La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 5 mars 2012






























































































































































Car il faut que chacun

compose le poème de sa vie...

Youenn Gwernig











Sur le chemin du retour d'une sortie land art, j'aperçois, sur le côté droit de l’autoroute, dépassant d'un talus me surplombant d'une quinzaine de mètres, un tas de pierres blanches brillant au soleil. Une semaine plus tard, je retourne dans le secteur et, après avoir franchis plusieurs rond-points, je trouve l'entrée du champ tant espéré.Un véritable trésor s'offre à moi. Des tonnes de plaquettes calcaire, entassées sur une centaine de mètres de long sur au moins, deux mètres cinquante de haut. Cela provient probablement d'un creusement de terrassement des nouvelles grands surfaces qui ont poussé dans la région, de l'autre côté du périphérique.
Je grimpe au sommet de cette pyramide et m'aperçois très vite que le sol est mouvant sous mes pieds. Et pourtant,je décide d'élever un cairn en son sommet. Après avoir réalisé une petite plateforme pour l'accueillir, j'essaie de stabiliser les pierres de la base sur une profondeur de un mètre., puis je commence l’élévation. D'abord le cercle de base qui doit être parfaitement calé, puis les premières pierres de la base intérieure. Après, je recommence la manœuvre, couche par couche. Les premières pierres sont récupérées dans la proche périphérie. Ensuite, il faut descendre sur cette pente glissante, choisir les plaquettes calcaires qui sont appropriées, les lancer depuis le sol jusqu'au pied du cairn sans taper dedans, remonter la pente, les bras chargés d'autres pierres, puis reprendre la construction. C'est long à bâtir , dans cette position inconfortable, bien que celui-ci soit de taille moyenne,( env.1.50 m de haut) mais je ne m'ennuie pas une seule seconde. Pas le temps de penser que cette semaine, j'ai réalisé une spirale marine, monté des cairns sur l'estran, travaillé le long du fleuve et bien d'autres choses encore. Jour après jour, une vie consacrée au land art, sans en attendre autre chose que de trouver un sens à ma vie d'artiste. Et ce bonheur de réaliser ce cairn, de créer dans cette immense plaine me rattache à tous ces paysans qui ont travaillé cette terre à blé, jour après jour, par tous les temps. Le flot de voitures incessant roule à mes pieds et c'est bien la première fois que je travaille dans ce cadre. On dirait un fleuve, un fleuve de voitures anonymes qui paraîtrait ne jamais cesser de couler. Je n'y prête pas trop attention, juste un bruit de fond, même pas une image. Je suis au pied du cairn, au milieu de la pente. Il bouge et je sais ce que cela peut vouloir dire : l'écroulement. Il ne vaut mieux pas être en-dessous. Il va se tasser ainsi deux fois et il me reste le sommet à terminer soit une trentaine de kilos que je vais monter du sol puis déposer délicatement, pierre par pierre. Il est déformé légèrement mais il a décidé de rester debout, ce dont je le remercie. Du fleuve-voiture, montent quelques coups de klaxon et je les lui dédie.
Je descend la pente une dernière fois et le salue, ce poème de pierres. Et si je le dédiais à Youenn Gwernig, ce poète du Huelgoat dont l’œuvre continue de me marquer...ce serait bien comme ça.

Roger Dautais




La source du temps


Silence, le plus digne hommage !
Quel tumulte d'amour emplit jamais le très profond silence ?...
Victor Segalen




Dans les jazz du vent
arborer un nouveau langage
en écho du silence.

De la vacuité
plein les godasses
suivre le chant
qu'offre l'ombre
à fleur de peau.

Remuer au plus profond de soi
la légende
sous l'écorce.
Déventer
la fauvette de l'air.

A la source du temps
se décoller du visible.
Visiter les songes
jusqu'à plus soif
de l'essence.

Saisir par l’œil
les combustions translucides
que seules des rumeurs
nourrissent.


Le sanctuaire au goût huitrier
de la parole
saisir l'alphabet
de la genèse
comme l'incantation
d'une pureté à venir.


Louis Bertholom

Retrouvez cet auteur chez l'ami et poète Guy Allix, dans les pages de son Anthologie subjective

http://guyallix.art.officelive.com/LouisBertholom.aspx
http://www.myspace.com:louisbertholom
http://lafrenière.over-blog.net( Quebec) Cliquer sur "Les marcheurs de rêve" et chercher dans "archives".
http:www.printempsdes poetes.com Cliquer sur "La poéthèque"
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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.