La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 28 octobre 2015

Groupe 2 Lampedusa :  pour Patrick Lucas
Route aveugle  à Lampedusa ( groupe 1 )  pour Noushka

L'adieu à Kerpenhir
Hommage à l'autre monde  :  pour Pastelle

Peace and love  :  pour Fanny
La route aveugle  :   Pour Danièle Duteil
Boîte  à mémoires  : pour Inès ( Magia da )
Groupe 2  Lampedusa :  pour Rick Forrestal

L'ange vert  :  pour Tilia
La  fête des  morts  :  pour Marty
A Fanny et Tony,
L'éveil  : pour Sylvie ( L'esperluette)
Spirale Kaya   :  pour elle où qu'elle soit.
Septime :  pour la Marmotte
Cairn de  l'espoir : pour Marie-Josée Christien
Groupe 3 Lampedusa :  pour Christian Cottard
Novem :  pour Serge Mathurin Thébault
La dernière peau :  pour Mémoire de silence

Groupe 4 Lampedusa  pour Monde en poésie

Temps de jachère...


J'ai  pensé, dans mes nombreux déplacements et marches, que les présences furtives étaient celles que  j'attendais Elles avaient eu leur vie, disparues, elles vivaient, autrement. Elles accompagnaient mes déplacements comme l'ombre accompagne la lumière. J'ai inversé les rôles et  mis en histoire des récits sans parole. L'eau  me servait de point de rendez-vous, d'interface. Qu'elle soit tombée du ciel, dans une simple flaque d'eau, autour de modestes étangs accrochés aux landes, sur la mer, le  miroir était  là. Il suffisait d'attendre, de ne rien demander,de commencer mes  installations land art.
Je ne saurais dire comment cela se faisait, ni beaucoup de ces accompagnements : mon  père, ma mère, quelques  poètes, quelques animaux, aussi. 
Je n'ai jamais voulu prendre la parole, ni entendre des voix, par respect. L'échange était ailleurs qui donnait toute la valeur  à mes créations. Je me contentais de ces furtives  présences inscrites dans le vent, dans le chant d'un  merle, le regard échangé avec  un rossignol.
Je reprenais la route, rassuré d'être ainsi accompagné dans ma solitude et que  l'on  prendrait sans doute  pour pure folie.
Moi, la folie, je la voyais  plutôt dans la course aux armements, la guerre permanente, les défilés  militaires dans ce  monde où trois quart des gens crevaient de faim.
C'était  ça la folie et  non  mon hypersensibilité à des manifestations de  l'invisible.

Un gisant, comme je les représente en land art, me souvenant de ceux de Mendieta, c'est  un homme debout dans le sens de  l'éternité.
Si comme  moi, vous ne croyez  pas  à  l'éternité, rien ne vous empêche d'en inventer  une. 

La mer s'est retirée et j'ai fait comme elle. De  longues semaines d'attente d'un diagnostic qui tarde  à tomber et  m'éloigne du land art. Trois jours, trois  jours seulement pour braver  l'interdit et constater au bout du compte que le mal est  bien  là. Je suis passé de  l"autre côté et je continue à vivre en noir et blanc. 

Kaya. J'en ai mis du temps  à  l'apprivoiser avec sa façon de  me regarder qui  me tenait  à distance au début. Tellement belle. Les chats, c'est comme ça, ce sont eux qui vous apprivoisent. Il faut se lâcher, c'est tout et après, l'amitié elle vient toute seule. Après treize ans de compagnonnage chez Tony et Fanny, elle est partie, définitivement. Je  lui devais  un  hommage, comme  pour Ty Moon, et Mae .
Je suis allé près de la  pointe de Kerpenhir, entrée du Golfe du Morbihan, sur cette plage si  magnétique,  bordée par des courants forts de l'Atlantique. Il faisait gris, je souffrais du dos. Tout a été  long et difficile, mais je l'ai fait. Dans ce crissement du sable sous le talon qui trace la spirale pendant  une heure  trente, j'ai inscrit la vie de Kaya. Le sable se faisait chat, le chat se faisait sable et  j'ai mené  l'action jusqu'au bout. 
Deux couples et   personne seule, sont venues, attirées par cette spirale qui garde toute cette force magnétique. Je n'explique rien, je constate. Nous partageons  une émotion. Le couple venant de Suisse n'avait jamais vu une telle spirale et  il  la trouvaient  bien  inscrite dans ce paysage dont  ils ressentaient eux-mêmes la force.
Le dernier geste a été d'écrire son nom dans les sables :Kaya. Je ne suis pas resté voir la mer la recouvrir mais  je sais que  maintenant, elle s'est chargé de sa mémoire.


Roger Dautais




Les sentiers
tracés à pas d'homme
longent le silence
d'une vie

Une  blancheur éparse
laconique 
s'obstine
jusqu'au ciel

Je laisse aux mots
le soin de veiller.  

Marie-Josée Christien 

Temps  morts
EDITIONS SAUVAGES
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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.