La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 21 novembre 2012

L'appel
Pour Ana Minguez Corella : Le cercle rouge
Cancer
Souffrance de la terre
L'homme  lourd aux entrailles béantes
Pour Audrey : Survivre au nombre
Pour France : Autopsie d'un cèdre du Liban

Spirale aux 24 pierres levées
Géométrie variable
Carré
En surplombant le vide
L'hiver drôle
Ah, la vache !


 C'est vivre et cesser de vivre 
qui sont des solutions imaginaires.
L'existence est ailleurs.
André Breton

à Véronique Brill *


J'ai  le blues.Je marche dans ma propre  mémoire. Ce matin, j'ai dix ans de  moins  mais rien n'y fait.Les souvenirs se font, présents. Lorsque j'arrive dans cette grande carrière, un dimanche matin, je suis pris de frissons. Non pas que le froid  me glace cet  hiver  là,  plus particulièrement, mais l'idée de descendre sous le niveau de la terre  m'a toujours fait cet effet.Un avant goût de la mort. Le sol est gelé et  l'écho de mes pas est renvoyé par les falaises. Je descend et quitte le niveau de la végétation  pour entrer dans un  monde minéral où ne me parvient aucun bruit. Un faucon crécerelle me survole. Il a du me repérer depuis  un  moment et son cri strident me dit sa désapprobation. Après tout, je suis sur son terrain de chasse. Pendant quelques semaines je vais ainsi travailler dans cette carrière et réaliser  beaucoup d'installations, dont une série de cairns qui  bordent la route d'accès des camions. A chaque retour dans cette profonde carrière, je vois que mon  travail a été respecté par les ouvriers  puisque je les retrouve en place. Ce dénuement me plait. La terre, la boue glacée,  les pierres, une mare d'eau gelée et le ciel au-dessus de moi puisque je n'ai pas d'horizon. On ressent, malgré tout,  un sentiment d'enfermement, presque un  manque d'oxygène et  pourtant,  il y a de quoi respirer.
Je me dirige vers un  immense tas de pierres que des bulldozers et pelleteuses géantes  ont amassées sur un terreplein en attendant de les charger dans des camions-benne qui les livrerons dans des chantiers de la région. J'ai  l'idée de réaliser  une grande spirale au pied de cette montagne blanche, née du nombre , différente  mais encore de la famille. Cela me prend quelques heures, le temps de choisir les pierres et les porter une a une sur  mon chantier. Je me dis que,  pour couronner le tout, ce serait  bien d'élever  un cairn, tout en  haut de cette montagne éphémère. Le problème est d'y accéder. Je passe  par  l'arrière et après quelques chutes sans gravité, car les pierres roulent sous mes pieds et sont très instables, j'arrive au sommet. La spirale est très belle, vue d'en  haut. J'élève  mon cairn. Il sera le symbole de la résistance au nombre,  le guetteur d'avenir. Je redescend, sur le ventre,  à reculons,  pour qu'il ne s'écroule pas. Il tient.
 Je peux quitter les lieux, satisfait. Je reviendrai les deux Dimanche suivants,  continuer  mon travail et constaterai que les carriers auront laissé cette spirale en  place pendant 15 jour. Ils  marquent ainsi leur intérêt  mon travail qui doit pourtant les inquiéter dans ce lieu à  l’accès  interdit. Je me dit que, pendant cette période, ils m'ont considéré comme  l'un des leurs. C'est une grande  fierté pour moi. 
Je ne pourrais  plus,  à ce jour, réaliser de telles installations,  mon corps  ne me le permet  pas pour le moment,  même si je rêve de le refaire  un jour.
Je sais,  il ne faudrait pas évoquer ni  la maladie, ni la pauvreté,  ni  l'exil,  ni  la guerre, ni la Shoah, ni la mort,  parce que ces sujets ne devraient pas, selon certains, se  mêler  à  l'art. Je crois encore  à la liberté d'expression et j'évoque tous ces sujets selon  mon  inspiration, les événements du monde, car ils font partie de la vie,de ma vie.Que je sois critiqué, parfois très vivement,  pour cette manière de procéder, fait aussi  partie du jeu mais, rassurez-vous, je ne concours  plus pour aucun titre, aucune médaille. Je travaille chaque jour,  je montre une partie de ce que je fais,sans arrière pensée et je poursuis ma route, espérant encore un répit pour continuer ce chemin  parcouru au travers du land art.

Roger Dautais

 Véronique Brill :  retrouvez son  œuvre sur  www.veroniquebrill.com



Le vertige suffocant
du mystère de la vie
bat dans mes veines
 
Mon corps entier
n'est plus qu'attente.
 
 
    Je porte la graine 
    dans mes racines
Je soumets ma substance
à l'ordre
qu'elle instaure
 
Ces instants de fusion
suscitent la métamorphose.
 
 
L'inconnu
qu'il me faudra déchiffer
arrondit en moi
le silence de sa sphère
 
Cette aube à l'affût
accueille une autre lumière
où conduit
toute naissance.
 
 Marie-Josée Christien
Le carnet des métamorphoses
    (Les éditions sauvages)
Recueil sur la grossesse, la maternité, l'attente de l'enfant, ses métamorphoses physiques et spirituelles.

Retrouvez Marie-Josée Christien sur son  site personnel : mariejoséechristien-orange.fr




En marge des dires anciens

en marge de dires anciens
le silence se replie
on manque d'air
plus de conteurs
pour
taire le chagrin
refuser
le mur qui sépare
plus de dépanneurs…
pour un monde
virtuel
de vraies guerres
pourtant
des drames
une énorme blessure en forme de
‘trou du côté gauche’

Brigitte Gyr

Retrouvez Brigitte Gyr sur  www.recoursaupoeme.fr/brigitte-gyr

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.