La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

dimanche 7 avril 2019

à Marie-Claude, femme aimée


J’écorche mes mains sur des pierres rugueuses. Pas trop le choix, sur cette falaise de Ty Bihan. L’endroit est tellement beau. En face de moi, l Atlantique, au-dessus, le vol lisse des sternes . La semaine dernière, ils volaient à l’envers, rejoignant mon île de Stuhan.
Je contemple la mer. Il me semble qu’elle se soit foutue dans la tête de désaltérer la terre, et ses côtes découpées. En fait, avec ses eaux salées, elle te lui colle une pépie dont elles ne sortiront qu’en implorant une nouvelle marée. J’entreprends le premier cairn du matin,celui qui captera le lever de soleil et cela prend du temps. J’attends son énergie.
Le temps, à peine tu marches dedans, qu’il est déjà passé, remisé dans le rayon des souvenirs. Autant te dire qu’avec ce nombre de souvenirs, en vrac, ils deviennent vite, objets non identifiés
classés dans une mémoire amnésique immense. Et pourtant, je l’affirme, ce temps sera pris en compte dans la mémoire du monde et rejoindra un jours notre inconscient collectif.
Le cairn s’installe, monte, atteint le ciel vide , y fait un trou. Dans la pénombre, j’attends la bascule du soleil, pardessus, les roches. Il arrive comme toi, souriante et amoureuse dans notre maison. Tout change dans l’instant. Bonheur instantané et éphémère que je partage avec l’immensité.
Et si demain n’existait plus ? Aurais-je assez aimé ?
La vie se serait arrêtée de belle façon pour moi, avec la certitude qu’elle continuait pour d’autres, dans le monde.
Roger Dautais
Dernière ligne droit. 

Dernier jour à la maison. Demain je rejoins l’hôpital Pontchaillou de Rennes
Mardi, ce sera l’opération du coeur qui me sauvera d’un mauvais pas, avec un peu de chance. J’ai tout donné pour animer LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS. Qu’il suive son destin. Ce soir , je me retire sur la pointe des pieds. Au-revoir, mes amis.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo, création land art de Roger Dautais
Cairn en Bretagne


Pour toi, chère  Maria-Dolores, dans ta mémoire de silence,
ce très beau poème de Guy Allix, 
frère en poésie.


Et quand tu crois  pousser
ce cri jamais venu au monde
tu ne fais que reprendre
l'écho infiniment
de tous ces cris venus du monde avant toi
De tous ces cris jamais  poussés sur cette terre. 

 Guy Allix

samedi 6 avril 2019

Spirale du temps qui passe  :  à Laurent Marville, à ses équipes de tournage TV




Un  grand merci aux trois cadreurs de Caen, Rouen et Paris



 Ouistreham, 
petit port de mes rêves de land artiste


 à Marie- Claude, femme aimée...


Nous aurons une belle lumière aujourd’hui, sur le port de Ouistreham, au niveau du terminal ferry. C’est là que j’ai donné rendez-vous à Laurent Marville et son équipe de tournage, pour suivre, à sa demande, la naissance d’une spirale éphémère sur le sable.
Je travaille avec des équipes TV de la région, mais aussi nationales et étrangères depuis quelques temps, mais cette fois-ci,je suis un peu inquiet. Le lieu sera difficile d’accès, avec l’escalade d’un mur d’empierrement glissant qui protège le canal d’arrivée et départ des grands ferries.
Nous avons tout préparé dans le bureau de Laurent, à France 3 Normandie, la semaine dernière. J‘ai apporté des photos et une carte d’état-major. L’ambiance est sympa dans la salle rédaction où les journalistes me connaissement bien. Je suis passé plusieurs fois dans cette maison, pour répondre à des ITW ou présenter mes créations. Laurent note tout, précisément sur un cahier.
Jour de tournage à Ouistreham.
J’attends depuis un quart ‘heure sur le parking nord du port, proche de l’embarquement des voyageurs. Pas de ferry à quai. A l’heure dite,trois voitures arrivent ensemble et se garent près de moi.
Laurent Marville sort de la première, suivi de 8 autres personnes.
- Bonjour Roger, ça va. Nous sommes un peu plus que prévu,en fait trois équipes venant de Parie,Rouen et Caen. L’homme est sympa, souriant,direct.
C’est quand même impressionnant car je m’attendais à l’équipe habituelle, journaliste, cadreur, ingénieur du son.
Tout le matériel est sorti des coffres de voitures puis posé sur le sol. Nous ne ferons qu’un voyage. Chacun est sollicité pour le portage.
Nous prenons la route du canal d’entrée des ferries. Un étroit sentier qui longe le camp retranché qu’est venu le port de Ouistreham, depuis l’arrivée des migrants, voulant passer vers l’Angleterre. Véritable drame humain qui se termine parfois par la mort de ces hommes.

J’ai retrouvé dans l’équipe, un preneur de son avec qui j’ai travaillé plusieurs fois. Nous parlons land art. Je lui explique le thème du jour : « Le temps qui passe » et sa figure géométrique qui se trace au pied dans le sable. Elle mesure habituellement 100mètre sur 50mètres. Compte tenu de l’exiguïté de la plage,elle sera un peu moins grande. Notre colonne progresse bien jusqu’au pied des enrochements géants. Là, nous nous repartissons sur les grosses pierres glissantes pour faire passer, les trois caméra de prise de vue, leurs pieds, les commodo, tous les câbles, le matériel du photographe, et tout le reste. Tout le monde arrive, sans glisser , ni tomber sur cette plage.
Au Nord, le large, la Manche, l’Angleterre, à l’Est, Deauville, à l’ouest, le mur, au sud, l’emplacement du ferry à quai, derrière, le porte de Ouistreham.
Dernier briefing de l’équipe. Laurent donne des indications, et précise l’endroit des trois caméras dont l’une me suivra,sur le sable.
Nous sommes minutés, car je dois inclure dans la performance, le dessin la spirale, tenir compte de la marée qui recouvrira mon travail, et arrivée dans le port d’un Ferry, passant à quelques mètres de nous dans le canal d’accès. Il faut ajouter, une ITW. France 3 veut des belles images,ils les auront.
Je ne dois pas me rater, et seul, ma pratique régulière de la spirale, peut permettre une telle création, quand même encombrée de techniciens de toute sorte. C’est un jeu. Il faut le jouer, naturellement.
Lorsque je plante le talon dans le sable de la petite plage, pour démarrer le tracer du «  Temps qui passe « les trois cadreurs commencent leur travail de prise de vue. Une heure et demi plus tard, c’est fait.
Reste l’arrivée du ferry. Sera-t-il là ? Je me pose la question. Nous scrutons l’horizon. Il apparaît, minuscule point blanc qui grossit à vue d’œil. A deux d cent mètres de nous, Sa masse est impressionnante et les cadreurs se régalent. Au passage, le commandant, que je connais, nous salue d’un coup de sirène. la vague d’étrave déborde un peu sur la plage et mord la spirale. C’est une belle émotion pour moi.
Reste l’ITW, mené de main de maître par Laurent Marville, un pro en la matière. Il sera présenté à Caen au journal, mais aussi en région dans le magazine de la mer Littoral.
Nous remballons tout le matériel et rentrons aux voiture. Je suis invité à prendre un pot avec les trois équipes de reportage,dans un bar de Ouistreham. Belle coopération amicale et professionnelle.
De toutes les émissions tournées, les ITW données autour de mon travail de land artiste,celle réalisée au pied du terminal ferries de Ouistreham, fut la plus impressionnante et donna de magnifiques images aux téléspectateurs de France3 .
Roger Dautais
Dernière ligne droite
J-1
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Tournage «  in situ «  Ouistreham
«  Le temps qui passe «  à Laurent Marville et ses équipes de France 3
Élévation  : pour Marie-Josée Christien




Celui qui n’a pas d’ombre, n’a pas non plus de passé.
Erri de Luca


à Marie-Claude…
C’est drôle comme la vie défile devant soi quand elle est mise en danger. Cette nuit, je me voyais, enfant, dans les ruines de Saint-Nazaire bombardé, jouant sur des tas de pierres.
C’était dans le courant de l’année 1947.
Je me suis demandé quel rapport pouvait-il exister, entre l’enfant battu et maltraité que j’avais été, et le vieil homme que je suis devenu ?
Probablement d’avoir développé, un esprit de résistance,d’insoumission devant l’abus de pouvoir, et de liberté à défendre,quoiqu’il arrive. Cela pourrait résumer ma vie et expliquer mes engagements.
Le retrait de la vie me paraît difficile à éviter, si on ne veut pas faire double emploi.

Mais avant, le land art me fait vivre. Ces petits gestes répétés, comme une respiration, pour m’inscrire dans la journée , confronter corps et esprit à la réalité ;
L’utopie d’un monde meilleur, me porte. Sous le feuillage des chênes, une accumulation de signes,qu’il faut bien accepter.

Je dois fixer, ici, dans le temps bref, quelques idées fugitives, pour faire trace., pour qu’un autre, passant par là, les observe un jour, avec distance.
Je vis dans une histoire d’amour avec la nature. La variation permanente de la lumière, rythme mes sentiments. Je m’en tiens à dialoguer avec ce qui existe, du monde connu au monde disparu. Les intersignes me guident sans peur , lorsqu’ils sont lus,dans les dormantes de chez nous.

J’emprunte au temps ce qu’il me rend après. Loin des cupidités du monde affairé, incapable d’aimer
gratuitement. Nageur de fond, je prends la mer et rejoins mon Île de Stuhan. Reprenant mon souffle , j’admire le glissement des sternes dans les ascendance s me beaux souvenirs, passé ici.

La nuit sera courte sur le Menez Hom, j’y rejoins un sabbat et vend mon âme au diable pour une histoire d’Amour.
Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Photo : création Land art de Roger Dautais
«  Élévation «  Cairn du Menez Hom photo : Marie-Claude Dautais
à Marie-Josée Christien
Dernier papier, paru dans Ouest-France, ce jour , signé Paul Boulben, que je remercie.

vendredi 5 avril 2019

Le voile de mariée  :  à Stéphanie Lenouvel




Si jamais mon chemin s’arrêtait là,
pardonnez-moi d’avoir aimé
à en mourir un jour...
Roger Dautais



En mon vaste jardin..

à Raymond Anisten
...et si l’amour absolu reste inconcevable pour beaucoup, considéré comme un excès, je le préfère à la haine. Mon cœur usé en témoigne, d’avoir dansé sur le tambour du monde. Que ma mère soit remerciée de m’avoir fait ainsi.
Je suis né bien avant les GAFA . En 1942 exactement, au cœur de la barbarie qui s’exprimait par des rafles et des camps d’extermination. Est-ce trop de dire que je suis horrifié par la recrudescence de cette haine là, jusque sur nos tombes, nos murs des villes.
J’aime trop la vie pour ne pas en parler régulièrement sur ce petit blog, et depuis dix ans, puisqu’il a presque cet âge à quelques jours près. Je veux dire par là que je n’ai pas attendu internet pour choisir mon camp et m’engager dans des actions publiques et politiques. C’est connu.
Je n’ai pas que des amis. J’avais sans doute besoin de réparer une enfance piétinée, besoin d’être aimé mieux. C’est pour cette raison que j’ai choisi le chemin de l’art.

À Maria-Dolorès Cano
Des femmes sont venues en nombre, pour m’accompagner de leur amitié, m’encourager, m’aimer et j’avais besoin de leur regard pour exister comme artiste. Mais on est jamais à la hauteur d’un pareil amour, alors, j’ai tout donné ce que j’avais à donner en amour. L’histoire n’est pas terminée.

Oui, j’ai étudié le dessin, la gravure, la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo. J’ai beaucoup pratiqué avant d’être appelé par le land art, en 1997. Répondant au journaliste venu m’interviewer à la maison, il y a deux jours, à propos de mon CV. Je lui ai dit : je n’en ai pas. J’ai abandonné ces longues listes que peu de gens lisent, pour entrer dans le vif du sujet :
le land art. Regarder-t-on 25OOOphotos sur un PC ? Non bien sûr. Pour moi-même cette collection est devenue un vaste jardin. Une centaine a suffit pour qu’il se fasse une idée.
Incarner un discours de land artiste passe par la photo. Je l’ai fait, une fois de plus et ce papier sortira dans Ouest-France, au moment où je serai hospitalisé à Rennes.

À Marie-Claude, femme aimée
Cette nuit, encore blanche comme gel sur l’herbe je me disais : je suis, ni dans le monde, ni hors du monde. J’avance dans cette insécurité partagée avec ma femme aimée, espérant du mieux, comme je souhaite une meilleure vie au cairn qui s’écroule. Nos enfants et petits enfants, s’en chargeront. Mais hier, je pensais sincèrement, qu’il y a des jours où le vent semble inépuisable. Avec la pluie pour compagne, bien accroché entre le ciel et les terres noirs de mon pays, il n’y avait rien d’autre à faire que de marcher, avec mon cœur malade et les forces qu’il me reste. Je marchais, dos courbé, parce que je suis vieux et qu’un vieil homme adopte cette allure dans le mauvais temps, content d’être là, vivant, heureux de l’être, encore.

À ma fille
La spirale représentée, ici, au moment où la mer la recouvre d’un voile de mariée, je l’ai faite en hommage à ma fille, qui se mariait en début de ce vingt et unième siècle, avec Tony, son amour de toute jeunesse.
Spirale emblématique de mon œuvre de land artiste, mais aussi,symbole du temps qui passe. Tout ce que j’ai créé est né d’une émotion, n’en déplaise à ceux qui pensent qu’elle doit être extraite de la création. C’est mon mode d’expression,c’est un geste d’amour, envers la nature,avant tout, puis envers la personne à qui je pense. Vous avez pourquoi, l’Étoile de David est présente dans mon œuvre, au même titre qu’un gisant de sable,cent fois expliqué.
Le land art est aussi pour moi,expression poétique, prolongé par une littérature personnelle, écrite, jour après jour .
;
Quinze jours ont passé depuis mon premier malaise cardiaque sur l’île aux Moines, préparant un projet land art Les Voyageurs du Ponant qui devait commencer en compagnie de 6 artiste, le 20 avril 2019. Évacuation par le Samu d’Auray, hospitalisation en cardiologie à Vannes, Consultation avec la chirurgienne de Rennes et date d’opération prévue le 9 Avril.

Je n’ai rien changé de mes habitudes de vie, si ce n’est d’avoir encore plus parlé et échangé avec Marie -Claude. Nous avions besoin de cette proximité. Nous sommes prés.

Lorsque vous ouvrirez mon thorax, mardi, entourée de cette équipe du bloc opératoire, tout ce que j’ai dit et fait dans ma vie,sera entre vos mains. Réparez-Madame, si c’est possible et redonnez-moi ma vie qui s’échappe. Je saurai quoi en faire et Marie-Claude m’attend.
Quoiqu’il arrive, soyez en remerciée.
Roger Dautais
Le land art ? une nécessité,  une urgence.



A Marie-Claude, Femme aimée…


Nous avons trop vécu, des brisures de vie, pour tomber dans le panneau . Plus dans le troupeau bêlant, plus dans les foules adoratrices, plus dans le brouillard des beaux parleurs. Plus dans les ors des palais. Plus dans les honneurs. Il est temps de sauver ma peau et cela se jouera, mano a mano. Parle moi des îles qui dérivent dans tes rêves. Parle-moi de ton chêne centenaire qui veille sur les morts. Parle moi de l’Ange endormi sous la cendre, en ria. Parle-moi de la cabane des silences où je ne peux plus me rendre. Parle moi de la foule des morts, par centaines, en cendres, au pied des arbres et qui regardent passer le jusant depuis leur jardin.
J’ai repris la route, sac au dos, celle qui brise le cœur mais qui va droit au but par les chemins de
traverse. Toi qui cherche l’Amour, toi qui vis l’Amour et partage mon lit, ne pleure pas mon départ. Il était inscrit dans le grand livre. Est-ce la dernière fois, ou bien reviendrais-je balafré sur le ventre, ouvert en deux. Tes baisers seront les meilleurs remèdes.
Regarde autour de nous, ce vide laissé par ceux qui nous promettaient aide et compassion. La place est prise, mon aimée. Nous avons tous les oiseaux du ciel dans notre petit jardin. N’est-ce pas mieux que mille pic-assiettes ?
Ne pleure pas en voyant mes talons, quand je disparaîtrai d’ici, je serai simplement à écrire de mon sang, la suite de notre histoire. Je n’ai vraiment aimé que toi, malgré mes dérives et toi seule, reste mon port d’attache. Les oiseaux de mauvais augure affrontent leurs mensonges.
Promis, juré, je reviendrai de cet hôpital et je t’emmènerai voir le dolmen de Crucunio qui fait le dos rond., le Grand Menhir du Ménech qui défie le temps et le dolmen secret de Meriadec, celui des nos amours..  Nous serons des marcheurs aux pieds nus comme nos frères gitans, et Roms. La route ne sera que pour nous, étoile de ma vie.
Je t’aime.

Roger Dautais



La vie est une  île dans  un  océan de solitude, une  île dont les  rochers sont nos espoirs, les arbres, nos rêves, les fleurs notre solitude et les ruisseaux notre  inspiration
Khalil Gibran
De la vie.
La voix de  l'éternelle sagesse.

Photo  : création land art de Roger DAUTAIS
 " Un  jour en Décembre " pour Marie-Claude, seulement.
Normandie  - Région de Caen - années 2000

jeudi 4 avril 2019

Ondes mauves  :  pour elle


Chom em buhez betek ta varo*



 Quand la terre  pardonne.

Le ciel est doux. Un parfum de pardon flotte dans l'air. Oh, mon Printemps,qu'il serait dur du mourir dans tes bras, mais s'il le faut, accueille moi avec amour. Une branche de notre arbre a cassé hier. La sève a coulé, salée comme la mer,sur mes  joues. Le  yeux  brouillés, je suis descendu à la mare. Je la voyais, impressionniste dans la  lumière de Gouyonzeur, amoureuse, au fond de ses eaux bleues, troublée  par le dépôt de gerbe, empoisonnée  à la Jegado. La tendresse des  pierres levées  nous envoyaient  leur compassion et je sentais le sols se dérober sous mes  pas.
Souvenons-nous de nos  jours fleuris par  l'amour, l'amitié et continuons la route.
 L'éternité s'est arrêtée  un jour dans  mon cœur. Ce n'était qu'une halte. Je ne regrette, ni la pluie ni  la grêle, ni le vent, ni les grands soleils  brûlants, ni les  neuf  lunes. Homme nu,  je m'initiais au deuil, à  peine le  plaisir consommé.
Faudrait-il  pleurer  pour emplir cette mare, et la troubler encore ?
Le manque porte  un nom; Ganja. Un  Maître Mooji. Un secret,  les trois pins maritimes de Kerleano. Mais tout se joue,  mon amie, dans  lieu unique, à l'heure unique. Inutile de  paniquer. Admirons ensemble cette gerbe  mauve, de nos yeux mouilles que le vent d' Ouest séchera, emportant nos souffrances et nous, nous danserons sur nos souvenirs, les pieds nus, jusqu'au  prochain été.
La terre est belle lorsqu'elle nous pardonne. 
Roger Dautais
 Dernière  ligne droite.
Nuit d'insomnie...

*reste en vie  jusqu'à la mort.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création  land art de Roger Dautais
Ondes mauves  :  pour elle
Gouyonzeur - Bretagne


***


Sans la nuit
que  serait le  miracle
de  l'aube
l'apparition du  jour
derrière les  paupières.

  Marie-Josée Christien *

*https://www.recoursaupoeme.fr/chiendents-n-118-consacre-a-marie-josee-christien/

Spirale du dépassement  à pour Marie-Claude, femme aimée



 Échos d'un cœur battant au ralenti

Parler de la jubilation qui s'empare de moi, lors de la création d'une spirales, n'est pas assez fort. Si les mots  ont  un sens, parfois détourné  ou symbolique,  l'état dans lequel je me mets  dans cet effort total, tient de la  transe de la résonance viscérale.
Qui ne s'est jamais perdu, quelque soient les chemins empruntés  pour  y arriver, ne peut pas imaginer ce qu’une transformation de la conscience   dans ces  instants,  peut  produire sur moi.
J'ai toujours vécu et recherché cette épreuve de la spirale, comme étant  une vie   proprement dite , avec  une naissance,  le centre , le voyage, son déroulement,  la conclusion, la mort.
Cela va  bien au-delà de  l'apparence.
Si,ce type de spirale est relativement simple dans son dessin, elle est très difficile  à réaliser. Tracée sans repères,  il faut l'avoir  intégrée totalement dans son esprit et dans son corps. Elle est  un exercice, autant  philosophique que  physique. Le corps entier s'engage dans toute sa force. L'énergie doit être brûlante, la vie , à cet instant,brûlée,consommée, aussi. La beauté apparente et  l'équilibre  parfait du tracé ne sont qu'une projection de mon mental. D'où, tous ces exercices de préparation qui vont  jusqu'à la méditation, la respiration yoga.
 Si  je n'étais athée, je dirais que je  prie et je m'élève vers le sacré. Mais je préfère imaginer le ciel vide au-dessus de ma  tête.
Démarche entropique, s'il en est, je ne peux dans ce  voyage de sable, ne pas penser  à ma  propre disparition, que j'accepte comme faisant parie du  grand  jeu.
Parler de la finitude de  l'être humain, tout en réalisant le  land art, c'est aiguiser  mon appétit de  la vie. Cette adéquation   permanente, cette  compréhension du  mystère de la vie, ont fait de  moi, un être éveillé,  prêt  à conclure, quand le temps sera venu, sans regrets.

Depuis très  longtemps, je me suis engagé politiquement et mes indignations, je les ai fait partager dans ma création land art,  pour défendre des causes d'injustice sociale, elles sont nombreuses et permanentes, j'ajouterai,  publiques.
 J'ai donné de mon temps, de ma  personne, et de ma fortune, en associations , en solitaire,  près des CHRS, CADA, EHPAD, Centres de détention. J'ai animé des ateliers d'art thérapie, mais Aussi  parlé du land art, exposé mes  photos dans ces lieux d'exclusion, dont ces fameuses spirales qui intriguent tant les gens.
 Je suis toujours  plus enclin  à donner  pour ceux qui sont  privés de  liberté  ou de santé, qu'à ceux qui  ont tout et demandent toujours  plus..
Mon  land art est devenu très rapidement, médiateur de  grandes causes, outil de communication, sujet de réflexion pour des étudiants de faculté,  pour des  lycéens, des enfants d'école  primaire., aussi auprès des enseignants, parfois  même de chefs d'entreprise.
Filmé, télévisée par des TV françaises et étrangères, chroniqué en presse quotidienne,  presse magazine, livres d'école, présent dans de nombreuses radios, sur mon blog et sur les réseaux sociaux,  il avait été estimé,  il  y a quelques temps à 5  millions, le nombre de  personnes ayant vu mes  œuvres.
Je ne pense pas avoir changé beaucoup,  depuis ces années 97, mais  il est bon de  le préciser,  pour certaines  personnes J'ai acquis, une maturité enrichie chaque jour par la pratique, l’échange, le partage, la rencontre, la lecture,  l’illustration.
Pour  y être allé souvent,  j'ai beaucoup appris, à mes dépens, dans les hôpitaux, de la souffrance , sans négliger la capacité de tout  homme  à se redresser et  à se mettre debout après le coup dur .  L'art  devrait  y être  plus présent, car  il aide  à la reconstruction de tout être en souffrance.
Les faux amis sont  légion quand la table est abondante. Ils disparaissent d'eux  même, quand les ennuis surviennent. En ce moment, je ne suis pas trop dérangé par eux.
Je ne m'arrête jamais  longtemps aux  bravos. Ils sont intéressants pour  un artiste, mais  ils ne font jamais le travail  à ma  place. L'humilité  me parait nécessaire, devant ce qui a été fait, et la conscience de ce que  l'on est, en notre propre essence, ne peut qu'éclairer  une pensée qui veut progresser et rester lucide. L'avenir endépend. Je m'apprète  à tout  instant  à tout perdre. C'est devenu  pour  moi, une nécéssité pour me maintenir  en état d'urgence de créer.

Physiquement, je suis arrivé au bout de ce que  je pouvais faire ou donner au  monde. Si  mon opération réussit, le 9 avril prochain , je me remettrai  à l’œuvre, conscient d'avoir retrouvé ma vie. C'est ce que  je souhaite.

En ce qui  concerne mon blog qui  tourne autour de 47OOOO visiteurs, je posterai  jusqu'à Dimanche 7 avril sans savoir quand cela reprendra. Vous  pouvez relayer mes  photos land art en attendant, elles sont  libres de droit.
Merci pour tout ce que vous  m'avez  permis de faire, pour tout ce que vous  m’avez  donné en échange.
Je vous embrasse fraternellement.
 Roger Dautais

mercredi 3 avril 2019

Les demoissellesde Loclariaquer :  pour Véronique Brill
Les demoiselles de Locmariaquer *  : pour Véronique Brill


 
aux fées...
que sont les passantes de  mon chemin

Heures imprévisibles, vous collez à ma peau. Vous allongez mes nuits sans sommeil de plages vides.
Sur le sable,étrangère, tes pas s'effacent quand la mer monte.
Je m'efface aussi.
Lorsque je prends la route, quittant le monde bruyant, je marche pour écouter la nature, je regarde, je découvre. Elle me donne. Je ne peux me passer de faire ainsi..
Au milieu du secret de l'initié, j'apprends tous les jours, humblement.
Mes land art sont des respirations posées le long de mon chemin. Éphémères, ils ponctuent mon parcours, comme les années, ma longue vie d'homme. Dans les écueils, je navigue à vue, conscient chaque jour, que le terme du voyage approche.

Roger Dautais


 *  Les demoisselles de Locmariaquer.

J'ai crée ces  premiers cairns perchés, après les avoir expérimenté dans les Alpes,  il  y a de nombreuses années,  l'idée étant de contempler des  pierres en lévitation, de les extraire de  leur gravité. J'avoue que  près de la mer, et parfois, dedans, ces installations éphémères sont spectaculaires.
 Elles faisaient partie de  mon programme LES VOYAGEURS DU PONANT  : 7 artistes, 15 Iles,  parcourues dans une année,à partir du 20 Avril,  pour pratiquer le  land art et quelques autres arts, ensemble, avec les Iliens.
Projet stoppé net après mes malaises cardiaques, à répétition sur l'Ile aux Moines,  puis sur le continent, évacuation par le SAMU et hospitalisation en cardiologie,  à Vannes. J'attends dêtre  opéré pour  un triple pontage coronarien  à Ponchaillou- Rennes., le 9 Avril, dans 5  jours.
Le projet sur les  iles a été ajourné d'un an. J'en suis désolé  pour les Maires qui s'étaient engagés  à nous recevoir et  à nous soutenir ainsi que pour la Directrice de  l'école  primaire, Saint-Joseph où nous devions exposer nos  photos land art. Nous nous reverrons bientôt.

 


"La possibilité d'une île"

"Il n’y a pas d’amour
(Pas vraiment, pas assez)
Nous vivons sans secours,
Nous mourons délaissés.

L’appel à la pitié
Résonne dans le vide,
Nos corps sont estropiés
Mais nos chairs sont avides.

Disparues les promesses
D’un corps adolescent,
Nous entrons en vieillesse
Où rien ne nous attend

Que la mémoire vaine

De nos jours disparus,
Un soubresaut de haine
Et le désespoir nu.

Ma vie, ma vie, ma très ancienne
Mon premier vœu mal refermé
Mon premier amour infirmé
Il a fallu que tu reviennes.

Il a fallu que je connaisse.
Ce que la vie a de meilleur,
Quand deux corps jouent de leur bonheur
Et sans cesse s’unissent et renaissent.

Entré en dépendance entière,
Je sais le tremblement de l’être



 Magnifique texte de Michel Houellebecq
Interprétation musicale de Jean-Louis Aubert.











Les demoiselles de Locmariaquer *
Maternité océane 

à  Sonia,
 en guise d'adieu.

Brisures d'amour dans le vent d'amont, en pure perte. Tout bouge au pied des oyats. Les sables rampent, les sentiments sont labiles. On enfouit les restes,  incognito, jade compris. J'emprunte le chemin glissant de l'estran. Entre la mer et toi, dans  mon  univers,  un silence établi. Le  juste pays des sternes en glisse céleste qui me fait lever la tête. Au ciel, cardinales sacrées, les directions angéliques me laissent le choix. Ce sera,  pour  moi,  le  nord des  mers froides et Michaël triomphant.
Brisure de la rencontre  aux petites chapelles parcourues  pieds nus. Les cierges s'éteignent, les  intentions, aussi.  Dans quel labyrinthe freudien avez-vous désiré, trainer  mon âme d'athée, jusque sur les rives du Sal ?
Le corps comme  offrande, la flamme  de la passion comme prière,  libre,  jusqu'au bout des croyances et superstitions, j'abandonne  mon cœur aux  mains blanches et expertes d'une femme de l'art.
Chirurgie du voyage ultime.
J'attends sur mon corps, les premières pluies de Printemps, réparatrices et cicatrisantes. Mes dernières feuilles mortes sont tombées , privées de sève, ce matin.
La nuit est tombée, elle m'entoure dans cette dernière nage, vers le large. L'eau glisse sur ma peau mate, sur mes épaules. Je nage. L'eau salée rentre dans ma bouche, mes yeux.
Quelques  plumes d'ange sur  l'eau noire. Michaël ...?
En réponse, cette envie de nageur de fond me reprend, après le dernier  message. Nager, nager tout droit,  m'éloigner de la côte, rejoindre les courants froids.
 M'enfoncer dans le noir.
 La mer  me prend. Clap de fin.

Roger Dautais

 Dernière  ligne droite




LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

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 Photo  : création land art de Roger Dautais
" maternité  océane"   pour Marie
Côte de nacre  Normandie


***

à Sonia L.

mais laissez des espaces dans votre unité...
Remplissez vos coupes l'un pour  l'autre, mais ne buvez pas dans une seule coupe...
Chantez et dansez ensemble, soyez  joyeux, mais que chacun  puisse etre seul, comme les cordes du luth, alors qu'elles vibrent d'une  même musique.
Khalil Gibran

mardi 2 avril 2019

" Bibli " Pour Agnès Varda
  •  Pour Agnès Varda

    De grâce, sortez des usines à pigeon, ces stages land art  de toute sorte où l'on vous apprend à mieux vivre, à mieux obéir, à mieux vous insérer dans le système de votre entreprise, par le land art. Vous ferez des économies.
    Je m'étais prête au jeu du stagiaire, il y a une dizaine d'années à Caen. Notre "enseignant", pas artiste pour un sou, fonctionnaire, ayant quelques bases historiques du land art, débitait un discours à faire fuir un touriste.
    La séance tourna très vite à la leçon de botanique dans ce jardin éponyme, sans avoir rien fait de nos deux mains. Le stage de formation durait quand même une demi-journée.
    En fin d'après-midi, il nous apprit à épingles des feuilles d'arbre avec leur pétiole et faire des figures géométriques avec des brindilles, posées sur le sol d'une allée de ce très beau jardin botanique.
    Cher land art, comme nous étions loin des Udo, Goldsworthy, Smithson, Long et compagnie, cités dans son discours. Tout le monde paya et se retira sans discours.
    La méthode existe toujours, prestigieuse, très chère, flatteuse, avec parfois, un certificat officiel. Comme ces usines à mandala qui se répandent sur nos plages, animées par des hommes d'argent et non de cœur.

    Curieuse époque où seul l'argent donne de la valeur, à la création, à l'objet, jusqu'à la vie dont le prix n'est pas le même pour tout le monde. Je ne suis pas persuadé que le fait de porter un i phone dans la mais, suffise à avoir du talent. Mais cela suffit à être reconnu et  à voler le talent des autres en le  photographiant..
    J'aime à penser que le land art est une île au milieu du monde, une niche préservatrice où tout peut être expérimenté, tout tenté, du l'immense qui touche l'infini, jusqu'à la miniature qui vibre avec le permafrost.


    Après une marche éprouvant en forêt je m'étais arrêté, près d'un bâtiment en assez mauvais état. Tout de suite intéressé par l'état de ce mur, j'y voyais une image de l'entropie en marche. L'idée m'est venue de le transformer en une sorte de bibliothèque pour les habitants du lieu.
    Ainsi me vint l'idée de ramasser de petits morceaux de tuile rouge, pour l'incarner. Il s devinrent, aussitôt,des livres. On y trouvait Kalil Gibran, Eri de Luca, Esther Benbassa, Khaïr- Eddine, Comte-Sponville,Calaferte,Thoreau, Aragon, Kerouac. Je les imaginais se rencontrant dans ce lieu désert, d'une beauté simple, qu'aurait aimé un artiste de l'Arte Povera, et de se lancer dans des conversations à bâton rompu.
    J'avais oublié cette bibliothèque de rêve, pour anges déchus, pour le routard que je suis, touchant au but, avec un frisson dans le dos et cette scène revécue grâce à une photo,, je l'ai associée aussitôt à une créatrice géniale qui vient de nous quitter ,Agnès Varda.
    Roger Dautais
    Au comptoir, pour bar de ligne. ( la dernière )
    Nuit d'insomnie

    Photo : création land art de Roger Dautais
    " La bibli " pour Agnès Varda, respecteusement.
    Région de Caen - années 2000 .
  • dimanche 31 mars 2019

     " Synapses " au Docteur Annick Aubourg-Vandermerch



    Demain, j'embarque vers l'invisible consolation.

    Toujours seul et au loin, je deviens une île au milieu de nulle part.
    Dans le murmure du monde, j'entends battre ton cœur, égal au mien. Toujours seule et au loin, tu deviens une île sous les tourbillons d'aile des sternes. Nous avons laissé de l'immuable dans l'éphémère valse des marées de l'Ile de Stuhan. L'instant me les fait revivre mais je ne m'arrête pas dessus. Le prix de la liberté passe par le détachement.
    Restera l'amour, entre les roches et le cri des oiseaux de mer perdus dans notre quête d'immensité.
    J"ai quitté le château d'Histoire d'Ô, pour toujours.
    Demain, j'embarque vers l'invisible consolation.
    Roger Dautais.
    Dernière ligne droite. Notes de land art.

    Photo : création land art de Roger Dautais
    "Synapses " pour le Docteur Annick Aubour -Vandermerch

    Commande réalisée en résidence d'artiste, pour les besoins d'un film documentaire, au château de Courseulles sur Mer..
    Ce château, fût un des lieux d'écriture du fameux roman érotique, Histoire d'Ô, de Dominique Aury ( Pauline Réage ).
    Ma création avait un tout autre sujet à évoquer " La maladie d'Azheimer.

    Plusieurs occasions se sont présentées à moi, sous forme de commandes de décor de cinéma, où j'avais le loisir d'y introduire le land art. Il m'est arrivé à l'époque de travailler avec le plasticien et ami, Driss sans Arcidet, lui-même, décorateur de cinéma et de théâtre. Son aide et son génie décalé me furent précieux.
    Roger Dautais
    Notes de nuit.

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

    Photo : création land art de Roger Dautais
    «  Synapses «  pour le Docteur Annick Aubourg-Vandermerche
    Château de Courseulles sur Mer – Normandie.

    samedi 30 mars 2019

    La déclaration d'amour   :  à Marie-Claude, femme aimée





    « J’ai fait un rêve dans lequel les femmes, toutes les femmes gardent la tête haute, dans lequel les femmes travaillent, des femmes dans le regard desquelles on ne trouve plus ni la peur, ni la défaite, ni l’humiliation »
    May Ziadé


    à Barbara Young
    Si l'heureux hasard fait de toi, l’être aimée et que cet amour, te bouleverses, t'ébranle jusqu'au tréfonds, jusqu'à l'essence de ton être, ne te plains pas. Contente toi d'aimer passionnément en retour. Lorsque ce feu sera éteint, va, reprends ton chemin de vie et parle de l' Amour autour de toi.
    Roger Dautais


    L'amour ne donne rien que lui-même et il ne prend rien que de lui-même.
    L'amour ne possède ni ne peut être possédé, car l' amour suffit à l'amour.
    Khalil Gibran



    à May Ziadé

    .../ - et après ça ? quelle drôle de question, Madame. J'ai si souvent l'impression, le sentiment qu'après ça, comme vous le dites si bien, que cette pierre sera la dernière posée en équilibre, qu'il n'y aura plus rien à suivre. Pas d'envie de me projeter dans le futur, simplement celle de partager l'instant. Vous saisissez ce que je veux dire ?
    Elle m'écoutait en fixant l'océan.
    - J'en serai arrivé ainsi à la conclusion avec la simple envie d'aller contempler la nature, avant de disparaître.

    Elle s'éloigna de quelques pas, ramassa un galet qu'elle jeta à la mer. Le clapot des vagues éteignit l'onde naissante.
    Les prémisses de l’hiver s'installaient doucement dans mon esprit. Nous allions vers un changement de saison. Les lumières de ma Bretagne se mettaient au diapason. Perchés sur les rochers, nous partagions un silence de plus, face à l'immensité de l'océan.
    A chacun sa solitude, la belle, la respectueuse, celle qui ne pèse pas et procure d'avantages de plaisir, n'étant volé à personne.

    - J'aimerais me mettre pieds nus et aller dans cette mare, me dit-elle..
    Je la laissais faire et vis sur son jeune visage, le saisissement du froid jusque dans ses traits . Elle ne broncha pas.

    Il fallait être en connexion à chaque instant, avec la côte des frères de gravage, et le grand large des hauturiers pour ressentir ce magnétisme bleu-vert des vagues sèches qui claquaient le rocher comme le simoun en plein désert.
    Chaque vibration ressentie par mon être, chaque paquet d'embruns me transformait en océan.
    Elle s'était éloignée et repris, dans le vent, sa promenade sur le chemin des douaniers. Je ne sus jamais si j'avais vraiment répondu à sa question. J'avais simplement gardé en mémoire, la couleur de ses yeux clairs.
    . Roger Dautais
    Dernière ligne droite . Au cœur de ma nuit d'insomnies.

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
    htp://rogerdautais.blogspot.com/

    Photo  : création land art de Roger Dautais
    " La déclaration d'amour " à Marie-Claude, femme aimée.
    Côte sauvage - Morbihan - Bretagne - 2014

    *

    à quelques jours d'une opération du cœur, très risquée, je préfère régler quelques détails me concernant, n'obligeant personne à le faire. Cela évitera beaucoup d'erreurs.
    Les doigts d'une seule main sont suffisant pour compter mes vrais amis, en ce moment. C'est très bien ainsi.

    Autodidacte, je n'ai jamais demandé à qui que ce soit, la permission d'écrire ou de pratiquer l'art comme mode de vie.. Les reproches sont venus de là.
    Je me félicite de n'avoir jamais été de cette coterie . J'ai gardé ma liberté.
    Loin d'eux, de leurs conseils, j'ai connu de grandes joies dans la création et fait de très belles rencontres humaines.
    Sans eux, je suis devenu art -thérapeute,, reçu beaucoup de personnes malades et souffrantes dans mes ateliers, appris beaucoup de ce monde marginal, prisonnier ou non..
    Je ne crois plus à la fratrie auto-proclamée. Je ne cherche ni un Dieu, ni un Maître.
    Roger Dautais
    31 mars 2019, en Bretagne

    vendredi 29 mars 2019

    Exil :  pour Inga Wegner


     à Marie-Josée-Christien
    en toute amitié.

    Déjà
    Je suis passé
    de l'autre côté
    Et je continue
    De vivre en noir et blanc.
    Roger Dautais

    Hôpital de Vannes 2019


    La vie devant soi, pas seulement...

    Lorsque la vie se résume à un long exil, avec devant soi, une route interminable, faut-il se mettre dans la meute des loups et se mettre à traquer tout ce qui est" étranger ", ou bien, faut-il essayer de comprendre, ouvrir son cœur, aider. Je n'ai jamais hésité. Jamais fait parti des meutes assoiffées de sang.
    Le land art m'a permis d'évoluer dans ce sens. L'humanité m' appris, jour après jour, ce que j'essaie de traduire par mon art. J'ai beaucoup milité pour que cesse le scandale de Lampedusa, et mes hommes de pierres,se sont levés dans bien des pays, pour ce faire.
    Sans amour, cela n'aurait eu aucun sens, d’aller à la rencontre des longues peines en Centrale, d'aider les sans papiers, les sans domicile fixe Je ne serais jamais devenu art-thérapeute, ni aidé ces oiseaux perdus dans le brouillard,si perchés, si poétiques et que l'on nomme , bien trop facilement " des Alzheimer ".
    Il convenait , avant tout de les aimer, de les protéger de la vindicte populaire, qui criait " trop cher " Inutiles bouches à nourrir ".
    Le monde est violent, comme la nature, et si, on ne les aime pas, ces deux là, on devient violent à son tour.
    La non-violence me va.
    Mais alors, comment constituer un monde différent de celui qui nous est présenté comme exemplaire?
    Tout jeune, tout beau, cupide, prompt à l'entassement compulsif des richesse et des plaisirs immédiats, jusqu'à l'avoir politique, au-delà de la raison?
    Seule, l'expérience du vivant, de l’engagement personnel, jusqu'à l'usure, m'a permis de m'opposer singulièrement à cet "impossible " à vivre, proposé par une société qui vit au galop, où la masse a a toujours raison

    La beauté du geste, le don de la forme face à l’immensité océane, la sublimation de l’amour dans un cairn érigé, l'adieu au mourant, exprimé dans une spirale, voilà ce qui résume à peu près, ma longue et chancelante vie d'homme engagé et de land-artiste.

    Et je vais devoir m'en priver, abandonnant mon cœur malade aux mains expertes d'une chirurgienne, le temps d'une longue apnée de l'esprit, pendant que mon corps en travaux, flottera, sur les eaux tumultueuses de l'Achéron.
    La fin de mon histoire restera à écrire.

    Roger Dautais

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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    Photo : création land art de Roger Dautais
    " Exil " pour Inga Wegner
    Bretagne Sud


    *


    pour Erin

    Soir de lassitude
    La nuit entre
    Dans la maison
    Aucun volet
    Aucune raison
    Elle entre.

    Roger Dautais
    Hôpital de Vannes 2019

    jeudi 28 mars 2019

    Cairn perché  :  pour Ana Minguez Corella  - Madrid




    à Marie-Claude ...




    Aller, jusqu'au bout de mon chemin de vie...


    Je joue avec des riens, dans le vent du nord. Des riens que j’assemble comme des idées gratifiées. De longs poème de pierres qui n'auront pas besoin de quémander je ne sais quel prix de poésie, recherchés par les collectionneurs d'honneurs. Cupidité inutile de l''ego qui demande sa part.
    Ces riens de sel, de vent et de pierres , sont des preuves d'amour offertes à la mer. Je parle de riens, car ma vie est souvent considérée comme inutile, faite des ces petits gestes.
    Mais la vie n'est jamais, rien. Il y a toujours ce miracle de respirer, de se servir de tous ses sens, de comprendre la nature, de faire partie du monde vivant.
    Beaucoup n'en ont plus conscience, d'où ce mépris affiché par beaucoup, pour le land art.
    Nous sommes tous mortels et même ces personne hyper branchées,aveuglées par les technologies nouvelle au point de développer ce sentiment de super puissance, d’immortalité, sont sur la liste des futurs disparus.
    Je préfère mes cairns. Je préfère aller jusqu’au bout de mon chemin de vie , sans abandonner, sans savoir combien de temps il me reste pour terminer le voyage. Aujourd'hui,je devine plus que je ne vois, les oiseaux de mer, posées sur le sable, à l'abri de l île de Stuhan, à l'abri du ciel gris et poisseux qui colle à la Mor Braz

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    Photo : création land art de Roger Dautais
    " Cairn perché " pour Ana Minguez Corella - Madrid

    Si tu abandonnes tout comme ton jade...Si tu ne crois plus en moi, plus en rien, alors, tu peux brûler ton chêne du jardin de souvenirs, . Il ne croit plus en

    mercredi 27 mars 2019

    Écrits dans le  sable  : Pour Angela, mon amie Grecque  




    A Marie-Claude ,seulement
    ma femme aimée .


    La traversée du désert a repris. Je suis tellement loin de tout, sur cette piste de sable, Il me reste peu de pas à faire pour me perdre , tomber la bouche sèche, les yeux aux étoiles et connaître l'ivresse du dénuement.
    Être soi, demande un long voyage avant d'y arriver et le gîte n'est pas assuré jusqu'à la fin.
    En mémoire, les quatre saisons, mes sorties de route, , mes apaisements, mes amitiés mes amours, mes blessures, les échos graves des hauts murs. J'ai appris de mes erreurs, à dominer mon ego, à ne pas rechercher les coteries courtisanes, à côtoyer l'humain, humblement, à rester debout devant l'injustice, la maladie, la force brutale.
    Tout cela est raconté, inclus dans ma pratique du land art. Ça changerait quoi, aujourd'hui, si proche d'une conclusion possible de ma vie, une cueillette de plus, une installation ajoutée aux autres depuis 1997.
    Je ne sais pas mais je suis au contact de cette nature, tous les jours avec les forces qui me restent, sur la route.
    Mentalement, je recherche, l'épure du geste, la compréhension de l'instant précis de ce travail manuel préparatoire. Je guette en moi,la vibration commune de l'âme et la fragrance de la lumière, l'émotion partagée avec le paysage.
    Si peu soit le temps donné pour aller au bout de notre vie, de la mienne, consacrons le, à aimer, jusqu'au bout, ce monde parfois cruel, qui nous aura, malgré tout permis de vivre ou de survivre.

    Roger Dautais
    Ultimes notes de land art pour la dernière ligne droite
    Golfe du Morbihan - Bretagne - 29 Mars 2019

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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    Photo : création land art de Roger Dautais
    " écrits dans le sable " pour mon amie Grecque , Angela
    Normandie - fin des années 90

    Extrait d''une série d’écritures éphémères pratiquées dans la fin des années 90 . Filmées ou photographiées,ces phrases avaient pour but, de prendre la mer, comme l'aurait fait, une bouteille à la mer.
    Elles furent écrites dans différentes langues étrangères, et toujours à proximité de la marée montante, dans le sable mouillé :Grec, Japonais, Chinois, Arabe, Hébreu. J'ai très peu montré ce travail.

    " Traces  "   pour K.Marty




    à Guy Allix, mon frère en poésie.


    Le silence est sans doute la plus belle des expressions
    quand il est sincère et respectueux.
    Roger Dautas


    Car nul ne sait, ni le jour ni l'heure...

    Crucugno, terre sacrée de mes ancêtres. Il fait très chaud au cœur de cet été celte. Les fougères sont au plein sous les pins maritimes. L'eau a baissé dans les mares. Certes, suffisamment remplies pour tenir leur rôle d'interface entre le monde des vivants et celui des morts.
    Le courage n'est plus simplement dans les mots et que sont-ils si nous les écrivons en pesant le contraire. Aucun dogme,aucune croyance ésotérique, aucune promesse n'a de valeur si tu triches avec toi-même, mon amie. Tu ne peux plus donner le change au bord du gouffre, mais tu peux encore te faire peur avec tes paradis perdus et et pseudo visions.
    La mort s'affronte et se respecte. c'est une réalité. Nous sommes faits de ceux qui nous ont précédé et non de pensées éthérées et futile que ce monde égotique nous transfuse.
    Résister, en dehors du mot, a un sens. Résister à soi-même est un exercice que je pratique.
    Les bois de Crucugno et alentours, ont gardé en leur sein, des quantités incroyables de mégalithes, d'une beauté absolue sous la frondaison.
    Lieu sacré de sépulture, lieu de prière agnostique, d'introspection, nous marchons ici, avec respect sur nos morts. C'est, en ce jour d'été un lieu solennel où je vais pratiquer le land art comme un religieux dirait une messe.
    La marche d'approche m'a déplacé, géographiquement, mais aussi,décalé dans mon corps. Je ressens pleinement, l'été, intérieurement. La sueur sale mes joues et abreuve mes lèvres. Tous mes en alerte, j'observe chaque mouvement, chaque transformation à ma portée. Je suis, vivant dans le vivant. Saisi par l’émotion, j'entre dans ce champ de menhirs. Je m’arrête, les touche, les caresse, leur parle. Geste chamanique ? Sans doute. La réponse vient vite. Mon émotion va pouvoir s'incarne in situ, très spontanément et vivre un effet feedback immédiat. C'est très fort.
    Ce lieu est un champ magnétique qui me porte, ailleurs, les pieds ancrés dans le sol.
    Je photographie mon travail, pour la trace. Envie de la montrer, cette humble trace, de la partager, avec mon alter ego, qu'il s''exprime ou non. Le silence est sans doute la plus belle des expressions quand il est sincère et respectueux.
    Mon esprit s’envole à nouveau, rejoint un vol de sternes. Je revois l'île de Stuhan, le tombolo, des pas humains, une histoire gravée dans la mémoire des sable d'or. beaucoup de marées,de vent et d'eau,sur cette histoire, et puis ces mémoires enfouies que nul n'effacera;
    J’aime cette île. Je deviens une île. Je suis cette île aux portes de Mor Braz quand la mort me cerne.
    Je n'ai jamais eu autant envie de vivre depuis que je suis dans la dernière ligne droite qui m'amène vers une opération du cœur, à haut risque.
    Un poignée de jours, à vivre intensément, dans l'amour.

    Roger Dautais
    En terre Celte, le 27 mars 2019, en fin de  nuit.

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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    " Traces " pour k .Marty.

    Crucugno
    Morbihan - Bretagne

    mardi 26 mars 2019

    Passion  land art


    Bourlingue de vie

    Le ciel est parti ailleurs. Comme il est difficile de vivre sans lui, posé au-dessus de nos têtes. On le voudrait toujours présent, plein de promesses, vivant, puisant, à nos ordres et ce n'est pas possible. Il a le droit de s'absenter. Nul roi ne commande le soleil.
    lors, je tente de le remplacer par des souvenirs de marche, entre les menhirs de Kermario, Kerleskan, ou du Ménec. Fuyant les nationales, je préfère parcourir les brandes de mon pays, riches de leurs bruyère, genets et ajoncs. Je trace ma route aujourd'hui, de dolmen en menhir, avant d'être rattrapé par mon destin. J'y retrouve ma lucidité, mon instinct animal, flairant les Vents d'Ouest qui me guident vers la côte où je retrouverai mes pierres.
    L'île de Stuhan m'accueille, minuscule terre sauvage, à l'entrée de la Mor Braz. Silencieuse et déserte, je la rejoins dans son existence, faite de vents du large et de ma rées océane. Sur le tombolo, une poignée de traces de pas,signe de vie éphémère avant la marée, dit encore aux oiseaux du ciel, qu'ici, eurent lieu les épousailles impossibles.
    Lorsque les pleurs salent mes joues, face au large et que ma bouche prend un goût amer, , le temps de la peine est advenu.
    Roger Dautais
    Les amants du Men Du

    Photo : création land art de Roger Dautais
    "Passion "
    pour les passantes aux pieds nus.

    Le land art est une passion pour moi.
    Ne cherchez pas à comprendre une passion. Vous perdez votre temps. Contentez-vous de la vivre.
    Roger Dautais 26 mars 2019

    *

    Quand les divers fleuves se déversent dans le grand océan, ils perdent leur individualité et leur nom et deviennent seulement océan. Quand la goutte de pluie tombe vers l’océan, elle peut ressentir de la peur, mais lorsqu’elle touche sa surface, peut-elle raconter l’histoire de cette rencontre ?
    Mooji

    lundi 25 mars 2019

    Le gisant de Saint-Jean :  pour Alona, seulement

    à Geneviève Le Gay
    en toute amitié fraternelle.


    Les promesses n'engagent que ceux qui le croient...


    Tu m'avais dit, un hiver " je t'emmènerai voir la maison où rêvent les arbres "
    Puis, quelque chose avait cédé en toi qui écartait le ombres mouvantes de ton âme : une contestation profonde émergeait comme une île.. Un anonymat trompeur te transportait ailleurs, loin de nos visites, hors de villes Tu fumais de plus en plus d'herbe.
    Une succession de violences déchira ton propre ciel ciel, en strates bien nettes. Mais le bleu n'arrangea rien.
    Les vieilles maisons du port s'écroulaient peu à peu, l'une après l'autre comme nos certitudes, chassant les junkies vers d'autres ports.
    Dans la terre retournée de nos ancêtres, nos pas avaient laissé la trace d'une histoire bien singulière.
    A flanc de vie, l’essoufflement du cœur parlait de fin du monde. J' étouffais dans ce monde égotique. Ma bouche cherchait de l'oxygène, comme un poisson qui se noie sous les draps.
    La sentence était tombée. Ils nous avaient dit qu'il ne fallait plus aimer, simplement travailler, gagner de l'agent, amasser. Alona avait cessé de respirer leur air pollué à cet instant, abandonnant l'idée d'aller voir un jour, cette maison où rêvent les arbres, en ma compagnie.
    Alona reposait au cimetière des Quatre Nations de Caen, parmi les siens .
    A chaque visite, je lui déposais un pierre, pour qu' elle commence à bâtir la maison où rêvent les arbres, en m'attendant.
    With love, my love.
    Moïse Clément

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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    " Le gisant de Saint Jean " pour Alona, seulement.
    Bretagne - 2014


    Pour moi, l'avenir est aussi flou que le passé. Seul le présent semble m'intéresser, et encor. La mort m'a rendu plutôt Zen, au fond.
    Isaac Marion

    dimanche 24 mars 2019

    Le fleuve, la  pierre et  l'arbre :  pour Albertine Sarazin



    à Marie-Claude, femme aimée...

    Nous n'avions que les hauts murs comme point commun. L'amour passait par là.Tu m'avais attendue, au-delà du raisonnable quand les bourgeois de la famille, te demandaient de me laisser tomber pour sauvegarder la morale.
    Ils ont divorcé, pas nous.
    Souviens-toi, amour nous regardions la même étoile au même moment, de chaque côté du mur.
    Dieu s'était absenté, occupé.
    Maintenant, lorsque tout demeure incertain, et que le soir prend le dessus, abandonnant notre besoin de lumière, nous laissant la bouche douce-amère, seule la force du poème choisi et adressé par Amour, nous donne envie de vivre, après le vide que nous propose cette société nauséabonde et pudibonde.
    Le ciel est toujours vide, pas notre cœur .
    Roger Dautais

    à mes frères de misère, les vrais...

    Qui n'a jamais perdu la liberté, ne serait-ce qu'une seconde, n'en connait pas le goût
    Roger Dautais - 1973

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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    Photo : création land art
    'Le fleuve, la pierre et l'arbre " pour Albertine Sarazin
    Quelque part en Normandie, il y a longtemps


    *

    "Je ne sais pas, ne comprends pas où tout va.
    Je veux tout fuir,
    mais tout s'enfuit de moi.
    Je m'enfuis de moi-même,
    j'évide mon toit.
    Je ne touche plus rien du bout des doigts.

    "Ma vie ne tient plus qu'à un verdict.
    Et à la conduite qu'on me dicte..."
    Jessica Davis

    (Extrait du poème "En attendant septembre"

    Jessica a passé 8 ans de sa vie en prison. Pour aller au-delà des barreaux et des murs, elle a écrit. Des poèmes attachants. Pour elle, les fleurs poussent aussi à l'ombre....
    Monde  oublié



    Saisir les forces actives
    du présent
    pour devenir
    plus libre
    plus léger.
    Roland Barthes



    Me retrouver dans la complicité des gens perdus
    et continuer sur le chemin de la sagesse.
    R.D.

    Vision pour un futur proche
    On peut tout dire, tout raconter sur moi, car, si je ne pratiquais pas le land art avec l'engagement et la foi qu'il demande pour un agnostique, j'aurais tout simplement arrêté de vivre. Artiste ou pas, land artiste doué ou pas, ce n'est plus l’heure de prouver quoique ce soit, ni d'être le bas courtisan cupide, à l'affût de la bonne affaire. J'invente ma vie, je la rêve, puis la réalise, sans avoir besoin des honneurs que je laisse aux présidents de pacotille. Pour eux, le hochet écarlate, pour moi, les terres noires, les ajoncs, les landes, les chênaies, les pinèdes, les bocages, les mares aux dormantes, les chemins d'oyats qui mènent à la mer, et l'an dro que je danse au fest noz avec mes morts.
    Passez, passantes, vous êtes mon dernier horizon et dites bien aux sternes que j’arrive bientôt.

    Roger Dautais
    Notes de land art pour la route 77

    " Monde oublié " pour Maria-Dolorès Cano

    Un jour en Normandie, il y a très longtemps.

    samedi 23 mars 2019

    Mémoires blanches  : à la  marcheuse du Sal

    Ma bien-aimé,
    laisse derrière toi toutes ces pensées infructueuses
    et viens ici reposer dans le silence de l’Être.
    Mooji


    .Ce n'est pas en roulant trop vite que tu rattraperas le temps perdu, mon amie. Tu peux prier tous les Saints du monde, ils ne feront rien pour toi. Une journée nouvelle , n'est pas faite pour remplacer la précédente, ni un satsang d'hier, mal compris, te feras avancer sur le chemin de la sérénité. Laisse la nuit préparer la prochaine journée, sans te soucier de savoir comment elle se déroulera. Je sais, ce n'est pas facile mais pourquoi me l'avoir appris si tu ne pratiques pas toi-même tes enseignements, depuis que je suis parti.
    La prochaine journée sera la continuité de ta vie, de ton temps de vie, de celui qui te reste.
    Pour le land art, c'est comparable. Une installation n'est pas là pour pousser l'autre, pour la remplacer pour que tu l'oublies.
    Non, l'installation n'est jamais le but. Elle est le vase dans lequel s'épanouira ton esprit, sans idée de possession. Tu n'es pas là pour plaire, mon amie et si tu veux te mettre à mon école, abandonne toute idée de séduction. Deviens le chemin et cesse de me suivre, deviens l’expression et cesse d'attendre le compliment.
    Le temps de la séparation et de la distance, s'est incarné dans le silence de notre relation.
    Nous cherchions l'unité d'Amour et voilà qu'elle s'incarne aujourd'hui.
    J'ai ramassé mes nuits entre mes mains, je les ai transportées au pied du grand réfrigérant, où s'expriment nos disparus. Je les ai offert à la salamandre dorée, qui vit parmi les roseaux.
     Heith, régnant, en ce jour béni, et moi-même, enfant de la Terre, je t'ai dit ici quelle était la véritable motivation, sur mon chemin de vie.

    Roger Dautais

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
    http://rogerdautais.blogspot.com

    Photo : création land art de Roger Dautais
    " Mémoires blanches " à la Marcheuse du Sal.
    Région de Caen - Normandie

    vendredi 22 mars 2019

    Passer en maille   :  pour Anne Le Maître

     a Marie-Claude

    In extêmis, se souvenir d'un visage,
    le tien, et puis sombrer.


    L''espérance de vie d'un homme européen est de 78 ans,ce qui est considérable. à 76 ans passés, il est vain pour moi, de faire des calculs de longévité. Il est urgent de vivre chaque seconde, de cœur à cœur.
    La marche en côtoyant le vide est un exercice équilibriste consistant à ne pas se faire griser par le fond.
    J'aime entendre le bruit d'une feuille qui pousse et l'écho de son chant chargé d'éternité.
    Roland Barthes m' a appris à saisir les forces actives du présent, pour devenir plus libre, plus léger.
    Je viens de détruire une grande quantité d'écrits qui n'attendait que ça et je pense à l'ami qui trépigne pour une de mes lettres égarée, avec sept de me textes. Une futilité.
    Cloué à mon fauteuil, j'invente ma vie d'insomniaque, je construis mes rêves comme un ouvrage de brodeur bigouden.
    L'orage est en moi, éclairant les plaines à blé, comme le chant du ruisseau charme le rossignol. Je suis accompagné de mon étoile, de mes morts en mémoire. Mes mains habiles tressent les joncs comme en enfance. Les coquelicots m' appellent et Morgane se perd en eux.
    Tu me connaissais, marcheur sur les Rives de Sal, ouvrant ta voie Je suis le même et j’aime toujours ce cimetière à bateaux du Bono, que nous regardions ensemble, sur  l'autre rive.
    Tous nos animaux morts ont été incinérés. Je veux les rejoindre de cette façon, dispersé dans l'immense nature.
    Il me reste encore à aimer, beaucoup aimer, avant.

    Roger Dautais

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
    http://rogerdautais.blogspot.comPhoto : création Land art

    " Passer en maille " pour Anne Le maître
    Port de Cabourg.
    -Normandie
    années 2000


    jeudi 21 mars 2019

    Répétez-le et laissez-moi en paix :
    "ici se consuma une passion, partie au fil de l'eau et de la vie ".



    Aime la vie même si elle doit finir demain
    S.L.

    l'humilité se vit pieds nus, la tête dans les étoiles.
    Moïse Cl.



    L'étrange beauté du réel se trouve où vous êtes.

    Élèves des Beaux arts, au début des années 60,  pour certains comme moi, rebelles et jeune sauvageons perdus dans les paradis artificiels, enfants de la beat  generation,  nous apprenions la discipline. Elle se nommait dessin, anatomie, peinture, gravure, sculpture, histoire de l'art, décoration, philosophie, lecture, et personne n'en souffrait plus que cela.

    Après vint le temps de l'oubli, de la jachère, du doute, du vide, indispensables à toute autonomie dans la création.

    C'est la discipline bête et disciplinée, ahané par des chefs abâtardir par les règlements, les normes et autres  originalités sociales, que je m’appliquais pendant toute ma vie, à combattre, à fuir comme la peste.
    L' assujettissement à qui que ce soit me parut être moins utile que la pire des mauvaises herbes sur un trottoir de ville. Au moins, elle, poussait un cri de révolte contre le béton, la lourdeur, une  faisait  naitre en moi,  lueur d'espoir. Une vie libre dans le caniveau, valait  dix fois mieux que tout concepteur de dogme ou règlement inutile.Je vis mes frères s'éloigner  à jamais et devenir un étranger à leurs  yeux d'hommes d'affaire.

    On peut parler d’amour avec une poignée de coquelicots et quatre bois flottés, posés au bord d 'une rivière , pour peu que ce land art soit traversé, par un élan du cœur et par la divine lumière descendant de la canopée.
    Roger Dautais

    LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
    http://rogerdautais.blogspot.com/

    Photo :création land art de Roger Dautais
    "ici se consuma une passion, partie au fil de l'eau et de la vie ".

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    Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.