La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

samedi 19 janvier 2019

Remède  à la mélancolie  :  à Sonia, simplement. 
Chaque grain de nostalgie est un rétrécissement du chemin nous menant à la mort.
David Foenkinos.


à la marcheuse du Sal.

Suave illusion d'arrêter, pour un moment au moins, le flux inexorable du temps vers la mort de l'amour, mais aussi complaisante saodad, lovée dans la douce amertume de son impuissance à revivre un passé, pour toujours, résolu.
Que peut une poignée de pierres blanches dans cette douleur ?
Regret d'un passé sans le regretter, elle se complait dans l’atermoiement.
Je suis un romantique perdu dans le land art, à la recherche de la langue maternelle, de mon essence, de ma vibration astrale.
Douleur délicieuse de l'au-revoir à la source, à la porte du puits, sur la pointe des pieds, qui introduit la prochaine danse. LIndigo rayonne sous Orin allumé.
A l'heure unique du lieu unique, nous emprunterons la Voie Royale, proclamant à haute voix : "Je suis amour ".
Puis avec discernement, pieds nus, nous emmèneront nos deux âmes s'abreuver, à la source de la Salamandre d'or, descendre chaque marche du lieu Sacré
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/


Photo : création land art de Roger Dautais
" Remède à la mélancolie " à Sonia, simplement.
Côte de Nacre - Normandie 2007

vendredi 18 janvier 2019

Le  nuevième jour du cairn   :  à Morgane, seulement


On ne connait que dans l'amour
Christian Bobin


Lamed
Le neuvième jour du cairn

A Morgane.
L'ai-je assez aimée ?
Ai-je tout compris lorsqu'elle m'offrit son cœur en cadeau de départ ?
Ils me traitaient de besogneux du land art, de bagnard du land art, de la Côte de Nacre.
L'homme est inventif quand il est aigri.
C'était ma reine. Elle parlait avec ses yeux. Nous étions toujours ensemble, dans le lieu unique, à l'heure unique, sous la voute étoilée. Nous étions du même âge. Une chance. On a toujours le même âge que l'être aimé.
J'aurais aimé partir avant elle.
Lorsque les premiers signe de fatigue puis d'essoufflement,se firent sentir, Je consultais.
Dans quelques semaine, je pleurerai, avait dit le vétérinaire.
Elle s'enfonçait dans des jours d'une noirceur que seuls, les désespérés connaissent, les soir de lune. Aucun méchant rade de peut combler leur désir de destruction.
Car le cancer la détruisait. Je l'accompagnais dans sa descente. Vint le jour où elle ne pouvait plus marcher. Je la portais, sur l’estran, loin, devant les falaises qu'elle aimait.Je sentais son cœur battre. Ses regards devenaient lourds à soutenir. Elle m’annonçait son départ. Un après-midi de repos, je la trouvais pelotonnée, sous la table, refusant les caresse. Cela dura des heures. Puis elle se leva, traversa la pièce et vint mourir sur mes pieds.

A ceux qui moquaient mes cairns, il y en eut, 9 de monumentaux, dix tonnes de pierres et plus, pour Morgane, seulement.et bien d'autres après. Je ne leur avoua jamais pour qui je les élevais. Comment aurait-ils pu comprendre avec leur cœur desséché ?
C’était pour ma chienne Morgane,abandonnée à 3 mois, non loin de Brest, dans un bois, attaché à un court morceau de corde, et sauvé par un inconnu. Mon fils nous l'amena en Normandie où elle vécut heureuse jusqu'à a sa mort. Elle nous donna de l'amour, abolissant nos chagrins, elle était d'une " humanité " dépassant celle des moqueurs diplômés de
l'Art Contemporain, petits marquis sans château.

En land art comme ailleurs, l'homme ne fait rien de bien sans amour. C'est ce que nous nous disions, devisant sur la table de cuisine, à portée de main, les yeux dans les yeux, dans les bonnes odeurs de cuisson.. Il serait temps que nous changions pour que le monde change.
Roger Dautais
Notes de Land art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com:

.Photo : création Land art de Roger Dautais
" Le 9ème jour du cairn " à Morgane , seulement ".
Région Nord -Est de Caen - Cote de Nacre - Normandie

Ce cairn de 2,30 mètres est constitué de 11 tonnes de pierres. Élevé seul en trois jours.

LAMED

Tant qu’existeront l'espace et les êtres sensibles, puissé-je, moi aussi, demeurer pour abolir la misère du monde.
Shantideva, maître Bouddhiste du VIII siècle.

jeudi 17 janvier 2019

foreing language



“Il faut espérer puisqu'il faut vivre.”
Proverbe Italien.

à demain dans tes pas...




Rouge sang et mémoire amnésique.

Me voici au centre de neutre du lieu nommé marais qui se ressent comme un non lieu. J'avance dans le noir; Atteindre la lumière sera salvateur mais il faut franchir un limès inconnu. Pas de main amie, ni de sourire complice, juste le doute pour avancer. et vivre un jour de plus. Rien qu'un jour.
Je me pose la question fondamentale : quelles sont les forces qui commanderont la forme ?
En l'occurrence je ne sais plus si c'est un sentiment de joie ou de plénitude, qui fera contrepoids à ma peine ? Ne plus savoir ce que sera demain, résout le jeu des mains, paume contre paume.
Heureuses incertitudes, pour ma propre délectation des divagations dangereuses, je me perds dans le limès chaotique du désir. Faut -il aimer encore ? Le lâcher-prise est arrivé dans un regard. Ici ont commencé les débordements et ivresse, dans un couloir, no-man's land des cœurs dans les odeurs de Javel. Des flux de ma pensée, exhumé de formes anciennes, fixées par des archétypes de mémoires échevelées, la ligne de partage, fend le coeur-passion, en deux, du zénith au nadir.
J'impose cette langue carminée, pauvre dans son unité plastique, comme la seule trace de mon passage, inscrit dans un cadre. Je constate que ce n'est plus une image que je vois : elle s'est effacée avec les forces vives de mon imaginaire et devient objet de passion. Elle rejoindra, rouge sang, ma mémoire amnésique.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" foreign language "
Biéville-Beuville Normandie - 2019

mercredi 16 janvier 2019

Trois  petites  mères sous la  nouvelle  Lune
Chaque acte vrai se bâtit d'amour.
Gitta Mallasz

" Trois petites mères sous la nouvelle Lune "

Douze sphères arrachées à la nuit et à l'abandon. 12 coups de minuit, vécus si souvent dans les nuits de galère alcoolisées, puis la lumière pâle de ces lunes alignées dans notre quartier. Les voici arrivée, par le don d'une équipe technique, dans mes mains d'artiste.
Je l'es ai regardées, longuement. Senti combien leur état physique était chargés d'une énergie. Ondes vibratoires de leur ancienne vie perchée, entre terre et ciel. Déesses de la nuit, elles vibrèrent sous la musiques des Quilapayun*, éclairant leur révolte. J'arrivais au bon moment, adoptant leur rondeur qui me fin aussitôt penser à des seins de femme. Leur douceur appelaient la caresse, l'envie de les prendre à pleine bouche, excitant le tétin conquis par leur tendresse. Mais leur vie devenait autre.
Je les ai déposées, un jour, comme trois petites mères, près d'une mare que j'aimais pour qu'elles procréent. Les accouplement angéliques se firent dans le silence, un soir de pleine lune.
De nombreux tritons fondèrent famille et les petites mères aux seins si doux, reprirent le chemin de mes rêves.
Roger Dautais.
16.OI.2019
Conte pour enfants
à Nolwenn, Amélie et Clémentine

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Trois petites mères sous la nouvelle Lune "

Plateau de Colombelles
Nord-Est de Caen - Normandie. 2005


 Pour Sonia, seulement, ma combattante :

*Quilapayun
https://www.youtube.com/watch?v=dBNQVq7c2mA


***

J'ai choisi ce poème pour Maria Cano

« Il sort du rang,
s'arrête dans un carré de silence.
Comme une image projetée vacillent
la casaque, la tête de forçat.
«
Seul effroyablement
on voit les pores de sa peau :
tout de lui est immense
tout de lui est infime.

Otto Orban
La passion de Ravensbruck

mardi 15 janvier 2019

Offrande au Dolmen  à Sonia


A l'Ange de Kerléano...

Sauras-tu m'accorder une place dans tes silences d'ange ?
Juste le temps de faire éclore le rêve qui vit en moi et laisser mon intériorité s'exprimer jusqu'au limès de l'intime.

Le temps passe parfois et je m'y perd. Il finit par m'emporter aux portes de l’indicible, tu le sais bien. J'oublie les mots dans tes yeux, les remplace par des chapelets de pierres.
Ici, je suis moi-même, au cour d'une nature dont je fais partie.
Les pierres me regardent, me parlent de toi.

Saurais-je faire remonter le rêve qui vit en moi, à la surface ?.
 Les anges n'existent pas, sauf ceux que nous croisons.
Roger Dautais
 Notes  pour la Route 77
Bretagne  - 15 Janvier 2O19



*

La part d"invention,
celle que l'on remet en cause,
par la censure, par les règles imposées,
doit résister à ces injonctions,
coute que coute.
De l'inutilité du geste
qui ne peut faire sens
pour beaucoup de gens, nait l'énergie de la vie
et du mouvement : l'amour.
Roger Dautais
1.15. 2019

Photo : création land art de Roger Dautais
" l'offrande au Dolmen " à Sonia
Saint Brevin-les-Pins 2004

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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lundi 14 janvier 2019

 
 
 
Il faut avoir beaucoup erré dans l'ombre pour toucher la Lumière
Adriana Evangelitz

" Hayâh " *


à Sonia, simplement...

L'imposant silence qui règne dans ce lieu, laisse place au " glissé "sensuel de l'eau, caressant les deux rives, est une voie ouverte au plaisir vrai.L'eau courante de cette rivière, évoque pour moi, ce flot d'énergie vitale, incarnée, qui, de manière inéluctable et continue, suit imperturbablement, sa pente naturelle.
l'eau, est un des trois symboles de l'inconscient, avec la forêt et la terre. Je vais créer dans ce cadre même. C'est ici que je vais confier mes plus secrets désirs dont je n'ai pas forcément conscience.
Attachée à l'origine de l'existence, l'eau, au décours de la vie et de la mort. Je suis dans cette trajectoire.
Source de vie, elle assure la vie, puis la dissout par dégradation. Entropie naturelle dont j'ai tant parlé en land art depuis 1997.
Parce que je n'ai pas le caractère " moutonneux " , je me libère entièrement de mes impulsions collectives, en pratiquant le land art.
Le peuple amérindien, m'inspire par leur style de vie et de pensée philosophique. ( Nous avons eu l'a chance d'accueillir notre la famille, une amérindienne, mariée à l'un de mes neveux. Ils ont fait ensemble, trois beau enfants métisses ).
Pourquoi introduire ce peuple, dans ce billet ? Mais parce que je vais parler de serpent d'eau qui sera né, sur les bords du Biez, et aura vécu dans ce cours d'eau, dont je vous ai parlé au début.
Les amérindiens, voient le serpent comme la transmutation de vie-mort-renaissance, autrement dit, c'est cette énergie de l'intégrité contenue dans ce symbole que je recherche.
En créant ce serpent d'eau, avec des feuilles d'érable, agrafées par le pétiole,, l'habileté de tout expérimenter volontairement, et sans résistance, me dispose à progresser sur la voie de la sagesse.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77
* de l'Hébreu : vivre .*

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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" La voie de la sagesse "
à Christian Cottard
Cours du Biez - Mondeville
Région de Caen - Normandie - 2005


*

Mémoire
de la terre embrasée
la pierre suspend
les impatiences

j'attends
que se dépose lentement
une parenthèse de sérénité
où les mots
polissent leur vérité

pierre après pierre.

Eñvor
an douar entanet
ar maen a dorr
an hiraezh

gortoz a ran
ken e teu goustad
ur prantadig seder
ma lemm ar gerioù
o gwirionez

maen goude maen. (Traduction en breton de Claire Sauvaget)

Marie-Josée Christien*


* pour mieux connaître Marie-Josée Christien et son œuvre.
http://mariejoseechristien.monsite-orange.fr/poesie/index.html
https://pluton-magazine.com/2017/05/27/promenade-poesie-17-marie-josee-christien/

dimanche 13 janvier 2019

" Yoni - Origine "
pour Ariane Quéré et ses filles
Free spirit...

à la recherche des mémoires du passé..
à l'ange de la ria.

Yoni - Origine - dit la tradition Taoïste. Mais une simple occurrence, et nous voilà enseignés. J'ai cherché ce qui pouvait bien me relier avec cette origine tantrique, traduite en land art. Plus de 21 années de pratique land art, m'ont permis de réaliser un fichier qui dépasse les 20 000 photos. Tout n'est pas bon. Dans ma vie non plus.
Je me suis mis à chercher pour vous.
Dans mes mémoires du passé, je voyais, un lieu au fond d'un vallon, un paysage Normand, entre paradis et enfer. Un marais très dense, étouffant, comme cet été de 2005. Je l'avais trouvé, traversé par une rivière sublime, aux rives labiles et spongieuses. Une canopée, ouverte au-dessus de son cours. Un marais qui se défendait bien. Difficile à pénétrer, mais avec des trous de lumière dans la canopée d'un vert presque noir.
C'était l'été 2005, riche en coquelicots cueillis sur la piste qui caracolait, entre deux champs de blés, et menait au paradis.
Habillé comme en hiver, par au moins 30 degrés à l'ombre, à cause des moustiques, j'ai posé un de ces nombreux nids, dont j'habillais la Normandie, depuis toujours. Je me sentais tellement proche des oiseaux. Dès ma jeunesse, je les avais aimé, écouté, admiré et lorsque l'un d'eux était mort, je leur fabriquait uns sépulture. A 76 ans, je le fais encore.
Là, serait posé, ce soir, l’œuf de Yoni, dans la fournaise de l'été. La se connecteraient les mémoires faites pour cela. Là se terminerait l'histoire pour vous.
Que le vacarme de nos silence, enfouissent à tout jamais vos montagnes de jugements et vous rendent immobiles comme la pierre.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Yoni - Origine "
pour Ariane Quéré et ses filles

Biéville-Beuville
Normandie - été 2005


« J’aime tout ce qui s’écrit sur le silence.
L’immobilité. L’écriture est alors l’imperceptible mouvement,
l’à-peine audible respiration d’un infini,
un instant attentif à l’homme. »
Paul Quéré
Poète sourcier, Celtaoïste
(Suite bigoudène effilochée, 1982)

samedi 12 janvier 2019

Les  guetteurs de  bonheur    :  pour Sophie- Pastelle



à la marcheuse du Sal.

Déjà septembre, les enfants ont repris l'école. Leur présence, leurs cris ont déserté les plages. Le soleil baisse plus vite à l'horizon. Au petit matin, il éclaire le port du Havre, au loin. Le soir, il bascule très vite par dessus les falaises à suicide. Je me retrouve très vite dans l'ombre. Je dois tenir compte de cette course plus courte, pour travailler dans la lumière.
L'estran est riche en pierres et galets, plus ou moins lourds. Mon idée est de faire plusieurs groupes de personnages, regardant l'horizon, vers l'Angleterre. Mon imaginaire me permet tout. Il est simplement modéré par ma force physique et mon habileté. L'équilibre, qu'il soit humain ou physique, est précaire.
Vivant entouré de personnes qui savent exactement ce qu'est la vie, je sais combien ils se trompent souvent.La vie est tout sauf un état stable. La vie est mouvement imprévisible, changement de direction, mutations de tous genres, mais elle avance dans le même sens.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77
12 janvier 2019

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais
" Les guetteurs de bonheur "à Sophie ( Pastelle )
Lion-Sur-Mer -2004 - Normandie

*

A l'arrière des berlines
on devine
des monarques et leurs figurines
juste une paire de demi-dieux
livrés à eux
ils font des petits
ils font des envieux

à l'arrière des dauphines
je suis le roi des scélérats
à qui sourit la vie

marcher sur l'eau
éviter les péages
jamais souffrir
juste faire hennir

les chevaux du plaisir

osez, osez Joséphine
osez, osez Joséphine

plus rien ne s'oppose à la nuit
rien ne justifie

usez vos souliers
usez l'usurier
soyez ma muse
et que ne durent que les moments doux
durent que les moments doux
et que ne durent que les moments doux

osez, osez Joséphine
osez, osez Joséphine
plus rien ne s'oppose à la nuit
rien ne justifie

Alain Bashung

https://www.youtube.com/watch?v=_CuaaB43xbo
Nous écoutions cette chanson, régulièrement dans mon atelier d'art thérapie. Les fans de Bashung, ne vous en déplaise, avaient 85 ans et plus, tous atteints de la maladie d'Azheimer. Ils furent contemporains de l'installation land art présentée, aujourd'hui. Car nous parlions land art, à l'atelier, mais aussi, sur les plages. Ils m'apprirent beaucoup sur le genre humain.
Roger Dautais

vendredi 11 janvier 2019

Le serment   :  à Marie-Claude 


à Erin, femme libre.

Le land art n'est plus à la mode. Mais, l'a-t-il été. Était-ce sa place de crouler sous des dégoulinures de miel et de sucre ? L'entropie naturelle de la nature m'avait habitué dès le départ à l'idée que j'entrais en marge, citoyen du limès et de la résistance, en suivant Ana Mendeta, dans le land art.
Loin des courants pensants, de la haine , de la violence, du racisme du fascisme, de l'antisémitisme, coule un fleuve paisible et pourtant en colère, le mien. Dans la salle d'attente de la mort, je crois encore à la beauté du monde, de l'homme " humain " qui y habite, de cette proclamation honorant la nature. J'aimerai y conclure ma vie, sereinement.
Il restera toujours assez de personnes intéressées pour saisir la barre et emmener le bateau ivre, vers d'autres rives encore incertaines.
Je n'embarquerai pas. Je n'ai pas le caractère " suiviste et moutonneux". Je préfère me jeter à l'eau et nager. Nager, non en eaux troubles, mais dans ce fleuve qu'est ma vie, puisque j'en aperçois désormais l'estuaire, qui mène à la conclusion.
Je ne manque ni de courage, ni de détermination et continue la reconstruction physique de ce corps qui m'a tant fait souffrir, sans rancunes et n'en voulant à personne.
Je vous présente mon travail et non un truc piqué sur le net. Il est beau, élancé, fort et fragile à la fois. Il est hommage au cours d'eau, à la nature, à celle que j'aime tant.
Roger Dautais
11 Janvier 2019
Notes de Land art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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" Le serment " à Marie-Claude

May sur Orne - cours de l'Orne
Normandie 2004

mercredi 9 janvier 2019

Cercle chaman  :  à  Mélusine 


Le temps passait comme une ombre dans les marais voisins, entre deux rayons de soleil.
Je n’ai plus le temps d’aller frapper aux portes, juste celui d’écrire avec mes silences, qu’ il existe d’autres mondes de rêve à deux pas de nous. A l’aube des demains, avant de tourner une autre page, regarder encore une fois le jour de l’an se lever et reprendre la route.
Roger Dautais
Notes pour la Route 77





ce " cercle chaman ",nom donné à l’installation, a été réalisé, près du grand gisant "Changement de peau, entre deux marées, et en respectant la surface intérieure du cercle dans son intégrité, sans trace de pas ni de mains, afin de lui conserver toute la force des ses vibrations. Dans ce lieu magique et inquiétant pour ceux qui ne le connaissent pas, qu'est l'estuaire de Orne, se déroulent chaque année des drames, puisque des personnes s'y noient par imprudence. Ce cercle leur un hommage posthume.
Il est aisé de comprendre qu'une telle installation, génère une grande émotion, qu'il faut ensuite évacuer à marée montante, en offrant ce cercle chaman, aux vives de la Manche.

Cette installation a rarement été présentée au public.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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"Cercle chaman "à Mélusine
Estuaire de lOrne - Normandie - 2OO6

mardi 8 janvier 2019

Lieu de  mémoire  :pour Marie-Claude


La simplicité est une force d'âme, car elle définit les personnes authentiques, vraies.
Abdelillah Azmy
Libre penseur Marocain


pour la femme que j'aime.

On le sait, la vie est un éclair, comme le répétait François. Mais, je vais encore une fois, tenter de partager quelques émotions avec vous et d'étirer le temps qu'il me reste à pratiquer le land art. L'espace entre les autres et moi s'est agrandi durant ma maladie. Pourtant, j'ai toujours eu du cœur et de l'intérêt pour l'humanité, ça oui. Et puis il me fait trop mal, ce cœur, à chaque effort, pour imaginer que je n'en ai pas.
Afin de l’entraîner, je marche chaque jour, par tous les temps. En ce moment, il est souvent maussade. Ce jour là, je marche plein Est, empruntant un des chemin boueux du Golfe du Morbihan.. A gauche, des pâtures, avec quelques chevaux. A droite, la mer, en contre-bas de la falaise. Une plage de sable granuleux. Des herbus. Elle est entièrement couverte par les ramures d'un très vieux chêne. Je descends la falaise, cannes anglaises sur le dos. Je rassemble les quelques pierres disponibles sur la petite grève et les installe en cairn.. En principe, il est à l'abri . La mer se chargera bien de le bousculer aux prochaines grandes marées.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 77

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Photo : création land art de Roger Dautais - 2017

" Lieu de mémoire " pour Marie-Claude.
Bretagne Sud - Région du Golfe du Morbihan


*

Plages lointaines
larges suaves
échouages d'horizons
commencement de la mer.

Robert Fred
Cascades
Éditons Gérard Guy

lundi 7 janvier 2019

Tetragon :  pour Anne Le Maître


à Kami Ueno,

tetragon...

L'hiver, il fait froid sur ce plateau, immense friche industrielle, rasée, vouée aux quatre vents. Le froid me resserre les sens. Même la vision, habituée à l'errance féconde, diminue d'efficacité. Après une marche d'approche, je choisis un lieu et décide de travailler autour d'un pied de chardon, poussant seul, au beau milieu de rien. Il est beau en lui-même, me protégeant, dit-on contre la maladie et les mauvais sorts.
J'ai un mot en tête : tetragon. C'est ça, je vois exactement ce futur jardin, ce champ clôturé, carré. Il sera capable d'activer toutes ces mémoires ouvrières en dés errance.
Je m'éloigne de quelques pas de lui et trouve, une mousse verte, chiche qui pousse dans les rainures des plaques de ciment, sur lesquelles reposait l’immense usine.. Malgré la pollution du sol, il produit encore du vivant. Je prélève juste ce qu'il me faut pour réaliser mon " tetragon " végétal
Ce carré symbolisera, les quatre fonctions psychiques : pensée, sensation, intuition et sentiment.
Il désignera les quatre points cardinaux.
Il symbolisera l'instant prélevé au temps.
L'austère chardon sera entouré d'un cordon de mousse, dont le symbole planétaire est Venus.
La terre féconde et maternelle, nourricière, me porte, me transporte dans ce voyage imaginaire, de la naissance à ma mort. Elle est présente.
Et pour achever l'installation, huit pousses de buddleia, vert pâle, qui symboliseront la renaissance de la végétation, première résistante à cette casse industrielle orchestrée par les hommes.
Heureux d'apporter cette réponse au désespoir, je m'éloigne et continue à construire mentalement, mon prochain rêve.
Roger Dautais
Notes de land art pour la "Route 77.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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Tetragon : pour Anne Le Maître
Plateau de Bieville-Beuville
Région de Caen - Normandie 2004


*


Chaque objet
Une écriture
Une sonore présence
Muette
Contre l’indifférence

Chaque âme
Une calligraphie aussi
A séduire apprivoiser
Pour la transmettre
Au silence
Pareil à l’inanimé
Dont l’amour est
La science

Chaque objet
Une écriture
Une sonore présence
Muette
Contre l’indifférence

Chaque âme
Une calligraphie aussi
A séduire apprivoiser
Pour la transmettre
Au silence
Pareil à l’inanimé
Dont l’amour est
La science

Serge-Mathurin Thébault
Les Dominicaux Inédit

Chaque semaine, sur son compte Facebook, le poète et ami
Serge Mathurin Tébault, présente un nouveau poème dans

samedi 5 janvier 2019

Cairn Atlantique   :  pour Maria Dolorès Cano



à l'ange de la ria...

" La route me tend les bras. Il me serait bien impossible de dire vers où j'irai demain, tant ma vie de land artiste s'inscrit dans l'aléatoire, l'éphémère, l'inconnu. C'est comme ça depuis 1997, année où je me sentis " happé " par le land art. J'avais lu à peu près tout ce que j'avais trouvé sur le sujet lorsque je tombais sur l’œuvre de Ana Mendieta, prêtresse du land art, Américano-Cubaine, tragiquement disparue trop jeune. C'était fort, troublant, dramatique mais remplis d'amour.J'ai senti à cette époque, une fin de cycle de mon travail en atelier, et une forte envie de passer à l'expression , in situ . Mon premier travail fut la réalisation d'un gisant, dont Ana Mendieta était capable de créer, avec des connexions irrationnelles qui me parlaient beaucoup.
Je pourrais encore vous amener à l'endroit exact de cette création, dans les dunes de Merville-Franceville, entre les oyats, là où la mer se retire, aspirée par le fleuve voisin aux courbes serpentines et revient, pénétrante comme une langue , inonder de ses eaux salées, un territoire que nous aurions cru acquit, pour toujours.
Cette magie là, qui s’exécutait sans témoin, donnait toute la valeur aux créations éphémères de sable dont elle se repaissait. Elle allait me transformer si profondément, que je scellait un pacte avec la mer de nacre.
Les pierres m'avaient parlé, quelques années avant, mais, devant une caméra. Je les avait assemblées, liées entre elles, aux plumes d'oiseaux, aux arbres, au feu. J'avais écrit dessus ,les offrant à la mer, mais c'était plus anecdotique. A partir de 97, apparurent mes premiers cairns. Toujours offerts à la mer, à la nature, aux personnes que j'aimais, que j'estimais.
Les plus grands cairns dépassèrent 12 tonnes. Il fallait une échelle et plusieurs jours de travail pour les réaliser.
Vieillissant, mes forces déclinant, ils devinrent plus petits.
Mais il s'agit encore bien, aujourd'hui en travaillant, de retrouver cette vibration primale, qui me relie à l'humanité, son histoire la plus ancienne, d'où je viens. Pierre ou sable, eau, végétaux, tous passent entre mes mains, tous me transforment, et je restitue ce que je ressens par mes cinq sens. Le chaman Inuit, Peter Irnick, me dit, lors de notre rencontre : tu es un passeur. C'est un peu comme ça que je me ressens, aujourd'hui, un passeur d'émotions, en toute humilité.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blospot.com

Photo : création land art de Roger Dautais
" Cairn Atlantique " pour Maria Dolorès Cano

Bretagne sud - 2014





Qui bâtit sa petite part de réalité

ses petits - infimes - preuves d’existence.





Des paroles injurieuse et des paroles courtoises

des murmures et des sifflements



l'aigle et le serpent

l'arc poétique

pendu

au clou.

Jean-Jacques Dorio

et puis ce merveilleux blog de " Mémoire du silence "
où Maria Dolorès Cano illustre ces poèmes avec talent

http://memoiredusilenceblogspotcom.blogspot.com/

mercredi 2 janvier 2019

Transparence :  pour Else Lasker Schüler
.../

Je joue avec des petits riens que j'assemble comme des secondes dans une heure. Je les appelle mandala ou installations. elles me demandent beaucoup de temps. Je dis des " rien " parce qu'elle sont considérées comme des " rien ". C'est ma vie. Et une vie, ce n'est jamais " rien". Il y a toujours ce miracle de respirer, de se servir de tous mes sens, de faire partie d'une société. Cela ne compte pas aux yeux de ceux qui possèdent le savoir qui se nomment entre eux, " les sachant ".
On peut en mourir de ce mépris là.
J'ai choisi de ne pas en tenir compte et de continuer à réaliser ces mandala, de tracer des spirales, d'élever des cairns. De toute façon, dans un futur plus ou moins proche, tout le monde aura disparu ou presque, remplacé par d'autres. Certains continueront à assembler des petits riens que d'autres ignoreront. Ils oublieront qu'ils sont mortels, continuant à amasser, biens et fortunes qu'imaginent probablement emporter avec eux, le jour de leur disparition.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Transparence " pour Else Lasker Schüler
Bieville-Beuville - Cours du Dan.
Normandie 2004

Concernant le choix de mes dédicaces, elles sont adressées à des personnes que j'aime ou j'estime pour ce qu'elles sont, ce qu'ils font,
pour ce qu'elles étaient ou avaient fait de leur vivant.

Je ne dédicace jamais rien aux personnes qui me le demandent.

Mon choix en poésie, s'est arrêté aujourd'hui sur ELSE LASKER SCHULER, poétesse Juive Allemande (1869 -1945 ) elle est l’une des représentantes de l’avant garde du modernisme et de l’expressionnisme.
Je le fais, parce qu' à l'époque où elle vécut, une idéologie nauséabonde , pensait qu'être juif, était une tare, et que de les éliminer, se résumait à un détail. Certains le pensent encore aujourd'hui.
C'est avec plaisir que je vous propose ce superbes poème, en sa mémoire, en ce début d'année.
Roger Dautais




***


ARRIVÉE

Je suis parvenue au but de mon cœur.
Aucun rayon n’ira plus loin.
Derrière moi, je laisse le monde
Et les astres oiseaux dorés qui prennent leur envol.

La tour de lune hisse l’obscurité
…Oh, cette tendre mélodie qui doucement me hante…
Mes épaules se soulèvent, coupoles hautaines

Else Lasker Schuler

Extraits du recueil Secrètement, à la nuit (Heimlich zur Nacht) édition Héros limite,
collection Feuilles d’herbe, 2011. Traduction d’Eva Antonnikov

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.