Véronique Brill
Les demoiselles de Locmariaquer *  : pour Véronique Brill


 
aux fées...
que sont les passantes de  mon chemin

Heures imprévisibles, vous collez à ma peau. Vous allongez mes nuits sans sommeil de plages vides.
Sur le sable,étrangère, tes pas s'effacent quand la mer monte.
Je m'efface aussi.
Lorsque je prends la route, quittant le monde bruyant, je marche pour écouter la nature, je regarde, je découvre. Elle me donne. Je ne peux me passer de faire ainsi..
Au milieu du secret de l'initié, j'apprends tous les jours, humblement.
Mes land art sont des respirations posées le long de mon chemin. Éphémères, ils ponctuent mon parcours, comme les années, ma longue vie d'homme. Dans les écueils, je navigue à vue, conscient chaque jour, que le terme du voyage approche.

Roger Dautais


 *  Les demoisselles de Locmariaquer.

J'ai crée ces  premiers cairns perchés, après les avoir expérimenté dans les Alpes,  il  y a de nombreuses années,  l'idée étant de contempler des  pierres en lévitation, de les extraire de  leur gravité. J'avoue que  près de la mer, et parfois, dedans, ces installations éphémères sont spectaculaires.
 Elles faisaient partie de  mon programme LES VOYAGEURS DU PONANT  : 7 artistes, 15 Iles,  parcourues dans une année,à partir du 20 Avril,  pour pratiquer le  land art et quelques autres arts, ensemble, avec les Iliens.
Projet stoppé net après mes malaises cardiaques, à répétition sur l'Ile aux Moines,  puis sur le continent, évacuation par le SAMU et hospitalisation en cardiologie,  à Vannes. J'attends dêtre  opéré pour  un triple pontage coronarien  à Ponchaillou- Rennes., le 9 Avril, dans 5  jours.
Le projet sur les  iles a été ajourné d'un an. J'en suis désolé  pour les Maires qui s'étaient engagés  à nous recevoir et  à nous soutenir ainsi que pour la Directrice de  l'école  primaire, Saint-Joseph où nous devions exposer nos  photos land art. Nous nous reverrons bientôt.

 


"La possibilité d'une île"

"Il n’y a pas d’amour
(Pas vraiment, pas assez)
Nous vivons sans secours,
Nous mourons délaissés.

L’appel à la pitié
Résonne dans le vide,
Nos corps sont estropiés
Mais nos chairs sont avides.

Disparues les promesses
D’un corps adolescent,
Nous entrons en vieillesse
Où rien ne nous attend

Que la mémoire vaine

De nos jours disparus,
Un soubresaut de haine
Et le désespoir nu.

Ma vie, ma vie, ma très ancienne
Mon premier vœu mal refermé
Mon premier amour infirmé
Il a fallu que tu reviennes.

Il a fallu que je connaisse.
Ce que la vie a de meilleur,
Quand deux corps jouent de leur bonheur
Et sans cesse s’unissent et renaissent.

Entré en dépendance entière,
Je sais le tremblement de l’être



 Magnifique texte de Michel Houellebecq
Interprétation musicale de Jean-Louis Aubert.











Les demoiselles de Locmariaquer *
Maternité océane 

à  Sonia,
 en guise d'adieu.

Brisures d'amour dans le vent d'amont, en pure perte. Tout bouge au pied des oyats. Les sables rampent, les sentiments sont labiles. On enfouit les restes,  incognito, jade compris. J'emprunte le chemin glissant de l'estran. Entre la mer et toi, dans  mon  univers,  un silence établi. Le  juste pays des sternes en glisse céleste qui me fait lever la tête. Au ciel, cardinales sacrées, les directions angéliques me laissent le choix. Ce sera,  pour  moi,  le  nord des  mers froides et Michaël triomphant.
Brisure de la rencontre  aux petites chapelles parcourues  pieds nus. Les cierges s'éteignent, les  intentions, aussi.  Dans quel labyrinthe freudien avez-vous désiré, trainer  mon âme d'athée, jusque sur les rives du Sal ?
Le corps comme  offrande, la flamme  de la passion comme prière,  libre,  jusqu'au bout des croyances et superstitions, j'abandonne  mon cœur aux  mains blanches et expertes d'une femme de l'art.
Chirurgie du voyage ultime.
J'attends sur mon corps, les premières pluies de Printemps, réparatrices et cicatrisantes. Mes dernières feuilles mortes sont tombées , privées de sève, ce matin.
La nuit est tombée, elle m'entoure dans cette dernière nage, vers le large. L'eau glisse sur ma peau mate, sur mes épaules. Je nage. L'eau salée rentre dans ma bouche, mes yeux.
Quelques  plumes d'ange sur  l'eau noire. Michaël ...?
En réponse, cette envie de nageur de fond me reprend, après le dernier  message. Nager, nager tout droit,  m'éloigner de la côte, rejoindre les courants froids.
 M'enfoncer dans le noir.
 La mer  me prend. Clap de fin.

Roger Dautais

 Dernière  ligne droite




LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

http://rogerdautais.blogspot.com/
 Photo  : création land art de Roger Dautais
" maternité  océane"   pour Marie
Côte de nacre  Normandie


***

à Sonia L.

mais laissez des espaces dans votre unité...
Remplissez vos coupes l'un pour  l'autre, mais ne buvez pas dans une seule coupe...
Chantez et dansez ensemble, soyez  joyeux, mais que chacun  puisse etre seul, comme les cordes du luth, alors qu'elles vibrent d'une  même musique.
Khalil Gibran

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.