La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 6 février 2020

" Propitiation "  :  au dolmen du rossignol.
 Les grandes choses peuvent se manifester par de petits signes. 
Sigmund Freud


À Marie-Claude

PellWell.

Entre les jours de pluies éprouvantes pour vieux corps, qui étaient parfois vécues comme une contrainte à la marche, incontournable, existait la nuit. Une seconde vie. Elle permettait les expressions les plus libres . J’avais dû en parler autrefois du « « dire » avant la nuit qui se déployait en chuchotements dans les espaces interstitiels ensommeillés, où le souffle s’assèche. Garder le cœur in-perceptif, devenait parfois difficile, à cause du jeu . Le demi-mot se faisait discours. Mon corps silencieux, obéissait au vide qui l’entourait d’une mélancolie délicieuse.
Je cherchais à rejoindre les chants de Maldoror pour m’y réfugier, comme un détenu en cavale. Le poème de Lautréamont transcendait les hauts murs, ni ombre ni lumière, et il me convenait.
Au temps pour moi, dans cette troupe issue de la glèbe, marchant au pas quand il me fallait trouver seul, la sortie d’une condition ouvrière, vouée à la perdition et au mépris de la classe dominante, loin des livres. J’avais la révolte, tatouée au cœur.
Il existait entre cette fondrière nocturne et ma personne, au-delà des plaines morphiniques, une sorte d’espace suspendu, où j’existais.. Quelques mortes saisons, quelques orages, quelques trahisons, quelques scories ou mauvais souvenirs de voleuses d’âme, trouvaient leur place, en ce lieu de perdition, du Sin Paradise, afin d’être détruits par me feu intérieur.
Ne subsistaient au matin, que des forces nouvelles, pour affronter la vie et ses juges embourgeoisés, et aller plus loin, explorer de nouveaux horizons.
La confrontation avec ce monde frileux, truqueur, repliée sur son quant-à-soi, et imprécateur, m’intéressait. Il y avait de belles luttes à gagner. Cela me mettait en vibration, dans un état de combattre sans armes létales.
Le land art m’ouvrait des voies possibles d’expression différentes, dans la nature dont l’attirance remontait à mon enfance, parfois sauvage et à mes premières fugues.
J’avais découvert mes premiers menhirs, à Carnac , en 1947. J’avais 5 ans. Mon oncle maternel, était un conteur né .J’ai toujours pensé que mon riche imaginaire, avait en grande partie, été forgé, là, en écoutant des contes qui parfois me faisaient peur, entre ces grosses pierres levées.

Beaucoup plus, tard, lors d’un séjour en Loire Atlantique, quelqu’un m’avait parlé d’un très beau dolmen, situé à une dizaine de kilomètres de notre résidence., du nom de Pell Well. Le dolmen était dit « du rossignol », et partiellement enterré., mais , bien conservé.
Quittant Pell Well, pour une marche plein Nord, je savais trouver ce dolmen entre terre et mer, sous les pins. Après renseignement, à mi-chemin, je marchais dans la bonne direction.
Au bout d’une heure de marche, j’arrivais au dolmen. Il était, en effet, en partie,enterré. Face à l’ouverture de l’allée couverte, trois magnétiseurs, pendule en main, opéraient. Je sortis de ma musette, les végétaux ramassés en route et me mis à réaliser une petite installation land art. Elle se voulait offrande au Dolmen du rossignol.
Une fois terminé le travail, je rencontrais ces trois hommes. Après quelques échanges de politesse, je les interrogeais sur leur ressenti. Le magnétisme était très fort, pour nous quatre. Puis, nous nous étions séparés, toutes choses à faire ayant été accomplies.
Roger Dautais
Route 78
Photo : création land art de Roger Dautais
«  Propitiation »  au dolmen du rossignol.
Loire Atlantique - France.

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.