La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 25 novembre 2013


Au cœur du Golfe : pour Tossan

Passage céleste : Pour Marty
Le gardien des 7 îles : à Serge Mathurin Thébault
Jour de tristesse : au vieux passant anonyme
Une dernière fois, en Ria en attendant  l'hiver : Pour Leovi
Jour après jour  : Pour Patrick Lucas
Les passions :  pour Jefferson B. Cezimbra

Le défi au soleil : Pour Camino roque
Sur la route des sept îles. : à Tony et Stéphanie
Défi au soleil II: pour France
Le solitaire ( île du Men Du) : Pour Helma
La  porte de  l'île du Men Du : Pour Bob Bushell

Le serment mauve : à Marie-Claude

 Car il faut que chacun
compose le  poème de sa vie. 
Youenn Gwernig

Sur la route des sept îles


Je viens de quitter le dolmen de Toulvern et je descends  vers le golfe du Morbihan sur une route jonchée d'aiguilles de  pin, qui la rendent  glissante. Dix  minutes  plus tard, c'est l'ondée.J'ai quitté la maison sous  un bel arc en ciel. Maintenant que je connais  un  peu  la région, je sais qu'en  me rapprochant du golfe, le temps s’éclaircira, avec un  peu de chance.
14 heures, j'emprunte le passage du barrage qui  mène aux sept  îles. Je progresse en sous-bois, avec la mer,  à droite d'où  montent de très fortes rafales de vent glacial. Je quitte le couvert et descends sur la grève. Je suis gelé, une fois de  plus. Je monte un premier cairn que le vent bascule sans  problèmes. J'insiste, sous les rafales et déniche  un coin de grève à l'abri sous  un  pin maritime. Je recommence  mon travail. A cet instant, je pense  à Youenn Gwernig à son  obstination , sa façon de se tenir debout dans la tempête, malgré tout et cela me donne du courage. Cette fois, le cairn équilibre dans le vent. Je peux continuer ma progression sur la grève et marquer cette avancée de jalons élevés  à ma façon. Soudain, le vent tombe, la pluie cesse, le soleil fait une timide  percée. Au-dessus de l'Ile aux Moines, c'est déjà le grand  bleu.
La rudesse du climat, la solitude, l'envie d'avancer malgré tout et de me sentir  bien en vie, font partie de ces choses que j'aime. Cette confrontation aux éléments, qui  plus est, en Bretagne,  me parle jusqu'au plus loin de ma mémoire. Ai-je  un jour connu l'existence facile ? Non. Dure épreuve et parcours de vie, commencés si jeune, sans autre choix. Était-ce nécessaire ? Ce n'est pas  à moi de juger.
Je marche en direction du Sud-Ouest, et découvre une plage inconnue de  moi, dont le parfait arc de cercle m'inspire. Bien que ne soit pas prévu, car cela retardera  mon avancée, je descends. Le sable convient  pour le tracer d'une spirale qui certes, sera  de taille  moyenne, mais sera mon  poème de la journée. L'exercice est bien maîtrisé dans un sable  souple, en  un  peu  plus d'une demi-heure. Elle a trouvé place entre deux sillons de laisse de  mer. Je remonte sur la petite  falaise pour examiner le travail. Elle est  réussie mais demande  à être prolongée par  un cordon ombilical en direction Sud-Est. Ainsi complétée, elle me convient  mieux, éclairée par un soleil oblique et doré. A marée montante, la mer viendra la recouvrir mais je ne serais  plus  là pour voir le spectacle car je dois avancer. 
Je marche vers  l'isthme qui se découvre et va me donner accès  à l'archipel des sept Îles. 
Je rêvais de cette traversée depuis des  mois., depuis qu'avec Marie-Claude, nous avions découvert cette passe sans l'emprunter, au  mois de Mai dernier.
La mer vient  à peine de se retirer que je marche en direction de  l'île et  mon esprit s'envole vers elle que j'aimerai être auprès de  moi. Étrange sentiment que de  mettre les pieds sur cette île, partager sa solitude, son intimité et la beauté sauvage du lieu en regardant le continent comme  une terre  lointaine. Je suis doué pour la gamberge!
Bien sûr, je pourrais me reposer, mais je ne le fais pas et ce ciel  pommelé m'accorde son aide. J'entreprends de lever des pierres trop  lourdes  pour moi en réunissant toutes mes forces  physique et mentales. Avec le poids qu'elle font, je ne peux me permettre de les reprendre  plusieurs fois et si elles tombent, je ne les relève  pas. C'est  pourquoi, je jauge, j'évalue, je calcule tout déplacement à  minima avant de faire mes efforts. Je monte ainsi un très beau cairn à l'entrée de  l'île. Il vivra le temps de sa destinée en compagnie d'un  conifère, bien éprouvé par les tempêtes. Le compagnonnage me plait, et  nul doute que, dans  mon esprit, lorsque je m'éloignerai,  il parleront de ce vieil homme , venu ici un soir d'automne, venu saluer les sept  îles  comme  il convient. Ainsi construisais-je mes rêves ! Dans la foulée, avant de regagner le continent, j'appelle Marie-Claude,  lui dit  où je suis, lui décris les lieux, le soleil couchant et lui promets de revenir ici, avec elle.
Ces détails peuvent paraître anodins, mais  ils expliquent comment une vie peut être totalement  imbriquée dans la pratique du land art et se dérouler,malgré tout, le plus simplement, le plus naturellement du  monde.
Je ressens ma fatigue pendant la marche du retour. Je diminue la cadence. Lorsque je reviendrai dans ces  lieux, je ne retrouverai aucun de  mes travaux,  puisqu'ils sont éphémères. Je reverrai  peut-être en  mémoire, ici  ou là des endroits qui  me parleront de traces disparues, effacées  par vents et marées, mais c'est tout.
Pour  moi, tout sera nouveau à voir, tout se redira autrement et je partirai  pour  un tour de  l'Ïle, avec en tête cette si belle chanson  éponyme de Félix Leclerc.
 Lorsque je reviendrai, j'irai saluer le dolmen de Toulvern,  y reprendre de  l'énergie vitale pour aller  plus  loin dans ma vie. J'affinerai l'expression, je ferai du quotidien,  un apprentissage, malgré les turbulences des éléments, malgré les douleurs ressenties qui sont les aléas d'une vie de vieux voyageur.

Roger Dautais





Le feu ne brûle pas
c'est un radiateur
qui gargouille parfois
comme s'il avait peur
comme s'il avait froid
les deux clochers d'Arbois
sonnent à la même heure
ce soir pas d'apéro
en face le carreau
du toit capte un dernier
reflet du jour d'octobre
et puis la cheminée
crache un peu de fumée
que le ciel enveloppe
et va porter ailleurs
comme lettre à la poste

de ma table je vois
la rue par la fenêtre
j'écris ce que je vois
pour ne pas disparaître
je serai disparu
avant demain peut-être
un vieillard dans la rue
croira me reconnaître
ce ne sera pas moi
ce ne sera personne
mourir ne surprend pas
celui qui n'est personne


Jean-Claude Pirotte *
Chronique douce, Le Promenoir Magique et autres poèmes 1953-2003, La Table Ronde, 2009,

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Pirotte

mercredi 13 novembre 2013

Camors song : pour Nathanaëlle
Le départ :  pour Tilia
Rite en forêt :  pour Chrys
Enchantements  possibles:  pour Elfi
En silence :  à Marie-Claude
Le rappel Normand : Pour Guy Allix
L'annonce  :  pour Uuna
Présences : pour Patrick Lucas
Le guetteur de Kernours : pour Flo
Solitude mauve :  pour Isabelle Jacoby
Ar c'harrez  : pour Bizak
Le messager ( Fontaine de Kernours): à Louis Bertholom
Le trois niveaux de la connaîssance : pour Fifi
 
Avant la bascule du jour : pour Sasa Saastamoinen


Aux 140100 visiteurs, à ce jour, du Chemin des Grands Jardins, 
avec mes remerciement et mon amitié.
 R.D


Sortie salutaire ou fatale? Quand  on prend la route,on ne sait jamais si  l'on reviendra.Il y a quelques jours, je côtoyais le tumulus de Kernours, ouvrant ma route vers le sud, aujourd'hui, je me sens attiré par le Nord.
Après les fortes  pluies de la nuit passée,accompagnées de grand vent, la route se couvre de feuilles  mortes, par endroits, et devient glissante. Je roule dans la direction de Baud, Pontivy afin de rejoindre la forêt de Camors. Les  lieux-dits défilent :Kerauffret, Bod Kesten, Penher Kreïz, Kerpendu...La croix Jegado.
En traversant ce dernier,  un goût de poisons me vient  à la bouche, et  l'inutile mémoire d'une empoisonneuse qui dût marquer la région à tout jamais.Le temps des digitales est bien passé, pourtant! L'âge aussi qui galope comme les nuages. Voyagerais-je inutilement aujourd'hui, en répondant  à cet  irrésistible appel d'une forêt encore  inconnue  pour  moi et qui,une fois rendu sur place, me laisserait indifférent?C'est un risque.
Je roule vers le cœur de la Bretagne sans oublier que mon travail n'est pas fini sur les côtes. La vie ne me suffira  plus. J'avais imaginé  un achèvement  possible mais c'était une erreur.
C'est le temps des hors et  l'on sent  une inhabituelle circulation dans l'air. On dirait que les cimetières transformés en jardins avec leurs chrysanthèmes de Toussaint,  ont ouvert les tombeaux pour une exceptionnelle permission avant le grand hiver.
J'entre dans le bourg de Camors et je le quitte très vite en obliquant vers la gauche. Trop de lumière, trop de vivants ici, affairés et dont je dois  m'écarter. Je cherche la frontière entre  l'ombre et la lumière,le limès, la vibration  née de  l’obscurité. Il me faut percevoir  l'écho de ma terre Bretonne, de cette terre qui n'en peut  plus de subir et que je dois consoler.
Vaste programme  pour  un vieil  homme, seul. Mais voilà, qu'à peine entré en forêt, l'eau si attendue, apparait. A gauche,  un étang,  à droite  un autre étang. Je m'arrête aussitôt. Ce sera  là.
Je choisis de travailler autour de  l'étang de droite. Il  me rappelle celui de Saint Helen en Côtes d'Armor, avec sa stèle  à Lamenais, puis les poèmes de Xavier Grall, puis encore, le vagabond trouvé mort, les yeux ouverts dans un fossé, non  loin de là. Chevauchement de mémoires enfouies, éternel balancement entre la vie et la mort, vision trop  lourde aussi qu'il me faut évacuer.
Je vais commencer  mon travail.
Le land art ne se résume pas  pour  moi  à une série de  photos que  l'on regarde, faute de  mieux. C'est  une pratique quasi quotidienne, un travail manuel,  un art de vie, un temps consacré.
Mes mains caressent la  pierre humide du muret sur lequel une géographie  improbable est contenue dans les joints de la pierre. Je voyage. J'accompagne ces  routes imaginaires de cupules de chêne et de baies sans quitter des yeux ce lac paisible. Puis, ce sera  un cœur de Toussaint, mauve, cerné de gris, posé sur une  mousse rase. Un peu plus tard, une ribambelle d'étoiles,  m'emporte dans un autre voyage.Je quitte la rive, enjambe un ruisseau sur un  pont de bois et me dirige vers la lumière qui éclaire le haut de  la colline alors qu'ici, la pénombre s'installe déjà entre les châtaigner. Le sous-bois est  humide et nourrit une mousse abondante qui a fini  par coloniser, souches, bois mort et troncs d'arbre. Moment et  lieux choisis  pour capter le temps et le plaquer sur une souche. Cette horloge éphémère réalisée avec des petits morceaux de champignon et deux brindilles, marquera mon passage. Un jeu constant ! J'irai jusqu'à saluer les derniers rayons de soleil, tout en haut de la colline avant de redescendre vers l'étang et reprendre la route.

Quelques jours avant...
J'aurais aimé trouver  ici, l'immobilité d'un vent qui capitule autour du tumulus de Kernours, mais ce sera  pour une autre fois. A mon premier passage, les eaux des sources et du  lavoir se sont mises  à résister et je le comprends. Je dois prendre de la hauteur et travailler dans le bois qui   les surplombe. Il domine la ria d'Auray et contient un très beau tumulus accompagné de tombelles. Instants suspendus que ces  moments  où je me laisse guider pour trouver les pierres rares et libres. Délicieuses émotions qui restent sans  partage. C'est le temps des  hors, les  ombres se chevauchent, s'orchestrent, dansent, explosent quand la  lumière vient les frapper. Ce lieu est habité de  mémoires flottantes, laissant trace. Comment décrire  l'étrangeté des sensations qui  me saisissent. Je navigue entre inquiétude et sérénité. 
Seul le travail manuel va me sortir de  là. Un premier cairn perché sur un énorme rocher est basculé, dans un  premier temps, par le fort vent qui  monte de la ria entre les pins maritimes. Je relève les pierres, en change l’ordonnancement, assure quelques calages, en rajoute une, et le voici, debout, dans le vent, face aux tombelles, éclairé par les derniers rayons de soleil. Instant précieux que cet équilibre partagé entre les éléments.
Je fais le tour du tumulus et de chaque tombelle dont je lie les forces puis je redescends vers les sources. A partir de cet  instant, mes travaux seront enchaînés sans difficulté autour de ces deux sources, et  un  peu  moins facilement dans le grand lavoir aux lentilles sans que je sache  pourquoi. A cet instant, je pense  à Patrick qui m'a indiqué ce lieu et je le remercie.
Sans avoir particulièrement réalisé de travaux de force, je me sens épuisé. Certains lieux sont difficiles  à côtoyer. Je rejoins le chemin qui  borde la Ria. La mer recommence  à  monter. Dans quelques heures  le paysage aura entièrement changé mais il faut maintenant que je rentre rejoindre celle que j'aime et qui compte sur  mon retour.

Roger Dautais



De l'humidité 
de l'humus
surgit
la palpitation du monde
Un mouvement de l'âme
m'accueille
et me fonde
surgi
de l'extrême pointe 
du désespoir
l'ignorance précède
ce qui se tait.

Marie-José CHRISTIEN

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Jos%C3%A9e_Christien


The wind teaches


wind billowing
teaches me
what to do with rain:
hear it, feel it
(my face its pool)
carry it, puff all 
around it, ride it,
line it up, then
unframe the drops
as the ocean
unframes the shore
Ruth Mowry
for Roger
 http://washedstones.blogspot.fr/2013/11/the-wind-teaches.html

mardi 5 novembre 2013

Émergence : à Marie-Claude
42 : Pour Raymond, Édith et Maud, seulement
Âmes en peine de Kerdaniel: Pour Ana Minguez Corella
Liaison en Ria d'Auray : Pour Uuna
Les  muets et les autres :  To Sasa Saastamoinen
Fontaine de Brec'h : hommage aux sourciers.
Partition  pour le chant du Loc'h :  Pour Joelma
Le retour au pays : Pour Sayada
La ligne rouge : To Erika
Le  guetteur du Loc'h :  Pour Marité
Les Dominicales :  pour Serge Mathurin Thébault

Le pré carré des rouges : To Teca

L'aide  mémoire: pour Inès
Finitude : pour Guy Allix



 Travailler  pour des nèfles...


La fontaine se situe à cinq  ou six  mètres en contrebas de la route,  non  loin d'une chapelle,  à la sortie Est du bourg. L'été dernier,  j'ai fait la rencontre d'un  marcheur de la région qui  m'a indiqué ce  lieu,  parlé de cette fontaine et d'un chemin creux menant  à  un  pont romain, situé  à quelques centaines de  mètres  plus bas, au sortir du bois. Dans  un  premier temps, je découvre, avec plaisir une petite fontaine de granite,  incluse entre deux talus. 
J'ai toujours aimé les sources,  les fontaines, probablement  guidé en cela  par  mon grand-père paternel qui était  sourcier et possédait, me racontait  mon  père, quelques dons de guérisseur qu'il emporta avec  lui, en disparaissant de cette terre. Il se prénommait, Pierre et j'en suis le gardien de sa mémoire lorsque, découvrant une source  ou  une fontaine, c'est  à lui que je pense en premier. Pour cette raison, et pour cela seulement, j'emploie le coudrier dans mes installations, car  il est le bois préféré des sourciers. Cette  fontaine  blottie dans la pénombre  m'attire par son  magnétisme,  me fascine comme les autres, au point d'y faire une halte. Après  un glanage de végétaux alentour, je réalise  une installation flottante et éphémère que je dédie aux sourciers . Une heure est très vite passée dans ce genre d'exercice et je reprends  la marche vers la rivière du Loc'h. 
Ce chemin creux traverse  un bois tapissé de fougères qu'un pâle  soleil d'automne caresse  avant de terminer sa journée. Sans  trop savoir  où je vais, je tourne sur ma droite, vers la lumière dans un espace planté d'aulnes et je débouche très rapidement sur  un petit lac. 
Surprise, le point de vue est magnifique, bien que la lumière décline un peu, car le ciel pommelé se reflète parfaitement dans  cette eau immobile.
Je découvre enfin le  pont romain que je franchis  avec émotion  pour la première fois. La voie qu'il  porte et  lui sert de voûte est dallée de très grosses pierres. Les arches sont parfaitement conservées et laissent l'eau de la rivière, s'écouler d'amont en aval, pour remplir le lac. Je suis seul,  quelques chants d'oiseau colorent ce silence où je suis bien, contemplant cette belle nature. Il est trop tard pour que je me lance dans une exploration des rives du lac, aussi, dans un  premier temps, je vais élever un cairn sur  une très grosse souche de chêne, couchée dans l'eau  à un  mètre de la rive. L'exercice est périlleux. Je dois aller chercher  mes pierres,  une  à une sur la rive, les approcher de l'arbre  mort, me tenir en équilibre au dessus de  l'eau, un pied sur le tronc,  un  pied sur la rive, déposer la pierre sur la souche, recommencer et trouver un équilibre  à tout cela. Je l'avais imaginé plus facile  à faire, mais en bon Breton, je mets  un  point d'honneur  à terminer ce que j'ai entrepris. Mon seul soucis est de terminer avant que la lumière ne soit trop faible car je n'aime pas   prendre des  photos au flash. Je réussis mon  pari et termine  à temps. Il est magnifique, émergeant du lac comme un  trait-d'union entre le ciel et la terre.
Je ne suis  qu'à une vingtaine de  kilomètres de la mer , de la  pointe de Kerpenhir, marquant l'entrée du Golfe du Morbihan où je travaille régulièrement,et pourtant, c'est  un dépaysement total dont je me réjouis.
Porté par cet enthousiasme, je remonte la rivière du Loch qui ressemble  à  un petit torrent de  montagne. Je tombe sur  un passage  à gué et une réserve de pierres suffisante  pour élever quelques cairns. Pour la première fois depuis bien des semaines, je suis accompagné par le chant d'un merle et je pense aussitôt  à mon  Père. Si vous suivez  mes chroniques, vous saurez  pourquoi.
 Très rapidement, je prends  un bain de pieds et je me promets de revenir avec  une paire de bottes ( ce que je ferai deux jours  plus tard), car sans être frileux, ce n'est pas  vraiment la saison et puis mes chaussures  m'ont dit ne pas aimer.
Je termine  mon avancée sur la rive droite du Loch' et je débouche sur  une immense  prairie qui s'étend au pied d'une petite falaise de granite d'où sont tombés d'énormes rochers qui auraient fait le bonheur des éleveurs de Menhirs. Je décide de faire demi-tour et en chemin, je tombe sur  un néflier sauvage dont je prélève quelques fruits qui vont me servir pour des installations réalisées en Ria d'Auray.
Cette période n'est  pas clémente, ni le vent, ni  la pluie ne nous épargnent et comme je n'ai pas encore de santé  à revendre, je me suis contenté de travaille dans la proche région qui me donne  toujours autant de  plaisir. Bien sûr, je rêve  à la mer, aux grands espaces, aux dolmens et aux menhirs  mais j'attendrai encre  un  peu avant de les rejoindre..

Roger Dautais







Aucune balle



Sur  l'ardente fièvre des  mots

s'élève une clameur

Que nul ne pourrait faire taire

Aucun couteau

Aucune balle


***


Simple


Il est simple de vivre

Faire comme la terre

Fermer la main
A toute possession

Glaner du parfum
Dans  un chemin

Arrimer ses épaules
Aux  portemanteaux 
Des branches.


Cécile

Ma mère
la simple l'ordinaire
agence le quotidien
de la parcimonie
des actes  humains

Il  pleut de  l'averse
sur les toits d'Amsterdam

Il bruisse un  poème
de mes doigts qui se damnent

Ma  mère
pose
son cou
de dame
à la surface
de  l'écrit

Serge Mathurin Thébault
" A A "
Editions@rt.chignaned 2009
Collection Alréenne

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.